Thème : Deuxième guerre mondiale

Dunkerque-Hollywood

« C’est important pour les gens, pour montrer qu’ils savent porter haut et fort leurs valeurs et leur faire voir l’avenir en grand format ;
C’est important pour l’histoire, pour braquer les projecteurs sur cette bataille de Dunkerque, l’opération Dynamo, souvent méconnue, voire totalement ignorée de la majorité des Français.
Plus rien d’autre que le film, maintenant ! »

À l’occasion du tournage du film Dunkerque de Christopher Nolan, la narratrice revient dans sa ville natale pour retrouver son fils Max, figurant sur le plateau. La reconstitution hollywoodienne fait surgir dans les mémoires la véritable évacuation de Dunkerque en 1940. Ce retour vers le passé la conduit à explorer l’histoire de son grand-père Julien, soldat français capturé et marqué par cinq années de captivité, et celle de Blanche, son épouse, restée seule avec leur enfant sous les bombardements. Amour brisé, malentendus et silences composent un secret de famille longtemps enfoui.
En croisant les regards de Max, Julien et Blanche, « Dunkerque-Hollywood » mêle mémoire individuelle et histoire collective, interroge la transmission et la possibilité d’une seconde chance.

Itinéraire d’un enfant caché…

« Je me souviens de la phrase de mon frère Raphaël qui, pour nous protéger, m’a dit de ne jamais révéler que nous étions juifs car nous serions tous immédiatement tués. Mais pourquoi ? Qu’avait-on fait de mal ? Il a dû être très convaincant car depuis ce jour et pendant ces deux années de clandestinité, je n’ai jamais parlé, ce qui nous a certainement sauvé la vie. »

Paris, 1943, les persécutions contre les juifs et les rafles s’intensifient. Les parents de l’auteur décident d’envoyer trois de leurs enfants en « vacances », loin de la capitale, pour les protéger. La séparation sera définitive, Raymonde, 3 ans, sa mère et son père sont arrêtés et déportés. Ils ne reviendront pas.
L’auteur a échappé à la mort mais pas au fardeau du souvenir. À ses petits-enfants, qui le pressaient de questions sur cette période, il peut enfin dévoiler ces deux années de clandestinité, à Baule, dans le Loiret, loin des siens. Il dit aussi, avec une pudeur infinie, la douleur toujours brûlante de l’arrachement à ses parents et à sa petite sœur.

Le Feu sur la Neige

« En 1966, quand il écrit son histoire, j’étais adolescent et je n’y avais pas attaché d’importance, même s’il m’en avait alors raconté quelques anecdotes comme la rencontre avec un élan, le vol de la vache ou l’impressionnant hurlement des loups la nuit.
J’ai découvert le manuscrit en mai 2003, bien rangé au fond d’une malle du grenier. Son histoire m’a évidemment passionné. Bien qu’elle ait maintenant 75 ans, il m’a paru important de la sortir de l’ombre pour la faire connaître non seulement à ses dix petits enfants mais aussi, plus largement, aux nouvelles générations. »

Fait prisonnier à Toul en 1940, Charles Belbéoc’h est envoyé dans un camp en Prusse-Orientale, l’est de la Pologne actuelle. Il ne songe qu’à s’évader. Il sera repris à chaque fois. Il finira par atteindre les lignes russes en mars 1945 et aura, dans l’intervalle, vécu mille vies et cherché à aider toutes les personnes se trouvant sur sa route et ce, quelles que soient leurs origines. Un récit d’aventure humaine faite de faim et de solidarité, de mitraille et d’espoir, de mort et de fraternité et, dans cet hiver glacial, un rare et poignant témoignage du dramatique exode de la population prussienne terrorisée par l’armée soviétique.