« Depuis ce temps-là, et pour de multiples raisons combinées, démographiques et sociétales, le crétacé du catholicisme, si j’ose dire, a eu lieu. La pratique s’est totalement effondrée, n’est plus que résiduelle. Dans la majeure partie du pays, cette religion est devenue inintelligible ; elle a disparu des débats d’idées, des références culturelles communes. C’est pourquoi l’occasion semble venue de préparer le grand nettoyage de printemps. Car ce patrimoine inusité grève lourdement le budget de l’État »
Dans un futur proche, l’État français ne sait plus que faire de ses milliers d’églises désertées. Dürthal, haut fonctionnaire au ministère des Cultures et des Différences, est chargé de piloter la réforme du Patrimoine cultuel transversal sédimenté : désaffecter, vendre, transformer, rentabiliser.
Produit abouti de la noblesse d’État et de son relativisme utilitaire, Dürthal aborde ce chantier comme un simple exercice de gestion. Mais la désacralisation programmée de Notre-Dame de Paris, assortie de l’exigence d’une cérémonie d’exécration, fissure ses certitudes. Confronté aux dilemmes moraux et à sa propre vacuité intérieure, il voit vaciller les valeurs d’un monde qu’il servait sans les interroger.
Sotie d’anticipation corrosive, « Exécration » propose une critique sévère d’une modernité désenchantée, où le progrès se paie au prix d’un effacement du sens.
Bernard Patary, historien et philosophe de formation, musicien et promeneur attentif des paysages comme des âmes, signe ici un texte exigeant, inquiet et sans complaisance..
Fiction troublante : dans un futur proche, l’État veut rentabiliser ses églises désertées. Quand la désacralisation de Notre-Dame de Paris est envisagée, les certitudes d’un haut fonctionnaire vacillent… Un roman percutant sur le vide intérieur et la gestion technocratique du sacré.