« Je l’ai appelé le tabou des relations changées. Lorsque l’on traverse un deuil, on change, et par conséquent, ce que l’on ressentait également.
Personne n’en parle. Personne ne nous prévient. La tempête que l’on traverse ne touche pas que nos sentiments, n’emporte pas que nous-mêmes. Nos relations sont également renversées. »
Qui prépare un enfant à affronter la déchéance physique et psychique d’un parent aimé ? Personne.
À vingt-cinq ans, l’auteure voit son père tomber malade. Avec lui, c’est une relation fondatrice qui vacille. Le cancer s’installe, bouleverse les repères, impose ses silences, ses incompréhensions, et conduit peu à peu à une perte irréversible. « L’indélicatesse du deuil » rassemble des textes écrits au fil de cette épreuve. L’auteure y consigne ce qui demeure : la peur, la colère, la culpabilité, l’amour, et la difficulté d’accepter l’injustice de la mort.
Dans un style épuré et direct, Noémie-Alexandra Derey avance au plus près de son expérience. Elle fait du texte un lieu de mise à distance autant que de nécessité dans le long travail du deuil.
Une disparition, la souffrance, le quotidien qui vacille. Noémie-Alexandra Derey fait le récit grave, et précis, du torrent des sentiments qui accompagnent le travail du deuil.