Thème : Témoignages

Coquille.

« Il serait plus humaniste de viser un épanouissement collectif plutôt que de constamment prôner un développement personnel. »

L’autrice nous fait entrer dans sa coquille qui, comme un kaléidoscope, se révèle sous ses mille et une facettes. Exploration des sens et des émotions sous forme d’un journal poétique, Coquille. nous mène à toucher délicatement le voile ténu qui se forme sur l’existence pour qui connaît ce bonheur douloureux du trouble de la personnalité limite ou borderline et de l’hypersensibilité en résultant. Un triptyque marquant 365 jours d’une évolution, plongée vers l’intérieur, renversée vers l’extérieur.
Émotions à foison, souvent intenses, quelquefois socialement inadaptées, forment le quotidien d’Odeline Flore Cerisier. Écrire canalise ce flux, écrire introduit de la distance là où régnait un maelström de sensations.

Une minute

« On nous invite à rester dans nos fauteuils, pas trop loin du frigo et des cacahuètes. Les salles de sport sont fermées, les stades sont vides, la mer est prohibée. […] Il vaut mieux accepter nos petites détresses dans le silence de l’immobilité plutôt que d’expulser nos toxines en accélérant nos battements de cœur. Pourtant, les longues balades au soleil valent bien mieux que toutes les ordonnances de Lexomil. »

Trois semaines après le début du confinement du printemps 2020, l’auteur nous livre toutes les pensées qui lui traversent l’esprit au réveil. Le temps d’une longue minute, les doutes l’assaillent et les questions qui nous ont tous interpellés lors de cette période inédite lui viennent en tête. Dans ce texte bref et clair, il résume la peur, l’intolérance et les merveilleuses initiatives qui ont marqué ces quelques semaines… et le « monde d’avec ».
Acteur reconnu de la vie associative martiniquaise, Emmanuel de Reynal œuvre dans le domaine de la publicité régionale. Il est l’auteur de « Ubuntu, ce que je suis », (L’Harmattan) et de « Recta Linea » (Éditions du Panthéon).

De la Corrèze à Auvillar – L’histoire de Jean Riol

« Et des souvenirs, j’en ai à la pelle, à revendre. Alors, si vous le voulez bien, je vais vous narrer mon histoire. Installez-vous douillettement dans un bon fauteuil, une infusion, des charentaises, et venez me rejoindre dans mon monde merveilleux, celui de mon enfance, de mon adolescence, de ma vie d’adulte et de père de famille, de la Corrèze à Auvillar, dans le Tarn-et-Garonne, d’hier jusqu’à aujourd’hui. »

Thierry Gerdolle relate les aventures de Jean Louis Riol, dit Jeannot, né en 1927 en Corrèze. Une histoire de vie, celle d’un gavroche ayant subi les rudesses de la guerre et les ivresses de la terre, des belles rencontres et de l’amitié. Une ode tendre et sensible à la beauté parfois terrible mais toujours solidaire du monde paysan, en explorant les paysages variés des terres occitanes.

L’Hypocrisie du Monde du Travail

« J’avais travaillé dur pour arriver à mon niveau de compétences !
J’avais travaillé et on nous jetait comme des malpropres… C’était une mesure politique au niveau national certes, mais ce que je n’ai jamais accepté, c’est que mon patron ne m’ait jamais prévenu.
Le monde hypocrite du travail et la lâcheté des hommes… »

Dans cet ouvrage, Vesta témoigne : née à la campagne, élevée à la dure, elle s’est très vite débrouillée seule et s’est exilée vers la grande ville pour y trouver son premier emploi. Avec une plume non dénuée d’humour, elle nous relate ses péripéties professionnelles.
Entre trahisons, désillusions et grandes joies, elle dévoile l’une après l’autre les strates de son existence, plusieurs petites vies en une seule. Un récit dans lequel tout un chacun peut se retrouver au coin d’une page.

Au-delà des maux vers les mots de l’au-delà

« « Je vous vois… mais je sais parfaitement que vous n’êtes PLUS là…  »
Petit à petit, mes yeux se sont habitués à des apparitions soudaines, à des visites de courtoisie ou tout simplement à des manifestations spontanées gorgées de confidences…
Je peux vous parler, je peux vous entendre et nos rencontres sont exceptionnelles.
Je suis le fil conducteur, celui qui relie… nous… et les autres. »

Dans ce témoignage plein de sincérité, Danièle Deconi relate des expériences de soins spirituels menant à une communication avec les âmes de personnes décédées. Elle nous emmène dans les périples intérieurs qui lui ont permis de rencontrer des êtres suprêmes, nous décrit ses voyages astraux éveillés et met à disposition d’autrui ses compétences, afin de partager avec le plus grand nombre les acquis de ses expériences.

Abuelo

« Le ciel est devenu gris d’un coup, je le prends comme un signe. Je m’imagine que c’est parce que toi aussi tu es triste au même moment. Alors, si c’est le cas, Abuelo, ne pleure pas, je vais aller mieux, pas aujourd’hui, mais j’irai mieux, bientôt. Je te le promets. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu sois éternellement fier de moi.»

Dans ce témoignage épistolaire, l’autrice emprunte le chemin du deuil et en cueille les fruits, âpres ou doux, à chaque pas. Le décès de son grand-père, personnage central dans la vie de Laure, l’amènera à vivre des émotions souvent poignantes. Elle apprendra à surmonter la douleur à travers les lettres qu’elle écrit au disparu bien-aimé et parfois à d’autres, mais au fond toujours un peu à elle-même.

Parkinson, mon quotidien depuis ma neurostimulation

« Dans ce laps de temps j’ai à nouveau pu vivre et rêver. Tout était possible, les voyages, les randonnées pédestres et les sorties le soir, ce qui donnait une certaine légèreté à mon quotidien. »

Dans un premier ouvrage, Daniel Schmitt dévoilait son vécu de la maladie de Parkinson et comment il avait accepté d’être opéré pour une stimulation cérébrale profonde (SCP), en 2019. Il partage ici son quotidien depuis cette intervention. Celle-ci a permis une véritable renaissance… mais pas aussi durable qu’il l’aurait voulu.

Deux hommes dans la tête

« Dans leur malheur, heureusement, les enfants vivent au présent et leur manque de recul est en réalité une extraordinaire ressource qui permet de former dans leur mémoire des successions d’instants et d’épars et vagues souvenirs. C’est vrai, j’étais pétri de peur sur le moment, mais une fois en activité sur les aires de jeux, mes souvenirs s’effaçaient à mesure des moments vécus. »

De l’exaltation démesurée à la mélancolie profonde, l’état d’esprit de Jan Melinelo fluctue suivant un cheminement qui lui est souvent inexplicable.
Alors, plutôt que s’attarder sur l’étiquette de bipolaire qui lui est commodément apposé, il préfère s’attacher à des moments de vie, ordinaires ou intensément intimes.
Jan Melinelo revendique le fait de pouvoir exposer ses blessures, chanter ses propres louanges ou se dénigrer. Tant pis pour les fâcheux, ici la discrétion n’est pas de mise.

Ma mère, une femme extraordinaire

« Pourquoi me donna-t-on le nom de ma mère ? D’après cette dernière, il paraît qu’il y a une coutume qui veut que quand un couple fait des enfants d’un même sexe, pour conjurer le sort, à la grossesse suivante, il faut que l’un des partenaires donne son nom au bébé. Comme j’étais une fille c’est ainsi que ma mère me donna son nom. »

Quand une famille ne prend pas le temps de se réunir pour partager ensemble des moments de vie, il ne reste à ses membres qu’une intimité propre et forcée, dans laquelle se cacher et ruminer ses préjugés sur les autres…
À travers cet ouvrage autobiographique, Marcelline Boya Messina cherche à renouer ces liens délités et à retrouver les chemins de vie de chaque acteur de sa famille, afin de laisser une trace pour la postérité, notamment celle de sa mère, une femme dont le caractère exceptionnel aura marqué les esprits.
L’émotion, palpable, traverse ces pages, tant l’auteure y glisse avec pudeur toute une tendresse longtemps voilée.

Mon chemin de croix

« Quand le directeur du centre rendait une visite à notre fermière, il fallait dire que tout allait bien. Que nous étions bien traités. Ce jour-là, elle nous apprêtait avec soin. Quelle perversité ! »

Brutalisée par un père alcoolique, placée chez les sœurs puis traitée en esclave et abusée par ses familles d’accueil, le calvaire de Brigitte Diez se poursuit dans un schéma qui se répète. L’homme qui partagera sa vie se révélera lui aussi en proie à l’alcool et malade. Grâce à la présence lumineuse de ses deux enfants et à une force de caractère extraordinaire, elle atteint une forme de résilience et dévoile une existence portée par l’espoir indéfectible en des jours meilleurs.

La quintessence des âmes désincarnées

« Ainsi, en commençant à transcrire cet ouvrage, j’ai l’aile de mon Ange et l’attention toute particulière des Cieux afin qu’aucune marque de poids n’assombrisse nos propos. Nous allons accueillir diverses âmes ayant parcouru le monde en y semant de belles graines d’espoir. Pour beaucoup d’entre elles, il est important de passer en ce livre afin d’apposer la pleine lumière de leurs visions de ce qui a été dit, et qu’elles constatent comme plus ou moins justes, une fois parcourues, leurs voies d’élévation, et qu’elles aient vu le monde comme pleine lumière de leurs richesses d’êtres aimants. »

Florence Messager, médium, se fait vecteur pour permettre à des âmes lumineuses de s’exprimer à travers sa plume bienveillante. Elle transcrit des messages qui lui ont été confiés lors d’échanges avec ces êtres, pour la plupart issus du début du vingtième siècle et dont les énergies demeurent parmi nous, sources d’espoir, de découverte et de foi.
Le monde invisible, celui des esprits, est le quotidien extraordinaire de Florence Messager. Elle exprimait déjà dans « Sortilèges et conventions » (Éditions du Panthéon, 2020) son absolue certitude en ces âmes élues qui peuvent tant nous apprendre. Elle poursuit son chemin, guidée par leurs murmures.

Les Perles et les Émeraudes – Tome I

« Cœur brisé,
Père attristé,
Mère affligée,
Fratrie meurtrie,
Famille
Blessée,
Vidée,
Consumée ! »

Premier de trois tomes, cet ouvrage rend hommage aux parents et à la fratrie défunte de l’auteur. Les enseignements reçus de ces proches tant aimés, Farid Tatat les redistribue à son tour sous forme de maximes. Cet ouvrage érudit définit d’ailleurs les proverbes et sentences de façon exhaustive, pour le plus grand plaisir du lecteur passionné.

Kandja – L’enfant Sarakollé en Guinée

« Il fut un moment, c’était moi qui aidais mon grand-père à s’occuper des autres petits apprentis. Les matins, le vieux se contentait de renouveler les écritures sur les planchettes et, moi, je leur faisais répéter pendant les nuits. Je coordonnais aussi, en tant que l’enfant qui connaissait le mieux le Livre Saint islamique dans ce groupe, les activités champêtres et désignais chaque jour le groupe qui surveillait les vaches en les empêchant d’entrer dans les champs des autres paysans. »

Ibrahima Manda Doukouré nous raconte ses origines à travers, tout d’abord, le chemin parcouru par ses grands-parents, qui quittèrent le Mali pour s’installer en Guinée où l’enfant grandira et étudiera dans un climat compliqué. Il nous expose aussi les problèmes liés à l’éducation dans ce pays qui l’a vu grandir et évoluer, et compare la politique et les mœurs guinéennes à celles du Sénégal, qu’il connaît bien. Une autobiographie aux allures didactiques.

Si seulement je lui avais plu

« Sans savoir qui je suis, comment pourrez-vous vous faire une idée de ma personnalité ? Je n’ai pas peur de votre jugement, ni de me ridiculiser à vos yeux, de paraître trop dure ou pas assez, de manquer de discernement, de fair-play dans des situations où mes agissements vous paraîtraient inappropriés. Nous n’avons pas tous les mêmes conceptions de la vie et c’est ce qui nous rend uniques. »

À travers l’histoire de sa famille, la narratrice souligne la fragilité des liens qui nous unissent. Rien n’est éternel et il suffit parfois d’une incompréhension, d’une dispute pour que tout bascule. Comment des parents en arrivent-ils à être brouillés avec leurs propres enfants ? C’est dans la douleur que l’autrice retrace le parcours ayant mené à cette situation.

Parcours intime

« Il y avait eu de la vie dans ces lieux, des hommes avaient peiné, souffert, connu des joies et des moments de doute ; quotidiennement, ils avaient participé à l’œuvre humaine. Mais l’on ne voit jamais la sueur dans les grandes œuvres livrées par l’homme. »

Le narrateur a dû quitter très tôt l’enseignement général pour intégrer un lycée technique alors même qu’il aurait souhaité poursuivre ses études au collège. Dans cette situation vécue comme un véritable déclassement, il va trouver la motivation nécessaire pour prendre en main son instruction, et s’ouvrir ainsi progressivement les portes d’un avenir brillant.

Le journal d’une Supervagabonde : Australie

« En arrivant, j’étais plus que ravie. J’en avais parlé, rêvé, et maintenant j’y étais. Je vivais mon rêve. Je me suis sentie tellement fière. Sept-Îles était bien loin maintenant et allait le rester pour un bon bout de temps. »

À 18 ans, Ingrid décide de quitter la Côte-Nord du Québec pour aller apprendre l’anglais en Australie. En s’immergeant dans un pays totalement inconnu, son univers et sa conception du monde seront bouleversés. Entre aventures rocambolesques et trouvailles fascinantes, à la fois de soi-même et des autres, la vie au bout du monde lui apprendra que le présent se trouve dans n’importe quel moment. La jeune adulte qu’elle est se découvrira une passion incorrigible pour les voyages, mais aussi pour l’existence.

Maman n’a pas ouvert la porte ce matin-là

« Je ne sais pas comment me tenir, comment réagir. Il n’existe pas de manuel de conventions pour ces moments-là…
Il me serre par les épaules un instant et me dit : « Maman est morte, il faut que tu sois fort… » Ni lui ni moi n’essuyons une larme. Nous sommes empreints d’une colère froide, d’une tristesse d’acier qui vous fige comme de la glace.
Tout le monde a entendu ce qu’il vient de me dire, cela a été sa manière à lui d’annoncer la nouvelle à ses frère et sœur. Il m’a choisi comme relais pour encaisser l’annonce.
J’entends ma sœur qui hurle, mes grands-parents qui s’effondrent. C’est le chaos ! »

À travers cet ouvrage terriblement sensible, Yann Lang-Lazdunski témoigne d’une existence marquée par le suicide de sa mère, lorsqu’il était encore adolescent.
Un orage aux allures de cyclone duquel il mettra un temps infini à s’éloigner, dévoilant dans ces pages la rancune, le chagrin, les angoisses qui peuvent suivre une telle épreuve.
S’il évoque la chance d’avoir pu compter sur ses proches et ses amis pour accompagner sa souffrance, il nous montre surtout comment il en est sorti, en pardonnant, à voix basse mais quand même, à sa maman de n’avoir pas ouvert la porte, ce matin-là.

Le mauvais prénom

« Mes idées de l’époque peuvent peut-être paraître démesurées, mais celui qui ne rêve pas n’avance jamais. Parmi elles, j’ai en tête de créer, au milieu des dunes, la plus grande scène à ciel ouvert dans tout le bassin méditerranéen. Cela aurait pu être le plus important festival pop de la Méditerranée, en plein désert, à l’image des deux festivals historiques existant déjà dans le pays. »

Ce témoignage touchant est celui d’Oussama, jeune homme de 30 ans, qui a longtemps hésité avant de dévoiler ce portrait.
Doté d’une force de caractère peu commune, ce fils d’un homme puissant va, sur un coup de tête, échapper en 2016 à l’emprise paternelle pour tracer sa route loin du cocon familial, à Paname.
Oussama nous fait vivre sa descente aux enfers, sa confrontation à l’impuissance des institutions ainsi que sa difficile remontée pour devenir le maître de son destin avec l’intelligence et la culture comme seules armes. Les trois années les plus sombres de sa vie sont ici racontées, sans artifices.
Dans cet autoportrait, qui aborde aussi bien l’amour que les sujets d’actualité, il nous amène au-delà des clichés habituels à la rencontre de la paix et de la liberté tant recherchées.

Des Mots… sur mes Maux

« Je me souviens de ma vie…
Je me souviens quand le soir, je m’asseyais sur la dernière marche de l’escalier, attendant que tout le monde dorme, et dans ce silence, descendre les marches doucement pour aller me blottir dans le lit auprès de maman. Plus de bruit ni de cris, je pouvais m’endormir sereine dans les doux bras de ma mère. »

Fille d’une famille où le destin de la mère a basculé dans les affres de la seconde guerre mondiale, et où l’alcool a fait des ravages, Marie Bouquet livre aujourd’hui ce témoignage bouleversant où elle raconte son expérience.
Une famille heurtée, baignant dans les non-dits et les mensonges, des enfants stigmatisés par le vécu de leurs aînés, qui perpétuent une lugubre tradition… L’histoire de nos parents et leurs souffrances se transmettent, même inconsciemment, et peuvent empêcher les générations suivantes de connaître le bonheur. Comment aller de l’avant, quand tout nous attire vers le fond ?

Délire sur Dieu écrit par un bipolaire

« Ce n’est pas tant les choses qui nous affectent, mais la manière dont on les interprète.
Verre à moitié vide ou à moitié plein. »

En 2004, Daniel Cunha, souffrant de bipolarité, perçoit un message psychique contenant le mot « Dieu ». Depuis, il n’aura de cesse de découvrir le sens profond de ce message qui a bouleversé son existence. Dans cette autobiographie patinée de fantaisie, l’auteur, à travers son journal de délire, nous dévoile son quotidien régi par la maladie et le teinte d’espoir en s’adressant à l’Éternel comme à l’Univers.