Thème : Témoignages

La Porte

« J’écris avec sincérité des évènements lointains qui ont jalonné l’existence d’une femme que je ne suis plus. Pourtant, tout est dans mon corps, inscrit dans mon cerveau mémoire. J’ouvre ces tiroirs comme on sort des archives, sans état d’âme, comme un temps de paix après une guerre. C’est passé. »

L’autrice se livre à l’exercice difficile de la biographie avec une honnêteté désarmante. Elle fait le récit d’une existence bouleversée par un drame : le viol. Pour elle, les difficultés se sont enchaînées sans qu’elle ne trouve d’aide extérieure aux moments cruciaux, malgré les efforts déployés. Sans chercher d’excuses, consciente de ses manques, elle n’hésite pas également à interroger les relations avec sa fille.

Le dernier prisonnier d’Arusha

« Je voudrais dire au lecteur qu’il a devant lui le récit d’un condamné par une juridiction dans laquelle il a toujours perçu des germes profonds d’injustice, cela même avant qu’il ne soit arrêté et jugé »

Durant plus de deux ans, l’auteur a été l’unique prisonnier du Centre de Détention onusienne à Arusha (Tanzanie), après le transfert de ses co-détenus dans d’autres pays.
Augustin Ngirabatware expose cette vie derrière les barreaux, pointant l’injustice qu’il a subie sans divulguer d’identités dans le respect des décisions du tribunal. Condamné par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), il s’étend sur les manipulations politiques et les lacunes de la quasi-totalité des procès du TPIR qui n’ont ciblé que les membres d’un seul groupe ethnique rwandais. Pour sauver la justice pénale internationale qu’il estime partisane, il propose la création par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une Commission Juridique Internationale Indépendante pour le Rwanda devant faire la relecture du legs du TPIR et proposer des solutions idoines.

À cœur vaillant

« Les gars… Faut que je vous annonce un truc de ouf ! J’ai un cancer ! Ah ! Vous ne vous attendiez pas à ça ? Vous pensiez que j’allais vous dire que j’avais enfin réussi à dompter le cœur de cette fille… Je vais dompter une nouvelle maladie, ça compte, non ? dis-je à ma bande en essayant de passer par l’humour pour qu’ils ne s’inquiètent pas. »

« Votre enfant a une maladie génétique très rare, nous ne savons pas ce qu’il a exactement ni… s’il survivra… » L’arrivée au monde de l’auteur a été saluée par ces mots suivis du funeste diagnostic de cytopathie mitochondriale. Terry Lourties a appris à marcher dans les couloirs de l’hôpital, frôlé la mort à plusieurs reprises et subi une greffe du foie.
Aujourd’hui, il court le monde et raconte avec un humour ravageur son parcours hors norme. Études, voyages, il dévore la vie à pleines dents, comme un pied de nez à la maladie qui l’a longtemps ligoté.

Mosaïque amoureuse

« Ils étaient mes muses éphémères – des hommes diurnes qui n’ont en chair plus que le mot, et de cher plus que le souvenir qui s’oublie.»

« Mosaïque amoureuse » est un recueil de fragments qui, chacun à leur façon, tentent de dire l’amour, et murmurent ses ruines quand il faillit. Tous sont nés de rencontres passionnées, parfois échouées, d’autres fois bienvenues. Certaines ne durèrent que le temps d’un soir, d’un rêve, d’autres furent un pan d’existence.
Aussi différents soient ces fragments, ils cherchent tous à raconter le souvenir, et aussi singuliers soient-ils, à évoquer un sentiment universel trop bien connu, mais à jamais trop peu compris – l’amour.

Touché par la grâce

« Dès les premiers soins, j’avais eu cette sensation qu’en fait, je n’étais qu’un miroir dans lequel les êtres se voyaient. Plus le miroir est pur, plus celui qui se regarde dedans voit son propre éclat, sa beauté. C’est le premier pas vers la guérison. La vérité est la lumière de l’âme. »

Après deux années de lutte, l’auteur a accepté la grâce qu’il a reçue, lui, l’homme ordinaire touché par l’extraordinaire. Cette expérience, il en témoigne, lui a apporté la Liberté d’âme. La foi, les vertus et les dons qui lui ont été confiés, font de lui un Serviteur du Vivant, un messager de la bonne parole.

Le vent du changement

« Et d’invitation en invitation, les apéritifs s’enchaînent. Tout cela, malgré tout, reste dans la limite du raisonnable. Mais tout de même, c’est relativement répétitif. Je rencontre également les personnes qu’il considère comme sa seconde famille et, à chaque visite, nous ne buvons pas que de l’eau ! »

L’alcool est une boisson festive qui peut, insidieusement, devenir un problème. Si chacun a sa façon de faire face au quotidien, aux difficultés, d’exprimer ses émotions, l’héroïne de ce récit témoigne avec beaucoup d’honnêteté de l’addiction qui a été la sienne. Elle évoque son combat pour s’en sortir et partage avec le lecteur tous ses espoirs concernant sa nouvelle vie.

Dialogue de sourdes

« Surdité : Oui, je sais. Mais tu réalises que, ça, c’est parti,
fini. Que je ne m’en irai pas. Que, peu à peu, je serai tout
entière toi. Comment peux-tu conserver une part de déni ?
Catherine : Cela fait déjà longtemps qu’intellectuellement,
j’ai entamé le deuil de mon audition. Mais c’est un processus
long. Et psychologiquement et émotionnellement,
j’avoue que je n’y suis pas encore arrivée. Pitié, non ! Tout
plutôt que de ne plus pouvoir communiquer, communier. »

Elles se toisent, s’observent, entre elles l’animosité est palpable. L’une, épanouie, vive, répond à l’autre, terne et malveillante. Elles sont les deux visages de l’auteure : la femme rayonnante à qui tout semble réussir et la femme porteuse d’un handicap invisible qui la fait souffrir.
Leur dialogue en forme d’introspection est un témoignage profond, poignant et drôle à la fois, qui dévoile le combat de tous les instants que mène l’auteure, pour prendre appui sur sa surdité et en faire une force intérieure qui balaye tous les obstacles.

1940 Histoire d’une défaite : ses conséquences

« Le lendemain, je revois aussi les hommes réunis qui conversaient entre eux sur ce qu’allait être leur devenir… Ils parlaient de l’arme dans laquelle ils avaient fait leur service militaire et de leur affectation probable. Un jour ou deux après, je revois le maire de la commune fixant avec des clous sur une porte de grange l’affiche de la mobilisation générale.
Ainsi, le sort en est jeté »

Lorsque la guerre éclate en 1939, l’auteur a sept ans. Il est un adolescent lorsqu’elle s’achève. Aujourd’hui encore, il garde un souvenir très vif de toute cette période.
Il revient sur les événements et les figures les plus saillantes, Pétain et Laval notamment. Et soulève la brûlante question de la Collaboration : en quoi consistait-elle ? Qui étaient ses zélateurs ? Les dirigeants d’alors ont-ils composé avec l’ennemi pour servir la France ou au contraire la trahir ?
L’auteur replonge dans ce passé avec neutralité, en portant à la connaissance du lecteur les pièces à charge et décharge.

Les griffes du médecin

« À force de devoir être forte, de pleurer et de crier seule dans ma chambre, de devoir affronter mes peines, seule, je suis devenue super indépendante »

Mêlant réflexions et anecdotes, ce témoignage âpre et déroutant nous invite à adopter la bienveillance comme mode de pensée. L’autrice présente son parcours de jeune maman et d’artiste, raconte les larmes, les épreuves et la façon dont elle a appris à s’en extraire. Une leçon de courage et d’amour.

De l’Enfant intérieur

« Ouvre les yeux, Enfant, ne les ferme pas. Ouvre-les au monde entier, pour l’Amour de Dieu dans le cœur de chaque homme. Alléluia ! Que Dieu soit loué ! L’heure est proche, ne l’oubliez pas. Avance, ne doute pas, même si les apparences sont trompeuses. Les chemins sont tortueux et souvent déroutants, tu le sais, Enfant. Reste dans l’Amour ! Dieu te garde. »

« De l’Enfant intérieur » se présente comme un recueil de messages reçus par canalisation d’anges et d’archanges des hautes sphères ainsi que de l’Être de la rectitude en tant que flamme jumelle. Les encouragements succèdent aux mots d’amour, avec tendresse et douceur, dans le but de guérir l’âme de l’autrice.
Ce parcours, Véronique Klesse en fait part comme une inspiration à l’élévation et invite ses lecteurs à prêter attention au souffle divin.

Mes nuits sont aussi belles que mes jours

« Une petite préférence à cette époque pour les femmes mariées délaissées ou en manque.
Un peu de psychologie pour les reconnaître et quelques phrases bien choisies pour les faire sourire et il arrivait que la rencontre se fasse.
Et me voilà reparti dans ce qui était devenu mon loisir. Le sexe, toujours le sexe, encore le sexe et toujours plus de sexe.
Aujourd’hui, avec le web, tout cela est simple.
À cette époque, il fallait du talent et du charme, et j’en avais. »

Ce livre propose une plongée dans la vie mouvementée du narrateur. Abusé lorsqu’il était jeune, il s’est ensuite découvert une passion pour le libertinage, ce qui n’a pas été sans répercussions sur sa vie personnelle. Il en garde pourtant de jolis souvenirs…

Chroniques du mépris ordinaire – Placements abusifs

« Dans cette matière qui désormais est ma maison règne le silence, en raison du huis clos que l’on impose, car il s’agit d’enfants. Pas de public, pas de journalistes aux audiences, pas de proches, pas plus aux rendez-vous avec les services, le silence est la loi. Un silence qui vient parfois, souvent, trop souvent, couvrir des dérapages inacceptables et violents, qui viennent détruire la vie des gens. Alors, depuis un peu plus de deux ans, je témoigne de ce que j’ai vu. De ce que j’ai entendu, de ce qui est l’horreur que vivent les parents d’enfants placés. »

330 000 enfants relèvent de l’aide sociale à l’enfance et 226 000 sont placés en famille d’accueil ou en foyer.
Maître Michel Amas, avocat au barreau de Marseille, défend les familles d’enfants placés. Il dresse un état des lieux accablant des institutions chargées de protéger ces mineurs. Au travers de 50 cas, 50 dossiers, il surligne les problèmes et les errements de ce système à bout de souffle.Il formule surtout des propositions pour que les enfants placés soient en France véritablement accompagnés, sauvés et soutenus.

Bestiaire « d’animamitié »

« Il y a des zoos qui ont assez d’espace pour créer des zones de semi-liberté pour les animaux et ces derniers souffrent moins que dans les zoos où ils n’ont qu’une cage ou un petit espace pour vivre. Ces lieux restent cependant des prisons pour les animaux. L’ours tourne en rond dans une petite cage, ce qui, comme le lion, le rend fou. Les éléphants, grands marcheurs à l’état naturel, se balancent tout le jour de droite à gauche en signe d’ennui profond. »

Animamitié ? L’auteure a forgé ce néologisme pour désigner l’amitié qui devrait exister entre les animaux quels qu’ils soient et l’homme, en évitant toute prédation. Ginette Dubouis prend le parti de la condition animale et narre dans ce manifeste sa relation avec eux, cigale, pie, chien, chat, lapins… Eux tous, nos égaux, de chair et de sang, ayant leur psychologie et vie sociale propres.

Mémoires d’une enfance rurale

« Nous sommes deux décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, époque où les îles sont fortement rurales, la décolonisation s’instaure dans la plupart des pays du tiers-monde, et l’urbanisation en est à ses balbutiements.
Un petit garçon naît et découvre très tôt ce monde rural, avec les travaux des champs, le rythme des saisons bien marqué aux Antilles, l’hivernage correspondant à la période des pluies de juin à décembre, et le carême à la période sèche de janvier à mai, c’est à cette période que la récolte de la canne à sucre bat son plein. »

L’auteur se laisse voguer au gré des souvenirs et des émotions soulevés par les paysages de Guadeloupe. Il évoque ses jeunes années à Basse-Terre, dans un environnement agricole – son père dirigeait une exploitation cannière -, puis au Lamentin dans le village de sa mère.
Témoignage précieux d’usages maintenant quasi disparus, « Mémoires d’une enfance rurale » fait revivre entre ses pages les activités et traditions populaires qui rythmaient alors la vie agraire.

Journal d’un soignant soigné

« Pourtant, de mon point de vue d’infirmier, les patients ont tous besoin de renseignements, ils doivent tout comprendre et savoir là où ils vont avec leur problème de santé. Je comprends que si les explications sont obsolètes ou les raisons du problème encore inconnues à ce moment-là, il existe des solutions pour rassurer le patient, on ne le laisse pas sortir de l’établissement comme ça, avec un problème inconnu en pleine face »

Récit d’un infirmier en oncologie passé du statut de soignant à celui de patient, ce journal intime apporte le point de vue du malade. Errance médicale – le comble lorsque l’on fait partie de la maison – prescripteurs manquant de la plus élémentaire psychologie, douleurs, Michaël Séry exorcise à travers ces pages les angoisses et les souffrances de la chimiothérapie. Il y rend également hommage à son entourage dont la chaleur et la sollicitude le portent.

Amour contraint

« La femme qui se relève est plus forte que celle qui n’est jamais tombée. Cette épreuve aura changé ma vie à jamais. Je ne commettrai plus les mêmes erreurs. »

Alors qu’elle a tout pour être heureuse, des amis, un entourage bienveillant, une carrière, Lily fait une rencontre qui va bouleverser son existence. Dans ce témoignage, elle nous livre l’envers du décor : le prince charmant, aussi riche soit-il, peut se révéler destructeur lorsqu’il s’agit d’un pervers narcissique.

Transaction suspendue

« La journée est riche en émotions. Notre offre d’achat en main et à demi complétée, nous nous dirigeons vers notre future acquisition accompagnée des deux petits derniers. Tony fume devant le garage à notre arrivée. Il nous fait entrer par cette porte qui s’ouvre sous l’action d’une télécommande sans-fil. Les grands panneaux se referment aussitôt derrière nous. Nous attendons, les yeux écarquillés, au milieu de ce qui ressemble à un atelier, de connaître la raison de ce mystérieux accueil. »

La crainte de tout acheteur d’un bien immobilier a pris corps pour la famille de l’auteur. En quelques minutes, le futur emménagement est compromis, femme et enfants errent désemparés. Un vendeur malhonnête et qui multiplie les faux-fuyants, les mensonges de toutes sortes et a même dupé un notaire, voilà le triste sire auquel a dû se confronter Steve St-Onge.

Agenda de mon aventure au Club Med

« Ce livre est une invitation à se lancer dans l’aventure.
Ce livre est encore destiné à tous mes amis GO qui apprécie- ront de se revoir dans une aventure identique.
De plus, au fur et à mesure de mon avancement au Club, je décris les différents postes que j’ai occupés.
Là encore, le travail et les responsabilités des GO ont évolué. »

Travailler dans la banque, très peu pour lui ! L’auteur a su très tôt qu’il n’était pas fait pour rester derrière un bureau. Recruté par le Club Med au début des années 70, il va y effectuer une grande partie de sa carrière. D’abord GO, puis directeur de village, il accomplit un parcours sans-faute, alliant un engagement professionnel sans faille et la reconnaissance de ses pairs.

Simple et merveilleux

« Je suis quelqu’un qui a toujours vécu dans l’extrême, j’en ai besoin pour avoir l’impression de vivre. Je n’ai jamais ménagé mon corps parce que j’étais infatigable. J’ai toujours été dur dans mes jugements envers les autres et exigeant, mais je l’ai été tout autant envers moi-même, cela n’aurait pas eu de sens autrement. »

L’auteur s’est toujours perçu comme différent, atypique. Depuis l’enfance jusqu’à sa vie professionnelle, il a ressenti la souffrance d’être largement incompris.
Sa bouée de sauvetage a pris la forme d’une quête spirituelle qui lui a permis de restaurer son identité, mais également d’apprendre à venir en aide à ses semblables, grâce à des capacités ignorées jusqu’alors.

La résistante

« C’est la première fois que nous passons Noël à l’hôpital.
Une sensation d’irréalité, de non-réel, d’impossible, s’empare de moi. Personne ne me téléphone, ne m’écrit, ne me rend visite. Je n’existe pas, mon fils n’existe pas depuis notre hospitalisation. »

Le personnage principal de ce récit lutte pour sauver son fils des griffes d’un père abusif, combat pour faire entendre sa voix contre le mur de services sociaux sourds à ses requêtes. Comment tout cela est-il arrivé ? Et comment réparer un être humain qui a subi autant de violences durant son enfance ?