Thème : Témoignages

Ram’Adam

« J’ai honte de mes pensées. Nos amis nous parlent d’un acte héroïque. Pour nous, ce n’est qu’un acte juste, un besoin de leur venir en aide, essayer de combler, pour un seul, le vide humanitaire immense dont on a honte. »

Si l’on parle beaucoup des migrants comme d’un problème, peu de personnes, en réalité, agissent concrètement pour leur venir en aide. L’auteure nous fait ici le récit de l’accueil d’Adam, un jeune Soudanais, dans sa famille. Ne cachant ni les difficultés du parcours, ni les joies intenses, elle se livre à cœur ouvert pour conter une aventure avant tout humaine.

Enfance violée, vie brisée

« Évidemment, elle faisait profil bas dans les premiers temps, mais cela n’a pas duré très longtemps. En effet, quinze jours après cela, elle me mettait à l’écart de mon père, elle m’envoyait à droite à gauche, il fallait que je sois à ses ordres. »

Dans cet ouvrage autobiographique, l’auteure confesse une enfance brisée par des violences physiques et psychologiques au sein de sa famille. La douleur l’a poursuivie jusqu’à l’âge adulte, où elle a enfin rencontré la personne qui l’a aidée à quitter ce cycle infernal de malheur.

Mes incroyables guérisons

« Je sentais que je flottais dans l’air près du plafond et je me promenais dans la chambre, dans le hall et dans la cuisine ! Je n’étais pas un fantôme ! Je savais que j’étais souvent à l’intérieur d’une bulle qui semblait être faite d’une sorte de vapeur. »

À trois reprises, l’auteure a échappé à la mort. Trois moments qui lui ont rappelé la fragilité de la vie. Elle raconte les faits tels qu’ils se sont déroulés, partage les sensations et les sentiments ressentis alors. Elle propose également ses réflexions après son expérience de mort imminente (EMI). Un ouvrage qui ouvre des portes autant spirituelles que psychologiques à qui veut entrevoir la lumière.

Le sel de nos vies

« En quelques semaines, je décide avec Sarah de mettre en place un projet sportif, qui soit aussi une action solidaire de  tous  ceux  qui  mènent  le  combat  contre  la  mucoviscidose. Ensemble, nous souhaitions que ce projet soit plus qu’une aventure familiale. Ce devait être un défi qui nous porterait plus loin que nos petites personnes, notre cocon nucléaire ! »

Rejoindre à vélo le Centre de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose de Roscoff dans le Finistère depuis Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône, soit un périple de 1 500 km, c’est le défi un peu fou qu’Emmanuel de Calan a relevé en 2021.
Tout à la fois récit de voyages, recueil de témoignages et d’informations médicales, « Le sel de nos vies » touche du doigt ce qui rend belles nos existences, malgré les doutes, malgré les blessures.

Mes rencontres sur les sites de rencontres

« Aujourd’hui, le couple idéal, c’est chacun chez soi et l’on se voit le week-end. Entre les gardes partagées, les week-ends sur deux, les pères qui passent leur tour et les couples en guerre, l’honneur est aux mecs sympas de mon style qui accueillent facilement chez eux, qui font un petit repas suivi d’un bon massage. »

Les relations hommes-femmes vues à travers les prismes des applications de rencontres : Sonny Séverin raconte les conquêtes, d’un soir ou de quelques nuits, les petits et grands arrangements avec la vérité. Sans concession pour les fausses pudeurs, il dévoile les rouages qui entraînent ces nouvelles mécaniques amoureuses : stratégies commerciales, consumérisme, marchandisation de l’autre.

Être Fille Unique

« « En tant que fille unique, on m’enviait, on me disait :
« Mais tu as une super grande chambre ! »
Ce n’était pas d’espace dont j’avais besoin mais de présence. On plaque des généralités sur les filles uniques. On dit qu’elles sont capricieuses, trop gâtées, égoïstes. Moi, j’ai toujours voulu partager. Très tôt, mes parents m’ont envoyée chez un psy qui a dit à mon père qu’il me couvait trop. Il l’a mal pris. »

Grandir seule, sans partager ses jeux, ses joies, ses chagrins avec des frères et des sœurs. Se construire sans la complicité d’une fratrie. Et plus tard, porter seule la responsabilité de parents vieillissants. « Par contre, on n’est pas obligées de partager notre chambre, nos jouets, ou la dernière part de tarte ! » disent-elles. C’est aussi cela être fille unique.
À travers des rencontres avec des femmes de toutes origines, de quatorze à quatre-vingt-cinq ans, les auteures explorent ce domaine jusque-là inédit. Leurs témoignages constituent de passionnantes biographies qui font découvrir les parcours familiaux, professionnels, amoureux et les attentes de leurs parents qui, misant tout sur elles, les obligent à réussir. Les mots de ces femmes, émouvants, parfois durs, souvent drôles, révèlent la singularité de leurs existences.

Délire sur Dieu écrit par un bipolaire – Tome II

« Chaque chose viendra en son temps, pense d’abord à ta santé et garde contact avec le concret et la réalité car sinon tu risques de t’enfermer dans une prison psychique… »

Dans ce second opus, Daniel Cunha poursuit sa quête de sens à travers ce journal qui relate son quotidien avec la bipolarité, maladie invalidante qui teinte chacun de ses gestes. Sa réflexion porte sur le rôle de Dieu dans nos existences et sur l’origine de l’Homme sur Terre. L’auteur revient ensuite par strates à l’infime fil doré qu’est sa vie dans l’infinie pelote du destin, pour mieux se comprendre et cohabiter avec sa maladie.

Il est temps

« Notre façon d’agir en tant qu’adultes influence celle de penser de nos enfants et les rend de moins en moins libres de penser par eux-mêmes. Tout cela stoppe leur véritable créativité qui leur permettrait de garder leur pouvoir intérieur pour avancer sur leur chemin. »

Dans ce témoignage sincère et empreint de bienveillance, l’auteure raconte les traumatismes subis depuis sa plus tendre enfance, qui ont mené à un puissant éveil spirituel.
Elle a su identifier et embrasser ses faiblesses et ses blessures émotionnelles afin de pouvoir grandir à travers elles. Une belle leçon de résilience.

Le chemin jusqu’à nous

« Cette réalité qui nous rattrape, celle où l’on s’aperçoit qu’on a tout faux, que l’on se trompe de chemin, que ce que l’on vit n’est pas en accord avec ce que l’on ressent, beaucoup de mamans l’ont vécu comme moi. Parfois, cette frustration existe parce qu’on n’a pas le choix. Il n’y a aucun jugement dans mes propos. »

À 30 ans, Alicia a passé plus de la moitié de sa vie à souffrir d’endométriose. Cette maladie a fait de sa vie un cauchemar durant des années. Pourtant, malgré les douleurs physiques, malgré les souffrances morales et psychologiques, elle a toujours conservé, défendu, entretenu la rage de gagner son bonheur et d’embrasser un jour la maternité. Pour autant, devenir parent n’est pas qu’affaire de gestation. Cela exige de s’apprendre soi-même, d’apprivoiser la confiance, la rendre éclairée.

C’est le Mektoub, Joseph…

« Quelle aventure à cette époque pour un gamin pas peu fier de ce privilège, que le vol au-dessus de la Méditerranée, dans le ventre impressionnant du gros DC4 à hélices, jusqu’à Marseille-Marignane ! C’est bien sûr aussi pour moi, la découverte de la France métropolitaine, celle de « nos ancêtres, les Gaulois » que nous enseignaient nos maîtres d’école, connue uniquement au travers des livres de géographie ou des bribes de récits saisis au vol des conversations de nos proches, anciens de l’Armée d’Afrique. »

L’Algérie, quittée il y a plusieurs décennies, brille de tous les feux du souvenir dans ce récit mêlant la grande et la petite histoire. Par le prisme d’une saga familiale dans lequel de nombreux Pieds-noirs se reconnaîtront, Gérard Guibilato restitue l’ambiance et les couleurs, comme les paradoxes et les fausses certitudes dans lesquels étaient enveloppés les habitants de la colonie.
Dans une histoire universelle du déracinement, depuis ses ancêtres napolitains qui émigrèrent en Afrique du Nord jusqu’au rapatriement de sa famille et son installation en France, l’auteur brosse ce portrait d’un peuple, évoque un pays qui n’existe plus et une guerre qui mit fin à un rêve, en une toile de fond encore prégnante de nos jours.

Coquille.

« Il serait plus humaniste de viser un épanouissement collectif plutôt que de constamment prôner un développement personnel. »

L’autrice nous fait entrer dans sa coquille qui, comme un kaléidoscope, se révèle sous ses mille et une facettes. Exploration des sens et des émotions sous forme d’un journal poétique, Coquille. nous mène à toucher délicatement le voile ténu qui se forme sur l’existence pour qui connaît ce bonheur douloureux du trouble de la personnalité limite ou borderline et de l’hypersensibilité en résultant. Un triptyque marquant 365 jours d’une évolution, plongée vers l’intérieur, renversée vers l’extérieur.
Émotions à foison, souvent intenses, quelquefois socialement inadaptées, forment le quotidien d’Odeline Flore Cerisier. Écrire canalise ce flux, écrire introduit de la distance là où régnait un maelström de sensations.

Assistante maternelle : rompre avec le silence

« Encore une fois, je suis seule face à la situation. Si je ne dis rien, je suis témoin, non-assistance à personne en danger et donc complice. À l’inverse, si je dis quoi que ce soit, la maman peut se braquer et ne plus me faire confiance. »

Son CAP Petite enfance en poche, la narratrice commence sa carrière d’assistante maternelle. Elle découvre sa profession avec enthousiasme et une passion toujours renouvelée, jusqu’à ce mois de décembre 2020.
Que faire lorsque l’on se rend compte de maltraitance au sein d’une famille ? Comment agir au mieux des intérêts de tous, et de soi. Car l’assistante maternelle peut à son tour se voir accusée, y compris à tort.

Une minute

« On nous invite à rester dans nos fauteuils, pas trop loin du frigo et des cacahuètes. Les salles de sport sont fermées, les stades sont vides, la mer est prohibée. […] Il vaut mieux accepter nos petites détresses dans le silence de l’immobilité plutôt que d’expulser nos toxines en accélérant nos battements de cœur. Pourtant, les longues balades au soleil valent bien mieux que toutes les ordonnances de Lexomil. »

Trois semaines après le début du confinement du printemps 2020, l’auteur nous livre toutes les pensées qui lui traversent l’esprit au réveil. Le temps d’une longue minute, les doutes l’assaillent et les questions qui nous ont tous interpellés lors de cette période inédite lui viennent en tête. Dans ce texte bref et clair, il résume la peur, l’intolérance et les merveilleuses initiatives qui ont marqué ces quelques semaines… et le « monde d’avec ».
Acteur reconnu de la vie associative martiniquaise, Emmanuel de Reynal œuvre dans le domaine de la publicité régionale. Il est l’auteur de « Ubuntu, ce que je suis », (L’Harmattan) et de « Recta Linea » (Éditions du Panthéon).

Je navigue entre deux mondes

« Chaque cas est unique. S’il y a un seul petit avantage à ranger les gens dans des cases, c’est que cela peut – éventuellement – les aider à façonner une identité. Le problème n’est pas tant que l’on nous glisse un peu trop vite dans les tiroirs. Après tout, le gros problème de ma vie a longtemps été de ne pas trouver la case qui me correspondait. On a parfois besoin d’une case collective pour savoir à qui s’identifier : cela peut aider à la construction personnelle. Le problème est plutôt qu’aux yeux des gens, cette case reste nécessairement figée. »

« Pour rien au monde, je n’échangerais ma vie contre celle d’un neurotypique ». Aurélie Cevennes est née autiste. Un mot qui, aujourd’hui, ne veut plus rien dire tant il recouvre d’acceptations différentes au regard des progrès des neurosciences. Il n’empêche, avec sa famille, cette jeune Belge de 28 ans a traversé toutes les épreuves liées à sa différence : un diagnostic très tardif ; une scolarité chamboulée ; des relations sociales marquées par l’incompréhension, les moqueries et les mises au ban ; un départ difficile dans la vie professionnelle, etc. Aujourd’hui, elle est fi ère de ce qu’elle est devenue : une jeune adulte assumant pleinement ce qu’elle est, débarrassée de ses complexes et de ses angoisses. Pour y arriver, elle s’est battue d’arrache-pied contre les préjugés, les codes dominants et les conventions sociales aveugles.

De la Corrèze à Auvillar – L’histoire de Jean Riol

« Et des souvenirs, j’en ai à la pelle, à revendre. Alors, si vous le voulez bien, je vais vous narrer mon histoire. Installez-vous douillettement dans un bon fauteuil, une infusion, des charentaises, et venez me rejoindre dans mon monde merveilleux, celui de mon enfance, de mon adolescence, de ma vie d’adulte et de père de famille, de la Corrèze à Auvillar, dans le Tarn-et-Garonne, d’hier jusqu’à aujourd’hui. »

Thierry Gerdolle relate les aventures de Jean Louis Riol, dit Jeannot, né en 1927 en Corrèze. Une histoire de vie, celle d’un gavroche ayant subi les rudesses de la guerre et les ivresses de la terre, des belles rencontres et de l’amitié. Une ode tendre et sensible à la beauté parfois terrible mais toujours solidaire du monde paysan, en explorant les paysages variés des terres occitanes.

Ma vie de médium

« Il y a bel et bien une vie après la mort ; j’en veux pour preuves toutes les manifestations et les messages que je reçois. »

Joëlle Pfeiffer sait le rôle qui lui est échu : être le pont qui relie le monde visible et l’autre subtil. Elle raconte son histoire, son cheminement de mère endeuillée vers des expériences troublantes.
Parsemé de messages livrés par Hélène Myran, conteuse médiumnique lors de séances de channeling, son témoignage est un guide pour accompagner chacun sur le chemin qui est le sien.

L’Hypocrisie du Monde du Travail

« J’avais travaillé dur pour arriver à mon niveau de compétences !
J’avais travaillé et on nous jetait comme des malpropres… C’était une mesure politique au niveau national certes, mais ce que je n’ai jamais accepté, c’est que mon patron ne m’ait jamais prévenu.
Le monde hypocrite du travail et la lâcheté des hommes… »

Dans cet ouvrage, Vesta témoigne : née à la campagne, élevée à la dure, elle s’est très vite débrouillée seule et s’est exilée vers la grande ville pour y trouver son premier emploi. Avec une plume non dénuée d’humour, elle nous relate ses péripéties professionnelles.
Entre trahisons, désillusions et grandes joies, elle dévoile l’une après l’autre les strates de son existence, plusieurs petites vies en une seule. Un récit dans lequel tout un chacun peut se retrouver au coin d’une page.

Au-delà des maux vers les mots de l’au-delà

« « Je vous vois… mais je sais parfaitement que vous n’êtes PLUS là…  »
Petit à petit, mes yeux se sont habitués à des apparitions soudaines, à des visites de courtoisie ou tout simplement à des manifestations spontanées gorgées de confidences…
Je peux vous parler, je peux vous entendre et nos rencontres sont exceptionnelles.
Je suis le fil conducteur, celui qui relie… nous… et les autres. »

Dans ce témoignage plein de sincérité, Danièle Deconi relate des expériences de soins spirituels menant à une communication avec les âmes de personnes décédées. Elle nous emmène dans les périples intérieurs qui lui ont permis de rencontrer des êtres suprêmes, nous décrit ses voyages astraux éveillés et met à disposition d’autrui ses compétences, afin de partager avec le plus grand nombre les acquis de ses expériences.

Un village briard pendant la dernière guerre

« Dans cette France rurale, les activités humaines étaient naturellement rythmées par le cycle des événements agricoles naturels  : le labourage avec des chevaux, le hersage, les semailles d’automne et de printemps, les récoltes… «  L’apogée  » de l’activité agricole se situait alors au cours de l’été, lorsque se fêtait, de ferme en ferme, «  le chien d’août  » marquant la fin des moissons. »

Ce témoignage d’un épisode de la vie rurale dans la Brie durant les années 1942 à 1945 montre combien les multiples difficultés familiales, alimentaires et sociales, n’empêchaient pas de connaître une jeunesse saine et heureuse. Une certaine forme de bonheur s’exprimait à la faveur d’une osmose avec toutes les ressources offertes par une vie à la campagne. Se plaindre aurait été malvenu, en ces temps troublés.

Brèves de schizo

« Ah ! Le supermarché.
A défaut de travailler, j’adore aller au supermarché.
C’est le paradis. La petite musique qui te met bien. C’est pas qu’on y trouve tout ce qu’on veut, non, c’est l’excuse idéale pour remplir la longue matinée. »

Au travers de ces brèves, Sylvain Petrod livre ses réflexions sur son quotidien depuis qu’il a été diagnostiqué schizophrène. Funambule émotionnel, acrobate du bon mot, il dépeint avec un humour espiègle ses ressentis, ses journées, pas toujours aisées, en livrant un peu d’intimité, au passage, cette drôlerie qui cache un peu de douleur, un peu de douceur, parfois, aussi.