« « Luétique, carcinomique ».
On sent là comme une caresse,
celle du fil de l’épée.
Mais sa lame ne vise pas votre chair,
elle coupera la trame du voile qui vous sépare du monde. »
Orphelin de mère à neuf mois, l’auteur porte en lui cette absence fondatrice. « La moisson d’une vie » traverse l’hérédité, le deuil et l’emprise du temps.
Le cancer y affleure, la mémoire des corps y persiste, la solitude y cherche sa forme.
Ces poèmes interrogent le vide et la perte sans renoncer à une possible clarté. Entre ombre et lumière, ils sondent ce qui demeure quand tout vacille.
Ingénieur géologue, alpiniste fidèle aux parois depuis l’enfance, lecteur de Rousseau, Pascal, Jünger ou Lampedusa, Gilles Kimmerlin poursuit ici une exploration plus intérieure : celle des strates intimes.
Un recueil qui avance à bas bruit, entre manque et persistance. Simplement des mots, limpides, justes, qui tiennent face au vide, et une clarté qui insiste.