Thème : Poésie contemporaine

Brins de fantaisie

« Un matin bleu,
Le soleil rebondira sur les vagues,
Les feuilles des plantes auront des ailes,
Les poissons s’esclafferont hors de leurs paniers,
Les sources chaudes pousseront les pavés, »

Espace de liberté, la page laisse libre cours à l’esprit vagabond de l’auteure. Avec la poésie, cette dernière s’amuse d’associations surprenantes de mots, de jeux sonores et d’images qui font vibrer les sens. De vertiges en pensées tourbillonnantes, ces « Brins de fantaisie » sont autant de croisées sur nos existences, rêvées ou réelles.

Reviviscences

« J’ai fini par grandir avec la misanthropie.
Pendant plusieurs années, elle était ma meilleure amie. On ne peut compter que sur soi-même.
L’être humain est décevant.
Lorsque nous lui donnons un peu de notre confiance, il pense être puissant.
Un peu d’attention et un peu d’amour,
il se prendra pour un prophète. »

Dans ce premier recueil, l’auteur dévoile le chemin d’un apprentissage spirituel à travers les affres de l’adolescence, des bourrasques et des brises qui forgent l’esprit et nuancent le cœur. Plus que tout, cet ouvrage est une ode à la résilience, à cette manière héroïque de garder la tête hors de l’eau quand tout vous submerge. Une introspection sensible.

Dire ce que le cœur sait mais que la raison n’ose

« Sourire, regarder l’essence des choses 
Voir, comprendre dans la fleur 
Ce qui d’heure en heure se métamorphose… 
Aimer ! 
Et pleurer s’il le faut… »

Avec « Dire ce que le cœur sait mais que la raison n’ose », l’auteur dévoile une introspection émouvante sur un parcours de vie jalonné par l’amour et l’espoir, le deuil, la souffrance, autant de réalités humaines appelant compréhension, apaisement et résilience. À cela, quel autre remède sinon la poésie ?
Plus didactique, néanmoins teinté d’humour et d’espoir, « Aphorismes contemporains un brin sarcastiques » évoque le monde contemporain avec ses paradoxes et soulève des questions liées aux valeurs universelles d’amour, d’unité, de véracité et de justice.

Monument

« Ceux qui perdent sont ceux qui mentent
Qui prient sans avoir la foi
Se salissent, mais jamais ne se nettoient
Qui voient en leurs yeux des regrets qui les hantent »

Après avoir construit une vie qu’on croyait solide, il est difficile d’en voir les fondations s’effriter. Émergeant d’une longue période de mutisme poétique, Cédric Fernand verse les mots sur le papier pour creuser, recouvrir, reconstruire méthodiquement après une rupture douloureuse. Des mots tangibles, des mots réels, aux angles sûrs, sur lesquels s’appuyer pour remonter la pente, d’un pas résilient, dans la mélodie légère d’un vers.

Poursuivre le chemin de sa vie

« Ah oui, la vie !
Tous les joueurs devront y prendre part
Et tous chercheront le même but ;
La quête perpétuelle du plaisir. »

À chaque instant de notre existence, il nous faut nous réinventer pour avancer, contre vents et marées. L’auteure s’amuse des montagnes russes de nos émotions et nous invite à une déambulation tendre et enjouée au creux de nos sentiments. Une quête de lumière pour sortir de l’ornière des préjugés.

Les âmes menteuses

« Jardin secret
D’épines et de linge parfumé
Soyeux des picots, tranchant des draps
Rigueur des sentiments »

Au cœur de ces poèmes, une réflexion sur l’amour, la famille et le désir. Puis, le regard s’ouvre et se fait alors sentir la nécessité de prendre le temps. Car ce dont il est question ici, c’est bien de saisir la beauté qui s’offre à nous.

L’air du temps et d’autrefois

« Ma vie est telle cette boule argentée
Qui roule tranquillement vers un destin,
Puis se retrouve brusquement projetée,
Par fatalité, vers un cap incertain.

Elle va, elle vient, elle rebondit
En une course qui n’est jamais droite, »

La poésie s’affranchit du temps pour parler à l’âme des petits et des grands. L’auteur rend hommage aux instants de l’existence où l’on sait que l’on vit, dans nos victoires infimes et nos immenses défaites, dans des portraits humains, émotionnels et contemporains. Il concentre la force du langage dans quelques vers : un hommage aux anciens, un témoignage pour la jeunesse.

Céleste obscur

« L’ombre de l’enfance, tout commence.
Les sentiments, ces douces défenses
Qui ne mènent pas toujours la danse. »

Dans ce recueil poétique aux accents philosophiques, se déploie une vision intime de ce qu’il implique d’être vivant, d’être humain, de sentir et ressentir sur la peau et dans le cœur les tumultes de l’existence.

Les bonheurs invisionnables

« Les fleurs du silence s’assèchent par la haine
Et les sources taries d’amour se font rares
(…)
Les fleurs du silence disparaissent dans les nuits
Les sentiments étranges des hommes maudits. »

Timo lorsqu’il peint, Timothy lorsqu’il s’adonne à la musique et la chanson, Timothy Hagelstein est tout à la fois poète, auteur, compositeur, peintre. Il a écrit et interprété de nombreux succès tant en France, qu’en Belgique ou au Portugal, premier pays à reconnaître son talent.
Il visite encore souvent le Portugal, son pays de cœur, où ses livres sont traduits. Mais il reste désormais habité de bonheurs « invisionnables », après une vie riche en aventures artistiques, personnelles ou sentimentales.
Ce livre concentre tous les sentiments d’un poète nourri par une sensibilité à fleur de peau.
De sa lecture on ne sort pas intact, peut-être parce qu’il reflète une part cachée de nos vies parfois inavouée.

D’un mec l’autre

« Le pétale d’une fleur
Permet la guérison du cœur.
L’accent d’un mot
Permet le drame de l’auteur. »

La sensualité d’une épaule, l’angle émouvant d’une mâchoire, Steeve Minder les dépeint d’un trait de plume, d’un mot de pastel. À la recherche du mot juste, qui vibrera sur la toile et sur la page, il esquisse les contours du désir. Poésie du trouble, du vertige, de la rime mélodique qui fait tressaillir le cœur et qui permet d’être pleinement en vie.

Écrire, c’est ne pas écrire

« Je prouve aux centres et épigrammes le double de leurs ergots, leurs joues se fendillent de honte, elles se désa- grègent. Qui ose se fondre alors dans le spectacle de leurs rubans, portes anoblies ? »

Les mots ont leur propre vie, ce sont eux qui nous forment, et non l’inverse comme nous avons la prétention de le croire.
Avec « Homme exfolié » (Éditions du Panthéon, 2023), l’auteur cherchait à contraindre le langage à sa propre exigence. Dans « Écrire, c’est ne pas écrire », il accepte le mystère du langage humain. Il s’incline face à l’écriture, prête l’oreille à son murmure, comme on écoute celui de l’océan à travers une conque.

Rendez-nous les étés de notre âme suivi de Escales bretonnes

« Plus rude est le pays breton
plus sa candeur hausse le ton
et plus la mer joue la démesure
mieux la plage se ressaisit
intemporelle »

Le vent marin, les souvenirs adolescents, ce recueil dit le mouvement des saisons et le temps qui s’égrène. Le paysage est l’écrin de ces textes ciselés, où chaque mot orne le vers, fait résonner une mélodie quelquefois nostalgique. Poèmes intimistes, sensuels, attachés à la volupté et aux joies des corps apaisés, ces étés et escales attisent la vague toujours renouvelée du désir.

Pensées pour un autre lendemain

« Les corps bougent et ondulent,
Les pensées divaguent.
Sont-ils réellement présents ?

L’esprit est ailleurs.
L’amour, la vie, la mort,
Qu’est ce qui importe vraiment ? »

L’italien et l’anglais se faufilent parfois entre les pages de ce recueil trilingue. L’autrice y dévoile des émotions crues, nues, à vif. Elle explore la part sombre de ses pensées et lui donne forme, la façonne, la dompte pour ne plus la craindre, pour qu’elle n’existe que dans ses termes à elle. Un voyage sensible qui montre la douleur sous son visage le plus laid, le plus franc, un sort que seuls les mots peuvent conjurer.

L’inexistée

« Je te rêve et je te veux,
Si près de moi…
Que je ne peux imaginer
Comment vont les jours
Ni comment ils passent,
Comment la nuit visite le quartier
Ni comment elle le quitte… »

L’enfant qui n’est pas né, la maladie, les rêves égarés forment la constellation poignante de ce recueil. Les sentiments qui y gravitent reflètent les chimères de la vie auxquelles les vers donnent corps. Traversés de fulgurances, d’appels tendres ou déchirants, ces poèmes invitent à rencontrer une plume singulière.

La clarté des nébuleuses

« Maison aux volets verts
Sur les chemins déserts
Maison aux volets clos
Incitant au repos
Le souffle de la mer
Sur les roses trémières
La douceur de la nuit
Fait oublier l’ennui
Et l’on se laisse aller
À des baisers salés »

Rythmés, animés de néologismes, explorant diverses formes, les poèmes de « La clarté des nébuleuses » jouent à faire s’entrechoquer mots, émotions et sensations et nous entraînent dans un monde clair-obscur aux accents lyriques. Écrits entre 1977 et 2023, ils sont le reflet fidèle de leur auteure et une fenêtre entrouverte sur ses rêves et ses démons.

La tête dans les nuages

« Voler comme un oiseau,
Avoir la vue d’un aigle,
Avoir l’intelligence d’un corbeau,
Dépasser toutes les règles. »

Émouvant et tendre, ce recueil concentre les premiers poèmes d’une jeune autrice en herbe.
En vers aiguisés, elle décrit le monde, s’exerce à l’observation de ses semblables avec sensibilité et humour. Elle s’aventure également dans des univers imaginaires, tissant des récits empreints d’émotions universelles qui résonnent au-delà de sa propre histoire personnelle.
Son plaisir réside dans l’art de jongler avec la profondeur des sentiments, des rimes et des vers.

Les Transfigurés

« Tandis qu’en bas, la peste se déchaîne
Je m’en vais, je n’étais que de passage
Sans rancune, si je vous laisse à la peine ?
Je ne suis que le Marcheur de Nuages. »

Ce recueil transforme le réel, l’enchante et le poétise. S’emparant du banal comme de l’exceptionnel, il apporte un doux éclairage sur le quotidien, démontrant par là que pour apprécier sa vie, il suffit parfois de savoir la regarder.

Mots décomposés

« Un air lancinant, grinçant, acidulé
Et tellement, tellement lourd, et perçant, vibratif
C’est à ce son presque pur que je m’adresse :
Pourquoi vouloir détruire le monde et nos tympans ? »

Est-ce un poème ? Est-ce une liste ? Peut-être est-ce juste… une vue d’artiste ? Les textes des « Mots décomposés » sont surtout un immense terrain de jeu pour Michel De Cock qui nous y dévoile sa façon d’appréhender l’existence : en dansant sur les rimes, et en rythme. Avec tendresse parfois, avec humour souvent, il dessine des images d’endroits rêvés, où il fait bon se blottir ou s’amuser.

Être soi avec l’autre

« Dans nos mains, le maître du temps,
Nous remontons à la Source
Le temps, et l’inverse
Être soi, sans peur du juge »

Pour contrer le sort et la maladie qui l’entravent, l’auteur jette sur le papier des volutes de mots. Sur la partition de sa vie, il tempère d’harmonie ce qui est chaos et doutes. Dans un vertige de rimes et de rythme, il permet à l’esprit de voler, détaché de l’angoisse des quotidiens brumeux. Un saut de l’ange sans filet.

Carnet de poèmes

« Je me laisse naviguer
Encore un peu
Sous une…

Douce et douce, douce nuit
Cœur apaisé et fleurs effleuraient
Ton front et tes yeux »

Laissez-vous emporter dans une traversée en vers libres, à la prose légère comme une brise de printemps, pour évoquer avec le poète tout ce qu’il sait de l’amour et célébrer tout ce qu’il lui reste à en apprendre.