Thème : Poésie contemporaine

Gouttes d’écriture

« Soudain une pensée,
Émotion passagère,
Un haïku naît… »

Parenthèse dans l’œuvre de Philippe Pauthonier, le haïku est à l’honneur dans ce sixième recueil poétique. Toujours entre absolue sincérité et espiègle douceur, il nous livre ses émotions par grappes de quelques mots. Des mots qui explorent avec tendresse ou mélancolie la beauté d’une nature toujours sauvagement parfaite, d’une chevelure au vent ou d’une étoile filante en plein été.

Désert Lointain

« Fébrile et apaisant
son cœur dans sa poitrine,
le jeune homme pensif,
dans les doux soirs d’été,
savoure sa douleur,
comme une aura divine,
et cache au soleil roux
ses amours exaltées. »

Dans ce second recueil, Patric Kerlann entonne une ode passionnée à la poésie. Une découverte qui a bouleversé son adolescence et qui l’a poursuivi sa vie durant. La poésie, il faut la lire et la relire, encore et encore, et pour fixer ses rêves et l’éprouver soi-même, il faut finir par l’écrire. À travers les thèmes de l’évasion, de la révolte et de la liberté, devenir un passeur d’ombres et de lumière et inviter le lecteur à faire un beau voyage jusqu’au tréfonds de son être.

Bonheurisme

« L’amour est un mot
L’amour est un mot écrit
L’amour n’est ni moi, ni toi, ni lui
L’amour n’a pas de personne
L’amour est impersonnel
Alors l’amour ne parle pas
L’amour ne dit rien, silence, mais
Ce qu’on appelle l’amour parle »

Les mots, leur sens et la liberté qu’ils nous apportent. Dans cette série de textes qui échappent à la catégorie, l’auteur joue à saute-mouton avec le lexique. Portés par une écriture volontairement épurée, ces instantanés sont la mélodie de la vie qui passe. Inexorable et belle à en mourir.

Émotions en liberté

« Je préfère les allumeurs de réverbères
Aux businessmen sans frontières.
Ils ignorent la spéculation boursière
Et nous offrent un peu de lumière.

Nous retrouvons dans ce cinquième recueil empreint de douceur la plume sincère et tendre de Philippe Pauthonier. À travers ses vers, il nous fait goûter, sentir, voir la vie sous toutes ses facettes, tour à tour sombre et glorieuse, héroïque et contemplative. L’être humain est mis en avant dans ces pages, dans un arc-en-ciel d’attitudes qui nous renvoient à notre moi intime, éthéré et parfois à l’abandon.

Si l’humain existait

« Quand je nous regarde, quand je nous écoute
Mon esprit se révolte face à des doutes
L’humain doit-il toujours se plaindre, se faire mal ?
Il se brutalise souvent par l’abstrait minimal »

La démesure de l’humain et sa propension à s’autodétruire sont dénoncées dans ce recueil sans fards. Nous trahissons nos amours sans vergogne et négligeons nos valeurs avec un tel mépris qu’il est difficile d’imaginer que nous puissions surmonter autant de violence. L’auteur se plaît pourtant à croire que nous pouvons encore conserver un peu de cette curiosité, qui nous vaut la musique, la littérature ou la peinture.

Singulières… pensées

« Humanité !
Quel aveuglement !
Quelle vanité !
Comprendras-tu
enfin
que tu n’es
qu’un
élément
infime
de l’Univers ? »

Illustrées par des photographies et dessins de l’auteur, se dévoilent des pensées sauvages, contemplatives, enthousiastes ou révoltées. Des étincelles d’esprit qui jaillissent de la plume d’Annabelle Derouet, pour exprimer tour à tour, avec sincérité et justesse, un émerveillement qui se perd dans l’observation d’un nid d’oiseau ; ou une indignation qui se nourrit au puits sans fond des absurdités de la société contemporaine…

Symphonie d’une âme

« Un soir de mai,
Sur le rivage de la mer,
Quand la lumière du phare brillait,
Nous nous tenions la main dans la main.

Un soir de mai,
Les vagues caressaient le rivage,
La brise soufflait doucement ;
Dans l’obscurité, nous avions pleuré.»

Tantôt mélopée tendre et pleine de douceur, tantôt envolée mélodique passionnée et tumultueuse, cette « Symphonie d’une âme » reflète les multiples tonalités composant son auteur. Telle une chanson qui nous va droit au cœur pour y élire domicile, ce recueil de poésie est une ode aux émotions, à la sensibilité d’un esprit qui se laisse toucher par ce qui l’entoure et l’embrasse à plein corps.

La guerre des mots

« La mère de vagues lumières
Et le Sinaï regarde le mont Nébo
Sous le pas de nos frères tombés
Au champ des armes, ruisseau
Qui court le long des corps
Six jours pour compter le temps
D’une prière, d’un kaddish
Trois lendemains pour se dire Ismaïl
Nous sommes frères. »

Les autres, leur différence, leur ressemblance avec nous… Jamel Mouaouya plonge dans ses racines arabe et juive pour faire saillir le lien indéfectible entre deux communautés. En vers sensibles, il raconte le conflit, l’incompréhension et les instants de fusion.

Bloc-notes

« Il y avait le jour, et la nuit et le jour.
Un champ d’astéroïdes
Qui tournoyait à l’infini.
Il y avait le dit, et le non-dit,
Et ta fenêtre ouverte sur la mer,
À minuit. »

Écrits dans le silence de la nuit, les poèmes de Patric Kerlann nous invitent à un voyage en terre onirique. Nous entraînant sur un véritable chemin cathartique, l’auteur use de la magie de l’obscurité pour partager ses visions, ses joies et ses douleurs, ses espoirs et ses rancœurs. À travers les thèmes intemporels de l’amour, de l’enfance et de la mort, il nous dévoile un univers éthéré et sombre, mélancolique et puissant qui parle à toutes les âmes.

Le parfum de ton âme

« Étoile polaire,
Fais naître ma lumière
D’un simple toucher.
D’une larme versée,
Pour quelqu’un,
Sur mon chemin. »

D’une plume sincère et magnétique, l’auteure ouvre son cœur sur le tumulte qu’elle ressent parfois et les passions qui la secouent sans cesse. Dans cette mer agitée, l’écriture est sa bouée de sauvetage et, s’y accrochant avec ardeur et détermination, elle clame férocement son amour, son dévouement, sa colère et son désespoir. Elle réalise ainsi la promesse faite à sa grand-mère tant aimée, celle de faire connaître ses écrits.

Aparté

« Si tu essaies, tu as une chance de perdre
Si tu n’essaies pas, tu as déjà perdu. »

À travers ce recueil de poèmes courts, Mathieu Amouroux nous ouvre son cœur sur une période sombre de son existence, déversant sans fard les flots d’émotions qui l’ont submergé. Dans une volonté de partage, il dévoile sa propre vision du quotidien et de la société codifiée. En décrivant son prochain et ce qui l’entoure, il cherche à se trouver lui-même dans une flamboyante catharsis rythmée par la puissance des mots.

Quarante années de vie

« Quand tu es en présence
D’un gradé d’importance,
Surtout brasse du vent,
Ton mérite en avant. »

Tranches de vie éparses, égrenées tout au long de son existence, les poèmes de Jean-Claude Robert sont une valse… Non ! Ils sont une perpétuelle sarabande de mots qui donne et redonne goût aux subtilités de la langue française. S’amusant avec les rimes et voguant sur l’étroit canal séparant dérision et sérieux, l’auteur nous entraîne dans un sillage semé de souvenirs, de réflexions et de pensées à méditer.

50 Premiers Pas

« Se reposer sur ses jolis lauriers
En général un acte post-victoire
Dépouillé de l’âme du guerrier
J’y suis assis, sans combat auquel croire

En ce royaume de l’ambition
Impression d’être un étranger
Un message et une direction
Sans trop de sens pour pouvoir m’y ranger »

Lors d’une séance de thérapie, une travailleuse sociale propose à l’auteur d’exorciser ses démons à travers l’art de l’écriture. Ce précieux conseil bouleverse son destin, car ainsi naît Léo Leblanc : un alter ego idéaliste, à vif, doux et rageur, qui jette un regard tantôt passionné, tantôt désabusé sur la réalité du monde et le tumulte des émotions.

Somnambule

« J’escaladerai des montagnes,
Je nagerai vers le large,
Je ne me retournerai plus.

Jamais je n’aurai peur,
Jamais je n’aurai mal,
Jamais je ne serai seul. »

Dans ce recueil se présentent les divers visages de la mélancolie. Parfois jetée sur le papier avec l’ardeur du désespoir, parfois déposée doucement sur les pages par des mains gantées de retenue, cette émotion souvent insaisissable se laisse fugacement capturer sous la forme d’une pensée théâtralisée, au petit matin, quand les rêves s’égarent dans la lumière.

ÂM

« Venez à moi,
Écoutez mon cœur qui bat,
Écoutez mes menues cruautés,
Écoutez mes jeux

Je suis humain.
Ni plus, ni moins »

Les poèmes qui composent ce recueil sont comme autant de fragments d’une seule et même âme. Baba Alfa Umar invite le lecteur à la découvrir et à ressentir tous ses troubles. Suivez-le pour vous emparer du monde et le transformer, avec bienveillance.

Le chant des Songes

« Dans les lycées dans les collèges
Sur les chevaux des grands manèges
Dans le sable et sur la neige
Il y a des tags »

Un poème acquiert une résonance toute particulière lorsqu’il est mis en musique. Entre créations originales et classiques revisités, Gérard Elleboode évoque l’âme de Paris et des Antilles et nous entraîne dans une ronde de mots à l’harmonie obsédante.

Sensualité féminine

« J’imagine la peau de tes lèvres,
Ton sourire de lâcher-prise,
Et tes barrières qui cèdent. »

Le désir est le cœur palpitant de ce recueil qui explore la sensualité. Partager avec l’autre, éperdument, corps et âme, sans frein, c’est se livrer avec sincérité aux rencontres amoureuses comme aux lecteurs. Durant ce voyage à la source de nos émotions, la caresse des mots et la douceur des lèvres aimées se confondent dans un même vertige.

Cœur fané

« C’est l’histoire d’un garçon
Ce garçon va vivre un passage important de sa vie
Son adolescence
Un passage éphémère mais important
Ce moment va définir la personne qu’il est
La personne qu’il sera
Ce moment va forger son existence »

La première personne qui fait battre notre cœur demeure inoubliable. Pour ce garçon, le souvenir de cette fille est teinté d’obscurité et de douleur, mais la lumière n’est pas loin, il suffit de savoir la trouver… Une idylle poétique qui traduit les transports des premiers émois, les affres de la dépression et, enfin, le tendre baume de la guérison.

Vers Tiges

« Ces gens à la fière allure et le sourire généreux portent en eux
Outre leurs charges de survie, le poids des jours sans fin
Où les machettes ont été portées au rouge par une junte
Assoiffée de pouvoir, se prenant pour des dieux justiciers »

Une série de poèmes, illustrés de dessins ou de photographies, comme un journal, de 1970 à aujourd’hui : la sensualité de la jeunesse, des souvenirs de voyage et de rencontres, des instantanés du monde, des odes à des amis perdus…

Instant présent

« Assis sur le sable,
Je regarde l’horizon.
Une brise me caresse le visage.
L’odeur des embruns m’envahit.»

Authenticité, sincérité, douceur sont les maîtres mots de ce recueil jeté sur le papier en quelques heures. L’auteur livre au lecteur le fruit de ses observations, célébrant avec simplicité les petits et grands plaisirs de la vie. Un chuchotement souriant, qui nous suggère que le bonheur se trouve bien souvent sous les yeux de qui sait prendre le temps de regarder autour de lui.