Thème : Poésie contemporaine

Envole-toi

« Et être, à proprement parler, où il me semble avoir toujours été, lassé de tout, lassé de rien, lassé de ce silence interrompu, de cette existence qui s’est déchue, ou plutôt lassé de ne jamais avoir vécu ! »

Notre liberté se fracasse-t-elle contre les murs de notre intériorité ? Ou ne s’agit-il pas, simplement, de la réalité de notre condition humaine ?
Damien Schmit nous convie dans ce recueil de textes fragmentés à une introspection, dans les décombres du Moi. L’écho de notre voix intime y dessine les contours de notre cage de chair.
Damien Schmit est l’auteur de « Entre ciel et terre… », « Cyclosphère », « À cœur ouvert » et « Silenzio », parus aux Éditions du Panthéon. Poète de l’éphémère, il interroge encore et toujours notre sort de créature en devenir.

Le Ressenti de l’Âme

« Sous l’énergie d’un tilleul,
J’expose mon âme vibrante.
Parfois, je me sens si seule,
Entourée par la tourmente.

Mes rires composent le récital de l’ennui,
Et se reflètent dans l’eau de mes larmes.
Elles s’écoulent au gré de mes fantaisies
Pour m’abstraire de l’incessant vacarme. »

À travers ce recueil de poèmes symbolisant l’élévation spirituelle, Christelle Gamboso nous invite à plonger corps et âme dans les profondeurs abyssales des émotions. Entre ces pages qui explorent l’unification de l’humain au divin, la souffrance transcendée et la résilience, nous serons amenés à contempler la beauté dans son infinie pureté innée. Ce voyage cosmique est une ode aux âmes en quête de lumière et d’amour inconditionnel au cœur de l’univers enténébré.

Avec le temps

« Sur le sable la mer glisse
Nos dessins s’effacent du grain
De nos peaux si essoufflées

Dans les branches les feuilles se tissent
L’automne qui arrive, incertain,
Par nos courses sans arrivées »

À travers ce recueil sensible et éthéré, Marie Coutant raconte et interroge le temps. Le temps de parcourir le monde, sur la terre comme en soi. Le temps de vivre et de mourir, et entre-temps, de grandir. Le temps d’aimer, de craindre pour soi et pour les autres puis, celui de crier, de pleurer, de regarder la pluie s’installer puis repartir, chassée par le soleil. Un temps pour soi, en soi, sur quelques mots de soie.

Une vie d’amour : de la révolte à la sérénité

« Il y en a qui misent sur un monde meilleur,
Et d’autres qui attisent un nouveau malheur.
Il y a toi et moi,
Maintes fois ignorés,
Unis par nos émois
De vivre sans regrets.
Et puis il y en a
Qui ne le savent pas. »

Tantôt bringuebalé par les courants de l’existence, tantôt y virevoltant avec aisance, Martial Martzloff a vécu une vie d’amour et l’a cachée dans ses vers, qu’il décide aujourd’hui d’appeler au grand jour pour célébrer l’émotion. Celle qui fait vivre, qui met en joie, en colère parfois. Celle qui apporte au corps et au cœur des sensations de brises et de bourrasques, avec le bonheur clé en main.

Encore à corps

« S’immerger l’un à l’autre.
Se noyer dans nos effluves.

Vrombir de nos tempêtes.
Plus rien d’autre n’existe. »

Dans « Encore à corps », Amandine forme une délicate dentelle de mots autour d’un amour passionnel, à la fois animal et tendre. Elle dépeint en mots comme en images l’envoûtante danse de la séduction, celle qui prend le corps et saisit le cœur dans son rythme velours et sensuel. Une façon de voir l’amour matérialisé dans les rapports charnels qui s’est un peu perdue, qu’elle nous fait un peu retrouver, le temps d’un poème illustré.

Dans le monde infini des mots

« Le dictionnaire déchiqueté
Gisait abandonné sur un trottoir
Éventré, il exposait au ciel des lignes de mots
Hélas !
On ne peut pas assassiner les mots
Ni les mettre en prison
Ils existent dans l’espace abstrait »

Nut Monegal et Douglas McGuigue nous emportent avec eux dans une nouvelle valse littéraire. Primaux ou ciselés, calmes plats ou endiablés, les poèmes, arrangés à la manière d’un échange épistolaire, font tournoyer ensemble la mélancolie et l’exaltation, la tristesse et la fantaisie. Musical aux oreilles comme aux yeux, nous embarquerons avec eux pour un beau voyage en perspective…
Après « Mémoires Transhumantes et conversations avec Douglas » (Éditions du Panthéon, 2017), Nut Monegal et Douglas McGuigue poursuivent leur compagnonnage littéraire. Mots en échos et tourbillon de sensations font partie de la mélodie si caractéristique de leurs textes.

La nuit du brasseur de cidre

« Je cherche mon apaisée solitude
D’une violette, d’un bleu vêtu d’abandon
Rêves lacunaires, je frémirai de votre souffle »

Dans ce recueil délicat et subtil, Loraine Bazalgette nous emmène à la chasse aux sensations fugaces. Celles qui sont à peine formées et pourtant s’impriment et se diffusent en nous, pour laisser un souvenir indélébile à celui ou celle qui les vit. À ses mots, elle instille une volonté propre, que domine celle d’être lus à cœur ouvert, à haute voix ou dans un doux murmure.

La lumière et la nuit

« Déchirement de la lumière
Cri de rage bleue

Réunion de la nuit
Dissidence de l’espoir
Comme une amnésie grave.

Du chaos naît la grandeur
Et les plus belles choses. »

D’une plume exaltée, Emilie Lamotte essaie de capter la lumière et de sentir la nuit tout à la fois, de mettre les émotions au premier plan du monde et de la vie. À l’image de la musique qui fait vibrer son cœur, elle nous emporte dans une mélodie folle de visions poétiques intenses qui parlent à l’âme. Photographies d’instants, de sentiments, de nature et de beauté, ces poèmes font remuer quelque chose à l’intérieur, une émotion douce et forte qui tend les bras vers la lumière…

Boudoirs

« crois-tu qu’ils sauraient ?
s’ils regardaient
s’ils voyaient
– si je leur laissais voir
regarder
après tout ce sont des hommes
faibles
humains
eux
comme nous tous »

Tendres ou grinçants, délicats comme une caresse ou cinglants comme une gifle, les vers de ce recueil distillent une mélodie entêtante. Composés à l’adolescence, ils disent en mots susurrés la douleur et la beauté de vivre.

Poésie Rassemblée

« Son sourire,
Tous nos rires,
Tous nos souvenirs,
Rien n’aurait dû finir.
Elle était là,
Moi je ne suis plus là.»

À seulement dix-neuf ans, Yohan Papoin nous livre dans ce recueil tous les espoirs d’une adolescence meurtrie par l’absence d’une mère. À travers ces poèmes aux vers doux et empreints d’une désarmante simplicité, il dévoile ses douleurs et ses peines en les patinant parfois d’une teinte d’espoir, diluée dans ses envies d’ailleurs comme dans ce besoin d’amour qui ne quitte personne une fois qu’il l’étreint. Une ode à l’innocence trop vite envolée.

La beauté du spectacle

« Je t’écris du haut de ces années, qui m’ont fait découvrir la beauté des amours déçues, la douleur de la trahison, l’angoisse insupportable de l’attente et l’excitation des retrouvailles. Je t’écris en mémoire de ces rendez-vous volés, de ces silences, de ces regards suspendus. »

À travers ce recueil, Cyrielle Héronneau emmène le lecteur dans un voyage à la fois familier et toujours nouveau : celui du sentiment amoureux, de ses ressentis et ses contradictions, ses émotions et ses exaltations. Dans les mots qu’elle dessine avec sensibilité, elle nous fait traverser toutes ses formes avec une incroyable intensité.

Gouttes d’écriture

« Soudain une pensée,
Émotion passagère,
Un haïku naît… »

Parenthèse dans l’œuvre de Philippe Pauthonier, le haïku est à l’honneur dans ce sixième recueil poétique. Toujours entre absolue sincérité et espiègle douceur, il nous livre ses émotions par grappes de quelques mots. Des mots qui explorent avec tendresse ou mélancolie la beauté d’une nature toujours sauvagement parfaite, d’une chevelure au vent ou d’une étoile filante en plein été.

Désert Lointain

« Fébrile et apaisant
son cœur dans sa poitrine,
le jeune homme pensif,
dans les doux soirs d’été,
savoure sa douleur,
comme une aura divine,
et cache au soleil roux
ses amours exaltées. »

Dans ce second recueil, Patric Kerlann entonne une ode passionnée à la poésie. Une découverte qui a bouleversé son adolescence et qui l’a poursuivi sa vie durant. La poésie, il faut la lire et la relire, encore et encore, et pour fixer ses rêves et l’éprouver soi-même, il faut finir par l’écrire. À travers les thèmes de l’évasion, de la révolte et de la liberté, devenir un passeur d’ombres et de lumière et inviter le lecteur à faire un beau voyage jusqu’au tréfonds de son être.

Bonheurisme

« L’amour est un mot
L’amour est un mot écrit
L’amour n’est ni moi, ni toi, ni lui
L’amour n’a pas de personne
L’amour est impersonnel
Alors l’amour ne parle pas
L’amour ne dit rien, silence, mais
Ce qu’on appelle l’amour parle »

Les mots, leur sens et la liberté qu’ils nous apportent. Dans cette série de textes qui échappent à la catégorie, l’auteur joue à saute-mouton avec le lexique. Portés par une écriture volontairement épurée, ces instantanés sont la mélodie de la vie qui passe. Inexorable et belle à en mourir.

Émotions en liberté

« Je préfère les allumeurs de réverbères
Aux businessmen sans frontières.
Ils ignorent la spéculation boursière
Et nous offrent un peu de lumière.

Nous retrouvons dans ce cinquième recueil empreint de douceur la plume sincère et tendre de Philippe Pauthonier. À travers ses vers, il nous fait goûter, sentir, voir la vie sous toutes ses facettes, tour à tour sombre et glorieuse, héroïque et contemplative. L’être humain est mis en avant dans ces pages, dans un arc-en-ciel d’attitudes qui nous renvoient à notre moi intime, éthéré et parfois à l’abandon.

Si l’humain existait

« Quand je nous regarde, quand je nous écoute
Mon esprit se révolte face à des doutes
L’humain doit-il toujours se plaindre, se faire mal ?
Il se brutalise souvent par l’abstrait minimal »

La démesure de l’humain et sa propension à s’autodétruire sont dénoncées dans ce recueil sans fards. Nous trahissons nos amours sans vergogne et négligeons nos valeurs avec un tel mépris qu’il est difficile d’imaginer que nous puissions surmonter autant de violence. L’auteur se plaît pourtant à croire que nous pouvons encore conserver un peu de cette curiosité, qui nous vaut la musique, la littérature ou la peinture.

Singulières… pensées

« Humanité !
Quel aveuglement !
Quelle vanité !
Comprendras-tu
enfin
que tu n’es
qu’un
élément
infime
de l’Univers ? »

Illustrées par des photographies et dessins de l’auteur, se dévoilent des pensées sauvages, contemplatives, enthousiastes ou révoltées. Des étincelles d’esprit qui jaillissent de la plume d’Annabelle Derouet, pour exprimer tour à tour, avec sincérité et justesse, un émerveillement qui se perd dans l’observation d’un nid d’oiseau ; ou une indignation qui se nourrit au puits sans fond des absurdités de la société contemporaine…

Symphonie d’une âme

« Un soir de mai,
Sur le rivage de la mer,
Quand la lumière du phare brillait,
Nous nous tenions la main dans la main.

Un soir de mai,
Les vagues caressaient le rivage,
La brise soufflait doucement ;
Dans l’obscurité, nous avions pleuré.»

Tantôt mélopée tendre et pleine de douceur, tantôt envolée mélodique passionnée et tumultueuse, cette « Symphonie d’une âme » reflète les multiples tonalités composant son auteur. Telle une chanson qui nous va droit au cœur pour y élire domicile, ce recueil de poésie est une ode aux émotions, à la sensibilité d’un esprit qui se laisse toucher par ce qui l’entoure et l’embrasse à plein corps.

La guerre des mots

« La mère de vagues lumières
Et le Sinaï regarde le mont Nébo
Sous le pas de nos frères tombés
Au champ des armes, ruisseau
Qui court le long des corps
Six jours pour compter le temps
D’une prière, d’un kaddish
Trois lendemains pour se dire Ismaïl
Nous sommes frères. »

Les autres, leur différence, leur ressemblance avec nous… Jamel Mouaouya plonge dans ses racines arabe et juive pour faire saillir le lien indéfectible entre deux communautés. En vers sensibles, il raconte le conflit, l’incompréhension et les instants de fusion.

Bloc-notes

« Il y avait le jour, et la nuit et le jour.
Un champ d’astéroïdes
Qui tournoyait à l’infini.
Il y avait le dit, et le non-dit,
Et ta fenêtre ouverte sur la mer,
À minuit. »

Écrits dans le silence de la nuit, les poèmes de Patric Kerlann nous invitent à un voyage en terre onirique. Nous entraînant sur un véritable chemin cathartique, l’auteur use de la magie de l’obscurité pour partager ses visions, ses joies et ses douleurs, ses espoirs et ses rancœurs. À travers les thèmes intemporels de l’amour, de l’enfance et de la mort, il nous dévoile un univers éthéré et sombre, mélancolique et puissant qui parle à toutes les âmes.