Aurélien Dupouey-Delezay est professeur d’histoire-géographie, de culture générale et d’histoire des arts au lycée Younoussa Bamana de Mamoudzou à Mayotte. Il est également blogueur et responsable d’un projet de communauté écologiste baptisée la Haute Haie.

DE L'AUTEUR
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Rencontre avec... Aurélien Dupouey-Delezay

1. Pouvez-vous nous présenter votre livre ?

L’Écologie radicale expliquée à ma belle-mère est un essai politique écrit sous la forme d’un long dialogue entre un homme plutôt jeune et ses beaux-parents sur la question de la crise écologique, que nos sociétés commencent à peine à affronter. D’où vient-elle ? Quelles seront ses conséquences probables ? Et surtout, comment peut-on espérer y faire face ? Le livre traite en particulier du Système technicien auquel se conforment actuellement presque toutes les sociétés du monde. Il présente le courant de l’écologie dite radicale ou profonde, c’est-à-dire qui considère que nous ne résoudrons aucun de nos problèmes sans sortir complètement de ce Système.

2. Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Le livre plonge ses racines chez beaucoup de philosophes ou de penseurs de la technique et de l’écologie radicale, même si tous ne revendiqueraient pas ce terme : Martin Heidegger, Hans Jonas, Jacques Ellul, Arne Næss, Günther Anders, Bernard Charbonneau, et tant d’autres… Mais il s’inspire aussi de la pensée d’auteurs de fiction, comme JRR Tolkien, auquel le livre est dédicacé.

3. Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

Ce n’est pas un livre qui m’a donné envie d’écrire, mais la situation du monde actuel, qui m’est une souffrance sans fin. Chaque hectare de forêt qui brûle, chaque nouvelle espèce qui disparaît, chaque morceau de plastique balancé dans les océans, chaque dixième de degré en plus pour notre planète me donnent envie de hurler. À défaut de pouvoir le faire sans cesse, j’écris.

4. Si vous deviez vous décrire en trois mots, quels seraient-ils ?

Lucide, inquiet, déterminé.

5. Quelle est votre citation favorite ?

J’en ai beaucoup ! Et j’aurais bien du mal à en mettre une au-dessus de toutes les autres, d’autant plus que ça change avec le temps. Si, en ce moment, je devais n’en choisir qu’une, ce serait probablement une devise de Guillaume le Taciturne : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

6. Quel est votre mot préféré ?

« Amour » pour le signifié. Pour le signifiant, c’est plus dur. Peut-être « inexorable », « adolescence » ou « thaumaturge ».

7. Quel est votre rituel d’écriture ?

Sur le bon et sage conseil d’une amie, elle-même éditrice, auteur et journaliste, j’essaye de travailler à la manière d’un moine : à heures fixes, selon un agenda quotidien et hebdomadaire le plus strict et régulier possible. Je ne dis pas que j’y arrive absolument tout le temps.

8. Le livre que vous auriez aimé écrire ?

Là aussi, difficile de choisir. Peut-être Cahier de verdure, de Philippe Jaccottet. De la poésie, en tout cas, ou de la prose poétique.

9. Stylo ou clavier ?

Pour des raisons pratiques, j’écris presque tout au clavier. De nos jours, même les copies de bac sont dématérialisées et corrigées sur ordinateur… Mais je le déplore. Je regrette vraiment le temps où j’écrivais tout à la main : mes poèmes, mes premières traductions de Tolkien, mes notes pour des essais politiques… D’ailleurs, pour ce à quoi je tiens vraiment, je reviens à l’encre : mon journal intime, par exemple, n’est même pas écrit au stylo, mais à la plume.

10. Le mot de la fin ?

Le mot de la fin, j’ai bien peur que notre civilisation ne l’écrive pour la nature et la vie telles que nous les connaissons. C’est pour éviter cela que je me bats, par l’écriture mais aussi dans les autres aspects de ma vie ; avec, pour reprendre le mot de Gramsci, « pessimisme de la raison, optimisme de la volonté. »