Avec ce nouveau roman, Prisca-Francine Flore Atsain livre une ode puissante aux identités multiculturelles et à la voix d’une jeunesse plurielle.
Diplômée de l’INSAAC en Côte d’Ivoire et de l’Université de Montréal, Prisca-Francine Flore Atsain est engagée dans des actions sociales et humanitaires. Elle est également l’auteure du roman « Naissance d’une force : survivre aux adieux », (2025) et du recueil de poèmes « Le cri de l’invisible, battements d’une âme » (2026), parus aux Éditions du Panthéon.

DE L'AUTEUR
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Rencontre avec... Prisca-Francine Flore Atsain

1. Pouvez-vous nous présenter votre nouvel ouvrage ?

« Sous l’ombre d’un drapeau : Canadien de naissance, étranger par défaut » est un roman profondément humain qui explore les questions de l’identité, de l’appartenance et du regard porté sur ceux qui vivent entre plusieurs cultures. À travers le personnage de Jean-Michel, né au Canada de parents ivoiriens, j’aborde le sentiment d’être parfois considéré comme étranger, même dans son propre pays. C’est une œuvre qui parle de racines, de mémoire, de transmission, mais aussi de résilience et d’espoir.

2. Quel message voulez-vous transmettre au lecteur ?

Je veux dire au lecteur qu’il est possible de porter plusieurs identités sans avoir à renier une partie de soi. Nos différences ne devraient pas être des barrières, mais des richesses. Ce livre invite également à réfléchir sur les préjugés invisibles, les blessures silencieuses et la quête de reconnaissance sociale que vivent beaucoup de personnes issues de l’immigration.

3. Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes inspirations viennent beaucoup des réalités humaines, des histoires entendues, observées ou vécues autour de moi. L’exil, la solitude, la foi, la famille, les silences, les non-dits et les combats intérieurs nourrissent mon écriture. Je suis aussi inspirée par les échanges avec les gens, les émotions cachées derrière les regards, ainsi que par mon parcours entre plusieurs cultures.

4. Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

Je n’ai pas un seul livre précis. Depuis le lycée, j’écrivais déjà pour ne pas me sentir seule. L’écriture est devenue pour moi un refuge, puis une mission. Les livres qui touchent profondément l’âme humaine et parlent avec sincérité m’ont toujours marquée.

Mais il y a aussi une autre réalité : c’est souvent l’absence de sujets comme les miens dans la littérature qui m’a poussée à écrire. Je ressentais le besoin d’offrir au monde une voix différente, une sensibilité née entre plusieurs cultures, plusieurs blessures et plusieurs espérances. J’ai compris que certaines histoires ne pouvaient être racontées que par ceux qui les portent intérieurement. Alors j’ai décidé d’écrire ce que moi seule pouvais offrir.

5. Si vous deviez vous décrire en trois mots, quels seraient-ils ?

Résiliente. Observatrice. Authentique.

6. Quelle est votre citation favorite ?

« Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

Ou encore :

« Le passé n’est pas seulement un passé ; il est la boussole du présent et le guide du futur. »

7. Quel est votre rituel d’écriture ?

J’écris souvent dans le calme, tard le soir ou très tôt le matin, surtout les fins de semaine, quand ma famille dort encore et que le monde semble suspendu quelques instants. J’aime écouter le silence avant d’écrire. Ce silence devient presque une porte vers les émotions, les souvenirs et les pensées profondes.

J’ai besoin de beaucoup d’émotion pour trouver l’inspiration. Alors, il m’arrive de remonter dans le temps, de replonger dans certains souvenirs, certaines blessures ou certains moments marquants de la vie. Parfois aussi, je me mets intérieurement dans la peau d’une personne qui traverse une douleur, un rejet, un exil ou une solitude. J’essaie de ressentir ce qu’elle ressent, de comprendre ses silences et ses combats invisibles.

Parfois, une simple phrase, un regard ou une émotion suffit ensuite pour déclencher plusieurs pages. J’écris beaucoup avec le cœur avant de corriger avec la raison. Pour moi, écrire, c’est donner une voix aux émotions que beaucoup ressentent sans toujours réussir à les exprimer.

8. Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

J’ai plusieurs projets en cours autour de l’exil, de la transmission culturelle, des femmes, de la foi et de la reconstruction intérieure. Je souhaite continuer à écrire des œuvres qui donnent une voix à ceux qu’on entend peu et qui créent des ponts entre les cultures et les générations.

9. Comment s’est fait le choix de votre maison d’édition ?

Je recherchais une maison capable d’accueillir des récits profondément humains et engagés. Éditions du Panthéon a cru en mes manuscrits et en l’univers que je souhaite transmettre aux lecteurs. Cette collaboration s’est construite autour d’une vision commune de la littérature comme espace de réflexion et d’émotion.

10. Le mot de la fin ?

Je voudrais simplement dire merci. Merci à toutes les personnes qui croient encore au pouvoir des mots. J’espère que ce livre permettra à certains lecteurs de se sentir compris, vus, et peut-être un peu moins seuls. Parce qu’au fond, derrière chaque drapeau, il y a avant tout une histoire humaine.