« Mais il y a aussi de véritables pillards nazis et leurs acolytes, les collaborationnistes français. Ils aiment l’argent, les meubles, les tableaux, les objets d’art, tout ce qui brille. Ceux-là, qui ne dépendent pas de Vichy, sont parfaitement organisés. Ils se servent directement et le cœur de leur organisation de pillage
c’est l’ERR et la Dienststelle Westen qu’ils installent chez mes grands-parents au 54 avenue d’Iéna. »
Au 54 avenue d’Iéna, un appartement et de paisibles déjeuners du jeudi chez la grand-mère ; un souvenir mis à mal par le fracas de l’Histoire.
Revenue sur les lieux en 2021, Hélène de Gunzbourg apprend que l’immeuble fut un centre majeur de la spoliation des biens juifs durant l’Occupation. De cette révélation naît une enquête qui croise archives, lettres et mémoire, et met au jour l’organisation du pillage et le rôle de l’administration française. Se dessine alors une épopée marquée par l’exode et l’impossible retour.
Au cœur de cette exploration émerge la figure du père, héros de la Résistance habité par le sentiment d’être resté à part. Le livre interroge moins une identité qu’une fracture, moins un passé que ce qui en subsiste : silences, absences, déplacements. Il restitue ce qui a été effacé et ce qui, malgré tout, s’est transmis.
Née à Paris en 1947, Hélène de Gunzbourg étudie les lettres à la Sorbonne et s’engage dans les mouvements maoïstes de Mai 68. Elle participe à la création de Libération, puis devient sage-femme jusqu’en 2010. Docteure en philosophie, elle consacre ses travaux à la naissance et à la maternité, et s’attache, dans son parcours comme dans ce livre, à écouter et transmettre la parole des femmes.
Enquête familiale et historique, ce récit part d’un souvenir d’enfance pour révéler le rôle d’un immeuble parisien dans la spoliation des biens juifs sous l’Occupation. Hélène de Gunzbourg remonte le fil des archives et des silences familiaux, jusqu’à la figure de son père, héros de la Résistance marqué par un sentiment d’exclusion.