« Pour- tant, c’était sa fierté, à l’homme, ses champs de lentilles. On les disait être les plus beaux du canton, peut-être de la région. Il regardait la lune avant de les semer. Il surveillait leur levée avec impatience. Dès qu’elles naissaient vertes et drues, juste comme il faut, il jubilait. »
Sur le plateau volcanique du Devès, dans le Massif central, la lentille verte du Velay accompagne le destin d’hommes et de femmes profondément attachés à leur terre, à leur métier et à leurs racines.
Autour d’Henri et des siens, le monde rural bascule. Les haies disparaissent, les machines remplacent peu à peu les bras et les banques imposent leurs contraintes. Les pesticides gagnent les sols, les eaux et les corps. Du remembrement aux crises sanitaires, de la sécheresse de 1976 à Tchernobyl et au réchauffement climatique, les repères anciens se fissurent et le métier d’agriculteur se transforme.
Roman de mémoire, de colère et de transmission, ce récit mêle une histoire d’amour empêchée à celle d’un territoire profondément meurtri. Une humble graine y devient le symbole d’un héritage vivant. Une lettre adressée à un sénateur favorable à la réintroduction des néonicotinoïdes fait entendre la colère d’un secteur confronté aux conséquences de ses choix.
Petite-fille de paysans et fille d’agriculteur, Maryse Mezard rend hommage à ses origines rurales et livre un récit sensible sur les bouleversements qui ont transformé les campagnes.
Elle est également l’auteure de « Une vie différente » (2018), « Liberté… » (2019), « Lulu » (2020), « Antoinette Bonnet » (2023) et « Une valise pleine de silence » (2025), parus aux Éditions du Panthéon.
Dans le Velay, une famille d’agriculteurs est confrontée aux profondes mutations du monde rural. Un roman sensible et engagé sur les transformations des pratiques, les blessures de la terre et la transmission d’un héritage.