« À l’instar de sa mère, Clémence avait fait couper ses cheveux, obéissant au symbole d’émancipation et de modernité en vogue, et adoptait un carré court dit « à la garçonne ». Toutefois, sa chevelure naturellement bouclée lui permettait d’échapper à une masculinisation trop appuyée. La coupe restait « discrète, seyante et sans extravagance », ainsi que le préconisaient les journaux et magazines féminins de l’époque. »
À la fin des Années folles, tandis que le monde vacille à l’aube du krach de 1929, Louise et Clémence entrent dans l’âge adulte avec leurs rêves d’émancipation. L’une veut devenir herboriste à Paris, l’autre infirmière à la Salpêtrière.
Autour d’elles, trois générations de femmes se répondent, se heurtent et se transmettent la mémoire des combats silencieux menés contre les limites imposées à leur condition.
Dans une France encore profondément marquée par le patriarcat, leurs destins croisent ceux d’hommes oppresseurs ou conciliants, alors que le temps poursuit son œuvre, inexorable.
Entre aspirations intimes, poids des héritages et bouleversements d’une époque au bord du basculement, Le bruit des tambours explore les vies ordinaires dont les élans, les peurs et les révoltes annoncent déjà les fractures des décennies à venir.
Avec ce dixième roman, Muriel Batave-Matton poursuit l’univers initié dans « Au loin grondait l’orage ». Fidèle à son goût du réalisme et du naturalisme, elle donne vie à des héroïnes fortes et profondément humaines, portées par une écriture précise, élégante et d’une grande intensité psychologique.
Avec « Le bruit des tambours », Muriel Batave-Matton signe un roman historique captivant sur l’émancipation féminine et le poids des héritages. Une fresque humaine qui restitue avec justesse les bouleversements des Années folles.