Thème : Romans historiques

Une famille de Chisseau

« Ils avaient recueilli les chants d’hommes et de femmes dans des maisons obscures, où ils tenaient leurs réunions secrètes. Leurs voix résonnaient de façon stridente à l’extérieur, lui avait dit Guillaume Drouet. Personne ne savait exactement ce qui se passait lors de ces soi-disant cultes. On entendait dire qu’ils n’avaient rien en commun avec les messes classiques de l’Église. »

Ce récit nous transporte au cœur du XVIe siècle, près de Tours, dans le village de Chisseau ; les tensions confessionnelles y déchirent une famille et une communauté.
Le destin de Jehan, le fils aîné, oscillant entre foi et rébellion, nous guide à travers les méandres des guerres qui ensanglantent la France d’alors. Au milieu des affrontements entre catholiques et protestants, chaque personnage prend part à la lutte pour sa survie.
Œuvre d’imagination, « Une famille de Chisseau » repose sur des recherches historiques approfondies et brosse un tableau saisissant de la guerre civile qui déchira le royaume.

Une drôle d’histoire

« Les moines et novices se rangèrent en silence autour des grandes tables de bois. Hugues et Thomas s’installèrent à leurs places. Hugues, originaire d’une région où l’on parlait la langue d’oc, était un peu dépaysé. Cadet d’une famille assez aisée d’Arles, il avait été placé comme oblat dans une congrégation du midi de la France qui se trouvait dans l’obédience de l’abbaye de Cluny. Il avait suivi le cheminement classique de ceux que les familles plaçaient, pour diverses raisons, dans les monastères.»

À la fin du XVe siècle, Thomas et Hugues décident, avant de prononcer leurs vœux, de s’enfuir de l’abbaye de Cluny. Commence alors une errance qui les mènera dans un hameau des Dombes, proche de Villefranche-sur-Saône, presque chez lui pour l’un et vers une ascension sociale pour l’autre. Ils y trouveront l’amour, dans une époque troublée entre un Moyen Âge finissant et une Renaissance balbutiante.

Le Bourreau mélancolique

« La vie au sortir de la Conciergerie serait tellement triste sans la Guibal ! Et sans la fiole que je serre sous mon manteau… Je m’en enverrais bien une lichette mais Nappier me demanderait : « Je peux, Sanson ? »… Non il ne peut pas. Ce breuvage-là c’est pour moi, pour moi seulement, s’il veut de la gnôle j’en ai, mais de la gnôle tout le monde en a – la seule denrée qui n’ait jamais manqué sous la Révolution ! »

La Révolution vue par son Bourreau
Hache du Peuple, Ouvrier de la Mort, Fer de la France… sont quelques-uns des doux noms accolés à Charles-Henri Sanson. 2918 têtes à son actif et parmi celles-ci, des têtes qu’il vénère. Royaliste, Sanson exécute Louis XVI, Marie-Antoinette… Féru de sciences, il décapite Lavoisier, l’astronome Sylvain Bailly… Catholique, il envoie des curés ad patres. Girondin, il guillotine les Girondins. Trop de contradictions pour un seul homme, fût-il issu d’une longue lignée d’exécuteurs !… Sanson est le Grand comédien tragique qui, à la fin de la représentation, goûte à l’amère saveur de la folie.
Sous forme romanesque, « Le Bourreau mélancolique » retrace ce destin contrarié en nous plongeant au cœur des débats et des intrigues qui firent et défirent les assemblées populaires. Au cœur des ténèbres aussi, car si Robespierre, Danton, Charlotte Corday perdirent la vie sur son échafaud, nombre d’anonymes y laissèrent la leur… sans savoir pourquoi.

Le novice amoureux

« – Je t’ordonne, par conséquent, qu’il conclut sa sévère réprimande, de cesser à l’instant, non seulement tes rendez-vous nocturnes avec cette jeune fille, mais aussi de la rencontrer ailleurs… Je te le répète : c’est un ordre et, en tant que père, je prétends que tu le respectes pleinement.
Rien qu’à entendre l’injonction paternelle qu’il vient de m’imposer, prononcée sur un ton impératif incontournable, je demeure stupide et interloqué, comme si j’avais commis un abominable sacrilège. »

Paris, 1572. François est amoureux d’une jeune fille huguenote. La riche et très catholique famille du jeune homme réprouve cette attirance et fait entrer de force l’adolescent en l’abbaye bénédictine de Saint-Martin-des-Champs.
Dans une langue qui mêle français moderne et expressions du XVIe siècle, nous suivons les pas des amants, alors que les prémices du massacre de la Saint-Barthélémy se mettent peu à peu en place.

Grace O’Malley : la femme pirate

« À quinze ans, Gráinne brûle d’embarquer aux côtés de son père. Alors qu’un des navires est prêt à appareiller pour l’Espagne, elle supplie ses parents de l’autoriser à faire ses preuves.
– Il n’en est pas question, rétorque Margaret. C’est beaucoup trop dangereux. Je n’ai pas enfanté un garçon, mais une jolie demoiselle délicate et instruite.
– Tes longs cheveux pourraient se prendre dans les cordages de la voilure, tranche son père à court d’arguments.
La jeune fille ne réplique pas. Elle se réfugie dans sa chambre où, à l’aide d’un simple couteau, elle cisaille sa magni- fique chevelure roux cuivré. »

Gráinne Ní Mháille, un nom sonore, comme le claquement d’une voile au vent, celui d’une figure irlandaise emblématique. Née au XVIe siècle, Grace O’Malley est le symbole du passage entre le monde des légendes gaéliques et la modernité acquise dans la douleur.
Enfant turbulente et chérie de son entourage, Grace grandit dans l’insouciance. La politique hégémonique de Henry VIII vient mettre fin à ce temps béni et sonne aussi pour la jeune fille le début de l’aventure. Alors que sa famille vit des fruits de la pêche, Grace devient pirate.
Elle sera l’une des femmes les plus connues de son époque, adulée par les Irlandais, crainte par leurs ennemis.

L’Afghane

« Nous nous apprivoisions depuis Le Puy, commençant à nous comprendre de regards complices. Ma révolte se calmait, le jamais devenant peut-être. »

1906. Agathe, jeune paysanne de Haute-Loire, trahie par son fiancé, s’interroge sur son avenir d’institutrice.
Une rencontre bouleverse ses projets. Elle décide de tout quitter pour suivre un mystérieux Afghan dont elle s’est éprise. Des Indes aux hauts plateaux de Kaboul, la jeune femme découvrira une société tribale qui emprisonne et soumet épouses et concubines. Sa révolte mûrira sa destinée.

Le manoir de Tyrel

« Les soldats prirent place dans la barge ballottée par les flots. Jean, trempé malgré sa veste imperméable, regardait droit devant lui l’apparition des premières falaises de la côte normande dans la lueur crue du matin. La terre de France, sa terre, son pays. »

6 juin 1944 – Après des années d’un entraînement intense, Jean participe au débarquement. Souhaitant plus que tout libérer son pays, il doit, avec ses camarades, participer à des luttes acharnées. Mais le combat se mène aussi de l’intérieur et Marguerite, elle, s’engage dans un réseau de résistance. C’est au manoir de Tyrel que les routes de ces deux jeunes Français vont se croiser et que le passé va ressurgir.

La pénitente d’Euskal Herria

« La révélation d’Ézilda plonge ses parents dans la stupéfaction et les laisse sans voix l’espace d’un instant, le temps qu’une bouffée de colère monte en eux. Pierra s’emporte le premier. Le courroux plisse tout à coup son front. Il ôte la pipe de sa bouche rageusement.
– Ne me dis pas que tu as fauté avec ce garçon. Tu n’as pas osé faire une chose pareille… »

Le jeune homme en question est un «cagot », un bohémien, un marginal appartenant à une petite communauté frappée d’ostracisme social et religieux qui pratique l’endogamie (obligation d’épouser quelqu’un de son groupe). Cette union déshonorante est une provocation. Elle explique à elle seule l’emportement du père.
Agriculteurs souletins, Pierra et Marie commencent enfin à récolter les fruits d’un travail quotidien acharné. À Ézilda, leur première-née qui vient de fêter son dix-huitième anniversaire, ils lèguent avec émotion un patrimoine et une réputation intacts. Tourmentée par un terrible secret, la jeune femme renonce aux devoirs de sa charge. À contre-courant, elle se jette à corps perdu dans le tourbillon des passions que déchaînent son étrange beauté et son caractère brûlant. Écartelée entre le bien et le mal, déchirée entre l’amour et la haine, fera-t-elle le choix d’une vie conforme à la tradition et renouer avec la paix de son âme ?

Au fil d’une intrigue sentimentale et policière haletante, Alain Lombardi nous entraîne sur les chemins pyrénéens de la transhumance dans un livre foisonnant. À ses côtés, nous partageons le quotidien des bergers et des « Hirondelles », ces jeunes filles venues de Navarre et d’Aragon qui s’embauchent dans les usines sandalières de Mauléon à l’aube de l’âge d’or de l’espadrille. Il guide nos pas à Saint-Jean-de-Luz, à la rencontre des kaskarotes, ces femmes de marins-pêcheurs impudiques qui font tourner bien des têtes et chavirer les cœurs. De Biarritz à Bayonne et jusqu’aux forges de l’Adour, nous nous mêlons à la foule des paysans, ouvriers, parias, bourgeois et autres anarchistes. Qu’ils soient héros ou « salauds », aucun ne nous laisse indifférents, tant il est difficile de distinguer les uns des autres. La Pénitente d’Euskal Herria est son second roman, paru aux Éditions du Panthéon.