Thème : Romans historiques

La Lune

Mon éducation a été à la fois stricte et bienveillante. Elle a complété une présence familiale attentive et aimante.
Ces bonheurs de l’enfance sont un capital inoubliable car, au moment des épreuves inévitables de l’âge adulte, ils construisent une réserve de résilience bien utile pour absorber les chocs de la vie.

Une enfance, entre 1943 et 1955. Les adultes veulent reconstruire un monde qui s’est écroulé ; courage et rigueur sont de mise. Petit Jean connaît les restrictions alimentaires, les ventouses et les sangsues, rêve, joue, heureux, dans cette aura qui nimbe un enfant aimé par les siens. L’aptitude au bonheur, c’est bien le cadeau que ses parents ont offert à Petit Jean.

Ce récit aux couleurs du temps d’avant nous dit que la vie était alors différente. Là où une certaine lenteur était voulue, on préconise aujourd’hui l’accélération. Le rapport à la nature et à l’autorité s’est profondément modifié.

Une vie différente

Difficile de naître et de survivre en cet hiver 1892 ! Difficile d’être un enfant dans ce petit coin de Haute-Loire ! Difficile de devenir un homme, un soldat, un père et plus…

La Haute-Loire, début du XXe siècle. La vie rude et rangée des paysans du Velay est marquée par les croyances et la religion. Les interdits et les coutumes sont tout-puissants, l’homosexualité est taboue ; ceux qui y contreviennent subissent de lourdes conséquences. L’enfer des tranchées survient, qui bouleverse tout.

Une simple formalité

« Ah, le mot faida… Bien sûr que je le connais, je viens de Turin moi, mais avant de m’expédier ici on m’en a expliqué le sens. Une coutume barbare ! Ici, ce n’est pas comme ailleurs : la vengeance existe partout, mais la faida est un phénomène typiquement sarde. Tuer même les innocents pour enlever les péchés d’un membre de la famille. Atroce et terrifiant. Néanmoins, nous enquêterons dès demain sur cette étrange histoire. »

Sardaigne, 1820. À la veille de la promulgation de « l’Editto delle chiudende », Bachis De Logu est sauvagement assassiné. Quand il découvre que la victime est un ancien combattant du mouvement « révolution sarde » de Giovanni Maria Angioy, l’ambitieux lieutenant De Thorn pense immédiatement à un meurtre politico-financier. Mais sous la pression hiérarchique, les carabinieri sont contraints d’abandonner cette piste troublante…

Avec ce roman historique, Giuseppe Masala dresse la fresque d’un moment crucial pour la Sardaigne : la révolution silencieuse imposée par les classes dominantes, privatisant les terres communes sous des prétextes fallacieux de modernité, obligeant les bergers à louer les terres sur lesquelles, depuis des siècles, le pâturage était libre.

La pénitente d’Euskal Herria

« La révélation d’Ézilda plonge ses parents dans la stupéfaction et les laisse sans voix l’espace d’un instant, le temps qu’une bouffée de colère monte en eux. Pierra s’emporte le premier. Le courroux plisse tout à coup son front. Il ôte la pipe de sa bouche rageusement.
– Ne me dis pas que tu as fauté avec ce garçon. Tu n’as pas osé faire une chose pareille… »

Le jeune homme en question est un «cagot », un bohémien, un marginal appartenant à une petite communauté frappée d’ostracisme social et religieux qui pratique l’endogamie (obligation d’épouser quelqu’un de son groupe). Cette union déshonorante est une provocation. Elle explique à elle seule l’emportement du père.
Agriculteurs souletins, Pierra et Marie commencent enfin à récolter les fruits d’un travail quotidien acharné. À Ézilda, leur première-née qui vient de fêter son dix-huitième anniversaire, ils lèguent avec émotion un patrimoine et une réputation intacts. Tourmentée par un terrible secret, la jeune femme renonce aux devoirs de sa charge. À contre-courant, elle se jette à corps perdu dans le tourbillon des passions que déchaînent son étrange beauté et son caractère brûlant. Écartelée entre le bien et le mal, déchirée entre l’amour et la haine, fera-t-elle le choix d’une vie conforme à la tradition et renouer avec la paix de son âme ?

Au fil d’une intrigue sentimentale et policière haletante, Alain Lombardi nous entraîne sur les chemins pyrénéens de la transhumance dans un livre foisonnant. À ses côtés, nous partageons le quotidien des bergers et des « Hirondelles », ces jeunes filles venues de Navarre et d’Aragon qui s’embauchent dans les usines sandalières de Mauléon à l’aube de l’âge d’or de l’espadrille. Il guide nos pas à Saint-Jean-de-Luz, à la rencontre des kaskarotes, ces femmes de marins-pêcheurs impudiques qui font tourner bien des têtes et chavirer les cœurs. De Biarritz à Bayonne et jusqu’aux forges de l’Adour, nous nous mêlons à la foule des paysans, ouvriers, parias, bourgeois et autres anarchistes. Qu’ils soient héros ou « salauds », aucun ne nous laisse indifférents, tant il est difficile de distinguer les uns des autres. La Pénitente d’Euskal Herria est son second roman, paru aux Éditions du Panthéon.

Basse Kabylie

« La région de Basse Kabylie, que d’aucuns appellent Petite Kabylie où se déroule la majeure partie de cette histoire, est celle où j’ai vu le jour et où j’ai grandi ; c’est donc, tout naturellement que j’ai tenu à lui rendre cet hommage, notamment en intitulant cet ouvrage, de son nom. Elle mérite bien cela, pour tous, celles et ceux des siens qui sont tombés ou qui ont tant souffert pendant cette guerre.»

Randja, femme kabyle d’un village de la basse vallée de la Soummam, lutte contre la misère sociale dans un contexte de guerre d’Algérie.
André, un jeune Français, vient apporter, en écho, une autre perception de ce qu’on nommait alors les « événements d’Algérie ». Sa découverte de la réalité l’amènera peu à peu à réviser ses idéaux.
Piégé entre sa condition d’indigène et son statut de normalien, Mohand, comme un trait d’union entre Randja et André, portera son combat sur le terrain de la transmission du savoir.