Thème : Nouvelles

Quand je ne dormais plus

« Dans son sommeil fatigué où la force quitte ses muscles, il arrive enfin à bouger et pour la première fois de sa vie, quelqu’un le serre fortement contre son cœur, il se sent rassuré à un point sans nom, oui ! Il serre enfin ce rêve qu’il aime dans ses bras, pleurant des dix-sept ans de larmes qu’il n’a pas pu exprimer… »

Au fil de ses longues nuits d’insomnie, Nolwenn Cleuvenot a égrené des histoires qui parlent au cœur de la nuit. Elle nous fait naviguer de destin en destin, d’émotion en émotion. Nous voyons le désespoir de Mariko, l’indifférence de la Dame, la colère d’un amoureux plus fou qu’il ne le croit… Une galerie de portraits hauts en couleurs, même dans les gris du soir, qui a peuplé les nuits de l’autrice quand elle ne dormait plus.

Une existence d’homme – Volume 1

« Le décollement d’une plinthe, un impact infime dans la tapisserie, une irrégularité d’espacement entre les lattes du parquet, un rien du tout auquel chacun se raccrochait à cet instant, comme pour se rendre soi-même infiniment petit et se soustraire à ce lieu, à cette compagnie, à ce conflit. Un minuscule néant. Tout un univers le temps d’un instant »

Des évènements a priori anodins peuvent avoir des conséquences énormes, ricocher tout au long d’une vie. Que faire après un échec sportif, un divorce, une histoire manquée ? Chacun est libre de se laisser couler ou de tirer une leçon de l’expérience. À travers une série de nouvelles, l’auteur retrace l’existence de plusieurs hommes, dévoilant leurs doutes, leurs peines mais aussi leur force et leur volonté.

Il y a longtemps, sous le tilleul

« Dyonis ferma ses yeux un instant, s’efforçant de maintenir le désespoir bouillonnant sous contrôle. Il connaissait les impasses, il les connaissait bien. Les issues inattendues se cachaient toujours quelque part, peu importait le temps nécessaire pour les trouver. »

Entre les lignes d’Alice Lafon–Verroest, suivons du regard Larissa et ses terreurs nocturnes, attendrissons-nous devant la relation fusionnelle d’Élise et de son ami d’enfance ou encore, sentons notre cœur se serrer en découvrant le destin de Roland…
Une collection d’historiettes en forme de destinées, de souvenirs romancés ou de rêveries matérialisées, peintes avec délicatesse sur les pages par une plume sensible et enlevée.

Paradoxes

« En effet, bien loin des clichés véhiculés par certains films, le monde est plus complexe que le bien et le mal, que le noir et le blanc et chacun d’entre nous comporte un côté sombre et un côté lumineux, cultive un même jardin secret dans lequel fleurissent des plantes toxiques et d’autres magnifiques. »

Les paradoxes nous entourent et sont présents dans toutes les sciences : physique, psychologie, mathématiques, etc. L’âme humaine n’échappe pas à cette règle universelle et recèle aussi les siens.
Les récits d’Alexandre, Sophie et Amar s’entrecroisent dans « Paradoxes », dévoilant les multiples facettes d’un même épisode ou d’une même personne.
Ces trois nouvelles mettent en scène avec justesse notre rapport à l’autre et au monde et proposent un questionnement sur des thèmes essentiels tels que la réussite, la vérité ou la quête de soi. Chaque histoire nous plonge dans une atmosphère propre, nous immerge dans nos doutes et nos peurs pour en faire ressortir – paradoxalement – le meilleur.

Cœurs de femmes

« L’homme ne vit pas, ne vit plus à partir d’un certain âge, si tant est qu’il ait jamais vécu, englué qu’il est dans une virilité névrotique, il se contente de profiter de ce qu’il pense ou estime être son dû : sa femme et son boulot. Non que tous les hommes correspondent à cet archétype, mais il y en a beaucoup, du moins parmi ceux que j’ai fréquentés jusqu’à présent. »

À travers le regard de quatre femmes, différentes mais en quête de liberté, l’auteur explore ce que peut être le quotidien. Sur les pas d’Élise, Anne, Sophie et Ève, nous découvrons leurs sentiments, leurs difficultés et, par-dessus tout, leur force.
Marcel Nuss donne la part belle dans ces récits à ses personnages féminins, aussi complexes qu’attachants. Ève, Walkyrie en fauteuil roulant, en est la flamboyante quintessence.

Ombres sur Versailles

« Par une lumineuse matinée d’automne, un homme aux tempes grisonnantes déambulait dans les rues de Versailles, et traversait la place du marché, distrait à chaque pas tantôt par les étalages de fruits et légumes, les fromages, tantôt par les voitures, les autobus, les kiosques à journaux, d’assez mauvaise humeur, à vrai dire, car n’étant pas revenu dans cette ville depuis quarante ans, il ne reconnaissait plus grand-chose du décor qui avait été celui de son enfance. Seul le château était bien encore là, semblable à lui-même, excepté les grilles qu’on avait redorées et qui brillaient d’un éclat surfait. »

Il n’est pas nécessaire d’être Versaillais pour goûter ces nouvelles se déroulant dans la cité royale, revisitée en toute liberté par l’auteur. Elle en apprécie à la fois le charme, la grandeur et les travers. Dans ces pièces d’humour, elle déguise un pessimisme latent sous un sourire taquin, s’accordant parfois la fantaisie de pasticher quelques écrivains… Saurez-vous les reconnaître ?

Miroirs

« Peu à peu, l’endormissement s’est mis à envahir ses paupières fatiguées, et peu après, il a plongé dans un sommeil profond, et les songes roses ont afflué comme des mélodies émouvantes émises par un fifre exalté… »

Les miroirs de Said Radouani ne sont pas des objets plats et figés qui froidement nous reflètent. Ses miroirs sont complexes, mouvants, liquides. Tour à tour accusateurs ou charmeurs, ils ont une âme, un parti pris, ils sont profonds, spirituels et très souvent cruellement réels. Fabuleux, ils font ressortir ce qu’il y a de caché, d’enfoui, d’inavoué dans les replis de l’esprit et du cœur. Ils sont à l’image de l’humain qui s’y mire : infinis.

Nouvelles estudiantines

« La densité de la vie parisienne rend ses parenthèses apaisantes. Quelques rayons de soleil transforment les terrasses de troquet en espace de villégiature ; s’y installer pour siroter un verre permet de s’échapper de ce rythme tant exécré des provinciaux. Oubliant toutes les obligations qui nous aliènent, nous jouissons d’une simple bise et d’un bon Bordeaux.
Ce moment est hors du temps. »

La jeunesse est riche en sensations et en découvertes, sur le plan de l’intime comme de l’émotionnel. À travers ces nouvelles légères, empreintes des bruits de la fête et des cris de la sensualité, Louis Larché nous fait faire un plongeon sensoriel dans ses nuits parisiennes, célébrant l’exploration de l’intimité, le sexe et surtout l’hédonisme impudent, effronté des jeunes années.

Les voyages intérieurs

« Deux jours plus tard, ils entrèrent sans coup férir dans la place, soigneusement déguisés en paysans rustres et avinés, ayant caché leurs armes dans les tonneaux emplis de vin. Réfugiés dans une auberge à cent sous, ils partirent en reconnaissance, dispersés, se mêlant au bon peuple qui n’avait pas l’air si réjoui de la présence anglaise. Le plan fut mis au point pour la prochaine sortie de Jeanne de sa prison, quel que soit le moment, avant ou après le jugement. »

Entrer en soi-même pour y faire la découverte de l’extraordinaire et du paradoxal dépassement de soi. Cette plongée éminemment personnelle est la condition sine qua non à ce que les personnages de ces nouvelles vont vivre comme une libération. Pierre, Mathis, Éphistole et Nicéphore tâtonnent, trébuchent, avant de faire l’expérience de la vacuité de soi et de cette liberté chèrement acquise. Car relever la tête a un prix. Lequel êtes-vous prêt à payer ?
Loup Francart imagine avec humour et une lucidité aiguë les remises en cause intimes de quatre hommes. Méditation, philosophie et tendre ironie font bon ménage sous sa plume si caractéristique.
Auparavant expert en stratégie et gestion de crise, l’auteur se consacre aujourd’hui à ses passions artistiques, la peinture, la musique, la littérature. Il tient également un blog dans lequel il fait part de ses réflexions sociétales et personnelles.

De courir parfois, mon regard s’arrête

« Lorsque nous pensons à ces choix qui auraient pu changer tant de choses dans nos vies, “how many roads must a man work down, how many seas must a white dove sail…”, nous pouvons ne plus y penser ou bien au contraire essayer d’imaginer ce qu’elles auraient pu devenir et les raconter avec une plume, un clavier ou un pinceau. C’est ainsi que nous avons plusieurs vies. »

Dans ce second opus, Philippe Virolle explore l’abandon, l’enfance fauchée, l’absence ou la vieillesse. Dans le style fluide qui le caractérise, il cherche dans ses souvenirs des réponses à son violent ressenti du présent.

La plume est sombre, les références s’imprègnent de philosophie. Mais derrière les mots durs et les sentiments sans concession, se trouvent un rêve inachevé et un regard singulier qui nous proposent de transcender nos déterminismes. En filigrane se cache une musique, probablement ce concerto de Beethoven auquel l’auteur se raccrochait dans le tumulte de sa solitude enfantine.

Vous en reprendrez bien une becquée

« Comme beaucoup de femmes de son âge nées avec le vingtième siècle et qui donc avaient connu deux guerres, bien nourrir sa famille, ses enfants, ses petits-enfants relevait presque de l’instinct puissant qui préside à la conservation de l’espèce. Femme elle était, mère aussi et surtout, participant avec toutes les autres au relèvement d’une population deux fois clairsemée par les obus et la mitraille. Et, quelque part, c’était aussi pour elle une manière de revanche sur les faits de vie qui ne l’avaient pas épargnée, en même temps que de tout son être, elle mettait sa progéniture à l’abri d’éventuelles redites de ce qui l’avait meurtrie. »

Conscient de ne pas avoir tout raconté dans Vous m’en direz tant, Jean-François Costa reprend sa plume pour en libérer les pensées qui l’animent. De ses souvenirs d’école à ses observations de la société, il dépeint des tableaux urbains soulevant des comportements qui parleront au plus grand nombre. Il transmet ainsi ses leçons de vie avec délicatesse et subtilité.

Constats sans équivoque, attitudes consternantes, douceur de vivre, actualité corrosive, d’une page à l’autre l’auteur balaye ses expériences pour révéler toute l’étendue de sa nostalgie. À la fois malicieux et plein d’autodérision, il en retient finalement qu’il faut garder l’espoir de croire que dans toute gangue peut se cacher la pierre rare.

Tam-tam

« Ils voyagent pour visiter les grands-parents en Galilée, sur une route sinueuse, à travers des espaces verts, où s’épanouissent des fleurs de toutes les couleurs. »

D’un tissu de souvenirs, Maguy Loui Barda peut tirer le fil et en coudre une histoire. D’une vie à l’autre, ce recueil de textes recouvre ainsi plusieurs récits retraçant une nostalgie d’un temps passé, une émotion éprouvée ou encore des traditions estimées.

Au fil des pages, l’on traverse Tunis, Paris, des paysages, des odeurs… La plume colorée et poétique de l’auteur dépose subtilement la chaleur d’une âme et dévoile une sensation fugace : un sentiment de voyage qui nous étreint pour mieux nous laisser repartir.

Nouvelles brèves

« Comme s’il suffisait de monter six étages à pieds. Comme s’il suffisait de lever les yeux dans la nuit, de trouver dans l’immobilité des étoiles une espèce de jet d’osselets. La solitude n’a rien de virginale, on n’est pas en Asie. Vous, les humains, croyez que la tristesse est rédemptrice, que les larmes, parce qu’elles sont incontrôlables, réparent comme une eau miraculeuse… »

Paul, Philibert, Tristan, Emma, Louise et tant d’autres ont des vies presque banales. Soudain, c’est le quotidien qui s’interrompt, le silence qui se fait, le temps qui se fige. Sur une rencontre, tout bascule. Le monde lui-même devient fantasmagorique.

Courts et ciselés, ces récits sont autant d’instantanés, de ces photos prises au flash et qui vous aveuglent. Le temps de quelques pages tournées comme on marche au bord d’une falaise. Hugo, Kadia, Nelia ou Arnaud pourraient être n’importe qui… Vous, peut-être ?

De cette enfance passée dans un lugubre pensionnat, Philippe Virolle n’en perdra jamais le goût amer et l’étau de la solitude. Son combat contre ses fantômes est celui de toute une vie : ainsi, les personnages de ses nouvelles cherchent sans cesse le regard et l’amour de l’autre, et se cognent aux murs de leur pensionnat. Car dans son monde imaginaire, tout est possible, mais il n’y a que deux issues : aimer ou mourir.

Vous m’en direz tant

« Pépère a fait claquer, en le refermant, la lame du couteau qu’il a glissé dans la poche de son pantalon de velours beige. Il a repoussé son assiette, balayé du tranchant de la main les miettes de pain restées devant lui et les a mises dans sa bouche, puis en se levant il s’est recoiffé de la casquette qu’il avait déposée sur l’un des montants du dossier de sa chaise. Mémère à son tour a quitté la table pour se rendre à la cuisine et réchauffer le café qu’elle a passé ce matin avec un peu de chicorée dans la vieille cafetière deux corps en aluminium. »

D’hier à aujourd’hui, les souvenirs se délient et réveillent tour à tour la joie, la douleur et l’insouciance. Sous la plume de Jean-François Costa, renaissent les effluves d’un lapin finissant de cuire dans sa sauce rousse, les larmes d’émotion de sa grand-mère, ses bêtises d’écolier, la couleur du blé qui n’est pas encore tout à fait mûr, l’angoisse de la Guerre d’Algérie et le son de la casserole toute bosselée dans laquelle frémit le café. Malicieuses, légères et pleines d’autodérision, ses anecdotes prennent l’apparence d’une fable comme pour mieux se laisser conter à ses enfants, qui découvrent encore avec étonnement qu’il a vécu avant de devenir leur père.

C’est après un grave accident de santé que Jean-François Costa a éprouvé le besoin impérieux de traduire en mots ses sensations, dont il sait aujourd’hui combien on peut craindre qu’elles puissent être les dernières et qu’avec elles finira une existence. Face à cette nécessité de transmettre, il prête à sa mémoire une plume simple et ô combien lumineuse, chargée de tendresse et de nostalgie. Car ce sont ces instants de rien, au fond, qui ont valeur de tout.

D’azur et d’argent

« Vautré dans son fauteuil – l’esprit embrumé par le whisky – Francesco lut dans un magazine cette recommandation : Vous avez raté votre vie, réussissez votre mort. »

Les nouvelles de Leo Cavallo sont très semblables au spritz, ce cocktail, prétexte à l’un de ses récits : à la fois pétillantes et douces-amères ; elles ont ce je ne sais quoi qui fait tout le charme de l’Italie et sont la démonstration que l’humour est la politesse du désespoir.

Laissez-vous entraîner dans cette joyeuse ronde de paysages sublimes, de jolies femmes, de motos rugissantes et de cuisine ensoleillée, qui tourne autour d’un même thème : la fin d’un être ou celle d’un objet.

D’aucuns ont opposé à la nouvelle – Coup d’un soir – le roman – Grande histoire d’amour – Peut-être… en tout cas, ces nouvelles sont de très bons coups !

Petits bouts de rien

« Et vous plongez dans la foule qui s’écrase les pieds de manière organisée, sans pardon, avec un regard qui ne voit rien que le vêtement désiré, fantasmé, admiré, deux semaines avant, dans la devanture d’une boutique, mais trop cher pour leurs moyens qui sont toujours insuffisants au regard de leurs désirs. Retour à la vie, la vraie. »

Comment résoudre l’équation du bonheur ? La force de l’âge rend la quête plus simple. Tout l’exercice consiste à retrouver la capacité à s’émerveiller. La solution devient alors évidente : vivre pleinement l’instant présent.

Du quotidien jusqu’aux réflexions intimistes, Loup Francart raconte ce qui compose les mille moments de l’existence. Les instants poétiques où les parisiennes flottent sur les trottoirs, ceux de la déclaration d’impôts, plus prosaïques, ou encore l’irruption d’un sentiment d’éternité au détour d’un chemin, le défi des artistes face à l’infinité des combinaisons de la création, les petits changements de société transformant les regards et les relations.

De l’humour, de la tendresse, de l’ironie, de la nostalgie, avec un regard poétique ou méditatif qui transporte le lecteur dans les mystères de la vie et du bonheur.