Thème : Nouvelles

Il n’y a pas que la richesse qui fait le bonheur suivi de Chanel et Stacy

« Vincent  : Je sais pourquoi tu es ici, Chanel, et je t’ai déjà dit d’effacer ces souvenirs de ta tête.
Chanel  : Je le sais, papa, mais chaque fois que je regarde les étoiles, j’ai l’impression d’être auprès d’elle.
Vincent : Il faut effacer le passé et penser au présent, je t’ai trouvé une deuxième maman et Anna t’aime comme sa fille de sang.
Chanel : Anna est si gentille et elle ne fait pas de différence entre moi et ses enfants, tu as trouvé une femme exceptionnelle, papa.»

D’un côté, nous suivrons Anel qui se voit contrainte par sa mère d’accepter un travail de femme de ménage pour une famille riche, afin de subvenir à leurs besoins. Une décision forcée qui changera à tout jamais son existence lorsqu’elle fera la rencontre de cette famille… De l’autre, nous entrerons dans la vie de Chanel et Stacy, demi-sœurs par alliance qui ne s’entendent pas du tout… Mais la vie en décidera autrement. Deux nouvelles autour de la famille et de l’amour, peintes par une plume déliée et pleine de sensibilité.

Le plateau d’argent

« Ce jour-là, je t’attendais dans un vieux et célèbre restaurant du Palais Royal  ; je t’avais réservé la place qu’avait occupée Victor Hugo ; petite allusion perfide à la thèse de lettres que tu aurais déjà dû achever, consacrée au Grand Homme. »

Les voyages peuvent-ils transcender les sentiments extrêmes d’une grande passion ? Antoine Sauty de Chalon se propose de répondre joliment à cette question en nous contant l’histoire d’amour d’un homme et d’une femme, vue à travers le prisme de trois voyages durant lesquels ils mettront à l’épreuve leurs sentiments. Un choix risqué mais… le jeu de l’amour n’en vaut-il pas la chandelle ?

Des histoires de gens heureux et de malheureux itou

« Chaque personne a son histoire, mais toutes n’ont pas la prétention de trouver l’intérêt de la raconter. On donne le prétexte, avec ou sans raison, qu’il faut le faire pour notre postérité. Passer à l’histoire. Laisser sa marque. Voilà une autre question. Et la réponse pourrait aussi se trouver dans une responsabilité collective de transmettre ce que la vie nous a appris. »

Dans cette galerie de portraits hauts en couleur, l’auteur nous emmène à la découverte du sens de la vie. À travers ces personnages, ces photographies d’instants ou de morceaux de vie, il nous fait voir par le trou de la serrure l’intérieur d’une existence, qu’elle soit celle d’un employé de bureau, d’un alcoolique anonyme ou d’une petite chienne de compagnie… Des récits touchants, drôles et parfois surprenants, qui incitent à chercher le bonheur dans les détails.

Poisson-Femme

« Le souffle dramatique de ces nouvelles, empreintes de tristesse, évoque, parfois, d’une manière fantastique, la plainte lancinante d’êtres broyés par une fatalité sournoise et le désarroi d’une jeunesse gabonaise malmenée par les mutations d’un monde où les faibles n’ont déjà plus qu’une si petite place. »

D’histoires tristes en récits fantastiques, ces nouvelles nous emmènent à la rencontre de jeunes gens frappés par la vie ou par une sorte de malédiction que rien ne peut contrer. La bonté même, aveugle et insistante, ne semble pas pouvoir venir à bout de tous les malheurs. Que faire alors ? Faut-il accepter la fatalité ?

L’âme erre au bord des yeux

« Le ciel était bleu, la Mer comme elle l’est toujours ; je profitais de ce calme pour essorer mon cœur. J’étais immobile comme une pensée de tristesse qui dure, comme un Soleil qui s’en veut pour sa chaleur. »

Et si chaque larme était en fait un bateau errant sur les vagues et vivant ses propres aventures ? Partant de cette idée poétique, la narratrice nous invite à partager son voyage personnel, qui la conduit, après la traversée de pays inattendus, sur des rivages plus hospitaliers.

Souvenirs diaprés

« Dans son appartement, une femme des services sociaux a trouvé vingt kilos de feuilles, posées par terre, sur le lit ou le canapé, agrafées aux murs du sol au plafond. Du papier recouvert de portées et de notes, un véritable trésor, des compositions empreintes d’une grande nostalgie qui pourtant se cristallisent autour d’une petite note rebelle, s’envolant soudain, portée par une croche. »

Dans ce recueil aux mille facettes, Carole Fumeaux nous emmène vers des ailleurs nés d’un imaginaire posé sur la vie et ses travers. Tour à tour voyages dans l’espace-temps et explorations intimes et profondément immobiles, ses nouvelles sont une ode aux sentiments, à tous les sentiments, dans toutes leurs nuances, du lumineux au plus sombre… et une célébration de l’amour du vivant.

Lyon

« Aujourd’hui, pas d’errance. Aujourd’hui, pas de temps à perdre à observer le monde qui se déroule sous ses yeux. Aujourd’hui, il va au ciné. Bon d’accord, c’est à peu près la même chose, mais là, il ne veut pas réfléchir ni se concentrer sur son nombril. Il ne jette même pas un coup d’œil sur les programmes. Il verra le premier film disponible. »

Dans ce recueil de nouvelles haut en couleurs sombres, Vincent Turpin Thorin met en scène des personnages tiraillés entre les vices et la folie. Les affres de l’alcool et du sexe ont la part belle dans ces récits à la noirceur étudiée, qui décrivent avec amertume la société contemporaine tout en laissant, au loin, flotter l’ombre d’un espoir qui malgré tout existe, et qu’il faut atteindre à tout prix.

Les folles années !

« Parfois lourd et puissant, toc, toc, toc…, parfois léger et frénétique, toc, toc, toc…, mais aussi parfois mou, presque paresseux, toc, toc et… toc, le heurtoir du numéro 39 de la rue Banneton me fait encore sursauter certaines nuits. Immuables, depuis quatre-vingt-douze ans, ces trois coups ravivent ma plus tendre enfance. »

Cet ouvrage regroupe trois nouvelles qui, des Années folles à aujourd’hui, racontent des tranches de vie, des morceaux d’enfance comme des moments en apparence anodins mais qui vont bouleverser le cours d’une existence. De Marseille à Rouen, d’un monastère à un commissariat, l’auteur invite ses lecteurs à apprécier des instants du quotidien.

S’évader de A à Z

« Félicie sourit. Oui, elle avait eu une grande vie. Elle avait vécu la guerre, avait fait partie de la Résistance belge, avait épousé un homme, s’était retrouvée veuve, avait continué sa vie, seule, avait fréquenté d’autres hommes – ce qui ne se faisait pas à l’époque – et était devenue la première femme taxi. On pouvait effectivement la qualifier de féministe ou d’avant-gardiste. »

À seulement vingt ans, Laura Amorosi délivre ce recueil de fictions alphabétique. Vingt-six nouvelles, vingt-six univers très variés qui se suivent comme les lettres de l’alphabet, explorant le réel, l’imaginaire et leur frontière, nous faisant voyager dans le temps pour nous faire revivre des moments marquants de l’Histoire aux côtés de ses personnages uniques et hauts en couleurs. Des textes qui donnent à réfléchir tout en étant divertissants : pari réussi.

Chroniques au temps d’un confinement

« Les cours par correspondance se mettent doucement en place. En essayant de ne pas se tirer les cheveux, nos profs nous envoient des exercices et des devoirs à faire par le biais d’une application où on peut discuter. Je me retrouve déjà avec une dissertation de philosophie, un contrôle d’éco et un polycopié de maths sur les intégrales à essayer de comprendre – vaste tâche. »

Dans cet ouvrage et à seulement dix-sept ans, la Toulousaine Lily Kathleen-Storm nous livre une vision du confinement du printemps 2020 à travers le prisme de l’adolescence. D’une plume facétieuse et pleine de sensibilité, elle décide de prendre à contre-pied cette période difficile pour beaucoup et d’en faire un moment empreint de légèreté et d’humour en relatant un quotidien bouleversé et étrange, émaillé d’une perception personnelle de l’actualité.

Les Tatoués

« Loy était, comme ses compagnons, révoltée face à ces tatouages de masse. Elle n’avait plus revu sa mère à cause de cette mascarade. Après la tragédie nationale, Loy et sa mère partirent pour Bordeaux. Sa mère, rebelle dans l’âme, s’opposa farouchement à la loi Tatoo. Cette prise de position ouverte et franche lui valut d’être arrêtée par la police lorsque Loy avait 22 ans. Cette dernière essaya par tous les moyens de retrouver la trace de sa mère, notamment par le biais des serveurs de police, de prisons et du Darknet. Mais aucune trace ne fut trouvée, pas même le moindre indice. »

Dans un monde meurtri par le terrorisme, les gouvernements rendent obligatoire le tatouage pour tous. Une encre révolutionnaire doit alors garantir la sécurité publique en permettant de suivre les faits et gestes de chaque individu. Toute personne non tatouée est dorénavant considérée comme hors la loi…
En France, quatre amis de toujours, farouchement opposés à la loi Tatoo, collaborent avec ferveur pour conserver leur liberté.
Dans ce meilleur des mondes imaginé par Jessica Gobin, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Comment rêver, ou ne serait-ce rêver que l’on s’envole, lorsque la société s’emmitoufle petit à petit de résolutions liberticides ? De son écriture acérée, Jessica Gobin nous amène à observer la lutte du papillon mis sous cloche.

21 dialogues dans la nuit

« À la fin d’une longue vie, nombreux sont ceux dont le quotidien n’est plus qu’une ignominie et qui guettent mon ombre dans le mouvement d’un rideau, à la tombée de la nuit. Je suis la délivrance d’un monde âpre et injuste, car la vieillesse, qui, aux premières heures, est soulagement, devient vite un monde réduit à quelques mètres carrés, dans la pestilence et dans la douleur de ne plus rien reconnaître que l’image délabrée des congénères du souper d’infortune. Quand le seul horizon est celui de la profondeur des souvenirs, il est temps de changer de monde. »

La mort, les injustices, la douleur de l’existence… Autant de sujets lourds, profonds et riches abordés ici sous forme de dialogues, ce qui permet une grande diversité des points de vue tout en rendant l’ensemble plus vivant. Le lecteur se retrouve ainsi au fond des tranchées, spectateur malheureux d’une pension pour très jeunes enfants ou encore invité à une table de restaurant !

Philippe Virolle revient avec un recueil de nouvelles. Diplômé de philosophie, il évoque la mort et la solitude, sans concession, avec mordant. Il est déjà l’auteur de deux recueils de nouvelles, « Nouvelles brèves » et « De courir parfois mon regard s’arrête », ainsi que d’un roman « Demeure et ne deviens pas ».

Quand je ne dormais plus

« Dans son sommeil fatigué où la force quitte ses muscles, il arrive enfin à bouger et pour la première fois de sa vie, quelqu’un le serre fortement contre son cœur, il se sent rassuré à un point sans nom, oui ! Il serre enfin ce rêve qu’il aime dans ses bras, pleurant des dix-sept ans de larmes qu’il n’a pas pu exprimer… »

Au fil de ses longues nuits d’insomnie, Nolwenn Cleuvenot a égrené des histoires qui parlent au cœur de la nuit. Elle nous fait naviguer de destin en destin, d’émotion en émotion. Nous voyons le désespoir de Mariko, l’indifférence de la Dame, la colère d’un amoureux plus fou qu’il ne le croit… Une galerie de portraits hauts en couleurs, même dans les gris du soir, qui a peuplé les nuits de l’autrice quand elle ne dormait plus.

Une existence d’homme – Volume 1

« Le décollement d’une plinthe, un impact infime dans la tapisserie, une irrégularité d’espacement entre les lattes du parquet, un rien du tout auquel chacun se raccrochait à cet instant, comme pour se rendre soi-même infiniment petit et se soustraire à ce lieu, à cette compagnie, à ce conflit. Un minuscule néant. Tout un univers le temps d’un instant »

Des évènements a priori anodins peuvent avoir des conséquences énormes, ricocher tout au long d’une vie. Que faire après un échec sportif, un divorce, une histoire manquée ? Chacun est libre de se laisser couler ou de tirer une leçon de l’expérience. À travers une série de nouvelles, l’auteur retrace l’existence de plusieurs hommes, dévoilant leurs doutes, leurs peines mais aussi leur force et leur volonté.

Il y a longtemps, sous le tilleul

« Dyonis ferma ses yeux un instant, s’efforçant de maintenir le désespoir bouillonnant sous contrôle. Il connaissait les impasses, il les connaissait bien. Les issues inattendues se cachaient toujours quelque part, peu importait le temps nécessaire pour les trouver. »

Entre les lignes d’Alice Lafon–Verroest, suivons du regard Larissa et ses terreurs nocturnes, attendrissons-nous devant la relation fusionnelle d’Élise et de son ami d’enfance ou encore, sentons notre cœur se serrer en découvrant le destin de Roland…
Une collection d’historiettes en forme de destinées, de souvenirs romancés ou de rêveries matérialisées, peintes avec délicatesse sur les pages par une plume sensible et enlevée.

Paradoxes

« En effet, bien loin des clichés véhiculés par certains films, le monde est plus complexe que le bien et le mal, que le noir et le blanc et chacun d’entre nous comporte un côté sombre et un côté lumineux, cultive un même jardin secret dans lequel fleurissent des plantes toxiques et d’autres magnifiques. »

Les paradoxes nous entourent et sont présents dans toutes les sciences : physique, psychologie, mathématiques, etc. L’âme humaine n’échappe pas à cette règle universelle et recèle aussi les siens.
Les récits d’Alexandre, Sophie et Amar s’entrecroisent dans « Paradoxes », dévoilant les multiples facettes d’un même épisode ou d’une même personne.
Ces trois nouvelles mettent en scène avec justesse notre rapport à l’autre et au monde et proposent un questionnement sur des thèmes essentiels tels que la réussite, la vérité ou la quête de soi. Chaque histoire nous plonge dans une atmosphère propre, nous immerge dans nos doutes et nos peurs pour en faire ressortir – paradoxalement – le meilleur.

Cœurs de femmes

« L’homme ne vit pas, ne vit plus à partir d’un certain âge, si tant est qu’il ait jamais vécu, englué qu’il est dans une virilité névrotique, il se contente de profiter de ce qu’il pense ou estime être son dû : sa femme et son boulot. Non que tous les hommes correspondent à cet archétype, mais il y en a beaucoup, du moins parmi ceux que j’ai fréquentés jusqu’à présent. »

À travers le regard de quatre femmes, différentes mais en quête de liberté, l’auteur explore ce que peut être le quotidien. Sur les pas d’Élise, Anne, Sophie et Ève, nous découvrons leurs sentiments, leurs difficultés et, par-dessus tout, leur force.
Marcel Nuss donne la part belle dans ces récits à ses personnages féminins, aussi complexes qu’attachants. Ève, Walkyrie en fauteuil roulant, en est la flamboyante quintessence.

Ombres sur Versailles

« Par une lumineuse matinée d’automne, un homme aux tempes grisonnantes déambulait dans les rues de Versailles, et traversait la place du marché, distrait à chaque pas tantôt par les étalages de fruits et légumes, les fromages, tantôt par les voitures, les autobus, les kiosques à journaux, d’assez mauvaise humeur, à vrai dire, car n’étant pas revenu dans cette ville depuis quarante ans, il ne reconnaissait plus grand-chose du décor qui avait été celui de son enfance. Seul le château était bien encore là, semblable à lui-même, excepté les grilles qu’on avait redorées et qui brillaient d’un éclat surfait. »

Il n’est pas nécessaire d’être Versaillais pour goûter ces nouvelles se déroulant dans la cité royale, revisitée en toute liberté par l’auteur. Elle en apprécie à la fois le charme, la grandeur et les travers. Dans ces pièces d’humour, elle déguise un pessimisme latent sous un sourire taquin, s’accordant parfois la fantaisie de pasticher quelques écrivains… Saurez-vous les reconnaître ?

Couleurs locales

« Croque au sel, croquembouche, croque-monsieur, croque-mitaine, croque-mort. Vive la gastronomie qui traverse toutes les périodes de notre vie, jusqu’à tous ces petits êtres qui vont savourer leur festin. L’employé des pompes funèbres ne vient jamais seul. Son acolyte est indispensable pour la mise en bière. Tiens ! On parle de bière, à boire et à manger donc. »

Les histoires et poèmes de « Couleurs locales » sont un condensé épisodique de réalités vécues, des instants clés, réels ou farfelus, qui ont marqué l’auteure à travers le temps. De souvenirs d’enfance en portrait vivant, d’éclat verbal tempéré en espiègle critique, elle nous mène par le bout des mots dans un univers coloré, foisonnant, explorant l’humain et ses multiples facettes à travers le prisme de son propre environnement.

Miroirs

« Peu à peu, l’endormissement s’est mis à envahir ses paupières fatiguées, et peu après, il a plongé dans un sommeil profond, et les songes roses ont afflué comme des mélodies émouvantes émises par un fifre exalté… »

Les miroirs de Said Radouani ne sont pas des objets plats et figés qui froidement nous reflètent. Ses miroirs sont complexes, mouvants, liquides. Tour à tour accusateurs ou charmeurs, ils ont une âme, un parti pris, ils sont profonds, spirituels et très souvent cruellement réels. Fabuleux, ils font ressortir ce qu’il y a de caché, d’enfoui, d’inavoué dans les replis de l’esprit et du cœur. Ils sont à l’image de l’humain qui s’y mire : infinis.