Thème : Nouvelles

Histoires courtes du Pacifique et d’ailleurs

« Imaginez un coin perdu du Pacifique, une île qui fait fantasmer les Occidentaux, les gens de la vie normale inondés d’informations convenues, d’emplois délétères et d’un quotidien banal.
Là-bas, la vie s’écoule plutôt paisiblement, le réveil se fait au chant du coq, les fruits et légumes se récoltent dans le jardin, les femmes demandent à leurs «hommes» d’aller pêcher un poisson pour le repas. »

Parti d’une seule histoire restée au chaud dans la tête de l’auteur durant des années, ce recueil de micro-nouvelles puise son inspiration dans les eaux changeantes et multicolores du Pacifique, au cours d’un voyage en solitaire sur un cargo reliant la France au Brésil. Le quotidien du bateau, le réel forment une trame de fond à ces histoires tantôt rocambolesques, tantôt émouvantes ou drôles, qui font voyager les yeux comme l’esprit.

PluriElles

« À la fin de son récit, je ne pus émettre un mot. En l’espace d’une matinée, elle m’avait livré un grand nombre d’informations auxquelles je n’avais pas été préparée : mon grand-père irresponsable et infidèle, mes tantes qui n’étaient plus mes vraies tantes, mais des «demi-tantes», la guerre qu’elle avait vécue, et puis… Sa vie, tout simplement, son histoire sans filtre et sans personne d’autre pour écouter que moi. »

Dans « PluriElles », Céline Kokkomäki expose une galerie de portraits féminins. Des femmes jeunes ou âgées, de toutes origines, aux allures et aux vies multiples et pourtant similaires, parfois. Elle dévoile des tranches de vie, des combats et des victoires du quotidien, des situations qu’on est amenées à vivre, invariablement, en tant que femme, quelle que soit notre histoire. Une photographie sensible de la femme moderne et de sa féminité.

Le Baiser

« Je l’ai rencontrée dans le crépuscule automnal de la ville, suivant d’abord une ombre se mouvant autour d’une silhouette, ombre que les néons colorés et l’éclairage public se plaisaient à multiplier, rendant la personne indéterminée, ignorant sa taille, sa minceur ou sa corpulence »

Dans ce « Baiser », c’est avec délicatesse que Jean Marguerite a serti l’amour, entouré de perles d’humour et de poésie, émaillé de réflexions sur notre humanité. Il raconte un élan amoureux pour une inconnue, le désir et la volonté de la protéger de sa tendresse, mêlant tous les amours : à la fois celui d’un amant, d’un père, d’un étranger. Un baiser fugace mais pas futile…

Bulles de vie

« Les repas de midi se terminaient souvent par une tranche de pastèque. D’une fraîcheur exquise grâce au pain de glace où on l’avait placée dès le matin et dont j’aimais sucer les petits éclats translucides. J’aspirais le nectar sucré de ces tranches couleur rubis – les pépins d’un noir d’ébène luisant glissaient avec. Dieu que c’était bon ! »

L’ivresse de ressentir, toucher, respirer, les textes rassemblés dans ce recueil exhalent cette jubilation. L’auteur y fait éclater la joie des longues marches et de l’attentive observation de toutes les créatures qui nous entourent. Saynètes de la vie, poèmes, souvenirs d’un Noël d’antan, ces bulles de vie pétillantes sont autant d’invitations au bien-être, au lâcher-prise et à goûter aux bonheurs des plaisirs simples.

Improfables

« Un mitron trottinait dans une campagne, avide de sensa- tions furtives.
Tout en sifflotant des airs de Charlie Parker appris en cuisine, il savourait l’air marin des petits matins. Il prenait en effet ce chemin pour tarir ouvrage à l’auberge des Trois maillets, non loin de Mauléon. »

Avec un imaginaire nourri aux Fables de La Fontaine, Jean Louis Mechali exprime ici son amour de la métaphore, usant du langage comme d’un vaste terrain de jeu où toute expérimentation est permise. C’est donc le vers libre au vent que ce « musicien qui écrit » nous livre un regard tantôt navré, tantôt amusé, sur la société moderne, au moyen de ces fables drôles, douces, acerbes parfois. D’un jet et sans retouche.

Le voyage d’Édith et autres nouvelles extraordinaires

« Le Grand Canyon provoque toujours un choc au voyageur qui le découvre pour la première fois. Il est vrai qu’il s’agit d’une des plus spectaculaires beautés naturelles de la planète. »

De la Guyane à l’Égypte, de la Californie au Liban, de Bangkok à Paris, de la Guadeloupe au Mexique, l’auteur nous emmène dans des récits où le surnaturel est toujours présent et la mort jamais très loin.

Qui d’entre nous délire ?

« Est-ce nécessaire de lui faire pointer la contradiction de son discours ? Je me suis interrogé. Non, cela n’aurait pu rien changer. Il m’a donné à entendre la réalité des choses en même temps qu’il a tenté de me rassurer. L’intention est bonne, il a dit la réalité telle qu’il la vit et telle qu’il se la représente. »

La littérature médicale considère le « délire » comme un discours en décalage avec la réalité et un symptôme majeur de maladies psychiatriques. Pourtant, malgré leur incohérence, certains discours peuvent structurer la vie des individus. Alors, qui délire ? Qui est raisonnable ?
Avec ces histoires mi-loufoques, mi-dramatiques, l’auteur sonde les interactions sociales et les temporalités mouvantes afin de tenter d’appréhender l’énigme du délire. La fiction devient alors le médium idéal pour retranscrire ces singulières variations de l’esprit.

Le ciel et l’enfer

« Nous sommes nés dans le même quartier. Une rue voisine de l’autre, pour tout dire. Nous jouons ensemble depuis que nos jambes nous permettent de marcher. Nous prenions déjà le même chemin pour rejoindre l’école. Nous parcourions les années et vivions les saisons sous un même rayon. Et pas un nuage ne venait troubler cette randonnée. Plus tard, bien plus tard, nous nous sommes perdus de vue pour des raisons que la vie ignore. »

Dans ces textes courts, denses, aux allures de contes, l’auteur dévoile ses émotions et nous emmène dans ses souvenirs, relatant les métiers qu’il a exercés, les moments figés dans le temps, un sourire, une soirée, une rencontre… Une réflexion sur l’existence à travers l’intimité d’un homme, livrée sans fards et avec sincérité.

La fin d’une vie

« Je sentis de longs doigts glisser le long de mon dos et agripper mon épaule, me forçant à me retourner. Je me retrouvai alors face à une vision cauchemardesque. Une silhouette tordue et déformée se tenait devant moi, immobile et menaçante. Elle avait un semblant de forme humaine, mais était beaucoup plus grande, avec un visage et des bras disproportionnés tombant en dessous de ses genoux. »

La vie extraordinairement banale de Vincent se heurte un jour de plein fouet à une entité malveillante qui le contraint à accomplir des actes atroces.
Folie ou véritable emprise ? Vincent obéit, pris dans une spirale du mal, pétrifié de terreur.
Comment un homme devient-il une marionnette ? Cette nouvelle fantastique entrouvre les portes d’un esprit qui chavire.

Errances solitaires

« Voyant que mon regard s’était porté vers l’objet, son sourire s’élargit et son visage s’illumina. Ses yeux brasillaient d’une étrange lueur douce-amère. Sans rien dire, elle leva le bras et me présenta ce qu’elle tenait: un gros bulbe ensanglanté de forme ovoïde, que j’identifiai immédiatement comme un cœur. »

En dix histoires frissonnantes, la mince frontière entre rêve et réalité s’estompe. Rencontre inattendue sur une plage, aspirant comédien pour le meilleur ou pour le pire, phénomènes étranges dans un zoo, les personnages expérimentent l’angoisse de l’inconnu.

Ce n’est jamais simple

« Quand le mal était-il arrivé ? Il y avait un an certainement, mais alors, le mal était fait… Et il allait grandissant. Comme une énorme tumeur qui lui volait sa vie. Une tumeur qu’il récusait, mais dont il ne pouvait se passer. Une tumeur qui lui apportait toute la jouissance du monde, tout l’amour du monde, toute l’horreur du monde. Elle était devenue son obsession, sa pensée unique dévorant tout ce qui avait été sa vie. »

Qu’on le nomme suicide assisté ou euthanasie, les interrogations restent les mêmes. Dans les débats qui accompagnent cette question de société, « Ce n’est jamais simple » fait office de contrepoint. L’auteure y met aux prises ses personnages avec la maladie, la souffrance et leurs doutes. Laissés face à eux-mêmes, ils comprennent que le véritable ennemi est moins la mort que la solitude et l’égoïsme.

Crépuscules

« Pourquoi entrait-elle maintenant dans sa vie, à un moment si difficile ? Il ne savait pas ce qu’il ressentait pour elle. Était-ce de la peur, ou de la curiosité, de l’attraction ou du dégoût ? »

Les personnages de ces trois nouvelles errent à la fine frontière qui sépare le réel du fantastique. Comment conserver son humanité lorsque le monde s’éboule autour de soi ? Face à la chute, l’Homme peut-il garder espoir ?

Mélis-Mélos…

« Ce sont des petites fleurs qui sont nées avec une décennie entre elles. Dans ce pré tourmenté qu’est le monde.
J’essaierai de guider leurs pas au travers des méandres de la vie.
Car elles ne savent rien et ont tout à apprendre.
Je leur dirai combien l’autre est unique et qu’il doit être écouté. »

Œuvre composite, « Mélis-Mélos… » saute à cloche-pied de la prose à la poésie en toute liberté. Qu’il aborde le thème sensible de la violence d’un certain système éducatif ou s’empare d’une vision optimiste du monde, l’auteur donne un relief singulier aux souvenirs qu’il évoque et aux révoltes qu’il partage.

Les ombres meurtrières

« Le château est sombre et lugubre, abandonné depuis des décennies, sa façade de pierre est déchirée par le temps, les volets sont craquelés, moisis, défaits de leurs écrous rouillés, la nature a pris le dessus, elle se confond comme des lianes nouées, envahissantes, prêtes à saisir des proies intrusives avec leurs griffes épineuses et disgracieuses. »

Le corps d’une fillette est retrouvé inerte dans un lieu obscur. Immédiatement sur les lieux, Éva croise Élisabeth, procureure mais surtout amie proche… Vie privée et vie professionnelle s’entremêlent. Éva saura-t-elle garder les idées claires ?

Confrontations

« C’est très étrange, comme les bouteilles de vin vieux durent peu longtemps lorsqu’on les boit seul.
Nathan hésite à en déboucher une seconde. Mais il renonce en considérant l’escalier qui mène au cellier ; les marches ont pris soudainement un aspect moins engageant : glissantes, tortueuses et raides.
Bref, fourbes comme sa bonne femme.
Donc : inutile de les provoquer.
Finalement, la picole, ça s’autorégule. »

Les onze nouvelles de ce recueil dépeignent la confrontation entre notre souhait de tout découvrir de notre univers et notre ambivalence à élargir le périmètre de nos certitudes.
Explorations du paradoxe temporel ou du rapport entre humains et extraterrestres, voyages dans le temps et autres collisions culturelles, apprendre de nouvelles façons de penser et de vivre va se révéler difficile pour certains.

Offrandes

« Le voici, en ce moment, en train de se livrer à son unique plaisir en guettant l’instant où le soleil révélera les couleurs de l’imperceptible. Subitement, des lignes noires apparaissent sur l’écran de sa mémoire et un grésillement parvient à ses oreilles. Mais, peu de temps après, l’image redevient stable. »

Dans ce monde chaotique où tout va trop vite, Hamid El Hajami prend quelques instants pour nous offrir sa vision des choses, révélant avec douceur que la frontière entre visible et invisible est souvent bien plus ténue qu’on ne le croit. Rationnel et inadmissible se côtoient dans ses écrits, laissant toute liberté au lecteur d’appréhender les histoires comme il l’entend.

Un buffet d’histoires mijotées dans la collectivité – Tome II

« Vingt-cinq ans plus tard, Isaïe exerçait le métier de guide de pêche sur la rivière Caniapiscau, dans le nord du Québec, au royaume des caribous. Il faisait partie d’une équipe composée de cinq autres Innus, tous natifs de la même réserve. Il était le chef et le sage parmi le groupe que tous vénéraient avec humilité. Il était celui qui leur avait enseigné l’art de naviguer à travers les rapides de cette grande rivière »

Dans ce nouveau recueil de nouvelles hautes en couleurs, Maurice Villeneuve traite avec un sérieux adouci d’espièglerie des sujets comme la violence conjugale, le respect des peuples premiers, le féminisme ou encore la façon dont on considère nos aînés.
Fables modernes aux morales très actuelles, ces récits sauront vous faire rire ou pleurer, d’émouvantes réflexions en cocasses situations.

Dans le cœur des hommes

« Quelques mois après la naissance de leur fils, le mari ne voulait plus que sa femme sorte, ni parte prier. Il commença à l’enfermer dans la maison comme une prisonnière et emportait la clé, sachant qu’elle pouvait trouver des aliments ou objets nécessaires durant tout le temps de son enfermement. La situation commençait à dégénérer dans la maison. »

Après une jeunesse semée d’expériences décevantes de la part des hommes, l’autrice s’amuse, dans ce recueil de quatorze nouvelles, à étaler l’éventail des travers masculins dans la vie amoureuse. Tromperie, mensonge, égoïsme, trahison, tout y passe… Et les beaux espoirs construits par les jeunes femmes se brisent sur l’autel de la masculinité toxique, décapitant la confiance en soi comme en l’autre. La femme finira, contre toute attente, par sauver son âme. Mais comment ?

Improvisations sur papier libre

« J’étais à Gaborone, au Botswana. En plein Kalahari. Cela faisait déjà six semaines que nous sillonnions l’Afrique. Un groupe de sept. Le minimum pour pouvoir accéder aux tarifs aériens de groupe. Cinq musiciens, un régisseur et Maximilien. Ah, Maximilien ! Un ami peintre exceptionnel. « Le septième ».
On le faisait passer pour mon psychanalyste, histoire de lui donner utile fonction, alors que visiblement, il n’en avait aucune dans cette tournée. »

Au cœur de ces nouvelles, des souvenirs réels ou oniriques, comme autant de variations sur l’envol du temps. L’enfance algéroise et la fuite, l’âge adulte et ses rencontres autour de la musique, Jean Louis Mechali feuillette cet agenda d’une existence qui est peut-être, ou non, la sienne.
Les émotions, les voix des êtres aimés sont confiées aux mots, ils en étirent et en prolongent la mélodie, comme une vibration poétique de la mémoire. Ils permettent aussi l’improvisation, si chère au cœur du musicien qu’est l’auteur.

Sacrifices

« Son enfance et son adolescence peuvent donc se résumer ainsi : une alternance de vie scolaire et de travaux des champs. Le peu de temps consacré aux loisirs était basé sur des jeux de cartes, de ballon, de marelle et d’osselets. »

La peur de mal faire et du jugement d’autrui pèse durant toute son existence sur le héros de cette nouvelle. Né à la fin de la seconde guerre mondiale dans une famille de paysans, Henry fait partie de cette génération qui aura connu aussi bien les chevaux de traits que les tracteurs à commandes digitales. Un progrès exceptionnel qui pourtant ne se reflète en rien dans le parcours d’un homme dont les convictions sont autant de chaînes.
Cloué au sol par des devoirs réels ou supposés, Henry se débat…
Lucide et âpre, cette nouvelle décortique les ressorts psychologiques qui tressent les choix de vie.