Thème : Nouvelles

Les ombres meurtrières

« Le château est sombre et lugubre, abandonné depuis des décennies, sa façade de pierre est déchirée par le temps, les volets sont craquelés, moisis, défaits de leurs écrous rouillés, la nature a pris le dessus, elle se confond comme des lianes nouées, envahissantes, prêtes à saisir des proies intrusives avec leurs griffes épineuses et disgracieuses. »

Le corps d’une fillette est retrouvé inerte dans un lieu obscur. Immédiatement sur les lieux, Éva croise Élisabeth, procureure mais surtout amie proche… Vie privée et vie professionnelle s’entremêlent. Éva saura-t-elle garder les idées claires ?

Offrandes

« Le voici, en ce moment, en train de se livrer à son unique plaisir en guettant l’instant où le soleil révélera les couleurs de l’imperceptible. Subitement, des lignes noires apparaissent sur l’écran de sa mémoire et un grésillement parvient à ses oreilles. Mais, peu de temps après, l’image redevient stable. »

Dans ce monde chaotique où tout va trop vite, Hamid El Hajami prend quelques instants pour nous offrir sa vision des choses, révélant avec douceur que la frontière entre visible et invisible est souvent bien plus ténue qu’on ne le croit. Rationnel et inadmissible se côtoient dans ses écrits, laissant toute liberté au lecteur d’appréhender les histoires comme il l’entend.

Un buffet d’histoires mijotées dans la collectivité – Tome II

« Vingt-cinq ans plus tard, Isaïe exerçait le métier de guide de pêche sur la rivière Caniapiscau, dans le nord du Québec, au royaume des caribous. Il faisait partie d’une équipe composée de cinq autres Innus, tous natifs de la même réserve. Il était le chef et le sage parmi le groupe que tous vénéraient avec humilité. Il était celui qui leur avait enseigné l’art de naviguer à travers les rapides de cette grande rivière »

Dans ce nouveau recueil de nouvelles hautes en couleurs, Maurice Villeneuve traite avec un sérieux adouci d’espièglerie des sujets comme la violence conjugale, le respect des peuples premiers, le féminisme ou encore la façon dont on considère nos aînés.
Fables modernes aux morales très actuelles, ces récits sauront vous faire rire ou pleurer, d’émouvantes réflexions en cocasses situations.

Dans le cœur des hommes

« Quelques mois après la naissance de leur fils, le mari ne voulait plus que sa femme sorte, ni parte prier. Il commença à l’enfermer dans la maison comme une prisonnière et emportait la clé, sachant qu’elle pouvait trouver des aliments ou objets nécessaires durant tout le temps de son enfermement. La situation commençait à dégénérer dans la maison. »

Après une jeunesse semée d’expériences décevantes de la part des hommes, l’autrice s’amuse, dans ce recueil de quatorze nouvelles, à étaler l’éventail des travers masculins dans la vie amoureuse. Tromperie, mensonge, égoïsme, trahison, tout y passe… Et les beaux espoirs construits par les jeunes femmes se brisent sur l’autel de la masculinité toxique, décapitant la confiance en soi comme en l’autre. La femme finira, contre toute attente, par sauver son âme. Mais comment ?

Improvisations sur papier libre

« J’étais à Gaborone, au Botswana. En plein Kalahari. Cela faisait déjà six semaines que nous sillonnions l’Afrique. Un groupe de sept. Le minimum pour pouvoir accéder aux tarifs aériens de groupe. Cinq musiciens, un régisseur et Maximilien. Ah, Maximilien ! Un ami peintre exceptionnel. « Le septième ».
On le faisait passer pour mon psychanalyste, histoire de lui donner utile fonction, alors que visiblement, il n’en avait aucune dans cette tournée. »

Au cœur de ces nouvelles, des souvenirs réels ou oniriques, comme autant de variations sur l’envol du temps. L’enfance algéroise et la fuite, l’âge adulte et ses rencontres autour de la musique, Jean Louis Mechali feuillette cet agenda d’une existence qui est peut-être, ou non, la sienne.
Les émotions, les voix des êtres aimés sont confiées aux mots, ils en étirent et en prolongent la mélodie, comme une vibration poétique de la mémoire. Ils permettent aussi l’improvisation, si chère au cœur du musicien qu’est l’auteur.

Sacrifices

« Son enfance et son adolescence peuvent donc se résumer ainsi : une alternance de vie scolaire et de travaux des champs. Le peu de temps consacré aux loisirs était basé sur des jeux de cartes, de ballon, de marelle et d’osselets. »

La peur de mal faire et du jugement d’autrui pèse durant toute son existence sur le héros de cette nouvelle. Né à la fin de la seconde guerre mondiale dans une famille de paysans, Henry fait partie de cette génération qui aura connu aussi bien les chevaux de traits que les tracteurs à commandes digitales. Un progrès exceptionnel qui pourtant ne se reflète en rien dans le parcours d’un homme dont les convictions sont autant de chaînes.
Cloué au sol par des devoirs réels ou supposés, Henry se débat…
Lucide et âpre, cette nouvelle décortique les ressorts psychologiques qui tressent les choix de vie.

Pour mémoire

« Je dois engendrer une œuvre. On ne peut rester une vie sans rien produire. Il me faut écrire une page par jour, puis un livre. Maintenant, la question qui se pose est celle de savoir si j’ai quelque chose à dire, quelque chose qui présenterait un quelconque intérêt. »

Le narrateur ressent l’urgence de créer, de laisser une trace de son passage sur terre. Reflet de l’époque, son envie viscérale se heurte à un manque d’inspiration, à des difficultés techniques et finalement à l’actualité politique et sanitaire. Pour le meilleur ?

Offrandes

« Le voici, en ce moment, en train de se livrer à son unique plaisir en guettant l’instant où le soleil révélera les couleurs de l’imperceptible. Subitement, des lignes noires apparaissent sur l’écran de sa mémoire et un grésillement parvient à ses oreilles. Mais, peu de temps après, l’image redevient stable. »

Dans ce monde chaotique où tout va trop vite, Hamid El Hajami prend quelques instants pour nous offrir sa vision des choses, révélant avec douceur que la frontière entre visible et invisible est souvent bien plus ténue qu’on ne le croit. Rationnel et inadmissible se côtoient dans ses écrits, laissant toute liberté au lecteur d’appréhender les histoires comme il l’entend.

Que la nuit soit avec vous…

« Quand mademoiselle Pluie pleure, de ses joues, un torrent liquide se déverse dans la pénombre ; cette eau est bénie par le dieu de la terre, car ce n’est pas de l’eau qui tombe, mais de l’or liquide et c’est tout le ciel qui l’applaudit parfois bruyamment. »

Insomniaque, c’est avec beaucoup de poésie qu’André Delbecq nous relate 365 de ses nuits. Guidé par la fatigue extrême, il décrit le passage du temps, le déroulé des saisons, la beauté des ténèbres et son admiration pour l’astre nocturne.

Les insomnies de Morphée

« Mais alors que j’approchais de son visage le masque qui devait l’endormir, il me signala avoir une dernière question à me poser, planta son regard clair dans le mien et demanda :
« Est-ce que tu crois que Morphée pouvait avoir des insomnies, comme moi ? » »

Le plus effrayant lorsque l’on doit subir une intervention chirurgicale n’est pas toujours l’opération elle-même. Le processus d’endormissement reste pour nous obscur et quelque peu mystérieux. L’auteur rapporte quelques anecdotes heureuses et émouvantes qui ont émaillé sa carrière d’anesthésiste réanimateur, réconfortant ainsi les plus anxieux.

Alix au pays vermeil

« La vieille, que le loup avait ingurgitée sans faire exprès, émergea douloureusement de ce chaos confus et passa un savon au braconnier, en le traitant de mal élevé car il avait salopé tout le salon. Ensuite, elle passa l’éponge. Et enfin, elle nettoya la scène du crime »

On découvre dans ce recueil huit nouvelles qui tendent vers l’absurde, huit contes qui n’ont rien, ou presque, de merveilleux et une héroïne, Alix, qui survit comme elle peut en dehors de l’histoire. Sur ses traces ou à leur fenêtre, les voisins l’observent, mais sans vraiment la voir.

Fantômes de l’imagination

« Plongés dans une atmosphère détendue, tout en goûtant la variété des saveurs des mets délicieux disposés sur la grande table, on cause, roulant dans un cercle de lieux communs, évitant de parler de la raison qui motive notre présence réconfortante dans la cuisine. »

Riche en destins croisés, ce nouveau recueil de nouvelles par Giorgio De Piaggi dépeint la noirceur de l’âme mais aussi ses lumières.
Il nous raconte tour à tour un incident de la route qui s’avère être un véritable attentat et va mener un commissaire sur les traces de faits étranges, absurdes et incroyablement sombres ; une riche famille qui dévoile ses secrets à son dernier rejeton à mesure qu’il grandit, deux hommes que tout oppose et qui, partageant une nuit en cellule, se découvrent l’un l’autre en attendant leur sentence.
Giorgio De Piaggi est originaire de Gênes. Il a exercé la fonction de lecteur de langue et de culture italiennes à la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence puis enseigné la littérature française aux Universités de Salerne, de Bologne et de Gênes. Professeur émérite, Officier des Palmes académiques, il est membre du Conseil d’Administration de l’Alliance Française de Gênes, ancien membre de la Società Universitaria per gli Studi di Lingua e Letterarura francese, et Accademico corrispondente nell’Accademia Ligure di Scienze e Lettere.
Il est l’auteur d’ « Un jour à Marseille », « Ô Sorbonne ! », « Une étrange aventure », « Faut pas réveiller les morts » et « La chatte parlante et autres récits » parus aux Éditions du Panthéon.

Histoires d’outre-songe

« Le couple pousse et franchit la porte qui se referme aussitôt. Le sol est glacé. De la glace partout. Une patinoire.
Les murs sont faits de miroirs placés les uns à côté des autres, les quatre murs.
Où est donc la porte ?
Il n’y a que des miroirs. »

Voyage onirique en neuf étapes, « Histoires d’outre-songe » nous entraîne dans la face nocturne de notre vie. Alors que certains considèrent les rêves comme des suites de scènes incohérentes, l’auteur y voit au contraire les reflets de nous-mêmes. Rêveries éveillées ou ensommeillées, cauchemars même, ils portent nos émotions et nos envies en toute liberté.

La prophétie macabre

« Le savoir ne prévoit rien du tout, si c’est vraiment un savoir, puisque savoir c’est connaître ce qui se répète indéfiniment à l’identique d’une façon routinière. Donc si tu sais, tu prévois ce que tu sais déjà. C’est-à-dire rien, que du vent ! Si toutefois nous parlons de notre étant du savoir, du savoir véritable, fondé sur le désir humain despotique de traquer les habitudes du monde matériel. Pour son confort existentiel probablement. Pour ne pas être dérangé par l’imprévu, la nouveauté. D’où aussi son invention et son amour des lois de la nature. »

Dans ces quatre nouvelles philosophiques, Marc Moulines met en scène ces nouveaux penseurs appelés voyants. De la tragicomédie du culte dévot de l’étant à la satire de l’origine de l’Homme et du racisme, en passant par une mise en lumière des mensonges de l’alliance entre les actes et la pensée et une critique de la théorie du « pour-soi » despotique de Sartre, il nous emmène sur les traces d’une pensée méconnue.
Poèmes, récits et romans philosophiques, Marc Moulines privilégie l’éclectisme, gage d’une curiosité toujours en éveil. Le lecteur retrouvera sous sa plume la musique caractéristique de ses écrits.

Un Simple Gardien

Son mari et elle avaient tant entendu parler de ce fameux Victor en grandissant. C’était un homme craint de tous et dont l’histoire avait fait le tour de toute la région au fil des années. Plusieurs disaient que c’était un magicien, certains qu’il était sorcier. D’autres, un plus faible pourcentage, qui furent en mesure de le voir de leurs propres yeux, parlaient de lui comme étant un ange, déguisé en mendiant, avec un objectif bien précis chaque fois qu’il apparaissait. »

À travers huit nouvelles qui nous font traverser sans peur la frontière du réel, Dieu Le Veut Kembo nous fait voyager, au propre comme au figuré. Un voyage fou et onirique, dans nos corps et dans nos têtes. Avec une galerie de personnages hauts en couleurs, il nous emmène de Montréal à Southampton en passant par des lieux imaginaires et métaphoriques. Des nouvelles entre le conte philosophique et la tranche de vie douce ou amère.

Incroyables histoires à tendance perchée

« J’ai toujours été d’un naturel sympathique ; et bien que je sois quelqu’un de très intéressant, je n’ai jamais eu d’ami. Peut-être était-ce dû à mon aspect étrange, mon énorme bonnet en laine et mon gros manteau sombre. Mais j’étais tellement gentil, pourtant… »

Willie, au fil de ses récits survitaminés, nous invite à découvrir des mondes singulièrement variés. Nous explorerons l’absurde et le loufoque, en croisant au détour d’une page un tueur à gages de phoques, des serpents revanchards ou encore de terribles démons de vestiaire.
Gare au vertige engendré par ces montagnes russes littéraires où l’imaginaire prend la part belle sur une réalité moins… divertissante !

Ici, là-bas…

« Je ne puis cependant vous en résumer simplement le contenu, ni directement vous dire l’impact que ces quelques pages ont eu sur moi. Je vous l’avouerai plus tard. Pour l’instant, je préfère vous laisser seul(e)s juges de la portée qu’elles pourraient, peut-être (ou pas), avoir sur vous, en faisant résonner ses mots à lui, dans leur sincérité, comme il les a écrits. »

Sous le parquet de sa maison en rénovation, un homme ordinaire trouve un journal extraordinaire. En découvrant ligne après ligne le destin d’un autre qui aurait pu être lui, il dévoile ses doutes sur l’existence, ses aspirations, sa volonté de courir, éperdument, après une liberté qu’on lui a dérobée à son insu. Dans ce sursaut de vie pure, il cherchera à retrouver le propriétaire du carnet, mais saura-t-il reconnaître un homme dont il n’a jamais vu les traits ?
« Ici, là-bas » conclut le triptyque commencé avec « Envole-toi » et « Pars avec moi ». Au cœur du récit, la réflexion obsédante dans l’œuvre de Damien Schmit sur la liberté et la condition humaine.
Damien Schmit est également l’auteur de « Entre ciel et terre… », « Cyclosphère », « À cœur ouvert » et « Silenzio », parus aux Éditions du Panthéon.

Un buffet d’histoires mijotées dans la collectivité

« Ce n’est pas facile de trouver la place du savoir sur la balance de l’avoir et de l’être. Il y a tellement de facilités d’apprendre lorsqu’on veut bien s’asseoir à la table des informations et de la vérité que notre être doit s’ajuster régulièrement avec ce qu’on y acquiert. Nous sommes dans l’obligation de remettre souvent en question notre rapport avec les milliards d’êtres humains sur terre. Si on se place simplement du point de vue mathématique, à chaque fois qu’un humain vient augmenter le nombre d’individus sur la planète, notre rapport personnel avec l’humanité vient de changer. »

Dans ces nouvelles retraçant diverses périodes d’une vie humaine, on découvre aussi pêle-mêle l’histoire de l’émigration au Québec, les difficultés que peuvent rencontrer les familles avec un enfant autiste, la vie des retraités et l’arrivée du coronavirus. C’est avec tendresse et légèreté que sont abordés ces sujets, dans le but avoué d’élargir les consciences à d’autres problématiques que celles qui peuvent nous toucher personnellement. Un rappel d’humanité !

Tout pour la fontaine

« En ces temps-là, il y avait une fontaine d’eau à côté de chez nous. Nous y allions, chaque soir, pour faire le plein de nos seaux d’eau. Tout le monde aimait boire de son eau qui était douce et lisse. En outre, c’était une fontaine qui éclatait de joie à chaque fois qu’on lui prenait de son eau. C’était une fontaine miraculeuse. »

Quand Hélène et Gregory voient la fontaine près de chez eux, autrefois véritable source de joie et de bonheur, lentement dépérir et appeler à l’aide, ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour y ramener la vie. Aidés d’un chat qui parle, ils vont également à la rencontre de deux frères qui apprendront à goûter à nouveau au plaisir et à la joie.

Pars avec moi

« Son temps libre, il le passait, en ce moment, à s’adonner à l’une de ses passions : l’écriture. D’où son projet romanesque, cette histoire qui, à l’opposé du quotidien qu’il vivait, se devait, pour lui, de donner vie à cette entraide humaine dont chacun est capable en puisant dans les ressources infinies que peut faire naître l’empathie. »

Élisa, Antoine, Éric. Trois vies que rien ne semble lier, trois inconnus, trois étrangers. Et pourtant, à travers leur lien avec le narrateur, vagabond dont la gare est le royaume, ils s’animeront entre les lignes et danseront les mouvements de leur existence, ici, là-bas, ensemble ou pas. Des âmes perdues qui se sont confiées, qui se sont mises à nu. Des âmes à retrouver, à libérer, à sauver.
« Pars avec moi » appartient au nouveau cycle littéraire de Damien Schmit, initié par « Envole-toi ». Notre dimension humaine, si vacillante, y est explorée et interrogée.
Damien Schmit est également l’auteur de « Entre ciel et terre… », « Cyclosphère », « À cœur ouvert » et « Silenzio », parus aux Éditions du Panthéon.