Thème : Poésie contemporaine

La moisson d’une vie

« « Luétique, carcinomique ».
On sent là comme une caresse,
celle du fil de l’épée.
Mais sa lame ne vise pas votre chair,
elle coupera la trame du voile qui vous sépare du monde. »

Orphelin de mère à neuf mois, l’auteur porte en lui cette absence fondatrice. « La moisson d’une vie » traverse l’hérédité, le deuil et l’emprise du temps.
Le cancer y affleure, la mémoire des corps y persiste, la solitude y cherche sa forme.
Ces poèmes interrogent le vide et la perte sans renoncer à une possible clarté. Entre ombre et lumière, ils sondent ce qui demeure quand tout vacille.

L’Homme aimé ou Les quarantièmes rugissants

« Je pressentais le lieu
Le moment
La lune bleue
Comme si la mémoire précédait l’action »

Une tension traverse les poèmes de Maxime Crubilé-Vilmain. L’amour s’y trouble, la mémoire vacille, le temps entaille. Les images surgissent par à-coups, entre manque et débordement, pour tenter de retenir ce qui s’effondre ou fuit.
Théâtre de naufrages tragiques comme de navigations héroïques, souffle salé, vivant, organique, la mer, omniprésente, vient battre les pages.

Attente représailles

« À chant de mine ailes grimaçantes chaque pelletée de nuit déneige enflammée
Hélas grégaires frileux courent vers semblables pour ensemble par volées reconstruire milliards d’igloos qui dérobent à vue de sacre »

Ce recueil explore le tiraillement entre désir et renoncement à travers un voyage secret et pourtant ouvert au monde, la poésie devenant vaisseau vers la beauté et la conscience. Les tensions intérieures sont sublimées en images évocatrices et singulières, où la nature et le quotidien prosaïque deviennent miroirs ontologiques.
Dans ce souffle, la conscience poétique agit avec clarté et justesse, flèche guidée par l’instinct, atteignant sa cible sans calcul ni détours, unissant l’intime à l’universel dans une simplicité lumineuse.

L’oiseau du désert

« Oiseau du désert, recouvre-moi de ton plumage bigarré. Viens m’envelopper de ton duvet de plumes si tendre. »

Lyrisme et quête spirituelle s’entremêlent dans ce recueil où l’amour est la voie vers l’absolu. Les poèmes sont nos guides vers les territoires du désir et de la passion, invitant le lecteur à une brûlante traversée intérieure.
L’oiseau du désert, figure métaphorique, incarne l’amour idéal : libre et tourné vers l’éternité. Ses ailes traversent des paysages oniriques – déserts, mers, jardins, villes oubliées – où le visible et l’invisible se confondent, offrant à l’âme un espace de déploiement et de communion.

Un vertige sans nom

« Si vous saviez comment cette rage me détruit à petit feu ! Je me sens envahie par cette envie de crier, de frapper, et la peur d’atteindre mes limites.
Cette colère vient probablement du fait que j’ai acheté la paix en me reniant pratiquement toute ma vie. »

Récit poétique et introspectif, « Un vertige sans nom » plonge au cœur de la dépression et de l’anxiété avec une sincérité bouleversante. Suivant une structure en U – la chute puis la remontée – l’auteure met en mots la perte, la colère, la quête de sens et la lente reconstruction de soi.
Écrits au plus sombre de l’épreuve, ses textes rappellent qu’il est possible de se relever, de se pardonner et d’apprendre à s’aimer malgré les blessures.

Et puis, j’ai souri

« Douce mélodie, viens donc me bercer la nuit. Dans un océan de pensées, viens éclaircir mon esprit. M’emportant dans un doux rêve, transporte-moi dans une illusion. Loin du chaos du monde réel, évade-moi dans un lieu imaginaire où règne la tranquillité. »

Traversée victorieuse de la terre des idées noires, « Et puis, j’ai souri » évoque en mots choisis la lente reconstruction de soi. Dans une langue pudique et vibrante, l’auteure transforme l’intime en partage universel. Par ses poèmes en prose, elle témoigne d’un combat silencieux et obstiné contre le découragement.

Les latences du loup de Casablanca

« Le chemin est enivrant
Qui mène à la source du Verbe
Et l’âme tourmentée ne l’est plus
Quand les mots par la grâce
Du rythme sur les feuillets
De l’aube sont écrits »

Ce recueil explore les zones sensibles où l’être humain se confronte au doute, au temps qui passe, à l’amour, à la perte et à ce qui, en lui, cherche à s’élever. Grâce à une poésie qui scrute les mouvements intérieurs et les élans spirituels, l’auteur met en lumière les tensions entre le visible et l’invisible, entre le monde matériel et ce qui le dépasse. Contemplation et questionnement intime, chaque poème ouvre un espace de réflexion et d’écoute, invitant le lecteur à s’approcher de ce qui habite l’existence en profondeur.

Fragments d’une vie pensée

« Savoir écouter, c’est chausser l’habit de l’élégance
Savoir écouter, c’est une faculté de perception et d’intellection
Le respect d’autrui, c’est, de l’autre, savoir apprécier les doléances
Le respect d’autrui, c’est le refus de l’indifférence »

Dans ce nouveau recueil, Philippe Romy explore des thèmes essentiels : la guerre et la paix, la beauté, la sagesse, le temps qui passe. D’une plume à la fois critique et sensible, il dénonce les dérives de notre société et célèbre la liberté, l’amour et la dignité humaine. Une invitation à réfléchir, à écouter.

Poétique afropolitaine

« L’écrivain aime son écritoire, les livres, ses compagnons,
Assis, debout, ou couché presque à plat ventre,
Postures impératives pour lui, pour elle,
Pour des œuvres à pondre, des mondes à peindre. »

Voyage lyrique au cœur des identités plurielles, « Poétique afropolitaine » célèbre la diversité, la paix et l’humanisme. À travers une langue vibrante, l’auteur évoque son enfance africaine, l’exil, la nature et les défis du monde contemporain.
Ce recueil, à la fois chant et témoignage, invite à transcender les frontières et à embrasser la beauté fragile du vivant.

Le cri de l’invisible, battements d’une âme

« Face au miroir sans tain,

Seule face au miroir sans tain,
Je cherche un regard, une main,
Mais mon reflet reste figé,
Comme mon cœur abandonné. »

Voyage intérieur, « Le cri de l’invisible, battements d’une âme » invite à une traversée poétique. Grâce à des vers et des textes empreints de spiritualité, Prisca-Francine Flore Atsain explore l’amour, la solitude, la foi et la quête de soi. Chaque poème est une prière, une respiration, un battement d’âme adressé à Dieu et à l’humanité.
Ce recueil parle de blessures et de renaissances, de silences qui guérissent et de mots qui sauvent. Il invite à écouter ce que l’invisible murmure en chacun de nous : la force de se relever, de croire encore, d’aimer toujours.

Cris

« Dans vos têtes de termites
la folie s’appelait
verre poli transformé
par autant de zeugites
que vos têtes de termites »

Pourquoi des cris ? Parce que, quelquefois, les mots ne suffisent plus. Dans ce recueil dense et brut, Michel Bravos donne voix à une conscience en lutte, traversée par la mort, l’amour, la solitude et la révolte. Ses poèmes résonnent comme autant de silences brisés, portés par un rythme âpre.
Écrits à la marge du poétique et nourris d’une profonde lucidité, ces textes mêlent mémoire intime et critique sociale, dans un geste de résistance face à l’absurde. Ce n’est pas une poésie de confort : c’est une parole qui saigne, qui se dresse, qui cherche.

La balade émotive

« L’amour se montre alors si intense, ardent
Et si loin des idées d’un esprit raisonné,
N’ayant ressenti l’émoi et le regardant
Sans voir encore ses flammes insoupçonnées.»

Cette balade émotive nous entraîne sur les chemins de l’âme, de l’éveil de l’enfance aux derniers instants de la vie. Tristesse, amour, colère, joie, peur : cinq émotions universelles se déploient en une fresque poétique où se mêlent doutes et émerveillements.
En images vibrantes et vers mélodieux, l’auteur invite à reconnaître nos propres tourments, à accueillir nos élans et à trouver au fil des pages une forme d’apaisement.

En vers et contre tout

« Les années sont passées, la vie m’a emporté
Dans son tourbillon qui nous est si puissant,
Mais, parfois, le souvenir vient me hanter
De ce compagnon ailé qui me manque tant. »

Un voyage poétique au cœur des émotions humaines, entre douceur, mélancolie et éclats de vie. Ces vers, empreints de tendresse et de profondeur, capturent l’instant, interrogent l’âme et célèbrent la beauté fragile du monde, tout en évoquant avec finesse les courants qui agitent notre société : nostalgie des empires passés, vie par procuration via les écrans, perte de spiritualité.

Les portes

« Une porte puis une autre
Une autre vie
Une autre porte
Ainsi de suite
Et à la fin
Elles représentent le monde entier »

Et si chaque porte ouverte n’était qu’une autre énigme ? Un passage vers une autre vie, une autre mémoire, une autre perte… ou une nouvelle naissance ?
Entre éclats de souvenirs, visions surréalistes et réflexions métaphysiques, l’auteur nous emporte dans une errance à la fois intime et universelle. Ses portes ne s’ouvrent pas seulement sur des lieux, mais sur des états d’âme, des vertiges, des absences, des révoltes. Dans ce recueil foisonnant, entre prose poétique et méditation existentielle, le quotidien se déchire pour révéler des mondes enfouis. Les mots y tâtonnent, trébuchent parfois, mais toujours poursuivent une quête : celle du sens, celle de soi.

Mes souvenirs

« Donne ton amour, donne ta vie.
Donne ta chaleur, ne reste pas dans l’oubli.
L’oubli c’est comme un jour sans fin »

Ce recueil poétique est une exploration intime des émotions humaines et des souvenirs du temps jadis. À travers les thèmes universels de l’amour, de la solitude et de la nature, il célèbre la beauté fragile du monde tout en reflétant les échos de la douleur et de l’espoir. Chaque poème est une invitation à ressentir, à rêver et à s’émerveiller sur ce qui nous entoure, qu’il s’agisse d’un paysage imaginaire ou du charme verdoyant de la Suisse normande.

Rupture

« De la boue gélatineuse
Aux insectes bourdonnants,
De cette chaleur poisseuse
Au charbon noir et ardent,
Je prends tout et savoure »

Lorsque l’amour a fui, s’emparer des mots pour dire combien il a été beau, combien son souvenir, même douloureux, garde encore son éclat. En vers de feu, l’auteure raconte les émotions au bord des yeux, le cœur brisé mais qui bat, la vie qui continue. Et si certaines s’effondrent en larmes, Raya, elle, préfère écrire toute sa douleur.

Impressions

« Les souvenirs anéantis par le son d’un piano
Les murmures s’estompant le temps d’un soupir
Le silence est musical, propice à la méditation
Une harmonie humaine de regards figés »

Émotions fugaces et impressions éphémères sont soigneusement collectées dans ce recueil qui en fait miroiter tout l’éclat. Le poète, ambassadeur de la mémoire, nous invite ainsi à garder les yeux grands ouverts pour capter l’instant et saisir la beauté.

Ces graines du temps

« Debout les gentils, les oubliés du destin,
Des cupides, des avides brisez les ambitions,
De l’humanité ils encombrent les chemins.
Debout les gentils, tracez la voie de l’union. »

La poésie est dans ce recueil une méditation sur le temps qui passe, sur l’humanité lorsqu’elle sait encore rester belle.
À cloche-pied, d’un souvenir et d’une émotion à l’autre, l’auteur feuillette le grand livre de sa vie. Personnes aimées, actualité brûlante, figures héroïques, toutes ont laissé leur empreinte et permis aux rimes et aux vers de voir le jour.

Fleurs d’Esprit

« Mais dans ce combat contre l’obscurité du racisme,
S’élève la voix de la solidarité, de l’engagement,
Pour que chaque être puisse vivre sans énigme
Dans une société où règne l’égalité en partage, simplement. »

Ce recueil invite à un voyage à travers les émotions, les doutes et les élans du cœur.
Amour, foi, nature, injustices, quête de soi : chaque poème explore avec justesse ce qui fait l’intensité de la vie. Entre engagement et sensibilité, ces textes parlent à celles et ceux qui trouvent dans la poésie un espace de lumière, de force et d’authenticité.
Un regard sincère sur le monde, porté par la beauté des mots.

Jeu d’ombres et de lumière dans mon soleil couchant

« Dans ma chambre le soir, pensif, je m’interroge,
Pulsations du temps, mais pour quels lendemains ?
 
C’est un vertige inné, un malaise impalpable,
Ce tic-tac incessant, triste compte à rebours,
Même en serrant les doigts, comme file le sable,
Nous n’inverserons pas, des rivières, le cours. »

Mélancolie, regrets et germes d’espérance. Placé sous le signe de la nostalgie, ce douzième recueil de Philippe Pauthonier évoque les réminiscences de la lointaine enfance, l’ombre des jours passés, la fuite du temps inexorable. En contrepoint, l’humour, les éclats de la lumière et les rires qui émaillent de tendresse sa poésie délicate.