Thème : Poésie contemporaine

Du Sens aux Maux

« Je ne reconnais rien dans la maison familière.
Rien que l’odeur d’un ancien papier peint préservé.
Les pièces communiquent, les espaces sont ouverts.
Les voix chuchotent à travers l’ombre des murs fissurés. »

Dans ce recueil aux accents autobiographiques, Sophie Magro évoque l’enfance, la foi, la sexualité, le rêve, l’amour… Autant de thèmes à la fois intemporels et tellement brutalement intimes, à travers lesquels elle fait face à un passé tumultueux pour enfin l’accepter et retrouver, dans les mots, la beauté et la vérité nue du monde et de chacun.

Florilège

« Qu’ils soient poèmes, sculptures ou tableaux, ces instants partagés vous parleront de nostalgie et de bonheur, de soleil et d’amour, de paysages lointains et de mondes oniriques… »

« Chacun, devant une œuvre, a son appropriation : les fameux “regardeurs” dont parlait Duchamp cité par Jean de Loisy “Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que par l’artiste”.
Dans tout ce que je crée, j’aimerais que le regardeur reçoive une forme de bonheur et d’entrée dans le rêve. Dans mes écrits, mes tableaux, mes gravures, mes sculptures, se retrouvent les mêmes thèmes : l’expression d’un bonheur bien ancré dans la vie et la Nature mais aussi d’une certaine nostalgie sereine, le sens du temps qui passe mais aussi la force de l’intemporel, la place essentielle du rêve et de la spiritualité mais aussi de la tendresse et de l’épanouissement charnel… au fond une expression assez universelle de la vie… »

Une vie d’amour : de la révolte à la sérénité

« Il y en a qui misent sur un monde meilleur,
Et d’autres qui attisent un nouveau malheur.
Il y a toi et moi,
Maintes fois ignorés,
Unis par nos émois
De vivre sans regrets.
Et puis il y en a
Qui ne le savent pas. »

Tantôt bringuebalé par les courants de l’existence, tantôt y virevoltant avec aisance, Martial Martzloff a vécu une vie d’amour et l’a cachée dans ses vers, qu’il décide aujourd’hui d’appeler au grand jour pour célébrer l’émotion. Celle qui fait vivre, qui met en joie, en colère parfois. Celle qui apporte au corps et au cœur des sensations de brises et de bourrasques, avec le bonheur clé en main.

Encore à corps

« S’immerger l’un à l’autre.
Se noyer dans nos effluves.

Vrombir de nos tempêtes.
Plus rien d’autre n’existe. »

Dans « Encore à corps », Amandine forme une délicate dentelle de mots autour d’un amour passionnel, à la fois animal et tendre. Elle dépeint en mots comme en images l’envoûtante danse de la séduction, celle qui prend le corps et saisit le cœur dans son rythme velours et sensuel. Une façon de voir l’amour matérialisé dans les rapports charnels qui s’est un peu perdue, qu’elle nous fait un peu retrouver, le temps d’un poème illustré.

Dans le monde infini des mots

« Le dictionnaire déchiqueté
Gisait abandonné sur un trottoir
Éventré, il exposait au ciel des lignes de mots
Hélas !
On ne peut pas assassiner les mots
Ni les mettre en prison
Ils existent dans l’espace abstrait »

Nut Monegal et Douglas McGuigue nous emportent avec eux dans une nouvelle valse littéraire. Primaux ou ciselés, calmes plats ou endiablés, les poèmes, arrangés à la manière d’un échange épistolaire, font tournoyer ensemble la mélancolie et l’exaltation, la tristesse et la fantaisie. Musical aux oreilles comme aux yeux, nous embarquerons avec eux pour un beau voyage en perspective…
Après « Mémoires Transhumantes et conversations avec Douglas » (Éditions du Panthéon, 2017), Nut Monegal et Douglas McGuigue poursuivent leur compagnonnage littéraire. Mots en échos et tourbillon de sensations font partie de la mélodie si caractéristique de leurs textes.

La nuit du brasseur de cidre

« Je cherche mon apaisée solitude
D’une violette, d’un bleu vêtu d’abandon
Rêves lacunaires, je frémirai de votre souffle »

Dans ce recueil délicat et subtil, Loraine Bazalgette nous emmène à la chasse aux sensations fugaces. Celles qui sont à peine formées et pourtant s’impriment et se diffusent en nous, pour laisser un souvenir indélébile à celui ou celle qui les vit. À ses mots, elle instille une volonté propre, que domine celle d’être lus à cœur ouvert, à haute voix ou dans un doux murmure.

La lumière et la nuit

« Déchirement de la lumière
Cri de rage bleue

Réunion de la nuit
Dissidence de l’espoir
Comme une amnésie grave.

Du chaos naît la grandeur
Et les plus belles choses. »

D’une plume exaltée, Emilie Lamotte essaie de capter la lumière et de sentir la nuit tout à la fois, de mettre les émotions au premier plan du monde et de la vie. À l’image de la musique qui fait vibrer son cœur, elle nous emporte dans une mélodie folle de visions poétiques intenses qui parlent à l’âme. Photographies d’instants, de sentiments, de nature et de beauté, ces poèmes font remuer quelque chose à l’intérieur, une émotion douce et forte qui tend les bras vers la lumière…

Boudoirs

« crois-tu qu’ils sauraient ?
s’ils regardaient
s’ils voyaient
– si je leur laissais voir
regarder
après tout ce sont des hommes
faibles
humains
eux
comme nous tous »

Tendres ou grinçants, délicats comme une caresse ou cinglants comme une gifle, les vers de ce recueil distillent une mélodie entêtante. Composés à l’adolescence, ils disent en mots susurrés la douleur et la beauté de vivre.

Poésie Rassemblée

« Son sourire,
Tous nos rires,
Tous nos souvenirs,
Rien n’aurait dû finir.
Elle était là,
Moi je ne suis plus là.»

À seulement dix-neuf ans, Yohan Papoin nous livre dans ce recueil tous les espoirs d’une adolescence meurtrie par l’absence d’une mère. À travers ces poèmes aux vers doux et empreints d’une désarmante simplicité, il dévoile ses douleurs et ses peines en les patinant parfois d’une teinte d’espoir, diluée dans ses envies d’ailleurs comme dans ce besoin d’amour qui ne quitte personne une fois qu’il l’étreint. Une ode à l’innocence trop vite envolée.

La beauté du spectacle

« Je t’écris du haut de ces années, qui m’ont fait découvrir la beauté des amours déçues, la douleur de la trahison, l’angoisse insupportable de l’attente et l’excitation des retrouvailles. Je t’écris en mémoire de ces rendez-vous volés, de ces silences, de ces regards suspendus. »

À travers ce recueil, Cyrielle Héronneau emmène le lecteur dans un voyage à la fois familier et toujours nouveau : celui du sentiment amoureux, de ses ressentis et ses contradictions, ses émotions et ses exaltations. Dans les mots qu’elle dessine avec sensibilité, elle nous fait traverser toutes ses formes avec une incroyable intensité.

Gouttes d’écriture

« Soudain une pensée,
Émotion passagère,
Un haïku naît… »

Parenthèse dans l’œuvre de Philippe Pauthonier, le haïku est à l’honneur dans ce sixième recueil poétique. Toujours entre absolue sincérité et espiègle douceur, il nous livre ses émotions par grappes de quelques mots. Des mots qui explorent avec tendresse ou mélancolie la beauté d’une nature toujours sauvagement parfaite, d’une chevelure au vent ou d’une étoile filante en plein été.

Désert Lointain

« Fébrile et apaisant
son cœur dans sa poitrine,
le jeune homme pensif,
dans les doux soirs d’été,
savoure sa douleur,
comme une aura divine,
et cache au soleil roux
ses amours exaltées. »

Dans ce second recueil, Patric Kerlann entonne une ode passionnée à la poésie. Une découverte qui a bouleversé son adolescence et qui l’a poursuivi sa vie durant. La poésie, il faut la lire et la relire, encore et encore, et pour fixer ses rêves et l’éprouver soi-même, il faut finir par l’écrire. À travers les thèmes de l’évasion, de la révolte et de la liberté, devenir un passeur d’ombres et de lumière et inviter le lecteur à faire un beau voyage jusqu’au tréfonds de son être.

Émotions en liberté

« Je préfère les allumeurs de réverbères
Aux businessmen sans frontières.
Ils ignorent la spéculation boursière
Et nous offrent un peu de lumière.

Nous retrouvons dans ce cinquième recueil empreint de douceur la plume sincère et tendre de Philippe Pauthonier. À travers ses vers, il nous fait goûter, sentir, voir la vie sous toutes ses facettes, tour à tour sombre et glorieuse, héroïque et contemplative. L’être humain est mis en avant dans ces pages, dans un arc-en-ciel d’attitudes qui nous renvoient à notre moi intime, éthéré et parfois à l’abandon.

La guerre des mots

« La mère de vagues lumières
Et le Sinaï regarde le mont Nébo
Sous le pas de nos frères tombés
Au champ des armes, ruisseau
Qui court le long des corps
Six jours pour compter le temps
D’une prière, d’un kaddish
Trois lendemains pour se dire Ismaïl
Nous sommes frères. »

Les autres, leur différence, leur ressemblance avec nous… Jamel Mouaouya plonge dans ses racines arabe et juive pour faire saillir le lien indéfectible entre deux communautés. En vers sensibles, il raconte le conflit, l’incompréhension et les instants de fusion.

Bloc-notes

« Il y avait le jour, et la nuit et le jour.
Un champ d’astéroïdes
Qui tournoyait à l’infini.
Il y avait le dit, et le non-dit,
Et ta fenêtre ouverte sur la mer,
À minuit. »

Écrits dans le silence de la nuit, les poèmes de Patric Kerlann nous invitent à un voyage en terre onirique. Nous entraînant sur un véritable chemin cathartique, l’auteur use de la magie de l’obscurité pour partager ses visions, ses joies et ses douleurs, ses espoirs et ses rancœurs. À travers les thèmes intemporels de l’amour, de l’enfance et de la mort, il nous dévoile un univers éthéré et sombre, mélancolique et puissant qui parle à toutes les âmes.

Le chant des Songes

« Dans les lycées dans les collèges
Sur les chevaux des grands manèges
Dans le sable et sur la neige
Il y a des tags »

Un poème acquiert une résonance toute particulière lorsqu’il est mis en musique. Entre créations originales et classiques revisités, Gérard Elleboode évoque l’âme de Paris et des Antilles et nous entraîne dans une ronde de mots à l’harmonie obsédante.

Sensualité féminine

« J’imagine la peau de tes lèvres,
Ton sourire de lâcher-prise,
Et tes barrières qui cèdent. »

Le désir est le cœur palpitant de ce recueil qui explore la sensualité. Partager avec l’autre, éperdument, corps et âme, sans frein, c’est se livrer avec sincérité aux rencontres amoureuses comme aux lecteurs. Durant ce voyage à la source de nos émotions, la caresse des mots et la douceur des lèvres aimées se confondent dans un même vertige.

Cœur fané

« C’est l’histoire d’un garçon
Ce garçon va vivre un passage important de sa vie
Son adolescence
Un passage éphémère mais important
Ce moment va définir la personne qu’il est
La personne qu’il sera
Ce moment va forger son existence »

La première personne qui fait battre notre cœur demeure inoubliable. Pour ce garçon, le souvenir de cette fille est teinté d’obscurité et de douleur, mais la lumière n’est pas loin, il suffit de savoir la trouver… Une idylle poétique qui traduit les transports des premiers émois, les affres de la dépression et, enfin, le tendre baume de la guérison.

Instant présent

« Assis sur le sable,
Je regarde l’horizon.
Une brise me caresse le visage.
L’odeur des embruns m’envahit.»

Authenticité, sincérité, douceur sont les maîtres mots de ce recueil jeté sur le papier en quelques heures. L’auteur livre au lecteur le fruit de ses observations, célébrant avec simplicité les petits et grands plaisirs de la vie. Un chuchotement souriant, qui nous suggère que le bonheur se trouve bien souvent sous les yeux de qui sait prendre le temps de regarder autour de lui.

Les mots de mer

Pour ne plus paraître
Paraître pour sa survie
Se dire que nous suivons
Toujours un être
Qui paraît puis disparaît

Mer, mère… Jamel Mouaouya joue des possibilités et jeux de mots offerts par ces deux vocables. « Les mots de mer » offre la palette rafraîchissante d’un poète qui trouve en chaque regard, chaque objet, chaque rayon de lumière une source d’émerveillement et d’inspiration.