« Les pouvoirs autoritaires, et à bien des égards réactionnaires, ne sont plus l’apanage des pays du Sud. Ils s’infiltrent avec une régularité de métronome dans l’ensemble des États occidentaux, tous continents confondus. Et ils sont portés par une puissante vague populaire. L’Occident n’est assurément plus la chasse gardée des calmes démocraties consensuelles »
La montée des pouvoirs autoritaires en Occident ne relève ni de l’accident ni de la fatalité. Elle s’inscrit dans une crise démocratique profonde, nourrie par le sentiment de dépossession politique éprouvé par des peuples qui ne se reconnaissent plus dans leurs représentants. Loin des réalités sociales, les élites dirigeantes apparaissent comme technocratiques, indifférentes aux préoccupations quotidiennes, alimentant un sentiment de déclassement et d’impuissance.
Ce malaise est le lit favorable des discours d’autorité et de repli. Les peurs contemporaines – de l’autre, du déclin, du désordre ou du progrès scientifique – y sont mobilisées pour légitimer des projets fondés sur la force, le nationalisme et la remise en cause de l’État de droit. Dans un contexte de pauvreté idéologique, la demande de participation démocratique se mue en aspiration aveugle à l’ordre, fragilisant les assises collectives de l’après-guerre. En analysant les mécanismes à l’œuvre, cet essai interroge la capacité de la démocratie à se réinventer face aux tentations autoritaires et aux angoisses qui la traversent.
Auteur par ailleurs de romans, de biographies et de pièces de théâtre, Christophe Agogué cultive, dans le genre de l’essai, un intérêt constant pour la chose publique et les concepts philosophiques. Ce nouvel ouvrage prolonge cette exigence critique, en proposant des clés de compréhension aux dérives politiques contemporaines.
L'État de droit se fissure, assailli par la tentation populiste et réactionnaire. Dans cet essai aussi limpide qu'éclairant, Christophe Agogué met en relief les peurs qui président à cette avancée du conservatisme de masse.