Thème : Poésie

La Nature par la plume

« Le vert des arbres
Dans son émeraude robe
Mille nuances aux marbres
Dansent dans le vent »

Après « Échappatoires », Stefan Dahlqvist revient avec un nouveau recueil de poèmes qui explore les secrets du monde et de l’humain. En suivant ses mots, nous partons à la découverte de la Nature à travers des voyages, intérieurs ou non. Nous touchons du doigt les étoiles, l’Amour et nous nous exposons à la troublante crudité des émotions humaines, qui savent aussi quelquefois se faire caresses…
Créer une unité par le langage, mettre en résonance nos pensées et notre univers, Stefan Dahlqvist entrouvre la porte de ce précieux rêve. Il y distille les charmes d’une langue intensément musicale.

Recto Verso

« Demain quand le soleil se lèvera
Et qu’auprès de toi tu chercheras une poitrine pour poser ta tête
Pense à moi ! »

Recto, les poèmes de l’adolescence, Verso, ceux de l’âge adulte. Deux parties qui se répondent, comme les voix chorales d’un même chant. L’amour et la beauté face à un quotidien éprouvant : le combat contre l’autisme, le chagrin du veuvage… C’est tout cela qu’évoque ce recueil en mots pudiques.

Langages Impossibles

« Aux chemins des souvenirs à fleur de rêve
Bordés de murs vils en pierres taciturnes
Personne n’accompagne sous la lune éphémère
Les errances passées qu’un rien exhume »

Contemplatifs et ouverts sur l’autre, intimistes et offerts avec largesse, les poèmes de ce recueil conjuguent le mot « émotion » à tous les temps et à tous les modes. Des détours dans les rues de Lisbonne aux affres de l’amour perdu, « Langages Impossibles » est une ville en soi, avec ses venelles secrètes, ses artères fréquentées et ses lieux infiniment chéris.

Rendez-vous

« Mes rendez-vous avec toi
Manquent cruellement de toi.
Et ces jours-là, je suis seul… même accompagné.
Toi, tu n’es plus là pour m’embrasser. »

Hervé Costard est entré en écriture après le décès de son fils aîné. Un stylo thérapeutique, un acte d’évidence. Les premières strophes sont venues d’elles-mêmes et la poésie s’est installée dans le quotidien, comme un moyen d’exprimer les émotions à travers le chant des rimes. Un point commun à ces textes : vous faire ressentir. Vous faire vibrer. Bienvenue dans l’expérience de ces mots simples et décomplexés, qui parlent au cœur sans ambages.

Il suffit d’aimer

« Il suffit d’aimer tous ceux qui nous entourent,
De n’avoir comme slogan et règle de vie
Que protéger les siens des chocs de l’existence,
Leur offrir la joie de combler leurs envies.

Que les milliards d’humains, de l’enfant au vieillard,
Aient ce doux mot « aimer » gravé au fond du cœur ;
Il suffirait d’aimer, il n’est jamais trop tard,
Telle est l’arme indomptable pour vaincre le malheur. »

Dans ce second recueil, la sensibilité de l’auteur est exacerbée à travers des poèmes miroirs, reflets des émotions, des élans de douceur ou de joie, de colère ou de révolte. André Suissa met à nu, en ces vers, ses pensées, tout en amour et en métaphores, en les patinant de mélodie grâce aux rimes embellies.

Azurs

« Mes filles ciel bleu étoilé
Deux arcs-en-ciel sur la Voie lactée
Soudure à l’arc dans l’espace projeté
Deux sourires pour l’éternité.

Pour ces deux esquifs légers à la voile fine
Qu’un Dieu généreux toujours illumine,
Les phares du port abrité
Resteront toujours allumés. »

Les souvenirs sont l’empreinte laissée par nos relations, nos vertiges, nos joies et nos peurs dans la trame de notre histoire. Ceux de l’auteur sont aussi les nôtres, au détour d’un croisement du destin, parfois, vecteur d’émotions douces ou intenses. Un lien qui s’entrelace, se noue ou se déchire, célébré par les vers dans ce recueil à la sensibilité émaillée de lumière tendre. Jean-Marc Mazy soulève le voile de ce qui entrave notre regard, mettant au jour nos sentiments d’une plume aussi singulière que précise.

Murmures du soir – Volume I

« Je voudrais tant te dire combien de fois je t’aime,
Pas comme les oiseaux aiment le ciel,
Pas comme les poissons aiment la mer,
Pas comme le sol asséché aime les gouttes d’eau »

Qu’est-ce qu’écrire des vers si ce n’est partager l’amour qu’on a en soi ? Grâce à sa poésie, Ozen B. Tatiana touche directement au cœur ses lecteurs. Ses écrits ne sont ni simples, ni linéaires et c’est bien là que réside toute la beauté de la littérature.

Je marche d’un pas qui se veut désillusionné

Elle s’évanouit dans l’ombre,
Du silence.
Se perdant à jamais dans de sombres,
Réminiscences.

À l’idée de lui plaire,
Je crois qu’il faudra s’y faire,
Je m’ébauche en ce que je ne suis pas.

Série de poèmes dénudés, aux vers et à la prosodie étincelante, ce recueil est un voyage intérieur et une porte ouverte sur l’existence. Une suite de mots aux allures de Haïku, ces courts poèmes japonais dont l’homme mourant se saisissait pour laisser un dernier sentiment face à la vie.

Au fil des pages, le poète dévoile ainsi un murmure, une histoire, un parfum. Il transmet une parole humble et pourtant hardie, nous laissant presque trop conscients des choses. Un ensemble synthétisant un vécu authentique et profondément sincère.

Des Poèmes pour Chaque Saison

Dans la furie du temps, le tourbillon sans cesse,
Des fausses priorités, de l’émoi, des promesses,
Des esprits tourmentés, fourbus par la vitesse,
Obsédés par l’Avoir, brisés par la tristesse,

L’ennui s’est répandu comme la poudre à canon,
Le malheur est partout, il hante les maisons,
Il explose et jaillit, il casse et il détruit,
Les espoirs et les rêves et le goût de la vie.

Ce recueil est l’expression des découvertes, des expériences et des engagements de l’auteur. Ces poèmes sont réunis au fil des saisons pour marquer leur caractère temporel et éphémère correspondant aux 52 semaines de l’année. Ils ont chacun leur histoire, leur couleur et leur musicalité propre.

D’une construction classique, ces vers nous invitent à redécouvrir nos sentiments, le moment présent et la beauté de la nature avec une tonalité toute contemporaine. Un appel à nos cinq sens et un certain parfum d’enfance.

Vivre ensemble

Le jeu est de suivre le fil de ma pensée
Ma prise de recul, assez distante ou pas
Ça permet d’évoquer une réalité
Pour anticiper, peut-être même au-delà.

Manifeste philosophique et poétique, ce recueil met en évidence la complexité de l’esprit humain et son organisation. Rudimentaire, l’homme est souvent l’auteur d’une communication violente établie sur un rapport de force. Conflit d’ego ? Individualisme exacerbé ? Peur irrationnelle ? Le poète dépasse l’affirmation et dépose au fil des pages les conciliations nécessaires en vue d’une vie épanouie.

Regard sur la société

Afin de pouvoir vivre en toute sérénité,
Il ne faut pas garder les yeux sur le passé,
Savoir se souvenir des merveilleux instants,
Et bannir à jamais les douloureux moments.

En révélant son regard sur la société, Jean-Marc Dubois déverse toute la profondeur de son âme au cœur des pages de ce recueil. Fruit d’une longue introspection, poussée aux confins de son être, ses poèmes portent ainsi sa vision sensible.

Doux, intimes, les mots s’assemblent, les rimes se croisent et les vers dévoilent des émotions sincères. Parfois naïfs, toujours engagés, ses tableaux poétiques nous donnent à voir les multiples facettes de sa créativité.

souffrir d’amour

je sens encore
ton empreinte
sur ma peau
ton odeur est la mienne
se sont-elles unies
ou est-ce mon odeur
qui a changé
lorsqu’elle a rencontré
la tienne

Lorsque les sons se raréfient et que la gorge reste nouée, la plume devient alors la voix de l’artiste. Délivré avec effervescence, souffrir d’amour est un recueil de poèmes mélancoliques traduisant les émotions d’une femme dont l’éloquence séduit in extenso.

C’est avec une diversité de rythme et une construction originale qu’Énaïro Ballden offre ainsi une musicalité à son œuvre. Elle décrit la violence des sentiments liés à l’attachement amoureux, nous entraînant dans un tourment sensible inexplicable.

Pensé comme un cri du cœur, ce recueil est une façon d’offrir un réconfort précieux à ses semblables, face aux états d’âmes qui bouleversent les épisodes d’une vie.

Passage

L’eau, la lumière, le souffle du vent
Sont passeurs de la vie.
L’art, la parole, le regard
Sont passeurs des hommes.
Ils disent ainsi
L’horreur et la beauté du monde.

Toujours à l’écoute de la beauté, encore trop souvent de l’horreur, Michel Roux laisse son âme s’imprégner de ce monde contrasté. Du ressenti à la réalité, le bonheur apparaît puis s’éloigne entre deux vers déliés. Le fil conducteur suit la voie de la raison et rejoint subtilement celle du cœur.

Ce recueil porte ainsi la vision sincère du poète. Rares, délicats, intimes, les mots s’assemblent pour finalement révéler un homme désireux de dire ses sentiments.

Au travers de ses vers, Michel Roux expose sa sensibilité sans effet de style ni faux semblant et ses mots, comme des notes, composent une partition harmonieuse. Il nous offre ainsi sa musique de la vie.

Mémoires Transhumantes et conversations avec Douglas

Quand j’entre chez toi,
je m’assois souvent face à un tableau ;
on y voit la mer et un bateau qui chavire
au milieu d’une forte tempête.
La lumière qui glisse sur l’eau allumant les ténèbres,
est plus attrayante que le noir de l’effroi.
Elle est la survivante,
elle est la vie (…)

Dans ce recueil, chaque poème passe du présent au passé, d’une ville à un lieu, d’un sentiment à un état. Les poètes se déplacent avec une pléiade de souvenirs, jouant entre nostalgie et conscience de la réalité, nous emportant dans un dialogue poétique délicat. C’est leur mémoire transhumante…

Ainsi, chaque mouvement est une musique, chaque vers, un tableau, chaque paragraphe, un film… Leurs paroles deviennent continuellement images et sons, et s’envolent pour composer un chant à deux voix aux correspondances secrètes du souffle de vie.

Une rythmique qui mène à ressentir des pièces d’humeur, des instantanés photographiques de la vie quotidienne, des concentrés d’énergies contradictoires et d’émotions multiples. Une poésie prête à surfer sur les larmes d’autrui, sur les siennes propres, les pieds noyés, la tête bourdonnante de dentelle.

Sept jours de réflexion

« Semaine n° 1
Le miroir ne reflète pas la réalité, mais parfois il te fait comprendre la vie. »

Coucher sur le papier ses états d’âme, c’est prendre le temps d’aller à la rencontre de soi. Armée d’une feuille, d’un crayon et de son esprit, Amandine Petit se prête à l’exercice de l’introspection pour en extraire ses propres maximes. Sa façon singulière de grandir, mûrir ou peut-être de s’approprier son existence…

Ainsi, ce recueil effeuille le rythme de la vie et révèle que l’écriture de soi jaillit d’une nécessité de trouver les traces de l’intime dans l’idée de faire passer des messages. Trouver un écho n’est pas la question, mais simplement une façon de dévoiler ses failles, anciennes traces du passé, pour démontrer qu’on s’en est finalement relevé.

Pensées pansées

L’écriture d’Annabelle Ducret est fluide, directe, sans détour. La jeune autrice possède un don à décrire des émotions fortes qui, si elles sont réelles, ont l’air d’avoir joué un rôle dans sa destinée.

« Une femme est la plus authentique quand elle ressemble le plus à ce qu’elle a elle-même rêvé d’être »

Rendez-vous !

C’est pour l’argent qu’ils ont vendu leur détresse
Pour lui qu’ils ont détroussé la tendresse
C’est à l’envie qu’ils ont mordu la chair
Et déchiré leur serment sur des airs importuns

Chacun fait de sa vie une poursuite de poésie. Car la poésie est un rêve, un idéal, une peinture qui s’impose à l’esprit par sa force créatrice. Comme le disait Louis Aragon : «C’est à la poésie que tend l’homme. Il n’y a de connaissance que du particulier. Il n’y a de poésie que du concret.» Certains la vivent, d’autres la composent.

Ainsi, Gérard Battaglia se saisit des mots, de leurs jeux, de leurs rythmes afin de prendre acte de son passé. Une façon délicate de circonscrire le sujet pour mieux envisager l’avenir. Une vision sensée révélant une plume incandescente, inspirée par un esprit des plus clairvoyants.

Violence des petits riens

L’émoi se noie au détriment des innocents
Musique de couleurs, spectacle vivant ;
La dinde s’est invitée à Noël, les dindons, c’est nous,
farcis allègrement.
Tu veux du sens, de la culture, mais les cheminots
de l’ignorance
Ont pour itinéraire les cimetières de la connaissance.

Dans un ensemble audacieux et singulier, Jérémie Muller explore avec adresse les afflictions ravageant son monde. Politique, amoureuse, métaphysique ou sociale, chacune des épreuves traduites renferme une vérité violente, exprimée en une prose sensible dont on parvient à discerner quelques alexandrins résistants. Une opposition séduisante qui révèle un style authentique.

Ainsi, sa langue tendre et acerbe se soulage en associant une préciosité surannée à un langage ordurier, et nous dévoile un tout profondément humain.

À la volée… une éternité

Édji wélé wélé
Et je voudrais encore nous voir danser sous les gouttes de pluie Tant attendues depuis des jours, rire aux éclats du bruit du tonnerre Tout en sursautant de peur, enfance, ignorance pourtant sagesse

Édji wélé wélé
Retourne aux belles années des cheveux mouillés par l’eau Tombe sur ma terre, irrigue-la de nouveauté et de grâce
Perce le mystère de la douceur aux allures princières
(…)

Édji dja !

Ce recueil composé de trente-huit poèmes vous conduit au fil des pages comme une clepsydre compte le temps qui file. Pas de point à l’endroit ni de point à l’envers, tout est cousu sans faufil. La liberté des vers que l’on prend plaisir à lire à haute voix vient à souligner la cadence des strophes où le lecteur se plonge d’un seul souffle, sans ponctuation.

Les mots coulent en rythme comme s’ils étaient ces grains de sable lancés à la volée, que la main ne peut retenir. Ce recueil célèbre la Vie avec toutes ses couleurs, et les strophes s’enchaînent comme la respiration d’un cœur bien animé. (…) Non dénuée d’humour, l’auteur a des éclats de rébellion, tant face aux drames de la vie que face au temps qui, inexorablement, efface les traces des pas dans la boue rouge. Sa poésie est alors oiseau (…)

Au fil des jours…

Le cafetier s’affaire derrière son comptoir,
Quelques consommateurs, ivrognes d’un soir,
Échangent des propos bien péremptoires,
Accoudés au bar, leur sinistre abreuvoir.
Ils refont le monde d’une façon improvisée,
Au fil des tournées sans jamais s’en lasser ;
Ont la solution à tous les maux de la terre,
Incapables de voir leur propre misère…

Emporté par ses émotions, Philippe Pauthonier reprend sa plume impulsive et déverse la pureté de ses passions et réflexions. À la façon d’un journal intime, ce recueil, très éclectique, articule des poèmes d’autodérision, des interrogations ontologiques ou encore des raisonnements face à l’actualité.

Avec la même singularité passionnante que révélait son premier ouvrage, ce second recueil est à l’image d’un arc-en-ciel, fruit du soleil et de la pluie, et propose une large palette de couleurs. Sans aucune contrainte de style ou de règles, l’auteur se livre au seul plaisir d’écrire, porté par sa liberté de ton et son désir de partager ses sensations.