Thème : Poésie

Le dernier des dieux

« Moi, le dernier de tous les dieux,
Je contemple, du haut des cieux, tes nouveaux dieux
À visage humain, qui agréent le sacrifice
De leurs corps, pour se distinguer sur leur planète,
Et émerveiller le frivole genre humain
Par des exploits qui se gravent dans son esprit. »

Poème métaphysique, « Le dernier des dieux » est décliné en soixante-quatorze sextines, une forme poétique ancienne et exigeante.
À travers un dialogue entre l’humanité et un dieu sur le point de disparaître, le recueil interroge le sens de l’existence, la liberté, le plaisir et la société. Le poème questionne la place du divin, la conscience humaine et notre destinée future, tout en célébrant la force et les contradictions de nos semblables. Une œuvre dense, accessible, qui invite à la réflexion et à la méditation.

Clairs-obscurs de mes soleils mouillés

« Je cultive les essences de notre jardin
Comme je loue notre amour sur mes parchemins.
Mes écrits s’envolent pour ravir ton cœur
Tels les effluves de nos parterres de fleurs.

J’entretiens les rosiers de notre charmille,
Comme l’artisan potier pétrit l’argile,
Et notre tonnelle se métamorphose,
Se pare d’une myriade de roses. »

Philippe Pauthonier présente ce onzième recueil, tout de douceur et de sincérité. Jonglant de la poésie classique au vers libre, du pamphlet au sonnet, l’auteur célèbre la fraternité, le romantisme et la spiritualité. Il décrit la réalité du monde et la marche implacable du temps à travers l’œil du poète, avec mélancolie, nostalgie… mais aussi avec espoir.

Chants pour rien et de nulle part

« Et nous sommes sur le damier
Puisque rien n’arrête la fourche.
Les fourmis sortent par la bouche
et que m’importe d’y tomber. »

Derrière ces vers et leur musique lancinante et énigmatique, affluent la prière, la plainte, l’imprécation, la nostalgie et la peur, le jeu des destinées et leur menace…

Ne te fie pas aux heures grises
la destinée s’y tient parfois
En la promesse une traîtrise
la sangle est cachée dans le choix.

Et ce qui vient sourdre aussi au cœur des mots, comme une incantation, et que le poète peut à peine dire, tant lui paraît étrange la gageure d’exister.

Premiers émois

« Car oui, il me semble que je
N’ai jamais pu aimer que toi,
Discrètement, ton amitié,
Si grande soit-elle, m’allait…»

Les premières fois possèdent leur propre saveur, celle de l’inédit mais aussi de l’interdit. Elles marquent durablement de leur empreinte nos pensées et nos soupirs. Ce recueil tout en délicatesse dit les émois, les regards échangés, les amitiés à la vie à la mort. Tout ce qui fait la singularité du temps de l’adolescence.

Sinon rien

« L’autre jour
comme si de rien n’était
le soleil s’est levé normalement
les morts sont restés morts
les vivants comme chaque jour au carré du cercle
Moi aussi j’ai enterré mes derniers espoirs cachés. »

L’amour est le cœur de tous les rêves. Il guide nos existences, les condamne à l’errance ou leur procure la satisfaction espérée. En vers aussi aigus que des cris, l’auteur détaille chaque facette de ce sentiment ambivalent, cruellement humain.

De troublantes émotions enlacent nos âmes

« Découdre le surfil des souvenirs
au fil de la peau, au fil des os
et laisser parfois l’éclat d’un sanglot
comme un battement d’aorte s’épandre
parmi les ombres d’antiques remords
prouver l’impossible retour »

Dans ses vers imprégnés de poésie classique, Jean Hladik explore l’Univers allant du grandiose au minuscule, du big-bang au coup de foudre. Une plume musicale qui sait se glisser dans les cœurs pour les faire battre et dans les esprits pour les faire avancer.
 

Au vent de mes neurones

« Dans l’imprimerie de ma mémoire
Toi secrétaire du Sacré-Cœur
Dansant sur la nation que j’ai choisie »

Filent les souvenirs, les tourments et les amours. Dans leur sillage, ils laissent des mots épars que le poète recueille et sertit en rimes. Exercice de joaillerie mâtiné de tendresse, l’écriture de ce recueil est un doux hommage à ce qui fut.
Jamel Mouaouya jongle avec les mots, les enchâsse, les taille, fait de la pierre brut un diamant rutilant.

Sentiments et réflexions

« La vie, ce petit espace temporel entre la naissance et la mort
La vie, ce temps que je veux sans remords
La vie, si belle en vérité, je vous le dis
La vie, pleinement, amoureusement et sans retenue, je la vis »

Dans ce recueil, l’auteur a réuni cinquante textes, cinquante concentrés de réflexions douces et tendres, acides et critiques. Un jeu de mots sur les mots pour traduire l’essence des émotions, des sentiments et les transcender à travers la poésie. On y croisera le chemin de l’amour, évidemment, on fera signe aux heures qui passent et on se repaîtra de nature, du rêve et puis des autres en prenant le temps de vivre.

μάνα (mère)

« Remonter tendrement comme une brise estivale
Ta caresse sur ma figure d’enfant
Pour reconstituer ton visage
Emprunter ton regard
Pour reconquérir mon enfance »

Aki Roukas a toujours eu à cœur de laisser une trace de sa mère, ces doux souvenirs d’enfance qu’il lui attache. Dans «μάνα », il a réuni toutes les pièces d’un puzzle fait d’émotion et de respect pour rendre un hommage retentissant à cette femme courageuse, simple, et pourtant extraordinaire. Un témoignage d’amour sincère et indélébile pour que la figure aimée échappe aux griffes de l’oubli. Pour que les mères du monde entier qui enfantent toujours dans la douleur selon la volonté du créateur, soient réhabilitées dans la joie et l’amour de leurs propres créations.

Pérégrinations

« Quand vient le dimanche la lune se mange pastille d’anis
Le lendemain soir un grand drapé noir libère un onyx
Mardi en vigile sa ligne gracile s’embrume en malice »

Dans ses « Pérégrinations », l’auteur révèle le déroulement d’une existence en quête de sens. Enseignant dans la vie, poète chansonnier dans le cœur, Jean-Guy Desrochers a voyagé aux quatre coins de la Terre, recueillant la beauté, l’ordinaire et le singulier, et les a soigneusement apprêtés sous forme de couplets. Une autobiographie poétique empreinte d’évasion et dans laquelle l’amour est roi.

Dans le jardin de ma mélancolie

« De mon oisiveté germent mes écritures,
Mon esprit vagabonde au bout de l’Univers,
J’avance à petits pas, je sème mes ratures,
Et, sur mes feuillets blancs, s’épanouissent mes vers. »

Sonnets, pantoums, vers libres… L’auteur marie avec brio toutes les formes poétiques dans sa quête du terme qui saura exactement exprimer une émotion. Un rythme précis traverse toute l’œuvre de Philippe Pauthonier, toujours plus juste et plus exigeant.
Le cœur entre deux pays, la France et la Pologne, la passion des mots alliée à la rigueur scientifique, Philippe Pauthonier livre au fil des ans une œuvre poétique aussi singulière qu’attachante. Ses poèmes sont régulièrement récompensés en concours de poésie et ses recueils ont été primés à plusieurs reprises.

Poèmes d’un jour

« Images et nerfs sont de trop
Imaginaire nous dépasse
Imaginaire prend toute sa place
Ne laissant à nos nerfs
Que d’ultimes fragments »

Nicolas Guyot marche tel un funambule solitaire sur le fil entre le conscient et l’inconscient. Il nous emmène dans les contrées de l’imaginaire qui donnent naissance aux mots et, sans filet, les fait jongler dans le vide avec adresse. On explorera la noirceur de l’âme humaine mais aussi sa lumière, entre des lignes espiègles et des vers exaltés.

Fragments des deux rives

« Devant eux, flots rugissants
Vents puissants
Regards hagards
Visages blafards
Partir, effacer le passé »

Derrière ses vers sincères et délicatement ajourés, l’auteur expose les vicissitudes du monde moderne. Franchement engagé, toujours honnête, ce recueil offre un panorama de ces poussées de fièvre sociétales, pétries de liberté, de tonitruance, de malaises, de luttes inlassables et d’espoir.

Jus de tête

« Si tu étais
Tu ne seras plus
Mais si tu fus
Je serai
Alors, reste celui que tu es
Car à jamais
Je resterai
Ce que tu étais. »

Entre aventures de petites souris espiègles, facétieuses sentences sur la vie, exploration du péché de gourmandise ou encore danses sur des rimes musicales pour le bonheur du mot, Julien Bonnamy nous entraîne dans un univers dense, coloré et hétéroclite. Atteint d’une maladie qui l’immobilise, il trouve fascination dans tout ce qui l’entoure, jusqu’à l’humble faucheux qui court, et partage avec ferveur son imaginaire doux amer.

L’Empire de papier

« Et quand vous me répétez des merci dorés car mes mots vous ont décroché une larme, un soulagement ou un battement de cœur un peu plus envolé, c’est là que je me rappelle pourquoi mes lignes s’entassent sans cesser. C’est pourquoi mes mots s’enlacent sans casser. C’est un merci que je vous adresse encore, un merci qu’à jamais je vous adresserai.
Car sachez que si moi je vous aide un peu, vous, vous me sauvez. »

À travers ses tempêtes intimes mises en mots, Solène Verhoeven revisite son histoire. De ces pages surgissent l’espoir et l’idée qu’un avenir est tout simplement envisageable.
Du haut de ses 21 ans, Solène Verhoeven a vu l’obscurité, le foudroiement de l’âme atteinte de désespoir. Les mots sont devenus boussole et compas, la plume l’ancre qui rattache à la vie. Lorsque le cœur est dévasté, la beauté ne peut être trouvée que dans le plus immédiat : la lumière de la Lune et les fleurs du jardin.
Solène Verhoeven est également l’autrice d’« Étoiles et Toi » et « L’âme erre au bord des yeux » (Éditions du Panthéon, 2019 et 2021).

Nature et Humanité – Essai poétique

« Frisson imperceptible de l’eau calme
Un moment de détente
Se laisser bercer
Libéré de toutes pensées
Beauté des couleurs de la mer »

Au fil des pages sont semés des souvenirs, comme un tapis de fleurs fraîches qu’on aime à respirer. Véritable ode à la nature dans son essence la plus pure, la célébrant comme l’écrin de toute vie, « Nature et Humanité » nous emmène dans les espoirs secrets et les rêves doux de Christiane Cassagnes-Zicaro. Des rêves à partager en buvant des yeux un paysage tendre qu’on œuvre à préserver, dans le cœur comme dans la vie.
Recueillir précieusement ces instants magiques qui font le sel de notre existence, Christiane Cassagnes-Zicaro excelle à cette collecte des émotions et des sensations que sa plume magnifie. Artiste-peintre, elle illustre son recueil de ses créations.
Elle est l’auteure d’« Enfer et paradis » et « L’homme providentiel », également parus aux Éditions du Panthéon.

Les émotionnelles apnées

« La beauté vraie des solitudes,
celle des espaces infinis,
ces territoires de silence pur
gagnés de vertiges reconstruits. »

Dans « Les émotionnelles apnées », Timothy Hagelstein nous offre ses pensées, tour à tour lumineuses et torturées. À travers ces poèmes et textes en prose, dépouillés et intenses, il part à la recherche de la Beauté et de la Mélancolie, de la Colère et de l’Amour. Il les veut sans artifices, sans parures. Bruts et sans armure.
Timothy Hagelstein vit dans le sud de la France. Auteur-compositeur-interprète de nombreux succès, en particulier en Belgique et au Portugal, il est également peintre et poète. Il allie à la fulgurance poétique une rythmique caractéristique, captivante et sincère.

Le buvard de mes mots trop bavards

« Cette route inédite est en réalité une étape de mon futur,
Et j’ai sauté à pieds joints dans cette nouvelle aventure.
Maintenant, c’est en regardant droit devant que j’avance,
Et le regard des autres, franchement, je m’en balance. »

Dans ce nouvel opus, Elise Boyer porte à la fois un regard tendre et intime sur ses proches, et un regard frais, neuf, sur la société contemporaine. Elle s’arme de mots sincères pour décrire le quotidien, les émotions ordinaires qui ne le sont jamais vraiment tout à fait. À travers la poésie, elle nous fait découvrir son refuge et nous laisse nous y blottir, le temps d’un vers, d’une rime, d’un son.

Nous Saurons Retenir Le Matin

« Ton amour a annoncé la plus veloutée de mes douleurs.
Tu sais, l’arborescente peur qui parfume nos heures de vanille, de menthe et de terreur.
Celle qui dénude les saisons de leurs couleurs. »

En abordant ces vers délicats, c’est un premier amour que l’on devine, une passion, mais une passion destructrice qui entraînera des peurs peut-être irréversibles après les premiers émois si attendrissants. Toutefois, les mots sont si doux, si désarmants, que malgré la tristesse qui s’en dégage, le lecteur s’y accroche et les déguste tout au long de l’ouvrage.

Rosée

« Quel temps est celui
Où l’on s’interdit de pleurer
Nos cœurs perdus !
Quel temps est celui
Où l’on ferme les yeux
Sur ta beauté !
Tu me manques, ma rosée… »

Dans ce recueil poignant et empreint d’une infinie tendresse, Ibtissem Khalfallah chante une ode à son enfant perdu. Un rêve d’être humain qui s’est figé dans ses contours et auquel elle a souhaité donner corps, dans les mots, dans les vers, où elle fait se croiser l’amour pur et le deuil. Une plume sensible, le sourire qui tremble aux lèvres en couchant tout sur le papier : c’est un cadeau intime que l’autrice nous fait.