Thème : Poésie

Des roses au crépuscule

« Tout crépuscule appelle une aube…
Que nous le voulions ou non, il y a toujours
un lendemain, des heures à vivre, à survivre.
Rien ne s’éteint jamais au crépuscule
qui ne se rallume pas à l’aube. »

Dans ce recueil à la prosodie désarmante de tendresse, Marie-Suzel Tabard rend hommage à la vieillesse, ce crépuscule de la vie qui demeure, malgré tout, la vie. Promenons-nous à pas lents le long de cette galerie de portraits touchants, beaux, fragiles et intenses. Des moments photographiés proches de la fin, ces moments où l’on se souvient, où l’on chérit son propre souffle… la voix basse mais les yeux pétillants, avec pudeur et élégance.

Entrepôt à vers

« Tu sais comment m’éprendr(e),
Mais j(e) sais qu(e) je peux t(e) reprendr(e) ;
Va t(e) lever ou dormir,
Je sais qu(e) tu crains d(e) moisir.
J(e) m’ennui(e) quand tu r(e)viens là
Et n’import(e) quand t(e) voilà ;
C’est pourtant rassurant
Et aussi exaltant ! »

Avant toute chose, les poèmes d’Alex Blagorodnyy sont intérieurs. Profonds, intenses, lapidaires, ils nous ramènent à nos ressentis, nos émotions, nos substances. Ce que l’on veut, ce que l’on aime. Ce qui fait que nos vies sont ce qu’elles sont, à travers nous ou à cause de nous. Dans cet entrepôt à vers, il fait résonner sa voix sur les murs de papier, s’adressant à lui ou à nous, à elle ou à vous, mais toujours avec la plus désarmante sincérité.

Les émotionnelles apnées

« La beauté vraie des solitudes,
celle des espaces infinis,
ces territoires de silence pur
gagnés de vertiges reconstruits. »

Dans « Les émotionnelles apnées », Timothy Hagelstein nous offre ses pensées, tour à tour lumineuses et torturées. À travers ces poèmes et textes en prose, dépouillés et intenses, il part à la recherche de la Beauté et de la Mélancolie, de la Colère et de l’Amour. Il les veut sans artifices, sans parures. Bruts et sans armure.
Timothy Hagelstein vit dans le sud de la France. Auteur-compositeur-interprète de nombreux succès, en particulier en Belgique et au Portugal, il est également peintre et poète. Il allie à la fulgurance poétique une rythmique caractéristique, captivante et sincère.

Le buvard de mes mots trop bavards

« Cette route inédite est en réalité une étape de mon futur,
Et j’ai sauté à pieds joints dans cette nouvelle aventure.
Maintenant, c’est en regardant droit devant que j’avance,
Et le regard des autres, franchement, je m’en balance. »

Dans ce nouvel opus, Elise Boyer porte à la fois un regard tendre et intime sur ses proches, et un regard frais, neuf, sur la société contemporaine. Elle s’arme de mots sincères pour décrire le quotidien, les émotions ordinaires qui ne le sont jamais vraiment tout à fait. À travers la poésie, elle nous fait découvrir son refuge et nous laisse nous y blottir, le temps d’un vers, d’une rime, d’un son.

À défaut de cannabis…

« Les mots de ta gorge – guitare mélodique – ont doucement jailli, merveilleuse musique. J’ai été saisie, pétrifiée, anesthésiée un instant non par la peur, mais par l’étonnement.
Tu sais, j’ai prononcé ces mots-là si souvent que, profondément émue, je suis restée sans voix pour la première fois. »

Entre les vers de Karin Pohlmann, tour à tour oscillant entre la langue de Molière et celle de Shakespeare, se dévoilent avec langueur ses années d’étudiante passées aux États-Unis, un joint entre les deux coins du sourire. Sa prose nostalgique nous emmène au fil de ses voyages et des rencontres qui les ont parsemés… à défaut de cannabis.

Nous Saurons Retenir Le Matin

« Ton amour a annoncé la plus veloutée de mes douleurs.
Tu sais, l’arborescente peur qui parfume nos heures de vanille, de menthe et de terreur.
Celle qui dénude les saisons de leurs couleurs. »

En abordant ces vers délicats, c’est un premier amour que l’on devine, une passion, mais une passion destructrice qui entraînera des peurs peut-être irréversibles après les premiers émois si attendrissants. Toutefois, les mots sont si doux, si désarmants, que malgré la tristesse qui s’en dégage, le lecteur s’y accroche et les déguste tout au long de l’ouvrage.

Rosée

« Quel temps est celui
Où l’on s’interdit de pleurer
Nos cœurs perdus !
Quel temps est celui
Où l’on ferme les yeux
Sur ta beauté !
Tu me manques, ma rosée… »

Dans ce recueil poignant et empreint d’une infinie tendresse, Ibtissem Khalfallah chante une ode à son enfant perdu. Un rêve d’être humain qui s’est figé dans ses contours et auquel elle a souhaité donner corps, dans les mots, dans les vers, où elle fait se croiser l’amour pur et le deuil. Une plume sensible, le sourire qui tremble aux lèvres en couchant tout sur le papier : c’est un cadeau intime que l’autrice nous fait.

La Nature par la plume

« Le vert des arbres
Dans son émeraude robe
Mille nuances aux marbres
Dansent dans le vent »

Après « Échappatoires », Stefan Dahlqvist revient avec un nouveau recueil de poèmes qui explore les secrets du monde et de l’humain. En suivant ses mots, nous partons à la découverte de la Nature à travers des voyages, intérieurs ou non. Nous touchons du doigt les étoiles, l’Amour et nous nous exposons à la troublante crudité des émotions humaines, qui savent aussi quelquefois se faire caresses…
Créer une unité par le langage, mettre en résonance nos pensées et notre univers, Stefan Dahlqvist entrouvre la porte de ce précieux rêve. Il y distille les charmes d’une langue intensément musicale.

L’artiste et le scribe

« Sois mon ciel et sois mon soleil,
Nourris mon corps, nourris mon âme !
Sois mon ciel et sois mon soleil,
Que germe la vie, dans mon ventre chaud. »

Dans cet ouvrage poétique et protéiforme, Jean-Jacques Maurice livre son interprétation toute en nuances de l’œuvre graphique de l’artiste Jean Laniau. Sous sa plume, les photographies, esquisses ou aquarelles deviennent mots, vers, histoires, poèmes et haïkus. Rencontrés dans l’intimité qui s’ouvre à la sensualité, les images et les mots se font chant pour les caresses de la nuit, lorsque les souffles se mêlent.

Recto Verso

« Demain quand le soleil se lèvera
Et qu’auprès de toi tu chercheras une poitrine pour poser ta tête
Pense à moi ! »

Recto, les poèmes de l’adolescence, Verso, ceux de l’âge adulte. Deux parties qui se répondent, comme les voix chorales d’un même chant. L’amour et la beauté face à un quotidien éprouvant : le combat contre l’autisme, le chagrin du veuvage… C’est tout cela qu’évoque ce recueil en mots pudiques.

Langages Impossibles

« Aux chemins des souvenirs à fleur de rêve
Bordés de murs vils en pierres taciturnes
Personne n’accompagne sous la lune éphémère
Les errances passées qu’un rien exhume »

Contemplatifs et ouverts sur l’autre, intimistes et offerts avec largesse, les poèmes de ce recueil conjuguent le mot « émotion » à tous les temps et à tous les modes. Des détours dans les rues de Lisbonne aux affres de l’amour perdu, « Langages Impossibles » est une ville en soi, avec ses venelles secrètes, ses artères fréquentées et ses lieux infiniment chéris.

Rendez-vous

« Mes rendez-vous avec toi
Manquent cruellement de toi.
Et ces jours-là, je suis seul… même accompagné.
Toi, tu n’es plus là pour m’embrasser. »

Hervé Costard est entré en écriture après le décès de son fils aîné. Un stylo thérapeutique, un acte d’évidence. Les premières strophes sont venues d’elles-mêmes et la poésie s’est installée dans le quotidien, comme un moyen d’exprimer les émotions à travers le chant des rimes. Un point commun à ces textes : vous faire ressentir. Vous faire vibrer. Bienvenue dans l’expérience de ces mots simples et décomplexés, qui parlent au cœur sans ambages.

Il suffit d’aimer

« Il suffit d’aimer tous ceux qui nous entourent,
De n’avoir comme slogan et règle de vie
Que protéger les siens des chocs de l’existence,
Leur offrir la joie de combler leurs envies.

Que les milliards d’humains, de l’enfant au vieillard,
Aient ce doux mot « aimer » gravé au fond du cœur ;
Il suffirait d’aimer, il n’est jamais trop tard,
Telle est l’arme indomptable pour vaincre le malheur. »

Dans ce second recueil, la sensibilité de l’auteur est exacerbée à travers des poèmes miroirs, reflets des émotions, des élans de douceur ou de joie, de colère ou de révolte. André Suissa met à nu, en ces vers, ses pensées, tout en amour et en métaphores, en les patinant de mélodie grâce aux rimes embellies.

Azurs

« Mes filles ciel bleu étoilé
Deux arcs-en-ciel sur la Voie lactée
Soudure à l’arc dans l’espace projeté
Deux sourires pour l’éternité.

Pour ces deux esquifs légers à la voile fine
Qu’un Dieu généreux toujours illumine,
Les phares du port abrité
Resteront toujours allumés. »

Les souvenirs sont l’empreinte laissée par nos relations, nos vertiges, nos joies et nos peurs dans la trame de notre histoire. Ceux de l’auteur sont aussi les nôtres, au détour d’un croisement du destin, parfois, vecteur d’émotions douces ou intenses. Un lien qui s’entrelace, se noue ou se déchire, célébré par les vers dans ce recueil à la sensibilité émaillée de lumière tendre. Jean-Marc Mazy soulève le voile de ce qui entrave notre regard, mettant au jour nos sentiments d’une plume aussi singulière que précise.

Murmures du soir – Volume I

« Je voudrais tant te dire combien de fois je t’aime,
Pas comme les oiseaux aiment le ciel,
Pas comme les poissons aiment la mer,
Pas comme le sol asséché aime les gouttes d’eau »

Qu’est-ce qu’écrire des vers si ce n’est partager l’amour qu’on a en soi ? Grâce à sa poésie, Ozen B. Tatiana touche directement au cœur ses lecteurs. Ses écrits ne sont ni simples, ni linéaires et c’est bien là que réside toute la beauté de la littérature.

Le cœur des poètes

« L’avenir est un présent
Le futur se dessine dans les actes réfléchis de l’innocent enfant
Dans la vaste forêt, le daim effleure l’humus avec son faon
Le ciel brille comme une chapelle constellée de cierges
Il ne connaît pas ses prières
Il préfère Dumas et ses rapières »

Voyageant sans limites entre imaginaire et réalité, entre histoire et mythologie, Didier Labour nous ramène de ses pérégrinations des poèmes qui parlent au cœur et bousculent les codes établis pour nous faire voir toujours plus loin. Alliant beauté et simplicité, il ajuste les mots pour jalonner ce chemin qui mène à l’évasion, pour amener de la lumière à l’intérieur de nous.

Des Poèmes pour Chaque Saison

Dans la furie du temps, le tourbillon sans cesse,
Des fausses priorités, de l’émoi, des promesses,
Des esprits tourmentés, fourbus par la vitesse,
Obsédés par l’Avoir, brisés par la tristesse,

L’ennui s’est répandu comme la poudre à canon,
Le malheur est partout, il hante les maisons,
Il explose et jaillit, il casse et il détruit,
Les espoirs et les rêves et le goût de la vie.

Ce recueil est l’expression des découvertes, des expériences et des engagements de l’auteur. Ces poèmes sont réunis au fil des saisons pour marquer leur caractère temporel et éphémère correspondant aux 52 semaines de l’année. Ils ont chacun leur histoire, leur couleur et leur musicalité propre.

D’une construction classique, ces vers nous invitent à redécouvrir nos sentiments, le moment présent et la beauté de la nature avec une tonalité toute contemporaine. Un appel à nos cinq sens et un certain parfum d’enfance.

Je marche d’un pas qui se veut désillusionné

Elle s’évanouit dans l’ombre,
Du silence.
Se perdant à jamais dans de sombres,
Réminiscences.

À l’idée de lui plaire,
Je crois qu’il faudra s’y faire,
Je m’ébauche en ce que je ne suis pas.

Série de poèmes dénudés, aux vers et à la prosodie étincelante, ce recueil est un voyage intérieur et une porte ouverte sur l’existence. Une suite de mots aux allures de Haïku, ces courts poèmes japonais dont l’homme mourant se saisissait pour laisser un dernier sentiment face à la vie.

Au fil des pages, le poète dévoile ainsi un murmure, une histoire, un parfum. Il transmet une parole humble et pourtant hardie, nous laissant presque trop conscients des choses. Un ensemble synthétisant un vécu authentique et profondément sincère.

Vivre ensemble

Le jeu est de suivre le fil de ma pensée
Ma prise de recul, assez distante ou pas
Ça permet d’évoquer une réalité
Pour anticiper, peut-être même au-delà.

Manifeste philosophique et poétique, ce recueil met en évidence la complexité de l’esprit humain et son organisation. Rudimentaire, l’homme est souvent l’auteur d’une communication violente établie sur un rapport de force. Conflit d’ego ? Individualisme exacerbé ? Peur irrationnelle ? Le poète dépasse l’affirmation et dépose au fil des pages les conciliations nécessaires en vue d’une vie épanouie.

souffrir d’amour

je sens encore
ton empreinte
sur ma peau
ton odeur est la mienne
se sont-elles unies
ou est-ce mon odeur
qui a changé
lorsqu’elle a rencontré
la tienne

Lorsque les sons se raréfient et que la gorge reste nouée, la plume devient alors la voix de l’artiste. Délivré avec effervescence, souffrir d’amour est un recueil de poèmes mélancoliques traduisant les émotions d’une femme dont l’éloquence séduit in extenso.

C’est avec une diversité de rythme et une construction originale qu’Énaïro Ballden offre ainsi une musicalité à son œuvre. Elle décrit la violence des sentiments liés à l’attachement amoureux, nous entraînant dans un tourment sensible inexplicable.

Pensé comme un cri du cœur, ce recueil est une façon d’offrir un réconfort précieux à ses semblables, face aux états d’âmes qui bouleversent les épisodes d’une vie.