Thème : Poésie

Sagesse

« Mon esprit
Veut me faire comprendre
Qu’il s’agit
D’apprendre,
Tout simplement,
À être heureux. »

Depuis que le diagnostic de la maladie de Parkinson est établi, Annick Lassot est sans cesse à la recherche de nouvelles connexions. Courageuse, elle lutte contre cette posture penchée vers l’avant, pour enfin se redresser et appréhender le monde, et la pathologie, en face, droite, debout. Jusqu’à la fin de la vie !

À travers ce cinquième ouvrage, l’auteure nous fait voyager dans des mondes, des souvenirs et des images tous différents, au fil de l’inspiration du moment, dans sa réalité où l’imagination transcende le quotidien. Car c’est un combat de tous les jours, fait d’émotions, de couleurs et de musique qu’elle dépeint. Généreuse, elle le partage comme autant de liens d’amitié tissés au fil des rencontres, tous nécessaires pour nourrir l’esprit, maintenir la plasticité cérébrale. Tout simplement, retrouver le propre de l’humanité : s’émerveiller de tout, savoir rire… Et aimer !

Le C.A.T.

« J’étais pétrifié de terreur, serais-je
Revenu au C.A.T. ?
Non bien sûr !
C’était un rêve, au petit matin.
Ou plutôt un cauchemar…
J’avais peur. »

Dans ce petit recueil composite, Yves Bonnard revient sur son quotidien et son passé, qu’il met en forme de façon mélodieuse à la façon d’une poésie chantée. Ce sont vingt ans de sa vie passés dans un C.A.T., un Centre d’Aide par le Travail, qui se dévoilent : ses relations avec ses collègues et ses supérieurs, les missions qui lui sont confiées, les injustices, mais aussi ses rêves d’évasion et de paix.
Parfois, la douceur des vers atténue la souffrance qu’évoquent les souvenirs encore vivaces et nets. Épelés comme autant de petits mantras réconfortants, ils contrent le désarroi de ses stigmates et en esquissent la tristesse.

Dans la seconde partie de ce recueil, c’est une succession de textes qu’il souhaite partager avec ses lecteurs.

Vie

« Cet amour est tellement beau
Qu’il ne peut subir les bleus
Il lui faut ce qu’il y a de mieux
Et toujours être reçu comme un cadeau. »

Elle nous fait tantôt souffrir et tantôt subir. Souvent, elle nous tourmente ; parfois, elle nous abandonne. Mais par-dessus tout, elle nous fait rire, aimer et espérer. Qu’importent les moments difficiles, seul compte le bonheur. Eléonore Treize a choisi : ce sera la vie, envers et contre tout.

Une blessure invisible, la première lueur de l’aube, une onde de joie. Soufflés comme un murmure, presque laconiques, les vers d’Eléonore Treize explorent les sentiments. Ses poèmes rappellent tous ces instants qui ponctuent notre existence : douloureux et parfois anodins, ils n’en sont pas moins tous précieux. Les errances et les balbutiements, uniques et touchants, et que parfois seul le poète réussit à saisir, transpercent à chaque page de ce recueil.

Fresques

« Dans le ciel de velours,
le disque d’argent de la Lune
s’étonnait de ces insectes
qui foulaient un sol jusqu’alors resté vierge.
Pour la première fois, l’homme franchissait l’espace,
et déjà rêvait
de rejoindre ses parents les étoiles. »

Il y eut d’autres cieux, d’autres dieux, d’autres vies. D’une étincelle naquit le monde : témoin du temps et des hommes, le poète se fait historien et remonte les âges pour dépeindre les époques. Hors de l’espace, hors du temps, il voit. Si l’ordre naît du chaos, l’horizon, enfin, se profile.

Les fresques de Guy Daney de Marcillac sont aussi littéraires que picturales : résolument inspirées par les arts plastiques, elles dépeignent la création et la destruction, la vie et la mort. Il est des souvenirs, des rêves, qui ne se traduisent qu’en poésie. À peine se laissent-ils chanter : une mélopée, au loin, se fait entendre. Cela pourrait être la sibylle…

Nulla dies sine Milena

« Merveilleuse nouvelle
Irisant nos pupilles
Libérant tes prunelles
Encloses sous coquilles
Nom : image éternelle
À toi, petite fille. »

Fractale littéraire, le recueil de Clément David s’articule comme des ricochets : les mots sont précis, comme hachés à la machette et claqués sur le papier. Volontiers insolente, la rime parfois désespérée se charge de tendresse.

De ces dissonances naît l’harmonie du rythme ; entrecoupés de partitions, les vers fument, grincent, tapent, éclatent et sonnent. Bourdonnants, magnifiques, tragiques, ils travaillent nos tympans, dispersent nos cinq sens et se font malicieux quand ils ne fondent pas d’amour.

Promenades aléatoires

« Sur les ailes du vent
Flottent les nefs fractales
Aux voiles immaculées.
Ces nefs peuplent
De silences et de rêves
L’azur où le regard se perd.
Leur sillage entraîne mon esprit
Vers les lointains horizons
De l’espace sidéral
Où meurent les étoiles. »

Distinguer le passé du futur, discerner l’être du néant : sommes-nous une coïncidence ou un caprice du destin ? Les promenades aléatoires sont la conséquence indirecte – et poétique – du temps et de l’incertain.

Jetés sur le papier, les poèmes sont autant de ricochets vers l’infini, de dualités qui surgissent. Au détour d’une page, c’est la musique des matins clairs que l’on perçoit, le chant de l’aurore qui retentit et la partition de l’obscurité qui s’esquisse. Entre espoir et désespoir, les vers se coupent et s’entrecroisent, lapidaires, presque incisifs. Des alexandrins aux haïkus, c’est une ronde éternelle et étrange qui se forme, complexe et composite, à l’image de la vie. Aléatoires, ces poèmes le sont peut-être. Mais au fond, le hasard n’est qu’une façon différente de dire que les choses sont ce qu’elles sont.

Vogue la vie

« Le Soleil, comme d’une mûre écrasée,
Éclabousse l’horizon
De cent taches pourpres cerclées d’or,
Et le ciel bleu vert s’extasie
Au loin où il joint la terre qui s’efface.
Quelques nues égarées
Se baignent dans les airs ;
Elles s’y teintent de mordoré
De vermeil ou de parme.
Lentement, pour ne pas faire peur,
Tout se dilue en vague lueur
Qui s’assombrit
Puis ouvre place à la nuit. »

Entre soleil et pluie, entre mer d’huile et ronde-bosse, l’histoire se colore chaque jour différemment. Insaisissables, les flots nous invitent à contempler autrement les heures et les jours. Dans la joie ou l’incertitude, la révolte ou la peine, c’est sous l’œil impitoyable des éléments que l’écume des minutes caresse le rivage où quelqu’un, peut-être, attend. L’espérance en prime ; l’amour en cadeau. Car ainsi vogue la vie…

Après Malices paru en 2013, Songes ou songs ? – Arménie paru en 2014 et L’Attente paru en 2015, Vogue la vie est le quatrième ouvrage d’Alain Rousseau aux Éditions du Panthéon.

Poèmes d’ici et d’ailleurs

« À la belle étoile je m’en irai.
À Cusco la merveille je parlerai.
Je conterai aux enfants de la ville,
L’histoire de Bouki l’Hyène, le vil.
Je conterai aux enfants du village,
L’histoire de Leuk, le lièvre sage,
L’histoire du lac Titicaca dans sa splendeur,
Qui ne laisse point indifférent les maraudeurs »

De l’Afrique à l’Europe et du réel à l’imaginaire, Dominique Diene dispose ici et là ses poèmes comme autant de rencontres et de réminiscences. Saisi de douce nostalgie, il compose une ode à la nature, à la bonté et à l’amour. Solaire, son univers se déploie dans toute sa splendeur, et c’est une réelle invitation au voyage qui se révèle au détour de ses vers, scandés tels de joyeuses notes de musiques. En empruntant aux contes la magie du quotidien, ses textes oniriques s’appliquent sur le cœur comme un onguent réconfortant, nimbé de joie simple et de lumière.

Le bonheur dans les talons

« Je réalise que je me suis peut-être menti,
Je ne suis pas rendue où je l’avais prédit,
Le bonheur est dans mes talons,
Cette phrase en dit long. »

Un mariage, une vie, des attentes brisées : lorsque le rêve s’effondre pour Claudine, il ne lui reste plus que les mots, devenus son rempart. À leur creux, elle se réfugie pour mieux panser ses plaies et épargner son cœur à vif. Tour à tour exutoire et cautère, la poésie s’impose et lui permet de donner un sens aux événements. Chaque strophe signe le début d’un long cheminement personnel, au cours duquel elle identifie ses émotions : le doute, la solitude, l’amour, l’espoir. Affranchie de ce qui la retenait à terre, elle prend enfin son envol vers un nouveau bonheur, tout simplement.

Existence calvaire ou existence riche de sens ?

« Et si notre vie, jour après jour, gracieusement donnée
À travers enveloppe charnelle mystérieusement prêtée
N’avait pour seule raison d’être : nous apprendre
Apprendre à nous élever
Toujours et encore apprendre, ardemment
L’Amour et vers la mort, à tendre triomphant. »

Comment peut-on se réinventer ? Entre une existence calvaire ou riche de sens, Muriel Brosset a choisi : elle sera riche, riche d’amour, de partage, de beauté et de poésie, de tout ce qui nous unit et qui nous rend heureux.

Autodidacte, la poésie a jalonné toutes les périodes de sa vie, des plus sombres aux plus chaleureuses. Devenue sacrée, elle devient le témoin de sa recherche spirituelle. Épanouie, elle revendique une vie guidée selon son cœur. Trouver sa réalité intérieure, s’ouvrir aux autres et au monde : écrire lui permet de se sentir vivante, tout simplement.

Rencontre amoureuse inopinée

« T’aimer, c’est savoir me donner pleinement, sans retenue,
T’aimer, c’est savoir qu’en dépit de tout mon amour perdure,
T’aimer, c’est savoir m’oublier, m’effacer quand je voudrais tant rester,
T’aimer, c’est pouvoir te dire : pars, je t’aime ! »

De l’amitié à la passion et de la tendresse à l’amour, la limite est parfois bien fragile. Bouleversée par une rencontre amoureuse inopinée, Laurence Pioux dévoile tout au long de son récit poétique les sentiments qui nous assaillent lorsque l’on aime. Entre euphorie et vertige, c’est galvanisée par l’autre qu’elle se découvre pour ensuite mieux accepter le deuil de la romance. De cette collision amoureuse, elle tire la plus belle des leçons : lâcher prise et vivre, tout simplement.

Alors qu’elle abordait avec pudeur la maladie dans son précédent ouvrage Libre errance, Laurence Pioux nous livre un nouveau recueil empreint de poésie et de liberté, fidèle à sa plume.

Entre ciel et terre…

« Terre d’Hermès
Et voûte céleste,
Le monde évanescent,
Les cieux,
Le firmament… »

D’hier à demain, Damien Schmit dépeint l’éphémère. Entre ciel et terre, il déploie une histoire tout en nuances, de l’être au devenir, sur l’un des chemins de l’existence. Par petites touches de mots, de phrases et de prose, il dresse un portrait éthéré, presque impalpable. En musique et en pastels, il esquisse les contours de l’imperceptible, qui aussitôt rejoint la cohorte du réel. Au détour d’une rime et de quelques sonorités italiennes, l’abstrait tantôt se dévoile, tantôt se décèle. En un battement d’ailes, il s’envole impunément de l’instant et rejoint les cieux qui le conservent jalousement.

Les contes modernes des mille et une nuits

« Jadis, l’Algérie fut déclarée développée alors qu’elle fonçait vers l’abîme
Désormais supposée puissance émergente sous le règne
de Manitou le sublime
Les analystes et les économistes sont optimistes et pratiquent
la surestime
La seule corrélation valable est avec l’or noir, les spécialistes
sont unanimes »

Là où les politiques ont remplacé les Djinns, les poèmes de Nadia Zyred reflètent la triste réalité du quotidien des Algériens, entre corruption, mensonges et dérives. Avec humour et érudition, sa plume piquante réinvente les contes des mille et une nuits sur un air impertinent gorgé de satire. Shéhérazade des temps modernes, l’auteur enchâsse ses contes et ses personnages les uns aux autres pour mieux dénoncer les vices du gouvernement.

Miroir sans tain de la société algérienne, la poétesse justicière dénonce cet univers de passe-droit où l’autoritarisme et le culte de la personnalité ont atteint leur paroxysme. Sans crainte de bousculer les tabous, son esprit critique s’accommode fort bien de sa sensibilité artistique, et ce recueil hybride remplit sa mission avec brio. Il était une fois, en Algérie…

Confidences d’un homme

« Pourtant ces humains essaient de communiquer
Avec nous leurs semblables dans l’espoir de voir
Enfin nos regards s’ouvrir sur leur condition
Qu’ils n’ont jamais choisie, qu’on leur a imposée.

Si vous pensez qu’ils n’ont pas d’opiniâtreté
Car vous les voyez souvent assis sur le sol,
Sachez tous que cette part de renoncement
Est alimentée par le rejet de vos cœurs. »

Tantôt taquin et embrasé, tantôt serein et adouci, Henry Canaan ajuste ses poèmes au gré de ses humeurs. Amateur de jeux de mots et friand de doubles sens, les rimes mutines font parfois place à un humanisme plus grave et résolument touchant.

Portraitiste de la vie comme de notre société, il dévoile ses émotions avec une authenticité aussi enrichissante que louable. Conteur moderne, curieux de tout et las de rien, sa prose est un clin d’œil à notre époque avant qu’elle ne disparaisse.

Femme Cristal – Tome 1

« Je veux aller vers l’horizon
Toujours pur, toujours bleu.
Redevenir un ange.
Croire – encore – que tout est mieux
Là-haut dans l’archange. »

Seule sur la rive, Fany Héry se promène sur une plage de galets. Chaque fois qu’elle en heurte un, c’est une nouvelle rencontre qui se crée. Bercés par le doux chant de la mer, les sentez-vous battre ces moments de vie ?

Pour nous ouvrir à la vie, elle nous invite à la suivre dans son cheminement poétique. Dans son sillage, nous ressentons les émotions et les sentiments d’une femme aussi forte que fragile, dont le précieux équilibre tient à sa personnalité rayonnante. Miroirs de l’esprit humain, ces vers sont à garder précieusement au creux de l’âme.

L’attente

« Vient l’heure
Où l’étrangeté s’étale lumineuse.
C’est l’heure
Car le soleil cerise l’abricot du ciel.
Vient le temps
Où la vague empourprée accourt ténébreuse.
C’est le temps
Car l’azur s’efface, il coule dans le miel.
Vient l’instant
Où la froidure s’installe en catimini.
C’est l’instant
Car la lune roussit le doux calme du soir. »

Qui attendons-nous ? Entre hier et aujourd’hui, entre demain et les siècles passés, Alain Rousseau interroge le temps qui passe, déconstruit les horloges et questionne les secondes. Patience éternelle ou attente d’une vie, ses poèmes se construisent en contrastes où rien n’est tout à fait blanc, gai et lumineux, ni tout à fait noir, triste et nuit.

Formidable peintre des mots, sa plume fait jaillir le vermillon et l’indigo, le jaune safran et le pourpre de la bise glaciale, le cuivre et laiton. Pleines et charnues, les couleurs éclatent comme autant de minutes éparpillées à travers ses poèmes, entrecoupées d’instants de foi et d’espérance. Dans ce recueil aussi singulier que moderne, l’attente évolue avec les saisons et seul l’amour demeure.

Parfum d’être

« Vos souffrances aboient les temps présents des temps sanguinaires
et je vous entends
hurler comme le vent
enfants adolescentes maintenant prisonnières »

Atterrée par ce qui lui apparaît comme une banalisation de la violence, Marie Grohens s’interroge sur notre condition humaine et l’évolution qui lui est concomitante. Éveil viscéral, ses poèmes sont autant de cris déchirants qui ravivent la flamme vacillante de l’homme en désarroi, et le guident dans sa quête sans point ni virgule.

En jouant sur la présence imaginaire d’un héros initiatique, l’auteur évoque tour à tour le tourment des choix existentiels, le déterminisme, la valeur des traditions, la création artistique et le triomphe du libre arbitre. Tout au long de ce recueil, la magie du langage symbolique inscrit l’homme au centre d’un récit original, d’une rêverie habitée. Bouleversant, Parfum d’être est une réflexion intimiste pariant sur la capacité à ré-enchanter le réel dans un contexte pacifique et solidaire.

Opium

« Pleure mon cœur
Tremble ma main
Vacille la flamme
Et que s’envolent les pies »

Nimbé d’extase, ce recueil kaléidoscopique est cousu de rêveries poétiques adroitement réalistes. Chantées, elles jaillissent : l’abandon, la déception, la souffrance et le désamour se dissolvent peu à peu dans les vapeurs suaves. Indignés et nostalgiques, ces aphorismes plurivoques sont tous porteurs d’une même lueur : la foi. Enivrant, son lyrisme va au-delà de la poésie, en ce qu’il rejoint l’universelle histoire humaine.
Soufflée dans une béatitude vertigineuse, l’œuvre est à l’image de son auteur. Artiste-peintre et poète, il nous conte ainsi une philosophie à la fois morale, sociale, politique et religieuse.

Avec mes songes, amours et mille choses de l’existence

« Dans ma vie en déception : hors
De tes pas doux, à chaque aurore,
En me réveillant, je m’endors
Vers ma journée, aux espoirs morts ;
Mais, tout content de délaisser
Mon jour, en certaines soirées…,
En m’endormant, je me réveille,
Pour un songe tout en merveille. »

Le vent dans la cime des arbres, les bois émergents d’un cerf, une clairière paisible : sanctuaire des poètes et terrain fertile, la nature offre à Michel Taysse l’inspiration nécessaire pour couvrir la richesse des sentiments. Au cours d’une flânerie dans la forêt, tendez l’oreille : en percevez-vous le murmure ?

Car c’est dans les bosquets que se chuchotent les amours contrariés, les pensées oniriques et les cauchemars. Exposées au soleil ou dévoilées à travers la douce obscurité des feuillages, les émotions trouvent aussi refuge derrière la brume épaisse d’un matin d’hiver.

Les belles pages de la mélancolie

« À 20 ans, on m’a dit :
“ Tu as encore toute la vie devant toi… ”
Hélas !
C’était bien ça tout mon problème. »

Elle nous fait pleurer, nous isole, nous rend dépressif voire odieux ; elle nous ronge
les ongles, noircit notre feuille et maintient blanches nos nuits. Elle est détestable, peu
enviable et pour tout dire insupportable. Voilà, la mélancolie n’a rien de séduisant et
pourtant, elle reste l’inspiration favorite des poètes…