Thème : Poésie contemporaine

Exil poétique

« Ce matin, j’ai rencontré Dieu,
Il avait des larmes dans les yeux.
Il s’en voulait d’avoir créé la Terre.
Je l’ai emmené boire une bière. »

Nous retrouvons dans ce septième recueil poétique la plume changeante de Philippe Pauthonier, qui sait avec brio passer du plus grand sérieux à la plus légère facétie. Avec une poignante douceur, il nous guide librement sur les chemins d’une poésie profondément humaine, placée sous le signe de l’émotion.
Ingénieur dans une autre vie, l’auteur s’exerce aujourd’hui à la poésie comme à une activité intime et salutaire. Entre France et Pologne, la patrie de son épouse, il écrit, s’inspirant de ses longs séjours dans la campagne polonaise. Un exil poétique loin du monde et de son agitation.

Gouttes d’écriture

« Soudain une pensée,
Émotion passagère,
Un haïku naît… »

Parenthèse dans l’œuvre de Philippe Pauthonier, le haïku est à l’honneur dans ce sixième recueil poétique. Toujours entre absolue sincérité et espiègle douceur, il nous livre ses émotions par grappes de quelques mots. Des mots qui explorent avec tendresse ou mélancolie la beauté d’une nature toujours sauvagement parfaite, d’une chevelure au vent ou d’une étoile filante en plein été.

Recueil de slam et de poésie

« La vie est deux.

Deux âmes sœurs, deux amours,
Deux personnes, deux amitiés.
Une vie, deux chemins,
Deux routes, deux hémisphères. »

Elise Boyer laisse les jeux de mots et de langue danser dans ces pages hybrides, slam et poésie, en un savoureux mélange qui pétille en noir et blanc. L’autrice nous ouvre la porte de son univers, qui laisse entrevoir son âme toute vraie, et plonge sans hésitation dans l’imaginaire, sans reprendre son souffle. Le maître mot de tous ces mots-là  : une désarmante sincérité.

Étoiles et Toi

« Il suffit de si peu pour que je me retrouve dans la peur et la peine,
Et il suffit de si peu, mais voilà que tu m’aimes. »

Une histoire d’amour n’est jamais plus belle que lorsqu’elle est contée. En prose et en vers, Solène Verhoeven utilise toute la poétique palette de son talent pour transmettre au lecteur l’émotion qui l’a étreinte. Les constellations et l’océan immuable nous entraînent dans un voyage pailleté d’espoirs et de rêves.

Une moue dévoreuse de cerises

« Rêvant à ma mangeuse de cerises
Être celui qui suit
La moue d’une variété
Envahissant mes neurones
Sur une palette de temps
La saison des cerises »

Croquer la vie et l’amour, fondre devant une belle passante et inventer pour elle des vers aussi délicats que la chair d’un fruit. Les poèmes de ce recueil disent en lignes épurées la tendresse, le doute et les interrogations de tous les amoureux de la terre.

À cœur ouvert

« E ti amo,
Toi,
À ma façon,
À ma manière,
Dans mon cœur,
Sa part de mystère,
De ciel et terre,
À nous deux,
La vie qui s’en espère… »

Le chant du vent, les voix du passé et l’appel de l’avenir, « À cœur ouvert » emporte le lecteur sur l’aile du temps. Autant introspection pudique qu’hymne sans fard à la tolérance, ce recueil dévoile des accents éperdus de lyrisme. Liberté, quand tu nous tiens…

Sans ailes

« Je me rappelle ton visage
J’entends ta voix.
Ton sourire
En train de rire.
Tu me disais
« Claire, danse avec moi ».
Et on dansait
On riait. »

En vers paradoxalement lumineux, Claire Chardin évoque le sentiment de vide laissé par le décès de sa mère. Les heures douces passées en sa compagnie, la tendresse de ses bras aimants, son affection, tout en ses poèmes dit l’amour filial.

Métaphores

« Je vieillis de seconde en seconde
L’aiguille du pendule me pend
Autant chercher l’instant dans une meule
De foin je reste sous ce corps à rêvasser
D’une nuit fluide une nuit dans le passé »

Conserver une trace d’instants mémorables, les écrire pour lutter contre le temps qui dévore tout. Ce recueil à l’écriture limpide restitue la puissance des impressions et des souvenirs aussi fugaces soient-ils.

Émotions en liberté

« Je préfère les allumeurs de réverbères
Aux businessmen sans frontières.
Ils ignorent la spéculation boursière
Et nous offrent un peu de lumière.

Nous retrouvons dans ce cinquième recueil empreint de douceur la plume sincère et tendre de Philippe Pauthonier. À travers ses vers, il nous fait goûter, sentir, voir la vie sous toutes ses facettes, tour à tour sombre et glorieuse, héroïque et contemplative. L’être humain est mis en avant dans ces pages, dans un arc-en-ciel d’attitudes qui nous renvoient à notre moi intime, éthéré et parfois à l’abandon.

La guerre des mots

« La mère de vagues lumières
Et le Sinaï regarde le mont Nébo
Sous le pas de nos frères tombés
Au champ des armes, ruisseau
Qui court le long des corps
Six jours pour compter le temps
D’une prière, d’un kaddish
Trois lendemains pour se dire Ismaïl
Nous sommes frères. »

Les autres, leur différence, leur ressemblance avec nous… Jamel Mouaouya plonge dans ses racines arabe et juive pour faire saillir le lien indéfectible entre deux communautés. En vers sensibles, il raconte le conflit, l’incompréhension et les instants de fusion.

Viens près de moi t’asseoir…

« Les pétales des fleurs de cerisiers
Défient l’attraction universelle.
Comme les flammèches d’un brasier,
Ils rejoignent le royaume éternel. »

Une fois installé aux côtés du poète, le lecteur se laisse embarquer dans une symphonie de rimes enlevées à travers les paysages aériens qu’offrent nos émotions. Inscrite dans la trajectoire d’une étoile filante, dans l’allure noueuse d’une branche de cerisier ou dans la courbe du sourire d’une fillette, la beauté du monde est encore une fois transcendée par les mots dans ce quatrième recueil d’un auteur plusieurs fois primé.

Instant présent

« Assis sur le sable,
Je regarde l’horizon.
Une brise me caresse le visage.
L’odeur des embruns m’envahit.»

Authenticité, sincérité, douceur sont les maîtres mots de ce recueil jeté sur le papier en quelques heures. L’auteur livre au lecteur le fruit de ses observations, célébrant avec simplicité les petits et grands plaisirs de la vie. Un chuchotement souriant, qui nous suggère que le bonheur se trouve bien souvent sous les yeux de qui sait prendre le temps de regarder autour de lui.

Les mots de mer

Pour ne plus paraître
Paraître pour sa survie
Se dire que nous suivons
Toujours un être
Qui paraît puis disparaît

Mer, mère… Jamel Mouaouya joue des possibilités et jeux de mots offerts par ces deux vocables. « Les mots de mer » offre la palette rafraîchissante d’un poète qui trouve en chaque regard, chaque objet, chaque rayon de lumière une source d’émerveillement et d’inspiration.

Cyclosphère

« Cyclosphère » poursuit la peinture de l’éphémère entamée dans « Entre ciel et terre… » Associés au cycle de la vie humaine, le perpétuel recommencement et la gravitation des sphères esquissent, au loin, l’impalpable, l’imprévu, la voie du destin.

Mes voyages poétiques

Mes sentiments sont comme un arc-en-ciel,
Aux multiples nuances et couleurs.
Sur ma vie, il pleut et fait soleil
Au fil des événements et de mes humeurs.

Du bout de sa plume à la fois sincère et facétieuse, Philippe Pauthonier n’hésite pas à marier les contraires, à jouer avec les codes classiques pour l’amour d’une rime nouvelle. Les yeux du poète se posent avec passion ou désespoir, avec tendresse ou dérision, sur un monde riche de merveilles comme de noirceur. Dans ce troisième recueil, il nous guide avec une poignante douceur sur les chemins de sa poésie émotionnelle et profondément humaine.