Thème : Théâtre

Entrez en scène

« Lily  : Vous êtes un artiste, Patrick  ! Jouer ces deux personnages avec tant d’authenticité  ! J’ai cru voir la foule menaçante croiser le chemin de l’Empereur.
Patrick : Merci, Lily.
Albert : Bien sûr, Lily est mordue de théâtre. (Il rit) Dans sa lointaine jeunesse, il semble qu’elle ait fait partie de la troupe du Mime Marceau ! Elle était artiste, avant son mariage… »

Dans « Combat à huis clos » se délivre un monologue empreint de suspense qui dépeint la résurgence des extrémismes dans notre société ; « Le mur mitoyen » plonge le lecteur dans l’absurde quand se déroulent sous ses yeux les interactions les plus étranges entre voisins au beau milieu de la nuit ; enfin, « Jeanne Moreau est morte » rend un vibrant hommage à celle qui fut l’égérie d’une génération. Trois pièces à la puissance narrative et à la profondeur de réflexion abyssales.

Le Coursier

« PILATE
Comment ? Ah, c’est Judas, n’est-ce pas ? Ce n’est pas par hasard s’il est sorti d’ici en sautant comme un chevreuil. (Pause). Mais tu l’espères en vain. Pour lui, trente tétradrachmes, c’est une grosse somme d’argent. À coup sûr, il va faire une bêtise. Il valait mieux me le demander à moi tout de suite. Liscus allait me les rendre de toute façon. D’accord, ainsi soit-il, nous allons les rendre à Judas. N’est-ce pas, Marie ? »

Pourquoi Pilate ne voulait-il pas condamner Jésus ? Cette question reste un des mystères les plus énigmatiques de l’histoire de l’humanité. Peut-être les évangélistes n’avaient-ils pas toutes les cartes en main pour nous dévoiler les nombreuses facettes de ce drame historique… Seule la force de l’amour, égale à celle de la foi, pouvait créer une intrigue fatale, initiée par l’envie de liberté gauloise et embrasée par la fierté romaine.

Crime de grossesse

« Enfin, que se passe-t-il, ma belle ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette. (Silence de Wayatima. Amita agite sa main sous le regard impassible de Wayatima.) Hé ho ! Est-ce que tu me reçois ? Réponds-moi ! Dis quelque chose ! Parle, voyons ! Ton silence m’inquiète. Qu’est-ce que tu as à me dire de si important ? (Wayatima se dirige vers le canapé, s’assoit et pleure. Amita vient s’asseoir près d’elle.) Qu’est-ce qu’il t’arrive, ma puce ? Pourquoi pleures-tu ? Un malheur s’est produit dans ta famille ? »

Wayatima, fille d’un Colonel riche et autoritaire, tombe malencontreusement enceinte d’Éloki, celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. Troublé par cette nouvelle et ne sachant comment l’assumer, Éloki trouve refuge chez sa sœur. Mais quand le père de Wayatima découvre l’impensable, c’est une horde de militaires qui part à la recherche du responsable de ce « crime de grossesse »…

Issan Giska Ntsila dévoile une pièce tragi-comique sur le comportement cruel de certains parents vis-à-vis de leurs filles en état de grossesse. À l’heure où la naissance d’un enfant « bâtard » est encore perçue comme un déshonneur, il révèle le triste sort réservé à ces jeunes femmes livrées à elles-mêmes.

Dans un style fluide et parfaitement maîtrisé, Issan Giska Ntsila nous fait ainsi percevoir les scintillements du cœur. Suivant une mise en scène imaginative pleine d’émotions, il parcourt brillamment l’amour et la notion de grossesse dans certaines cultures. Emporté dans une lecture frénétique, le lecteur découvre alors la subtilité de l’auteur et sa vision de l’existence.

Monsieur Nez

M. Nez, face au public.
La nuit dernière j’ai fait beaucoup de rêves. Je me souviens que j’ai enseigné à un groupe d’étudiants comment voler. D’abord j’ai pris mon élan, puis j’ai poussé sur mes jambes en agitant mes bras tels des ailes et je me suis mis à voler comme un oiseau. Il me vient à l’esprit que pour éviter les fils électriques j’effectuais des voltiges pour ne pas les toucher. Le sentiment de vol était incroyable. Comment puis-je le décrire ? Je ne trouve pas les mots. Vous sentez la légèreté…, oui, la légèreté d’être.

Cette pièce est basée sur «Le journal d’un fou» de Nikolaï Gogol paru en 1835, une nouvelle grotesque aux allures de récit presque fantastique dont l’écriture semble empreinte de théâtralité. Cependant, l’œuvre d’Albina von Klix dépasse la simple adaptation et révèle une véritable création originale.

Le personnage principal de la pièce est Monsieur Nez. Il habite New York et travaille comme assistant dans une compagnie d’assurances. Son intérêt principal : l’écriture. Il aime écrire et croit que seule cette activité a une signification dans la vie. C’est le motif principal de l’histoire. Monsieur Nez est écrivain et son imagination est supérieure à la normale. La pièce va ainsi suivre d’un côté le développement graduel d’une schizophrénie naissante et de l’autre, la tragédie d’un homme sensible face à la démence.

AiMe comme… Marquise

« Monsieur, je connais la hauteur de votre état,
Et ne mésestime ni vos lois, ni vos droits.
Mais, le voyez-vous, dans quelques instants, je joue ;
Et pour devenir Andromaque, je l’avoue,
J’ai plus nécessité d’un silence complice
Que du lieutenant général de la police. »

Voici l’histoire de Thérèse de Gorla, dite Marquise ou Mademoiselle du Parc, fille d’un bateleur italien fixé à Lyon, devenue célèbre comédienne française. De son rôle d’Elvire dans « Dom Juan » à celui d’Arsinoé dans « Le Misanthrope », sa beauté et son port de reine lui vaudront de séduire les grands dramaturges de l’époque classique, Molière puis Corneille, sans oublier Racine qui lui écrira « Andromaque » en 1667. Le destin fabuleux de cette jeune femme s’écourtera mystérieusement au lendemain de ses trente-cinq ans, après une incroyable ascension.

Histoire de France, confessions, amours et scandales sont les ingrédients finement travaillés de cette nouvelle création. Une mise en scène dévoilant un tableau historique essentiel et révélant une énigme ahurissante de cette même période : Corneille aurait-il écrit les pièces les plus célèbres attribuées à Molière ? Une hypothèse qui déchaîne encore les passions et nous offre un spectacle authentique !

Darwin, fallait-il le tuer ?

Darwin
On ne peut pas parler de ce que l’on voit, de la vérité ?

Docteur Faulkner
Surtout pas ! C’est trop brutal la vérité.

Depuis qu’il a théorisé l’évolution des espèces et l’origine de l’Homme, Darwin n’a cessé de susciter des polémiques : quelle est la place du divin dans la Création ? L’idée de la sélection naturelle ne conduit-elle pas à justifier l’élimination de ceux qui ne peuvent s’adapter, au mépris de nos valeurs humanistes ? La peur des conséquences que ces débats pourraient entraîner pousse certaines institutions à rejeter le darwinisme, au mépris d’une réalité scientifique qu’il est pourtant aujourd’hui difficile de nier. Mais si Darwin a entraîné tant de bouleversements, n’aurions-nous pas dû tout mettre en œuvre pour l’empêcher de diffuser ses travaux ?

Cette pièce de théâtre s’inspire librement de cette histoire pour tenter de répondre à cette question. Guillaume Jest nous projette directement dans l’ambiance anglaise de 1830 et nous conduit d’un dîner dans un manoir anglais, à une extraordinaire expédition maritime dans l’immensité de l’océan Pacifique.

En alternant légèreté de ton, actions, et aventures lointaines, l’auteur nous ouvre une passionnante page de l’Histoire, tout en maintenant une tension aboutissant à une fin des plus inattendues… Laissant à chacun le droit de juger s’il fallait tuer Darwin ou non !

Les âmes sœurs aux lunes de sève

« À l’opposé du monde se cachaient les secrets les plus importants de l’amour vivant, fondamental à toute existence. Les âmes sœurs dissimulées grandissaient pour un jour connaître la plus belle expérience de la lune d’Éros, la correspondance parfaite. Loin de l’observation de leurs mirettes respectives, à l’opposé, la belle nature Juanita et le palais de glace Jérémie étaient destinés l’un à l’autre par le reflet des lunes chantant l’amour. Sans le savoir, deux êtres prédestinés devaient vivre la plus belle histoire d’amour, un sentiment magique, et les éléments se manifestaient avec les échéances les plus extraordinaires. »

Cette pièce de théâtre conte l’histoire de deux êtres destinés l’un à l’autre. Jérémie, un jeune homme solitaire et éteint né à Paris et Juanita, une jeune femme enjouée et épanouie née à la Martinique. L’un se questionne sur l’existence de l’âme sœur, l’autre n’y a jamais vraiment songé. Seulement il est temps. Arrivés tous deux à la fleur de l’âge, les interrogations se bousculent et les parents de Juanita ont la ferme intention de marier leur fille.

Dans un style délicat, l’auteur nous emporte ainsi au cœur des obstacles, des infortunes et plus que jamais de l’attachement de deux personnes prêtes à vivre pleinement leur destinée. Alors que leurs étoiles semblaient contraires, la vie va pourtant les amener à se rencontrer. De là, naîtra une passion amoureuse représentative de toute l’énergie enfouie en eux.

L’itinérant

« En moi, quelque chose aussi remuait, naissait et bouillonnait : l’intuition qu’au-delà de la tourmente alentour, j’approchais d’un moment d’apogée de moi-même, une sorte de station décisive dans mes itinérances. Et une énergie mystérieuse circulait en moi, irradiait mon cœur de battements exaltés et de générosité euphorique, comme à l’attente de l’annonce d’un événement prévu. Et quelque chose qui, tout en me stimulant et me demandant d’être prêt pour ce qui allait survenir, me disait que je serais peut-être l’agneau du sacrifice. Mais je n’avais pas peur : j’ai compris que je venais d’avoir la révélation de mon accomplissement. Et j’étais déjà offrande ! »

Balades, méditations, proses philosophico-romanesques, ce texte multiple est une succession de tableaux dramatiques, de critiques sociales et de réflexions sur la vie. Ni roman habituel, ni drame, ni nouvelle. C’est un acte d’écriture libre et solitaire, le tout mené par un héros narrateur aussi virtuel que vraisemblable. Comme un chorus de Coltrane ou une remontée chromatique de Liszt, cette écriture dévoile toute l’authenticité de son auteur…

Le jugement éphémère, ou les aveux de Monsieur Keyneh

SELVA
Tu es fou et ambitieux.

KEYNEH
Je ne suis pas fou… Peut-être que nous avions tort d’être dans tous nos états, peut-être que durant tout ce temps, nous nous sommes concentrés sur nos défauts… Mon erreur a été de t’emmener un jour chez Haha pour réaliser ton portrait… pour te l’offrir comme cadeau d’anniversaire… Ce cadeau voulait dire que « je t’aime ». Comprends-tu ?

Cette pièce représente le florilège de quantité d’œuvres littéraires. Abel Sánchez. Une histoire de passion, la Genèse, sont autant de références précieusement utilisées pour nous entraîner dans une étonnante réinterprétation de l’histoire de l’humanité à nos jours.

Le théâtre du jugement éphémère se définit par une simplicité globale : les phrases, les mots, les sons sont ouverts, sensibles, évidents. Pour autant, leur intérêt réside dans leurs significations cachées, révélatrices des plus anciennes croyances, pour en délivrer un message essentiel et moral.

Entre plume et scène suivi de Entre scène et jardin des mots

Des éclats à dire pour des éclats de rire ! Un absurde qui nous arrache des gloussements irrépressibles. Le ridicule si précieux sur la scène de toutes les scènes qu’on peut se faire.

Entre philosophie et calembours, romantisme et fatalisme, l’auteur nous entraîne dans des échanges à la fois beaux, profonds et légers. À la suite de Marion et Christophe, couple en déroute, nous naviguerons entre élans du cœur et réflexions sur l’art de l’écriture et ses effets sur l’âme des Hommes, dans ce dialogue aux accents autobiographiques.

En rencontrant Godot

« Estragon
Mais qu’est-ce qui te prend ? Qu’as-tu à gémir comme ça ?
Vladimir
Godot.
Estragon
Oui, Godot. C’est toi qui m’as demandé de l’attendre. Ici. Et en ta compagnie. Et j’avais ressenti de la peine à te laisser l’attendre, seul ; car, vois-tu, moi, dans un premier temps, je ne comprenais pas pourquoi il fallait attendre quelqu’un qu’on ne connaît pas vraiment. Et, entre nous, avoue que ni toi ni moi ne le connaissons, en réalité. »

S’annonçant comme un écho à la célèbre «En attendant Godot» de Samuel Beckett, cette pièce prolonge les interrogations qui font le charme mystérieux du texte de l’écrivain irlandais. Durant plus de soixante ans, Godot fut attendu. À présent, Tiburce Koffi nous le montre en sortant l’énigmatique personnage de son silence.

Cette pièce, au style délié et chargé d’humour, représente bien plus qu’une simple et légitime fantaisie d’un écrivain subversif. Véritable hommage à Beckett et au théâtre de l’absurde, «En rencontrant Godot» relancera certainement les débats autour du chef-d’œuvre !

Encore tant de choses à te dire

« L’Oncle notaire : Ce garçon me paraît vraiment de qualité. Comment le trouves-tu Juliette ?
Juliette : Comment je le trouve ?
L’Oncle notaire : Oui ?
Juliette : Allemand. »

Deux époques, deux jeunes gens, deux pays, une guerre.
Encore tant de choses à te dire, c’est l’histoire d’un amour impossible entre un officier allemand et une jeune Française, pendant et après la seconde guerre mondiale.
C’est l’histoire de jeunes gens que tout rapproche, mais que les conflits et la folie des hommes s’évertuent à éloigner.
C’est l’histoire de destins brisés irrémédiablement, et que le temps qui passe ne parvient pas à apaiser.
C’est surtout une pièce de théâtre qui dit que l’amour, à la fin, au bout du bout, est plus fort que le silence.

La Mort de la Poupée suivie de Bobok

La Fille : Je veux savoir si la mort de ma poupée l’affecte d’une manière ou d’une autre.
La Femme : Elle veut savoir si la mort de la poupée t’affecte ?
L’Homme : Stupide comme question ! Qu’est-ce que la mort d’une poupée ? Il en meurt chaque jour et personne ne s’en émeut ! Au Moyen Âge, elles mouraient bien plus jeunes.

Un dimanche matin comme un autre, dans la cuisine d’une maison quelque part en campagne, un cri retentit. Qui a tué la poupée ?

Liés par une sourde violence et pourtant incapables de communiquer entre eux, la mère, le père, la fille et le grand-père s’enferment dans un simulacre de procès, véritable huis clos anxiogène et infernal. Ce sont les années 60 et le souvenir de la guerre rôde, toujours très présent. Mais à ce propos, la guerre est-elle vraiment finie ? Le fils qui y était parti il y a bien longtemps a prévenu qu’il en reviendrait ce dimanche. Il faudra pourtant bien trouver le meurtrier avant son retour afin qu’il ne se rende compte de rien.
Mais, au fait… Peut-on assassiner une poupée ?

Bobok est un long monologue théâtral adapté librement d’une nouvelle de Dostoïevski. La scène se passe dans un cimetière où il arrive que parfois les morts parlent encore entre eux, le temps de leur décomposition.

Antigone ou l’Aspie nouvelle

« Créon
Que tes idées sont noires, ma nièce !

Antigone
Non. Mes idées ne sont ni noires, ni roses, ni jaunes, ni bleues, ni d’aucune couleur. Je ne te comprendrai jamais. C’est tout. »

Dans cette tragédie du XXIe siècle, Antigone, de nouveau la fille d’Œdipe, est une jeune femme entêtée qui veut offrir une sépulture de fortune à son défunt frère. Mais elle est surtout une autiste d’Asperger – une Aspie – avec sa sensibilité exacerbée, son autoritarisme individuel et son carcan de pensées exclusives. Farouche, elle tient tête à son oncle Créon, un roi aussi intransigeant que tyrannique, qui a décrété que quiconque enterrerait l’ennemi du royaume, Polynice, devrait mourir. À la rigidité d’une Aspie caractérielle s’oppose le pouvoir d’un despote autoritaire : qui remportera l’ultime confrontation ?

À une époque où le syndrome d’Asperger touche de plus en plus d’enfants dans le monde, Klara Milo imagine une relecture d’Antigone pour sensibiliser le grand public à cette forme d’autisme. Désireuse de rassurer les parents, à qui elle démontre que la situation est loin d’être ingérable, elle s’adresse également au grand public.

Ultime conviction

« La vérité ! De quelle vérité parlez-vous ? Il y a autant de vérités qu’il y a de participants à un procès ! La vérité est une notion subjective, c’est de la matière pour des philosophes, c’est tout. La vérité c’est comme un curseur, de zéro à dix, le dix, la vérité suprême, vous ne l’atteindrez jamais, jamais, ni vous, ni moi, car nous ne sommes que des hommes, que de pauvres hommes ! »

Un président, un procureur et un avocat de la défense se font enfermer dans une salle d’audience par un mystérieux individu qui les oblige à rejouer un procès vieux de plus de 20 ans. Décontenancés, les trois hommes de Justice n’ont d’autres choix que de se prendre au jeu et délibèrent : coupable ou innocent ?

Philippe Froget est avocat généraliste. Confronté chaque jour de sa vie professionnelle aux difficultés et grandeurs de notre Justice, il a toujours été passionné par l’étude des relations humaines au sein de cette institution, et par l’analyse des conséquences des jugements de quelques hommes sur la vie des autres. Il est déjà l’auteur de Foutue Guerre, une première pièce de théâtre sur la Guerre de 14-18 parue en 2015 aux Éditions du Panthéon.

La Fuite

« Fuyez vers le nord, n’espérez plus partir, bientôt la situation sera incontrôlable et je ne pourrai plus rien faire pour vous. »

Congo Brazzaville, 1997. Sous la pluie des obus, une famille tente de survivre à la guerre civile qui fait rage. Une seule solution s’impose : la fuite.

Véritable tragi-comédie contemporaine, « La Fuite » est basée sur le témoignage de l’auteur, à travers ses yeux d’enfant. En se remémorant l’exode, il rappelle la nécessité de l’amour familial, véritable rempart face à la haine et à la barbarie. La fraîcheur des personnages, leur naïveté et la justesse des faits retranscrits nous font voyager à travers l’Afrique Equatoriale et prendre le pouls de l’horreur moderne. Alors que ces tristes événements ne sont finalement pas si anciens, l’auteur incite à la réflexion sur les conséquences d’une guerre civile pour tout un peuple, et nous met en garde pour les années à venir.

Le chemin d’Heming

Émile, il pourrait être accroché au phare de la Veille ou à celui d’Ar Men, le nom n’a pas d’importance finalement. Il aurait pu être marin. Il est le gardien de ce phare qui lutte et qui veille. On le croit seul, mais il ne l’est pas. Bien entouré, dans un huis clos forcé, au milieu des éléments déchaînés.

Il y a Ulysse, son ami de longue date, qui ne sait trop ce qu’Homère attend de lui. Il y a Amandine, celle de la mer, l’onde claire des courants et la voix des marins. Il y a aussi Charles, l’aristocrate au grand nom mondialement connu excepté d’Émile. Charles Nungesser est tombé de haut, son Oiseau Blanc s’est abîmé. En mer.