Thème : Théâtre

Sauvegarder l’instant

« L’oiseau et la vieille dame ne [font] qu’un. L’oiseau est son côté ludique. En regardant vers le ciel, mes lèvres forment un sourire Joconde et mes yeux se remplissent de lumière. »

Des étudiants qui louent une chambre à une vieille dame à un tarif avantageux, des jeunes qui participent à une fête clandestine, un garçon effrayé qui fuit la ville, un voisin du dessous longtemps resté anonyme… Tout cela, et plus encore, compose le monde de Sol, pétillante septuagénaire qui philosophe sur les conséquences du coronavirus et parle seule à voix haute de sa vie passée.
Dans cette pièce de théâtre enlevée, Nut Monegal aborde des thèmes aussi universels que l’amour, la liberté ou la solidarité, donnant à voir et à accepter différents points de vue sur la crise sanitaire. Cette ode à la tolérance est en elle-même une façon de savourer l’instant présent.
Poète, dramaturge, comédienne, Nut Monegal conjure l’angoisse de la solitude et de l’enfermement en un objet théâtral. Sous sa plume caractéristique, l’angoisse s’apaise, un temps, pour que nous puissions relever la tête et humer la douceur de l’air. Le rire ne vieillit jamais.

Le Fjord rouge

« LIV : Alors sois moins catégorique et ouvre-toi ! Franchement, quand tu vois ces terres austères et englacées un jour de beau temps, lorsqu’une aurore boréale vient déchirer et embraser en un instant un ciel étoilé si pur, à peine imaginable sous d’autres latitudes, tout ce beau, tout ce limpide, sans aucune imperfection, c’est inspirant, non ? Tu ne crois pas que les artistes peuvent être sensibles à cette beauté-là ? »

Dans cette première pièce de théâtre audacieuse, Christophe Dupuis nous emmène sur les pas d’un spécialiste de la biologie arctique et d’une artiste contemporaine reconnue, embarquant ensemble pour une expédition d’observation des ours polaires. Tout les oppose et pourtant, ils seront confrontés l’un à l’autre dans un huis clos passionnant, où un événement tragique de leur passé les reliera contre toute attente… et au péril de leur propre vie.
Rêver à de vastes étendues alors que l’on doit s’enfermer en raison d’une pandémie, qui ne l’a fait ? L’auteur a transformé ce désir en un texte qui nous emporte dans les paysages et les mystères du Svalbard.

Une soirée perdue

« Alfred, dans deux jours, je dois sélectionner un des auteurs publié dans ma revue pour être éligible à l’Académie française ! C’est une occasion à ne pas manquer ! Les intellectuels se demandent ce que vous faites, où vous êtes, pourquoi vous n’avez rien publié depuis bientôt deux ans, je crois que l’on vous attend au tournant… »

Aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains français, Alfred de Musset ne pouvait jouir de cette étiquette de son temps.
En 1840, arrivé dans un gouffre déserté par l’inspiration, Musset se laisse dépérir dans son appartement depuis seize mois. Gustave, éditeur et meilleur ami du poète, tente de le réveiller de cette léthargie qui s’apparente à une mort artistique afin qu’il se relève et écrive à nouveau. De cette confrontation naîtra un poème « Une soirée perdue ». L’inspiration trouvée pour écrire ces quelques lignes ne sera pas sans conséquences…
Dans cette pièce, l’auteur relate les trois jours où la vie de De Musset a basculé, notamment au contact d’une certaine George Sand…

Le double jeu de d’Artagnan

« C’est bien ce que je craignais… Un redresseur de torts, un justicier de petite province, en un mot, un empêcheur de tourner en rond… Tavernier, je suis déçu, votre clientèle n’est pas aussi belle que votre serveuse ! »

D’Artagnan, célèbre capitaine des mousquetaires, homme de prestige et de talent au service de la couronne, est connu de tous. Pourtant, derrière ses exploits, il est difficile de connaître ses aspirations et ses passions. Cette pièce de théâtre nous en dévoile une facette. Mais pour fendre l’armure, et savoir qui se cache vraiment derrière le héros national, le lecteur va devoir percer le mystère… du double jeu de d’Artagnan.

Le retour

« Mais je reste persuadé qu’ils ne peuvent pas tuer la flamme. Si tu es éduqué, tu restes éduqué. Même si parfois tu t’éloignes, tu finis par revenir. »

Après avoir passé quelques années à Paris, Patrick revient à Marseille et rencontre son ami Jacques dans un bar. Ces retrouvailles se transforment vite en un échange non dénué d’émotion qui devient progressivement une discussion philosophique sur le sens de la vie.

Shadow

« J’ai vu ma gorge trouée et des mots qui en sortaient, mais je ne disais rien. Pourtant les mots sortaient un à un et moi, je ne disais rien. Je les ai pourtant vus sortir, je me suis pourtant entendu crier. Je savais bien que je n’étais pas encore née. »

La difficulté à être et à se libérer de ce qui entrave est au cœur de cette pièce. Il y est question des mères et des filles qui portent le poids des conditionnements passés. Ces femmes sont ici et ailleurs, elles peinent à s’incarner, à trouver leur place. Elles ne portent pas de nom car ce qui se joue ici est universel : elles sont des archétypes. Le spectateur ignore qui elles sont. Elles ont endossé tous les rôles, au risque d’occuper toute la scène, sans possibilité de s’échapper. Elles crient pour que leurs voix portent, pour exister face au silence.

L’anniversaire de Dracula

« Chers amis mortels, bonsoir  ! L’histoire qui va vous être contée ce soir relate un épisode de la vie du comte Dracula. Avez-vous souvenance du célèbre vampire de Transylvanie  ? Ce dernier fête son 200e anniversaire et pour l’occasion, il décide qu’il est temps pour lui de choisir une nouvelle épouse. C’est à l’occasion de cette soirée qu’une histoire de vengeance se prépare ! »

Dracula fête son anniversaire et souhaite en profiter pour se choisir une épouse. Son fidèle serviteur, Renfield, a tout préparé pour l’occasion et deux prétendantes vont donc l’accompagner pour célébrer l’évènement. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu…

17: 00

« Pas tant que ça, voyez-vous, parce que si c’était le cas, je veux dire si c’était inutile, si tout était inutile, nous serions alors dans notre élément et tout nous semblerait parfaitement normal. L’inutilité d’une inutilité ne peut pas être inutile, vous me comprenez ? »

Cette histoire se décompose en huit temps. Huit agonies. Quatre personnes se retrouvent et attendent l’heure fatidique… Certains attendent ce moment depuis si longtemps qu’ils ne savent plus. À dix-sept heures, tout va changer. Pour toujours. Alors, faut-il attendre, en attendant ? Pourquoi cette heure et pas une autre ? Pour le savoir, attendez avec eux et vérifiez votre montre…

Dans le prolongement de la nuit

« Parfois, je vous entrevois en train de danser  ! Vous êtes toujours si épanouie  ! Quelle force sublime émane de votre corps ! On dirait une dompteuse de l’espace ! Vous me procurez tant de plaisir, car vous êtes le contraire de moi ! L’être qui paraît fulgurant, mais qui ne cherche qu’à se cacher… »

Un après-midi d’automne, en sortant d’un café de la rue des Abbesses, Nut Monegal a aperçu devant elle une femme qui marchait avec des cannes anglaises. Elle les envoyait avec force sur le trottoir, avec rage, comme si elle était furieuse contre la vie, contre quelqu’un ? Inspirée par ce personnage de la réalité, l’auteure a voulu la faire revivre en parallèle dans la fiction, dans cette pièce de théâtre que nous tenons entre nos mains.
La vie, avec ses rayons de soleil et ses larmes salées, court, vole dans les pages de l’œuvre de Nut Monegal. Poète, auteure dramatique, comédienne à ses heures, elle fait de l’écriture sa fenêtre ouverte sur les autres, cette merveilleuse source d’inspiration

L’amour vu des Bourgs

« Sanier : T’y arrives, toi ?
Fertier : À quoi ?
Sanier : À être joyeux ?
Fertier : Ouh… Un bien grand mot encore.
Sanier : Joyeux ?
Fertier : Peut-être. J’ai pas l’habitude. Moi je dis que ça va. Ou que ça ne va pas, dans l’autre sens, si je sens que c’est dans l’autre sens. Tu comprends ? Faut pas se mettre la tête plus mal que ça. La vie, c’est simple. Pas se la compliquer… »

Marjoline a quitté Sanier, son amoureux passionné. Alors leur rupture, l’amour : on ne parle bientôt plus que de ça dans ce pittoresque village des Bourgs. Le désordre s’installe sûrement. Sanier tente de se noyer dans son lait entre deux monologues avec sa vache, Fertier est marié à une morte, alors vous imaginez, le sujet le fait exploser, la Dunier voudrait détester tous les hommes, notamment un, Dameline désespère de son amant de papier, le Maire veut légiférer sur l’amour, Miduline sent en elle un printemps qui fleurit… Au milieu de tout ce beau monde, le jeune commis, lui, reste yeux grands écarquillés.
Avec fracas et invectives, l’amour, encore lui, toujours lui, fait fusionner et s’écharper âmes et corps dans une grande controverse à la façon des Bourgs.

Entrez en scène

« Lily  : Vous êtes un artiste, Patrick  ! Jouer ces deux personnages avec tant d’authenticité  ! J’ai cru voir la foule menaçante croiser le chemin de l’Empereur.
Patrick : Merci, Lily.
Albert : Bien sûr, Lily est mordue de théâtre. (Il rit) Dans sa lointaine jeunesse, il semble qu’elle ait fait partie de la troupe du Mime Marceau ! Elle était artiste, avant son mariage… »

Dans « Combat à huis clos » se délivre un monologue empreint de suspense qui dépeint la résurgence des extrémismes dans notre société ; « Le mur mitoyen » plonge le lecteur dans l’absurde quand se déroulent sous ses yeux les interactions les plus étranges entre voisins au beau milieu de la nuit ; enfin, « Jeanne Moreau est morte » rend un vibrant hommage à celle qui fut l’égérie d’une génération. Trois pièces à la puissance narrative et à la profondeur de réflexion abyssales.

Le Coursier

« PILATE
Comment ? Ah, c’est Judas, n’est-ce pas ? Ce n’est pas par hasard s’il est sorti d’ici en sautant comme un chevreuil. (Pause). Mais tu l’espères en vain. Pour lui, trente tétradrachmes, c’est une grosse somme d’argent. À coup sûr, il va faire une bêtise. Il valait mieux me le demander à moi tout de suite. Liscus allait me les rendre de toute façon. D’accord, ainsi soit-il, nous allons les rendre à Judas. N’est-ce pas, Marie ? »

Pourquoi Pilate ne voulait-il pas condamner Jésus ? Cette question reste un des mystères les plus énigmatiques de l’histoire de l’humanité. Peut-être les évangélistes n’avaient-ils pas toutes les cartes en main pour nous dévoiler les nombreuses facettes de ce drame historique… Seule la force de l’amour, égale à celle de la foi, pouvait créer une intrigue fatale, initiée par l’envie de liberté gauloise et embrasée par la fierté romaine.

Crime de grossesse

« Enfin, que se passe-t-il, ma belle ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette. (Silence de Wayatima. Amita agite sa main sous le regard impassible de Wayatima.) Hé ho ! Est-ce que tu me reçois ? Réponds-moi ! Dis quelque chose ! Parle, voyons ! Ton silence m’inquiète. Qu’est-ce que tu as à me dire de si important ? (Wayatima se dirige vers le canapé, s’assoit et pleure. Amita vient s’asseoir près d’elle.) Qu’est-ce qu’il t’arrive, ma puce ? Pourquoi pleures-tu ? Un malheur s’est produit dans ta famille ? »

Wayatima, fille d’un Colonel riche et autoritaire, tombe malencontreusement enceinte d’Éloki, celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. Troublé par cette nouvelle et ne sachant comment l’assumer, Éloki trouve refuge chez sa sœur. Mais quand le père de Wayatima découvre l’impensable, c’est une horde de militaires qui part à la recherche du responsable de ce « crime de grossesse »…

Issan Giska Ntsila dévoile une pièce tragi-comique sur le comportement cruel de certains parents vis-à-vis de leurs filles en état de grossesse. À l’heure où la naissance d’un enfant « bâtard » est encore perçue comme un déshonneur, il révèle le triste sort réservé à ces jeunes femmes livrées à elles-mêmes.

Dans un style fluide et parfaitement maîtrisé, Issan Giska Ntsila nous fait ainsi percevoir les scintillements du cœur. Suivant une mise en scène imaginative pleine d’émotions, il parcourt brillamment l’amour et la notion de grossesse dans certaines cultures. Emporté dans une lecture frénétique, le lecteur découvre alors la subtilité de l’auteur et sa vision de l’existence.

Monsieur Nez

M. Nez, face au public.
La nuit dernière j’ai fait beaucoup de rêves. Je me souviens que j’ai enseigné à un groupe d’étudiants comment voler. D’abord j’ai pris mon élan, puis j’ai poussé sur mes jambes en agitant mes bras tels des ailes et je me suis mis à voler comme un oiseau. Il me vient à l’esprit que pour éviter les fils électriques j’effectuais des voltiges pour ne pas les toucher. Le sentiment de vol était incroyable. Comment puis-je le décrire ? Je ne trouve pas les mots. Vous sentez la légèreté…, oui, la légèreté d’être.

Cette pièce est basée sur «Le journal d’un fou» de Nikolaï Gogol paru en 1835, une nouvelle grotesque aux allures de récit presque fantastique dont l’écriture semble empreinte de théâtralité. Cependant, l’œuvre d’Albina von Klix dépasse la simple adaptation et révèle une véritable création originale.

Le personnage principal de la pièce est Monsieur Nez. Il habite New York et travaille comme assistant dans une compagnie d’assurances. Son intérêt principal : l’écriture. Il aime écrire et croit que seule cette activité a une signification dans la vie. C’est le motif principal de l’histoire. Monsieur Nez est écrivain et son imagination est supérieure à la normale. La pièce va ainsi suivre d’un côté le développement graduel d’une schizophrénie naissante et de l’autre, la tragédie d’un homme sensible face à la démence.

AiMe comme… Marquise

« Monsieur, je connais la hauteur de votre état,
Et ne mésestime ni vos lois, ni vos droits.
Mais, le voyez-vous, dans quelques instants, je joue ;
Et pour devenir Andromaque, je l’avoue,
J’ai plus nécessité d’un silence complice
Que du lieutenant général de la police. »

Voici l’histoire de Thérèse de Gorla, dite Marquise ou Mademoiselle du Parc, fille d’un bateleur italien fixé à Lyon, devenue célèbre comédienne française. De son rôle d’Elvire dans « Dom Juan » à celui d’Arsinoé dans « Le Misanthrope », sa beauté et son port de reine lui vaudront de séduire les grands dramaturges de l’époque classique, Molière puis Corneille, sans oublier Racine qui lui écrira « Andromaque » en 1667. Le destin fabuleux de cette jeune femme s’écourtera mystérieusement au lendemain de ses trente-cinq ans, après une incroyable ascension.

Histoire de France, confessions, amours et scandales sont les ingrédients finement travaillés de cette nouvelle création. Une mise en scène dévoilant un tableau historique essentiel et révélant une énigme ahurissante de cette même période : Corneille aurait-il écrit les pièces les plus célèbres attribuées à Molière ? Une hypothèse qui déchaîne encore les passions et nous offre un spectacle authentique !

Darwin, fallait-il le tuer ?

Darwin
On ne peut pas parler de ce que l’on voit, de la vérité ?

Docteur Faulkner
Surtout pas ! C’est trop brutal la vérité.

Depuis qu’il a théorisé l’évolution des espèces et l’origine de l’Homme, Darwin n’a cessé de susciter des polémiques : quelle est la place du divin dans la Création ? L’idée de la sélection naturelle ne conduit-elle pas à justifier l’élimination de ceux qui ne peuvent s’adapter, au mépris de nos valeurs humanistes ? La peur des conséquences que ces débats pourraient entraîner pousse certaines institutions à rejeter le darwinisme, au mépris d’une réalité scientifique qu’il est pourtant aujourd’hui difficile de nier. Mais si Darwin a entraîné tant de bouleversements, n’aurions-nous pas dû tout mettre en œuvre pour l’empêcher de diffuser ses travaux ?

Cette pièce de théâtre s’inspire librement de cette histoire pour tenter de répondre à cette question. Guillaume Jest nous projette directement dans l’ambiance anglaise de 1830 et nous conduit d’un dîner dans un manoir anglais, à une extraordinaire expédition maritime dans l’immensité de l’océan Pacifique.

En alternant légèreté de ton, actions, et aventures lointaines, l’auteur nous ouvre une passionnante page de l’Histoire, tout en maintenant une tension aboutissant à une fin des plus inattendues… Laissant à chacun le droit de juger s’il fallait tuer Darwin ou non !

Les âmes sœurs aux lunes de sève

« À l’opposé du monde se cachaient les secrets les plus importants de l’amour vivant, fondamental à toute existence. Les âmes sœurs dissimulées grandissaient pour un jour connaître la plus belle expérience de la lune d’Éros, la correspondance parfaite. Loin de l’observation de leurs mirettes respectives, à l’opposé, la belle nature Juanita et le palais de glace Jérémie étaient destinés l’un à l’autre par le reflet des lunes chantant l’amour. Sans le savoir, deux êtres prédestinés devaient vivre la plus belle histoire d’amour, un sentiment magique, et les éléments se manifestaient avec les échéances les plus extraordinaires. »

Cette pièce de théâtre conte l’histoire de deux êtres destinés l’un à l’autre. Jérémie, un jeune homme solitaire et éteint né à Paris et Juanita, une jeune femme enjouée et épanouie née à la Martinique. L’un se questionne sur l’existence de l’âme sœur, l’autre n’y a jamais vraiment songé. Seulement il est temps. Arrivés tous deux à la fleur de l’âge, les interrogations se bousculent et les parents de Juanita ont la ferme intention de marier leur fille.

Dans un style délicat, l’auteur nous emporte ainsi au cœur des obstacles, des infortunes et plus que jamais de l’attachement de deux personnes prêtes à vivre pleinement leur destinée. Alors que leurs étoiles semblaient contraires, la vie va pourtant les amener à se rencontrer. De là, naîtra une passion amoureuse représentative de toute l’énergie enfouie en eux.

L’itinérant

« En moi, quelque chose aussi remuait, naissait et bouillonnait : l’intuition qu’au-delà de la tourmente alentour, j’approchais d’un moment d’apogée de moi-même, une sorte de station décisive dans mes itinérances. Et une énergie mystérieuse circulait en moi, irradiait mon cœur de battements exaltés et de générosité euphorique, comme à l’attente de l’annonce d’un événement prévu. Et quelque chose qui, tout en me stimulant et me demandant d’être prêt pour ce qui allait survenir, me disait que je serais peut-être l’agneau du sacrifice. Mais je n’avais pas peur : j’ai compris que je venais d’avoir la révélation de mon accomplissement. Et j’étais déjà offrande ! »

Balades, méditations, proses philosophico-romanesques, ce texte multiple est une succession de tableaux dramatiques, de critiques sociales et de réflexions sur la vie. Ni roman habituel, ni drame, ni nouvelle. C’est un acte d’écriture libre et solitaire, le tout mené par un héros narrateur aussi virtuel que vraisemblable. Comme un chorus de Coltrane ou une remontée chromatique de Liszt, cette écriture dévoile toute l’authenticité de son auteur…

Le jugement éphémère, ou les aveux de Monsieur Keyneh

SELVA
Tu es fou et ambitieux.

KEYNEH
Je ne suis pas fou… Peut-être que nous avions tort d’être dans tous nos états, peut-être que durant tout ce temps, nous nous sommes concentrés sur nos défauts… Mon erreur a été de t’emmener un jour chez Haha pour réaliser ton portrait… pour te l’offrir comme cadeau d’anniversaire… Ce cadeau voulait dire que « je t’aime ». Comprends-tu ?

Cette pièce représente le florilège de quantité d’œuvres littéraires. Abel Sánchez. Une histoire de passion, la Genèse, sont autant de références précieusement utilisées pour nous entraîner dans une étonnante réinterprétation de l’histoire de l’humanité à nos jours.

Le théâtre du jugement éphémère se définit par une simplicité globale : les phrases, les mots, les sons sont ouverts, sensibles, évidents. Pour autant, leur intérêt réside dans leurs significations cachées, révélatrices des plus anciennes croyances, pour en délivrer un message essentiel et moral.

Entre plume et scène suivi de Entre scène et jardin des mots

Des éclats à dire pour des éclats de rire ! Un absurde qui nous arrache des gloussements irrépressibles. Le ridicule si précieux sur la scène de toutes les scènes qu’on peut se faire.

Entre philosophie et calembours, romantisme et fatalisme, l’auteur nous entraîne dans des échanges à la fois beaux, profonds et légers. À la suite de Marion et Christophe, couple en déroute, nous naviguerons entre élans du cœur et réflexions sur l’art de l’écriture et ses effets sur l’âme des Hommes, dans ce dialogue aux accents autobiographiques.