Thème : Nouvelles

PluriElles

« À la fin de son récit, je ne pus émettre un mot. En l’espace d’une matinée, elle m’avait livré un grand nombre d’informations auxquelles je n’avais pas été préparée : mon grand-père irresponsable et infidèle, mes tantes qui n’étaient plus mes vraies tantes, mais des «demi-tantes», la guerre qu’elle avait vécue, et puis… Sa vie, tout simplement, son histoire sans filtre et sans personne d’autre pour écouter que moi. »

Dans « PluriElles », Céline Kokkomäki expose une galerie de portraits féminins. Des femmes jeunes ou âgées, de toutes origines, aux allures et aux vies multiples et pourtant similaires, parfois. Elle dévoile des tranches de vie, des combats et des victoires du quotidien, des situations qu’on est amenées à vivre, invariablement, en tant que femme, quelle que soit notre histoire. Une photographie sensible de la femme moderne et de sa féminité.

Le Baiser

« Je l’ai rencontrée dans le crépuscule automnal de la ville, suivant d’abord une ombre se mouvant autour d’une silhouette, ombre que les néons colorés et l’éclairage public se plaisaient à multiplier, rendant la personne indéterminée, ignorant sa taille, sa minceur ou sa corpulence »

Dans ce « Baiser », c’est avec délicatesse que Jean Marguerite a serti l’amour, entouré de perles d’humour et de poésie, émaillé de réflexions sur notre humanité. Il raconte un élan amoureux pour une inconnue, le désir et la volonté de la protéger de sa tendresse, mêlant tous les amours : à la fois celui d’un amant, d’un père, d’un étranger. Un baiser fugace mais pas futile…

Bulles de vie

« Les repas de midi se terminaient souvent par une tranche de pastèque. D’une fraîcheur exquise grâce au pain de glace où on l’avait placée dès le matin et dont j’aimais sucer les petits éclats translucides. J’aspirais le nectar sucré de ces tranches couleur rubis – les pépins d’un noir d’ébène luisant glissaient avec. Dieu que c’était bon ! »

L’ivresse de ressentir, toucher, respirer, les textes rassemblés dans ce recueil exhalent cette jubilation. L’auteur y fait éclater la joie des longues marches et de l’attentive observation de toutes les créatures qui nous entourent. Saynètes de la vie, poèmes, souvenirs d’un Noël d’antan, ces bulles de vie pétillantes sont autant d’invitations au bien-être, au lâcher-prise et à goûter aux bonheurs des plaisirs simples.

Improfables

« Un mitron trottinait dans une campagne, avide de sensa- tions furtives.
Tout en sifflotant des airs de Charlie Parker appris en cuisine, il savourait l’air marin des petits matins. Il prenait en effet ce chemin pour tarir ouvrage à l’auberge des Trois maillets, non loin de Mauléon. »

Avec un imaginaire nourri aux Fables de La Fontaine, Jean Louis Mechali exprime ici son amour de la métaphore, usant du langage comme d’un vaste terrain de jeu où toute expérimentation est permise. C’est donc le vers libre au vent que ce « musicien qui écrit » nous livre un regard tantôt navré, tantôt amusé, sur la société moderne, au moyen de ces fables drôles, douces, acerbes parfois. D’un jet et sans retouche.

Le voyage d’Édith et autres nouvelles extraordinaires

« Le Grand Canyon provoque toujours un choc au voyageur qui le découvre pour la première fois. Il est vrai qu’il s’agit d’une des plus spectaculaires beautés naturelles de la planète. »

De la Guyane à l’Égypte, de la Californie au Liban, de Bangkok à Paris, de la Guadeloupe au Mexique, l’auteur nous emmène dans des récits où le surnaturel est toujours présent et la mort jamais très loin.

Qui d’entre nous délire ?

« Est-ce nécessaire de lui faire pointer la contradiction de son discours ? Je me suis interrogé. Non, cela n’aurait pu rien changer. Il m’a donné à entendre la réalité des choses en même temps qu’il a tenté de me rassurer. L’intention est bonne, il a dit la réalité telle qu’il la vit et telle qu’il se la représente. »

La littérature médicale considère le « délire » comme un discours en décalage avec la réalité et un symptôme majeur de maladies psychiatriques. Pourtant, malgré leur incohérence, certains discours peuvent structurer la vie des individus. Alors, qui délire ? Qui est raisonnable ?
Avec ces histoires mi-loufoques, mi-dramatiques, l’auteur sonde les interactions sociales et les temporalités mouvantes afin de tenter d’appréhender l’énigme du délire. La fiction devient alors le médium idéal pour retranscrire ces singulières variations de l’esprit.

Le ciel et l’enfer

« Nous sommes nés dans le même quartier. Une rue voisine de l’autre, pour tout dire. Nous jouons ensemble depuis que nos jambes nous permettent de marcher. Nous prenions déjà le même chemin pour rejoindre l’école. Nous parcourions les années et vivions les saisons sous un même rayon. Et pas un nuage ne venait troubler cette randonnée. Plus tard, bien plus tard, nous nous sommes perdus de vue pour des raisons que la vie ignore. »

Dans ces textes courts, denses, aux allures de contes, l’auteur dévoile ses émotions et nous emmène dans ses souvenirs, relatant les métiers qu’il a exercés, les moments figés dans le temps, un sourire, une soirée, une rencontre… Une réflexion sur l’existence à travers l’intimité d’un homme, livrée sans fards et avec sincérité.

Errances solitaires

« Voyant que mon regard s’était porté vers l’objet, son sourire s’élargit et son visage s’illumina. Ses yeux brasillaient d’une étrange lueur douce-amère. Sans rien dire, elle leva le bras et me présenta ce qu’elle tenait: un gros bulbe ensanglanté de forme ovoïde, que j’identifiai immédiatement comme un cœur. »

En dix histoires frissonnantes, la mince frontière entre rêve et réalité s’estompe. Rencontre inattendue sur une plage, aspirant comédien pour le meilleur ou pour le pire, phénomènes étranges dans un zoo, les personnages expérimentent l’angoisse de l’inconnu.

Ce n’est jamais simple

« Quand le mal était-il arrivé ? Il y avait un an certainement, mais alors, le mal était fait… Et il allait grandissant. Comme une énorme tumeur qui lui volait sa vie. Une tumeur qu’il récusait, mais dont il ne pouvait se passer. Une tumeur qui lui apportait toute la jouissance du monde, tout l’amour du monde, toute l’horreur du monde. Elle était devenue son obsession, sa pensée unique dévorant tout ce qui avait été sa vie. »

Qu’on le nomme suicide assisté ou euthanasie, les interrogations restent les mêmes. Dans les débats qui accompagnent cette question de société, « Ce n’est jamais simple » fait office de contrepoint. L’auteure y met aux prises ses personnages avec la maladie, la souffrance et leurs doutes. Laissés face à eux-mêmes, ils comprennent que le véritable ennemi est moins la mort que la solitude et l’égoïsme.

Confrontations

« C’est très étrange, comme les bouteilles de vin vieux durent peu longtemps lorsqu’on les boit seul.
Nathan hésite à en déboucher une seconde. Mais il renonce en considérant l’escalier qui mène au cellier ; les marches ont pris soudainement un aspect moins engageant : glissantes, tortueuses et raides.
Bref, fourbes comme sa bonne femme.
Donc : inutile de les provoquer.
Finalement, la picole, ça s’autorégule. »

Les onze nouvelles de ce recueil dépeignent la confrontation entre notre souhait de tout découvrir de notre univers et notre ambivalence à élargir le périmètre de nos certitudes.
Explorations du paradoxe temporel ou du rapport entre humains et extraterrestres, voyages dans le temps et autres collisions culturelles, apprendre de nouvelles façons de penser et de vivre va se révéler difficile pour certains.

Offrandes

« Le voici, en ce moment, en train de se livrer à son unique plaisir en guettant l’instant où le soleil révélera les couleurs de l’imperceptible. Subitement, des lignes noires apparaissent sur l’écran de sa mémoire et un grésillement parvient à ses oreilles. Mais, peu de temps après, l’image redevient stable. »

Dans ce monde chaotique où tout va trop vite, Hamid El Hajami prend quelques instants pour nous offrir sa vision des choses, révélant avec douceur que la frontière entre visible et invisible est souvent bien plus ténue qu’on ne le croit. Rationnel et inadmissible se côtoient dans ses écrits, laissant toute liberté au lecteur d’appréhender les histoires comme il l’entend.

Un buffet d’histoires mijotées dans la collectivité – Tome II

« Vingt-cinq ans plus tard, Isaïe exerçait le métier de guide de pêche sur la rivière Caniapiscau, dans le nord du Québec, au royaume des caribous. Il faisait partie d’une équipe composée de cinq autres Innus, tous natifs de la même réserve. Il était le chef et le sage parmi le groupe que tous vénéraient avec humilité. Il était celui qui leur avait enseigné l’art de naviguer à travers les rapides de cette grande rivière »

Dans ce nouveau recueil de nouvelles hautes en couleurs, Maurice Villeneuve traite avec un sérieux adouci d’espièglerie des sujets comme la violence conjugale, le respect des peuples premiers, le féminisme ou encore la façon dont on considère nos aînés.
Fables modernes aux morales très actuelles, ces récits sauront vous faire rire ou pleurer, d’émouvantes réflexions en cocasses situations.

Improvisations sur papier libre

« J’étais à Gaborone, au Botswana. En plein Kalahari. Cela faisait déjà six semaines que nous sillonnions l’Afrique. Un groupe de sept. Le minimum pour pouvoir accéder aux tarifs aériens de groupe. Cinq musiciens, un régisseur et Maximilien. Ah, Maximilien ! Un ami peintre exceptionnel. « Le septième ».
On le faisait passer pour mon psychanalyste, histoire de lui donner utile fonction, alors que visiblement, il n’en avait aucune dans cette tournée. »

Au cœur de ces nouvelles, des souvenirs réels ou oniriques, comme autant de variations sur l’envol du temps. L’enfance algéroise et la fuite, l’âge adulte et ses rencontres autour de la musique, Jean Louis Mechali feuillette cet agenda d’une existence qui est peut-être, ou non, la sienne.
Les émotions, les voix des êtres aimés sont confiées aux mots, ils en étirent et en prolongent la mélodie, comme une vibration poétique de la mémoire. Ils permettent aussi l’improvisation, si chère au cœur du musicien qu’est l’auteur.

Sacrifices

« Son enfance et son adolescence peuvent donc se résumer ainsi : une alternance de vie scolaire et de travaux des champs. Le peu de temps consacré aux loisirs était basé sur des jeux de cartes, de ballon, de marelle et d’osselets. »

La peur de mal faire et du jugement d’autrui pèse durant toute son existence sur le héros de cette nouvelle. Né à la fin de la seconde guerre mondiale dans une famille de paysans, Henry fait partie de cette génération qui aura connu aussi bien les chevaux de traits que les tracteurs à commandes digitales. Un progrès exceptionnel qui pourtant ne se reflète en rien dans le parcours d’un homme dont les convictions sont autant de chaînes.
Cloué au sol par des devoirs réels ou supposés, Henry se débat…
Lucide et âpre, cette nouvelle décortique les ressorts psychologiques qui tressent les choix de vie.

Offrandes

« Le voici, en ce moment, en train de se livrer à son unique plaisir en guettant l’instant où le soleil révélera les couleurs de l’imperceptible. Subitement, des lignes noires apparaissent sur l’écran de sa mémoire et un grésillement parvient à ses oreilles. Mais, peu de temps après, l’image redevient stable. »

Dans ce monde chaotique où tout va trop vite, Hamid El Hajami prend quelques instants pour nous offrir sa vision des choses, révélant avec douceur que la frontière entre visible et invisible est souvent bien plus ténue qu’on ne le croit. Rationnel et inadmissible se côtoient dans ses écrits, laissant toute liberté au lecteur d’appréhender les histoires comme il l’entend.

Fantômes de l’imagination

« Plongés dans une atmosphère détendue, tout en goûtant la variété des saveurs des mets délicieux disposés sur la grande table, on cause, roulant dans un cercle de lieux communs, évitant de parler de la raison qui motive notre présence réconfortante dans la cuisine. »

Riche en destins croisés, ce nouveau recueil de nouvelles par Giorgio De Piaggi dépeint la noirceur de l’âme mais aussi ses lumières.
Il nous raconte tour à tour un incident de la route qui s’avère être un véritable attentat et va mener un commissaire sur les traces de faits étranges, absurdes et incroyablement sombres ; une riche famille qui dévoile ses secrets à son dernier rejeton à mesure qu’il grandit, deux hommes que tout oppose et qui, partageant une nuit en cellule, se découvrent l’un l’autre en attendant leur sentence.
Giorgio De Piaggi est originaire de Gênes. Il a exercé la fonction de lecteur de langue et de culture italiennes à la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence puis enseigné la littérature française aux Universités de Salerne, de Bologne et de Gênes. Professeur émérite, Officier des Palmes académiques, il est membre du Conseil d’Administration de l’Alliance Française de Gênes, ancien membre de la Società Universitaria per gli Studi di Lingua e Letterarura francese, et Accademico corrispondente nell’Accademia Ligure di Scienze e Lettere.
Il est l’auteur d’ « Un jour à Marseille », « Ô Sorbonne ! », « Une étrange aventure », « Faut pas réveiller les morts » et « La chatte parlante et autres récits » parus aux Éditions du Panthéon.

Histoires d’outre-songe

« Le couple pousse et franchit la porte qui se referme aussitôt. Le sol est glacé. De la glace partout. Une patinoire.
Les murs sont faits de miroirs placés les uns à côté des autres, les quatre murs.
Où est donc la porte ?
Il n’y a que des miroirs. »

Voyage onirique en neuf étapes, « Histoires d’outre-songe » nous entraîne dans la face nocturne de notre vie. Alors que certains considèrent les rêves comme des suites de scènes incohérentes, l’auteur y voit au contraire les reflets de nous-mêmes. Rêveries éveillées ou ensommeillées, cauchemars même, ils portent nos émotions et nos envies en toute liberté.

La prophétie macabre

« Le savoir ne prévoit rien du tout, si c’est vraiment un savoir, puisque savoir c’est connaître ce qui se répète indéfiniment à l’identique d’une façon routinière. Donc si tu sais, tu prévois ce que tu sais déjà. C’est-à-dire rien, que du vent ! Si toutefois nous parlons de notre étant du savoir, du savoir véritable, fondé sur le désir humain despotique de traquer les habitudes du monde matériel. Pour son confort existentiel probablement. Pour ne pas être dérangé par l’imprévu, la nouveauté. D’où aussi son invention et son amour des lois de la nature. »

Dans ces quatre nouvelles philosophiques, Marc Moulines met en scène ces nouveaux penseurs appelés voyants. De la tragicomédie du culte dévot de l’étant à la satire de l’origine de l’Homme et du racisme, en passant par une mise en lumière des mensonges de l’alliance entre les actes et la pensée et une critique de la théorie du « pour-soi » despotique de Sartre, il nous emmène sur les traces d’une pensée méconnue.
Poèmes, récits et romans philosophiques, Marc Moulines privilégie l’éclectisme, gage d’une curiosité toujours en éveil. Le lecteur retrouvera sous sa plume la musique caractéristique de ses écrits.

Ici, là-bas…

« Je ne puis cependant vous en résumer simplement le contenu, ni directement vous dire l’impact que ces quelques pages ont eu sur moi. Je vous l’avouerai plus tard. Pour l’instant, je préfère vous laisser seul(e)s juges de la portée qu’elles pourraient, peut-être (ou pas), avoir sur vous, en faisant résonner ses mots à lui, dans leur sincérité, comme il les a écrits. »

Sous le parquet de sa maison en rénovation, un homme ordinaire trouve un journal extraordinaire. En découvrant ligne après ligne le destin d’un autre qui aurait pu être lui, il dévoile ses doutes sur l’existence, ses aspirations, sa volonté de courir, éperdument, après une liberté qu’on lui a dérobée à son insu. Dans ce sursaut de vie pure, il cherchera à retrouver le propriétaire du carnet, mais saura-t-il reconnaître un homme dont il n’a jamais vu les traits ?
« Ici, là-bas » conclut le triptyque commencé avec « Envole-toi » et « Pars avec moi ». Au cœur du récit, la réflexion obsédante dans l’œuvre de Damien Schmit sur la liberté et la condition humaine.
Damien Schmit est également l’auteur de « Entre ciel et terre… », « Cyclosphère », « À cœur ouvert » et « Silenzio », parus aux Éditions du Panthéon.

Un buffet d’histoires mijotées dans la collectivité

« Ce n’est pas facile de trouver la place du savoir sur la balance de l’avoir et de l’être. Il y a tellement de facilités d’apprendre lorsqu’on veut bien s’asseoir à la table des informations et de la vérité que notre être doit s’ajuster régulièrement avec ce qu’on y acquiert. Nous sommes dans l’obligation de remettre souvent en question notre rapport avec les milliards d’êtres humains sur terre. Si on se place simplement du point de vue mathématique, à chaque fois qu’un humain vient augmenter le nombre d’individus sur la planète, notre rapport personnel avec l’humanité vient de changer. »

Dans ces nouvelles retraçant diverses périodes d’une vie humaine, on découvre aussi pêle-mêle l’histoire de l’émigration au Québec, les difficultés que peuvent rencontrer les familles avec un enfant autiste, la vie des retraités et l’arrivée du coronavirus. C’est avec tendresse et légèreté que sont abordés ces sujets, dans le but avoué d’élargir les consciences à d’autres problématiques que celles qui peuvent nous toucher personnellement. Un rappel d’humanité !