Thème : Poésie contemporaine

Mots décomposés

« Un air lancinant, grinçant, acidulé
Et tellement, tellement lourd, et perçant, vibratif
C’est à ce son presque pur que je m’adresse :
Pourquoi vouloir détruire le monde et nos tympans ? »

Est-ce un poème ? Est-ce une liste ? Peut-être est-ce juste… une vue d’artiste ? Les textes des « Mots décomposés » sont surtout un immense terrain de jeu pour Michel De Cock qui nous y dévoile sa façon d’appréhender l’existence : en dansant sur les rimes, et en rythme. Avec tendresse parfois, avec humour souvent, il dessine des images d’endroits rêvés, où il fait bon se blottir ou s’amuser.

Être soi avec l’autre

« Dans nos mains, le maître du temps,
Nous remontons à la Source
Le temps, et l’inverse
Être soi, sans peur du juge »

Pour contrer le sort et la maladie qui l’entravent, l’auteur jette sur le papier des volutes de mots. Sur la partition de sa vie, il tempère d’harmonie ce qui est chaos et doutes. Dans un vertige de rimes et de rythme, il permet à l’esprit de voler, détaché de l’angoisse des quotidiens brumeux. Un saut de l’ange sans filet.

Carnet de poèmes

« Je me laisse naviguer
Encore un peu
Sous une…

Douce et douce, douce nuit
Cœur apaisé et fleurs effleuraient
Ton front et tes yeux »

Laissez-vous emporter dans une traversée en vers libres, à la prose légère comme une brise de printemps, pour évoquer avec le poète tout ce qu’il sait de l’amour et célébrer tout ce qu’il lui reste à en apprendre.

Les malheurs de Sophocle

« Oui, dis-je m’installant à côté d’elle
Écoutant cet apôtre du vivant et du réel,
Cependant que de moi s’éloignaient mes angoisses
Je me sentais un peu mieux, à l’épaule de ma mie.»

« L’argent, ah ! Fléau des humains », vers extrait d’une œuvre de Sophocle, est le point de départ de ce recueil. En déroulant le fil de ses réflexions, l’auteur imagine des poèmes intensément actuels, sur des thèmes intemporels. À cloche-pied entre tradition et modernité, il entrelace les formes classiques et les vers libres en un tout joyeusement débridé.

Sur les marges du possible

« Rien que d’exister à même les bords
Mille fois arpentés des rives de la vie
Ou embrassant d’un regard le monde
Du haut de l’Himalaya
Je me souviens de toi et
À peine assis sur le bord du temps
Tout d’un bloc m’assaille »

Ces poèmes en vers et en prose racontent dans ce recueil la nostalgie. En une double volute, ce qui fut et ce qui aurait pu advenir est déployé, comme les différentes facettes d’un même objet s’esquissant dans les lignes d’une même architecture imaginaire. Dans le fond, ce qui demeure, c’est l’aventure humaine et les multiples configurations qu’elle peut prendre, de la désespérance jusqu’au sublime.

Tu es l’Hibiscus, je suis le Lys

« Dans ce monde,
je suis Aussi libre qu’un oiseau
Dans une cage…

Dans mon monde,
Je suis tellement libre
Que je m’encage
Moi-même… »

Dans ce recueil teinté d’une tendresse douloureuse, l’auteure rend hommage aux émotions qui la traversent et qui laissent leur empreinte, pour un jour ou pour toujours. Une voix de femme authentique et sensible qui s’élève au nom de toutes les autres, celles qui parlent trop et celles qui se taisent trop, qui souffrent et qui sourient.

À l’ombre de mes pensées

« Senteur de l’existence à la fraîcheur du soir sous la couverture enflammée d’un ciel crépusculaire….
la nuit de noir vêtue, dans son linceul de silence, s’approche peu à peu dans l’ombre de la terre…. »

Une traversée des émotions humaines, un message de liberté, un hymne à la nature, ce recueil est cela et plus encore. Généreux, lyrique, piqueté de paillettes d’humour « À l’ombre de mes pensées » nous emporte dans le tourbillon de la vie. Rejoignez l’auteur, posté derrière une vitre et qui contemple et commente avec gourmandise ce qui se déroule sous ses yeux.

libre en son royaume

« une fois il était
dans un petit village
entre vagues et forêt
un homme d’un bel âge
comme tant d’autres
mais ne pas s’y fier
dans la tête du nôtre
une seule pensée
mourir
 
or tout semblait se liguer
contre ce désir fort singulier »

Dans un témoignage poétique sur l’accompagnement de fin de vie, pour dire les souffrances d’une relation filiale poussée à l’extrême, le pouvoir sans limites d’un amour inconditionnel, Hélène Deslandes casse harmonieusement les codes, à l’image de ce père qui souhaitait rester, envers et contre tous, jusqu’à son dernier souffle, libre en son royaume.

Over-rêve

« L’enfant a collé à son oreille,
Pour mieux imaginer de lointains rivages,
Un coquillage
Il a fermé les yeux…
Et amerrissent doucement ses songes.
Il est grand temps de rentrer. »

Remonter aux sources du temps et aux tréfonds des rêves, voici à quoi nous invite ce recueil tout en délicates volutes. D’un trait de plume, l’auteure y évoque le merveilleux des rêves enfantins ou encore la passion des voyages.

Les couleurs d’une vie

« Sentiments sentinelles
Dévouement rationnel,
Amendement éternel,

À ce moment rempli de doute,
À ce croisement où divergent nos routes,
À cet instant de déroute… »

L’auteure écrit ses souffrances et ses joies avec mélodie, avec des aigus tranchants et des graves qui enveloppent. Dépeignant avec justesse les épreuves de l’adolescence, la jeune femme laisse richement déborder ses émotions, ses colères, ses cris du cœur dans des vers qui se répondent, s’entrelacent et s’effilochent au gré des élans et du temps.

Terrain de jeu

« Je suis cette multiplicité
Je me trouve en donnant
Je suis ici sans être ailleurs
Je suis présent à moi-même »

Dans ses vers scandés, répétés, à déclamer, Nicolas Guyot trouve une manière de rester en mouvement, pour détourner le sort qui tente de l’immobiliser. Ici, sur le papier, il réconcilie son corps défaillant avec son cœur qui bat à tout rompre, avec son esprit qui court sans regarder en arrière.

Rêveries

« Qu’il fait bon se retirer en pleine nature
Et se reposer sur un bout de verdure !
On peut s’y libérer de toutes ses idées
Et arriver ainsi à la sérénité. »

Dans ce recueil aux atours classiques, l’auteur explore des sujets intemporels avec un regard empreint de romantisme et de mélancolie. L’amour a la part belle mais la famille, la mort ou encore la religion sont peints du bout de la plume avec délicatesse.

Le revers du traumatisme – Partie 1

« Je t’aime et ce peu importe les circonstances.
La passion, le plaisir, le désir… c’est d’une intensité à couper le souffle,
D’une sauvagerie à faire trembler les profondeurs des abysses, D’une douceur à bercer les enfants du village »

Ce recueil parle d’amour, mais également d’émotions fortes. L’auteur se dévoile peu à peu, au fil des vers, se mettant à nu et offrant au lecteur curieux ses pensées sans pudeur. Dans sa vie, souffrance et beauté se côtoient et forment un chant qu’il a choisi de retranscrire sur papier dans un langage criant de vérité.

De l’âme à la plume

« C’est sur ce cahier magique rempli de mots inutiles,
Que j’enterre mes passions et mes envies futiles.
C’est à toi, feuille immobile de ce classeur d’argile,
Que je laisse mon cœur qui de rosée scintille. »

Un recueil témoignage, c’est l’objet qu’a voulu créer l’auteur pour le mettre entre les mains des êtres sensibles. Récit tendre et poétique d’un chemin de vie qui, comme tant d’autres, fut semé d’imprévus, de joies et de peines, mais toujours empli de richesse et de leçons de vie.

Les mémoires d’une rose

« Je n’ai que seize ans, c’est vrai
Et mes traits, contrairement aux vôtres,
n’ont eu le temps de s’abîmer.
Néanmoins ; ce temps, tant que vous, m’a forgé.
Les peines et les blessures, voyez ; ne peuvent se résumer à un simple nombre d’années. »

« Les mémoires d’une rose » est un voyage intérieur, à la fois puissant et fragile, qui s’expose au monde. Laissant derrière elle la crainte d’être soi, l’autrice fait don de ces rimes, de ces émotions toutes nues, assumées et sublimes, pour transmettre la douceur, la sensibilité et l’espoir dessinés en filigrane dans sa poésie.

Homme exfolié

« Marche de bout à autre happée par imprécision,
fugitive écriture avance par force. »

En épîtres comme abrasées, expurgées de la plupart des articles possessifs et démonstratifs, se murmure que la poésie est là, vibrante. Elle respire en nous et hors de nous, où que se portent nos regards. Elle peut paraître si petite face à la violence du monde, elle est cependant essentielle, comme le battement originel du cœur.

Poésie, pour faire court

« Le partage
Au péril de mon cœur
Quand mes deux mains y plongent »

L’auteur mêle des Instants-poèmes, brèves strophes de trois vers, à des textes courts empruntant au monde ce qu’il porte de beauté, de générosité et d’instantanés. Une poésie qui tantôt chuchote, tantôt interpelle et nous parle du vivant au cœur des choses simples.

Un vers à la main

« Quand j’ai terminé ma scolarité, je me disais tout bas
Qu’il y a des professeurs que l’on n’oublie pas :
Ceux qui nous soutiennent, nous portent à bout de bras,
Et ceux qui nous marquent trop, qu’on laisse derrière soi.

Après un trajet rempli d’incertitudes et de craintes,
J’ai su trouver ma voie, épargnée de toutes contraintes.
En regardant derrière, je vois tout ce que j’ai parcouru,
Et ceux qui n’y croyaient pas, franchement, je vous ai bien eus. »

Dans ce troisième opus, l’auteure entrouvre davantage les portes de son univers poétique. Elle y rend hommage à l’intemporel sujet de l’amour et aux mots avec lesquels on peut jouer, rire et pleurer. « Un vers à la main » est une invitation à évoquer en vers et en slam, le féminisme ou le harcèlement scolaire, d’un point de vue intime.

Le temps égrainé

« Les vagues harnachées par la brise
Clament puis chuchotent
L’air de la liberté »

Images, jeu de mots, couleurs… ces haïkus captent le goutte-à-goutte du temps qui s’écoule. Saison après saison, l’auteure a glané ces moments précieux, instants pris sur vif, pour les assembler en une collection sensible.

L’engrenage poétique du jeu des 7 aigreurs

« Ils m’ont prêté une aventure,
Mais comment donc la leur rendrai-je ?
En rimes ? J’en ai un florilège,
Moi, le poète, sorte d’Arthur. »

À la fois poète et dessinateur, Art Thug nous entraîne dans l’engrenage d’une poésie facétieuse et rythmée. La page blanche est son terrain de jeu pour endormir ses peines, faire rougir ses colères et étinceler ses joies ; il y évoque l’ouverture de l’âme, de l’esprit, au monde qui nous entoure et à ses richesses éclatantes ou enfouies. L’engrenage est ici synonyme d’interaction et l’aigreur d’une saveur douce et acidulée.