Thème : Romans

La vengeance

« Elle s’appelait Rose, comme la fleur, comme la rosée du matin, comme le cristal ou un diamant clair et unique, fragile comme un flocon de neige vulnérable qui allait fondre en se posant.
J’avais onze ans et elle en avait deux de plus que moi.
Deux petites années nous séparaient malgré toute la vie d’avance qu’elle avait prise sur la mienne, elle savait déjà tout face à ma naïveté et mon innocence. »

Philippe Tremblay, enfant rêveur, solitaire et follement amoureux de Rose, habite le petit village de Cap Espérance au Québec dans les années soixante-dix, son univers basculera rapidement dans un tourbillon infernal qu’il ne pourra plus contrôler.
Enfant fragile et hypersensible, Philippe vivra le passage vers l’adolescence en étant fortement marqué par un amour impossible et par les drames qui l’entourent. Le récit de « La Vengeance » raconte le drame inévitable qui se construit lentement à travers l’histoire même des différents personnages qui habitent le quartier de la petite municipalité de Cap Espérance.
Critique face à la société et les différentes institutions, le roman questionne, entre autres, le concept du pardon, particulièrement face à soi-même. De son personnage en quête de rédemption, l’auteur dépeint la douleur poignante, la sensibilité toujours à vif et la dérive d’un être tourmenté. Son écriture immersive transforme le « je » du narrateur en un faisceau qui éclaire chaque nuance, chaque ombre.

Paris, par hasard !

« Le « hasard » nous saisit d’un coup et nous guide à la découverte de lieux et de gens que le Paris – d’aujourd’hui et d’hier – garde jalousement à chaque coin de ses rues, il suffit de les trouver. »

Un café à Montmartre, un hôtel emblématique, un événement fortuit… « Paris, par hasard ! » invite à un parcours singulier dans la capitale française.
Dans ce récit, l’autrice mêle le tangible et le merveilleux à travers deux histoires complémentaires. La première, intime, où quatre protagonistes dévoilent leurs aspirations au cœur d’un café célèbre ; la seconde, onirique, où l’autrice voyage dans le temps pour croiser des figures historiques (Hugo, Chanel ou Hemingway) dans des lieux empreints de légende. La providence, fil conducteur subtil, conduit à une révélation bouleversante. Un hommage vibrant à la Ville Lumière, à ses mystères, à ses âmes croisées, et à cette étincelle qui transforme l’ordinaire en extraordinaire.

« Ils » ne m’ont pas brisée

« Enfin, un soir, mes parents sont convoqués à l’école, et reviennent, très en colère, en nous sommant de ne plus prononcer le mot « martyr », de ne pas non plus dire que nous sommes des « enfants martyrisés », ajoutant qu’avant de prononcer ces mots, il faut que nous sachions ce qu’ils signifient. Pour eux, nous n’en sommes pas, et nous voilà, une fois de plus, punis, envoyés au lit, sans manger. »

Violences physiques et psychologiques auxquelles s’ajoute l’inceste : la narratrice relate le calvaire de son enfance. Et pour que la peur et la honte changent de camp, elle va, année après année, détricoter la relation entre elle et ses tristes géniteurs.
Dans ce roman inspiré de sa propre vie, l’autrice met en avant les regards et les silences qui doivent alerter les adultes et les autres enfants. Un enfant qui se tait, qui se terre, peut être un enfant à qui il est interdit de s’exprimer.

La tour des menteurs

« Elle mit son masque et Kai aussi. Elle s’assit sur son trône, avec à droite Kai et à gauche Ruth.
Le masque que la déesse portait représentait le théâtre. Le masque que Kai portait représentait le premier grand dragon d’eau. »

Florence, déesse aussi belle que mystérieuse, règne sur un lointain univers. Accompagnée de Ruth, son amie, et de Kai, un dragon qui a pris une forme humaine, elle affronte une terrible prophétie. Pourra-t-elle sauver ses fidèles menacés ?
Culpabilité et rédemption, des thèmes universels qui inspirent ce roman de fantasy.

L’Emprise des sens

« Mon corps se crispe de plus en plus tandis qu’il me parle. Bien que j’aie envie d’être là pour lui, je ne sais pas comment m’y prendre et j’ai l’impression d’avoir dépassé les limites de ce que je peux lui apporter. La situation ne peut durer ad vitam æternam, et je refuse que l’addiction envahisse notre couple. »

Épuisée, broyée par une relation toxique, une femme raconte l’emprise dévastatrice de celui qui fut son compagnon durant neuf mois.
Ce temps a été celui de la dépendance affective, de la destruction méthodique d’un être par un autre, de la perte de confiance jusqu’à la prise de conscience et la décision de porter plainte contre l’amoureux haineux.
Percluse de sentiments brisés Anne-Cé, la narratrice, met au jour dans son récit les mécanismes en jeu dans l’imposture amoureuse.

L’après d’Arthur II

« Cela faisait un an qu’Antoine avait écrit au pape en n’oubliant pas de lui transmettre la copie du parchemin retrouvé dans le manche de l’épée qu’il considérait dorénavant comme celle du roi légendaire de Bretagne : Arthur. »

Antoine Sérac, ancien trader devenu moine, entreprend une quête spirituelle mêlant foi et réflexion sur l’économie. Après avoir écrit un livre sur sa reconversion, il est invité à une émission télévisée, ce qui lui ouvre des opportunités inattendues. Il collabore avec un entrepreneur pour un projet ambitieux lié à une bière trappiste et à la création d’une abbaye équestre. Entre mysticisme, commerce et interprétation de signes mystérieux, Antoine cherche à concilier ses convictions profondes avec les défis du monde moderne.

Julot du Lavandier

« Voilà ce qu’il était devenu, Julot du Lavandier. Lui qui, il y a vingt ans, aurait porté l’estocade à n’importe quel cave qui se serait mis en travers de sa route. V’là qu’il larmoyait sur un quai de gare, obligé de remettre les solaires sous la pluie pour cacher ses pertes lacrymales. »

Julot se retire au Lavandier, un lieu isolé. Il a décidé de mettre à profit cette solitude choisie pour revenir sur sa vie, ses amours, ses amitiés et ses défunts. Mafioso repenti, il ne craint plus maintenant de se confronter à l’introspection, mais il le fera avec légèreté, humour et panache.
Teinté de poésie et rythmé par des dialogues enlevés, « Julot du Lavandier » brosse le portrait d’un homme, loup solitaire devenu animal social.

Mourir à 19 ans et puis…

« Je me suis soudain retrouvé en compagnie de la maîtresse et du directeur devant l’infirmière de l’école. La maîtresse tournait en rond devant le bureau de l’infirmière.
Elle semblait triste et nerveuse et répétait sans cesse :
« Je le savais, je le savais, au fond de moi je le savais. J’aurais dû faire quelque chose bien plus tôt, mon Dieu, mais pourquoi je n’ai rien fait avant ? Cela fait si longtemps que ça dure… » »

La courte vie de Gabriel, 19 ans, a été marquée par l’abandon, la maltraitance et la solitude. Orphelin, il a grandi dans des familles d’accueil dans lesquelles il a subi humiliations et violences. Atteint d’un cancer en phase terminale, il livre ses peurs, ses cauchemars et son espérance à son carnet. L’écriture est sa bouée, son guide pour donner un sens à sa vie et faire connaître son histoire.
Dans ce roman introspectif, l’auteur livre une réflexion empreinte de douceur et de poésie sur la quête d’amour et le besoin de chacun de trouver sa place.

Une valise pleine de silence

« Un matin, après l’appel quotidien l’adjudant-chef, avec autorité demande :
– Que les volontaires souhaitant partir en Algérie fassent un pas !
Un seul militaire avance.
Le gradé sort une liste de sa vareuse et commence :
– Bien, je vais nommer les non-volontaires qui vont s’y rendre. Notre devoir est de défendre la France, Messieurs les trouillards ! Je procède par ordre alphabétique… Abrutis ! Non… Aboulin…
Humour noir ! »

Lorsque l’on a vingt ans, on pense avec légèreté à l’avenir. C’est surtout l’âge des « je t’aime ! ». Pourtant…
Une valise en carton à la main, il part. Il va, contre son gré, combattre là-bas, dans cette contrée lointaine qu’est l’Algérie. C’est son devoir !
Il dit adieu à ses copains mineurs avec qui il prenait plaisir à travailler. Il abandonne sa terre natale à laquelle il est si attaché. Il laisse derrière lui sa famille, ses amours, ses amis.
Il va vivre cette guerre sans nom en y découvrant l’insoutenable. À son retour, il mettra sa mémoire entre parenthèses, se murant dans le silence, sans cesse rejoint par les fantômes de ce terrible conflit.
Bien des années plus tard, une jeune femme vient frapper à sa porte, réveillant ses souvenirs. Il ressort alors sa valise en carton…
Son nom est Fernand. Il a vingt ans. Il exerce le difficile métier de mineur de fond. Il aurait pu se prénommer Paul, Jean, Albert… Il aurait pu être agriculteur, plombier, instituteur ou autre… Ils ont été des milliers comme lui, à perdre leur insouciance, à égarer leur joie de vivre, marqués par les traumatismes infligés par la guerre.

Tu es exactement là où tu avais besoin d’être

« Et si ce dernier jour dans la trentaine était une opportunité de repasser sur certains moments de ma vie, afin de mieux comprendre qui je suis aujourd’hui ? »

Antoine se sent vaciller. Depuis plusieurs semaines il fait face à un épuisement professionnel et à la dépression. Lorsqu’il retrouve des photographies de famille au fond d’un carton oublié, c’est le passé qui s’invite et l’oblige à enfin comprendre ce qui l’empêche de vivre le moment présent. Voyage introspectif et thérapeutique, ce retour en arrière permet d’accueillir les émotions longtemps refoulées. Lui, l’hypersensible, l’inquiet prompt à la suranalyse pourra-t-il dépasser les traumas de sa jeunesse ?

L’amour à contre-courant

« Elle était bien, avec Marc, mais il était le mari de Béatrice ! Béatrice, une espèce « de perchée », comme elle aimait le penser ; et si cette relation était découverte, elle allait se mettre tous ses amis à dos.
Et ça, ce n’était pas possible, le seul fait d’y penser lui donnait la nausée. »

Les personnages faussement désenchantés croisés dans « Facéties des sentiments » (Éditions du Panthéon, 2023) sont à nouveau en scène. Le vernis s’est écaillé et c’est maintenant la vérité des êtres qui affleure à la surface. Dans leur quête quelquefois hasardeuse du bonheur, sauront-ils échapper à la futilité et aux stéréotypes ?
Avec ce roman de mœurs qui mêle bousculade des sentiments et analyse acérée des revirements des cœurs, l’auteure nous convie à un spectacle coloré et intensément vivant.

D’hier à aujourd’hui

« Son intérêt pour la politique, la vie sociale du pays, de sa région a toujours été présent, grâce aux informations de la radio et plus tard de la télévision, au quotidien.
« D’hier à aujourd’hui »… certains changements dans la façon d’informer qui ne sont pas mieux maintenant : images agressives, récits violents qui choquent et auxquels une majorité de gens s’habituent et en redemandent. »

Marie se replonge dans ses souvenirs et se pose l’éternelle question : était-ce mieux avant ? Si le feuilleton politique la laisse perplexe, les avancées sociales la rassurent – en partie – sur la marche du monde. Ponctuée d’anecdotes, sa réflexion l’amène à s’intéresser également aux questions écologiques, culturelles ou spirituelles.

Kifach

« Juste le moteur des deux side-cars et les pas des soldats et le tintement des gourdes et autres tasses en aluminium, accrochées aux sacs à dos des soldats.
La route est au milieu d’une forêt.
Un certain moment, Benaissa entend le crépitement des mitrailleuses.
Tout le monde à terre. »

Benaissa, soldat marocain, a combattu dans les rangs de l’armée française durant la seconde guerre mondiale. Il appartenait aux troupes « indigènes » qui donnèrent leur sang pour la France.
Benaissa n’a jamais su qu’il avait eu un fils, Salim, né à Paris en 1946. Aujourd’hui ce fils part sur les traces de ce père disparu. Un retour aux origines qui va apporter réponses à ses questions et lui faire découvrir sa nouvelle famille au Maroc.

Traque sur Managua

« Derrière le masque du tourisme et des jeux, une pègre organisée palpitait comme le poumon d’une hydre terrifiante… »

Las Vegas est la cité du jeu mais aussi de tous les vices et les narcotrafiquants l’ont bien compris. La lutte sans merci qui les oppose à la DEA sera menée par les frères Manseca, entraînant ces derniers jusqu’en Amérique centrale. Il va leur falloir sortir l’artillerie lourde pour espérer survivre aux combats féroces qui les attendent dans la chaleur étouffante du Nicaragua.

Chroniques parisiennes 3 – Les blessures du cœur

« Il se ressentait encore de sa sciatique, après tout ce temps passé la veille debout, tout au long de l’après-midi derrière les barrières disposées le long de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, à l’occasion des épreuves femmes et hommes du contre-la-montre de cyclisme des Jeux olympiques de Paris. Car c’était ainsi, les coureuses et les coureurs partis à 1 minute et 30 secondes d’intervalle étaient passés une par une puis un par un au pied de son immeuble, avant de rallier la ligne d’arrivée sur les bords de la Seine. »

Été 2024, les Jeux Olympiques de Paris battent leur plein et les habitants de cet immeuble du Faubourg Saint-Antoine n’échappent pas à l’effervescence ambiante. Si Déborah et Jérôme sont tout à l’euphorie de leur prochain mariage, un autre couple vit une séparation douloureuse. De leurs côtés, les Gringoire préparent leurs vacances en rêvant, qui sait, d’une candidature aux élections municipales. Aussi disparates soient-ils, les protagonistes de ce roman font preuve d’une solidarité sans faille lorsqu’il s’agit de traverser les épreuves et les péripéties.

Naissance d’une force : survivre aux adieux

« Dans cet instant, entourée des enfants et de son amie, Attoungblé réalisa à quel point le chemin avait été difficile, mais également à quel point elle avait grandi. Elle savait que des défis persisteraient, mais elle n’était plus la même personne qu’au début de cette épreuve. Forte de sa résilience et de l’amour des siens, elle était prête à affronter tout ce qui viendrait, certaine que l’avenir leur réservait des jours meilleurs. »

Dans une petite ville d’Afrique de l’Ouest, Attoungblé grandit au sein d’une famille marquée par des tensions silencieuses. Sa mère tente de reconstruire sa vie après un mariage brisé, tandis que son père biologique demeure absent. Enfant de la résilience, Attoungblé fait face à de nombreuses épreuves, notamment une première grossesse vécue sans le soutien du père de son bébé. Malgré ces défis, elle cherche à concilier amour, carrière et maternité.
Entourée de proches bienveillants, la jeune femme trouve le réconfort et le soutien nécessaires pour élever son premier fils. Ceux qui l’accompagnent savent lui tendre la main dans ses moments de doute, l’aidant à se relever à chaque chute. Grâce à une force intérieure inébranlable, Attoungblé est déterminée à bâtir un avenir meilleur et lumineux, tout en intégrant les leçons du passé.

Itinéraire d’un séducteur séduit

« Toutefois, ce que je ne savais pas encore, c’est que cette haine que je nourrissais envers le sexe féminin ne venait pas de ces dernières, mais bel et bien d’un problème sous-jacent émanant de mon propre psychisme. J’étais le seul à pouvoir stopper cet engrenage infernal de solitude, d’infidélité et de débauche sexuelle, mais fallait-il encore que je le veuille.»

Stéphane collectionne les conquêtes comme d’autres les likes sur les réseaux. Volage, frivole, il n’y voit que l’excitation de l’instant, et se garde bien de faire du sentiment, sauf de pacotille. Mais on est toujours blessé par où l’on a péché. Au détour d’un virage pris trop brutalement, Stéphane redécouvre qu’il a un cœur qui bat encore. Il est peut-être encore temps pour lui de fuir la superficialité et de reconquérir celle qu’il a blessée.

Vis maintenant

« Elle courut à perdre haleine, sans réfléchir, mais ne put empêcher les souvenirs de revenir à sa mémoire comme une bouée d’amarrage qui, submergée par la vague, remonte inexorablement à la surface de l’eau. Malgré les vagues qu’elle avait inconsciemment créées pour les enfouir, ils resurgissaient douloureux. Trop douloureux… »

Une folle histoire d’amour de jeunesse se brise quand Thomas ravive une blessure enfouie dans l’enfance de Pauline. Elle va fuir sans pouvoir surmonter ce traumatisme jusqu’au jour où, des années plus tard, sa route croise à nouveau celle de Thomas.

C’était mieux demain

« Aujourd’hui, nous vivons dans un climat de quiétude alors peut-être avons-nous déjà oublié ce que nous avons traversé et que tout cela nous semble acquis. Mais non, nous devons l’entretenir, et ce que nous vivons aujourd’hui, cette remise en question, en sont la preuve, alors mes chers concitoyens, restons soudés et nous gagnerons cette étape. »

Et si, en 2060, absolument tous les services devenaient gratuits, en contrepartie d’un temps dédié à un travail gratifiant ? Ce roman explore ce monde réinventé en jouant d’une double temporalité, celle d’une famille vivant en 2024 et d’une autre quelque quarante ans plus tard.
Interrogeant les fondements de la société que nous connaissons, ce récit remet en question nos quotidiens normés. Et si la gratuité était synonyme de qualité de vie ?

L’illusion est un rêve sans fin

« Je ne sais que dire. Seulement sourire. Et en plus, il me tire par la main comme si je lui appartenais.
Quand je reviens de ma brève escapade avec Raphaël, mon public est toujours là. Je suis un peu gênée, mais ne montre rien.
Je continue mes dédicaces, mais je vois que les gens me regardent autrement.
Je n’ai jamais connu auparavant cette impression d’étonnement et de curiosité de la part de mes lecteurs, un intérêt nouveau, même. Une sensation étrange et presque dérangeante. »

Victoire Valmin est romancière, Raphaël de Rosso comédien. Ils se rencontrent et s’attirent irrésistiblement, comme deux aimants. Difficiles cependant de trouver des personnalités plus différentes, l’un extraverti jusqu’à l’impolitesse, l’autre, réservée. Chacun va relater sa version de leur histoire, une version en décalage voire en contradiction avec celle de l’autre. Dans ce récit en miroir, qui dit vrai ?