Thème : Romans

Otages

«S’il subsiste toujours parmi nous quelques convictions religieuses, la mienne pourrait se réduire clairement à cela : l’abjection perpétuelle de l’acte. Et toute mon histoire débute à partir de ce principe-là. Je dirais même qu’elle ne peut exister sans lui. Je veux vous inviter à comprendre ce que peut être le calvaire d’un homme « normal » ; ou, plus simplement, ce que peut être le calvaire de vivre.»

« À quel moment, dans la conscience collective, l’acte a-t-il pris le pouvoir et vaincu le nihilisme ? ».
Voilà l’unique question qui se poserait à l’homme s’il avait le courage de l’affronter. Présenté sous la forme gourmande d’un menu italien, cet ouvrage laisse exprimer les colères de plusieurs personnages, leurs angoisses et leurs faiblesses devant le silence du monde et le vacarme de nos congénères.
La table est dressée, les plats sont servis. Laissons-nous bercer par leur arôme doux-amer, et picorons ces pages au gré de nos appétits.

L’inanité de l’agitation humaine est griffée à la pointe sèche dans ce roman, collage de pensées, de poèmes et des voix entêtantes de ceux qui souffrent. Ondoyant, il nous dit l’altération que nous subissons tous, victimes consentantes de nos aveuglements.

La méprise de la confiance

« Elle serra cette main, une main ferme et douce à la fois et… quelque chose se figea dans leur geste et leur regard… ses yeux verts comme l’herbe des prairies et sa voix… douce comme le chant des oiseaux à la fin de l’été… sa grand-mère lui disait : « Lorsqu’on a un coup de foudre, on a l’impression de flotter à côté de soi ! » »

Anne, jeune retraitée, trouve la ferme de ses rêves dans un tranquille hameau du Cantal. Accueillie avec chaleur dans le quotidien de ses habitants, elle y trouve sa place et même l’amour, qu’elle pensait ne plus connaître, en la personne de Jean. Mais cette apparente sérénité idyllique s’avère trompeuse : crises, jalousies, drames… la vie joue parfois des tours cruels à qui recherche un bonheur simple.

Et si le meilleur était ailleurs…

« Il éprouve la peur de ne pas être aimé, de ne plus être loyal vis-à-vis de sa famille qui le connaît autrement. Mais s’il reste loyal avec celle-ci, il ne l’est pas avec lui-même. Être dans une conformité permet d’épargner les autres mais peut conduire à l’oubli de soi. »

Jérôme remet toute sa vie en question après un burn-out. A-t-il fait les bons choix ? Ne s’est-il pas oublié sur les chemins de la réussite ?

Pour reprendre contact avec sa part d’humanité et tenter de venir en aide aux autres, il se lance dans un projet de permaculture. Un défi ambitieux où se côtoient des êtres fracassés par le sort.

Elle habitait à Sandwich

« Non, ceux qui sont partis n’ont pas de facto réussi.
Pourquoi tu ne nous as pas dit, ma belle société :
Que tes émigrés s’éprouvent dans leur propre déchirement et se trouvent parfois dans des conditions minables ?
Qu’ils goûtent tous les jours à la saveur de la séparation ?
Qu’ils ne sont pas en absolu des chanceux ?
Et que même s’ils se sont éloignés des risques qui les guettent à chaque instant, et que même s’ils croient avoir sauvé leur peau et celle de leurs enfants, ils ont parfois des cadavres dans leurs placards ?

Thérèse, Franco-Libanaise vivant à Sandwich, Midwest, a claqué la porte sans se retourner. À trente-sept ans, elle se questionne sur les raisons de son émigration et se demande si elle a fait les bons choix en suivant son mari aux États-Unis, dix ans auparavant. Cet exil, la fondation de sa famille et l’établissement de la réussite de son époux ont longtemps occupé son esprit… Aujourd’hui étreinte par une indicible nostalgie, elle remet tout en question, pour le meilleur ou pour le pire.

Le Clos – La démesure

« Quand après de nombreuses péripéties, la propriété fut mise en vente pour une bouchée de pain, une grosse bouchée pour moi, je me suis porté acquéreur. Heureusement pour moi, l’un des nombreux rêveurs m’ayant précédé sur cette période avait transformé quatre des dortoirs en trois suites et six chambres, véritablement luxueuses, avant de s’enfuir, poursuivi par les huissiers qui lui aboyaient aux fesses.
Entre quelques travaux supplémentaires d’aménagement, les taxes foncières et le flair aiguisé des huissiers, je me répétais que je pourrais bien passer du « Clos » à la « Cabane ». »

Renaud Fréville acquiert le Clos, l’orphelinat où il a passé sa jeunesse, pour le transformer en luxueuses chambres d’hôtes. Le projet inquiète et contrarie son entourage, suscite les jalousies. Bousculés par l’urgence et la pression sociale, notre homme et Julie, sa femme, tentent de rendre leur avenir brillant quand, de nulle part, réapparaît Monica, l’amour d’enfance de Renaud. Est-ce le signe que, décidément, tout doit changer dans la vie de Renaud ?
Roman foisonnant, « Le Clos – La démesure » invite à suivre les péripéties qui troublent le bel ordonnancement d’une vie. L’auteur orchestre avec jubilation la salve d’évènements qui mettent à mal les certitudes de son quadragénaire de héros.

Le condamné

« Avec mon effondrement judiciaire, j’ai appris à hiérarchiser les coups durs. Ainsi, la perte de mon travail arrivait seulement en troisième position dans l’échelle de gravité de mes peines, derrière la prison et le divorce. Même le dégoût se banalise. J’accusais réception des mauvaises nouvelles, mais ma désocialisation me rendait insensible. »

Accusé du pire des crimes, reconnu coupable et condamné à la perpétuité incompressible, il purge sa peine, de longues années, avant d’être libéré en un coup de théâtre dont la société a le secret. Innocenté par la science mais encore à la marge, il fait ses premiers pas d’homme libre.
Alors qu’on lui parle de « malheureuse méprise », qu’on lui demande de ne pas faire de vagues, il rêve de voir l’effroi dans les yeux de ceux qui l’ont unanimement rejeté : épouse, parents, amis. Reprendre le cours d’une vie brisée, retrouver l’amour, le narrateur ouvre la porte d’un nouveau monde, celui de la résilience sans oubli.
Récit à la première personne, construit en courts chapitres incisifs, « Le condamné » met en exergue les valeurs humanistes que l’espace social ne possède plus, seules capables, peut-être, de sauver l’innocent de la folie.

La plume d’Eaube

« Eaube, différente des autres enfants de la famille, s’éloigne au fil des mois, elle ne semble plus la même. Elle travaille les week-ends, les vacances ; elle nettoie aussi la maison sous le regard critique de ma belle-mère. Elle semble avoir gardé sa gaieté, sa spontanéité ; elle sait qu’elle a trouvé son chemin, je la sens pleine d’espoir à l’idée de réussir ses études. Elle ne dit plus qu’elle s’ennuie comme elle le faisait parfois avant. »

Eaube croyait avoir laissé les malheurs derrière elle, après avoir enduré le décès de ses parents et les déchirements de sa fratrie durant leur succession… Malheureusement, la vie en décide autrement. Alors que des événements tragiques secouent le pays entier, le drame personnel d’Eaube se répète chez ses enfants et l’amène à intervenir avec fermeté.

D’est en ouest

« L’année scolaire était achevée pour toute la famille. Les enfants étaient ravis à l’idée de pouvoir enfin se reposer après de longs mois d’école ! Mais les jours qui allaient suivre ne seraient pas de tout repos…
Les déménageurs vinrent donner le nécessaire pour préparer le déménagement  : cartons, papier bulle, scotch… Augustin et Élisabeth commencèrent avec joie cette activité qui, rapidement, deviendrait une habitude pendant deux mois au moins ! Marie-Agnès ne réalisait pas vraiment ce qui se passait autour d’elle. Elle avait la tête dans les nuages. »

Fin 2010. La jeune Marie-Agnès passe un Noël en famille qu’elle n’est pas près d’oublier : de bouleversement en bouleversement, elle accueille la naissance de son petit frère et la nouvelle d’un déménagement en Bretagne qui vont changer son existence. La vie d’étudiante, les amitiés, l’amour… les aventures de la vie quotidienne se succèdent sous les yeux ébahis de cette jeune femme qui n’a jamais fini d’apprendre.

Ici reposera A (O) Wilcory

« Elle déclinait, je vieillissais, nos amours propres et sincères décatissaient ensemble. Nous vivions en parallèle et nos penchants donnaient de la bande, de la débandade dans l’inclination, de quoi se jeter à l’eau et noyer une fois pour toutes nos émotions. »

Douze histoires d’amour, jalons mémorables d’une vie haute en couleur. En compagnie de sa dernière égérie en date, et sur l’air de « Quand j’étais chanteur », le narrateur savoure les réminiscences de ses affaires de cœur pas toujours solennelles. En veine de confidences, et sous l’effet de quelque alcool fort, il égrène aussi les faits historiques du siècle écoulé qui se sont malencontreusement, ou heureusement, greffés à ses amours.

La Rosseta

« L’instant d’un instant, notre vie peut changer de cap. Alors, s’offrent deux possibilités : rester sur place ou suivre la voie qui s’est ouverte. Peut-être qu’elle ne mène nulle part, mais je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets. »

Perdu dans une quête identitaire et cherchant un sens à son existence, le narrateur s’évade à Rome et y fait d’étranges rencontres… Revenu à Paris, il s’essaie à la politique, puis s’égare à nouveau et s’envole vers le Costa Rica. Une illumination plus tard, il rejoint la femme qui n’a jamais quitté son esprit… Pour le meilleur ou pour le pire ?
Un voyage à travers le monde et à travers l’amour, de soi, des autres, de la vie. Des questions en suspens. Qui est-il, l’homme du XXIe siècle ?

Je n’existe pas

« Calysta laissa son regard traîner dans le vague et se laissa emporter par une méditation profonde :
Je veux simplement être celle que je suis et non quelqu’un d’autre.
Elle se mit debout et ouvrit grand les bras, à la Titanic. L’homme est le seul être qui peut voler sans que le vent le porte, grâce à son imagination. »

Calysta se demande où elle est, qui elle est. Elle se demande aussi si elle est le personnage d’un livre qu’elle n’a pas écrit. D’autres lui offrent des réponses sibyllines, la laissant se questionner, sur le fil entre fiction et réalité. Un écrivain dépressif, un héros de film d’espion se succèdent dans ces pages où la réflexion se mêle à l’absurde. Le lecteur se perdra, comme l’ont fait les personnages et même l’auteur. Où sommes-nous ? Et qui sommes-nous ?
El Mehdi Abdennassar dévoile après « La vie changera » (Editions du Panthéon, 2017) un nouveau roman, aux accents mystérieux. Sous sa plume, le réel frôle l’absurde ou n’est-ce pas plutôt l’inverse ?

La lettre à Véra

« En vérité, à la lecture de « Lettre à Véra » il m’est apparu que la remémoration par l’auteur de notre relation amoureuse ne constituait qu’un pré-texte, un point d’entrée spécifique dans son récit autobiographique sur ses vingt premières années ; le moment où notre histoire commune prend fin et où commence pour lui une renaissance. »

Comme tout apprentissage, la jeunesse est une aventure complexe. Celle d’Alexandre, enfant du Casablanca d’autrefois, n’échappe pas à la règle, ni aux enchevêtrements, ni aux empêtrements… Son premier amour avec Véra et sa scolarité à la dérive y figurent en bonne place. Malgré tout, Alexandre croit en lui, il est prêt à tout pour faire de ses échecs autant de défis à relever, pour se trouver lui-même et ainsi trouver l’autre.

Parcours numéro treize

« Après des luttes acharnées, les batailles, la guerre livrée et gagnée contre les vilains crabes, la guerrière intrépide, encore un peu écorchée par quelques griffures, ressentit une légère brise annonciatrice d’une nouvelle vague, porteuse de remous et d’intenses émotions. »

Aurora grandit au Portugal, sous la dictature de Salazar. Son milieu d’origine, la tradition, l’époque, tout la destine à devenir une épouse soumise. Mais, éternelle révoltée, Aurora entreprend de se libérer du joug. Elle, la petite dernière de la fratrie, la treizième, va se battre pour accomplir ses rêves. Émigrée à Paris pour offrir une existence meilleure à ses enfants, elle devra également livrer un impitoyable combat contre la maladie.

Ma dernière cavale avec le chien Marcel

« Malgré mes yeux fermés, une étrange sensation d’être observé, me gagna lentement. Je ne m’en étais guère préoccupé, pensant qu’il s’agissait d’un de ces rêves à demi éveillé, que parfois il nous arrive de faire. Cette présence, se faisait toujours plus insistante. J’ouvris donc un œil, puis rapidement le deuxième. Devant moi, un chien était assis. Je n’avais aucune crainte, mais plutôt l’envie de faire sa connaissance.
– Salut le chien, lui dis-je. »

Philippe Dubervil, fraîchement retraité, embarque dans un vieux side-car avec pour seul mot d’ordre : liberté ! Accompagné de Marcel, le chien qu’il recueille en cours de route, il entame un périple riche en rencontres et rebondissements. Un voyage en forme d’évasion qui fait battre le cœur et ouvrir tout grand les yeux.

La Souciance

« En arrivant au village, j’ai aussitôt ressenti que quelque chose se jouait du temps. Un « je-ne-sais-quoi » qui frissonnait à la surface du présent. Comme un air de commencement.
D’ordinaire, lorsqu’on se rend quelque part, la destination est connue. On sait où le chemin nous mènera. On sait où l’on va et, normalement, par où aller. Sans que l’ordre du monde, de son monde, n’en soit bouleversé. Ce fut différent, cette fois.
Tous les commencements sont porteurs d’infini… »

Un couple de voyageurs fait halte dans un village suspendu entre mer et montagne. Une étape de plus, somme toute ordinaire, lors d’un périple estival sans but précis. Mais ce qui aurait pu n’être qu’un simple instant de découverte heureuse au gré du vent révèle d’emblée une autre dimension, singulière, insolite. Cette fois, ici, les choses sont différentes… L’évidence du lieu, fragile, immédiate et surprenante, dessine alors pour le couple un futur inattendu. Un moment hors du temps, une réflexion profonde, une poésie intime induite par un pays propice à l’introspection et à la découverte de la « souciance ».

Péripéties d’une vie

« Je posai cette question non sans penser à mon état ; en fait, à mon retard social qui me conduit à voir le mariage, le fait de fonder un foyer et celui d’avoir des enfants comme des faits sociaux qui relèvent du luxe et qui jamais ne se trouveront à ma portée. »

Son extrait de naissance ayant été corrompu en sous-préfecture, le narrateur de ce récit ne peut passer son baccalauréat… mais il ne baisse pas les bras pour autant. Commence alors une longue bataille scolaire, de cours du soir en démarches estudiantines, pour surmonter les obstacles à la reconnaissance de son savoir et enfin, renaître officiellement aux yeux du monde.

Ma plus belle histoire d’amour

« Le désir vient de là, de ce toucher sensuel d’un esprit au cœur de l’autre, de cette saisie brutale de l’instinct amoureux aux tripes de l’autre, de ce sentiment de mélange de nos sangs en un tourbillon recouvrant notre raison. »

Plongez au cœur d’une histoire d’amour brûlante d’actualité, celle d’une femme, éprise de vrai, d’un homme à l’activité controversée, accusé d’évasion fiscale !
Singulier, analytique et poétique, le récit conte la vision de cette dernière, habituellement conquise par le juste et l’essentiel, qui rencontre son contraire en un être fasciné par le nébuleux, l’apparat et le danger.
Par passion, avec abnégation, elle le décortique, décrypte son fonctionnement et s’adapte plus que de bonne volonté, s’employant même à faire l’impasse sur elle-même pour sauver son adoré de la suffocation. Embourbée, sentimentalement, dans les méandres judiciaires de son bien-aimé, elle avance, à ses côtés, subit souvent, avec dévouement – comme si de rien n’était – jusqu’à ce que…

Long John Silver, souviens-toi !

« N’est-ce pas ce que l’on fait des gens que l’on aime lorsqu’ils s’en vont ? Assembler, rassembler des fragments de sensations, de gestes, de situations. Des images fortes qui les retiennent. Des lieux où s’émouvoir encore. Des fantômes familiers qui nous retournent à l’aperçu d’un souvenir. Ce que l’on cherche encore à comprendre et ce que l’on veut oublier. Ce que l’on aimerait garder pour toujours, ce que l’on ne saura jamais. Ce qui nous appartient dans le fond de nos rêves. Ce qui se lie et se délie et qui demeure en nous dans la peine, l’amour, la mémoire et jusque dans l’oubli. »

Jeune archéologue, Alexia est recrutée par une fondation chargée de la sauvegarde d’œuvres d’art. Elle découvre peu à peu que ses missions font également partie d’un plan destiné à lutter contre le trafic de biens culturels. Alexia se prête volontiers au jeu jusqu’à ce que celui-ci dérape. Initiée par son mentor et amant à la technique des palais de mémoire, il lui faut maintenant tenter de préserver ce qu’il a de plus cher.
Intimement liés, amour fervent et obsession de la beauté sont au cœur de ce roman. Le cheminement mental, remède à l’oubli, devient le ressort d’un affrontement sans merci.

Cette amie-là

« Le nom était d’abord apparu sur sa messagerie personnelle : Patricia Bourdou souhaite vous inviter à rejoindre son groupe d’amis sur Facebook.
Un nom, surgi du passé, qui la propulsa immédiatement quarante ans en arrière, la confrontant brutalement à une montagne de souvenirs.»

Anne, professeur de français à Tulle, se prépare à une dernière année de cours paisible, ponctuée de séjours réguliers dans sa maison de campagne. C’est alors que resurgit Patricia, d’un lointain passé, une ancienne camarade disparue brutalement de sa vie. Patricia la séductrice, la prédatrice, a-t-elle autre chose en tête qu’une simple reprise de contact après tant d’années sans donner signe de vie ?

Morceaux de chairs

Sens dessous-dessus, dessus-dessous, comme le cheval qui rue sur ses antérieurs, alors cheval sauvage, sur ses postérieurs, alors cheval de cirque et de trait, quelle est la bonne ruade ? Tout se retourne comme un gant, comme une peau.

Avec une rage tout de verbe vêtue, l’auteur nous mène à travers ses textes dans un ballet endiablé de mots qui fait fi de la syntaxe et du classicisme établi. Le mot d’ordre : mettre en exergue la musicalité de la langue à travers un univers et des personnages surréalistes, qui explorent la grande aventure de la prose tout en nous communiquant un tourbillon d’émotions diverses et variées.

Une plongée en apnée dans le royaume des sens, le cœur et l’oreille ouverts à la poésie des sons.