Thème : Essais littéraires

Président : pourquoi lui ? Est-il le sauveur ?

« Vous savez, un matin, vous vous levez et vous savez…Au cœur de ce moment où je cours après le temps, jamais la moindre idée du possible ne pouvait m’être donnée. Écrire, écrire, écrire. »

À travers l’exemple de la nomination d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française en mai 2017, André Siméant démontre, dans ce premier ouvrage, qu’il n’y a pas de hasard. Que le monde a été pensé, voulu tel qu’il est aujourd’hui. Suivant la voix de la Conscience qui le guide depuis plus de 40 ans, il met en lumière l’intention divine derrière le rôle joué par le président en place et sa possible mission sur Terre.

Une si belle illusion

« Cet ouvrage est né d’une réflexion conduite au fil des ans, nourrie de nombreuses lectures et, surtout, d’une pratique concrète des relations internationales au cours de séjours ou de missions dans une centaine de pays, durant un demi-siècle. »

La Charte de San Francisco est anachronique. Le droit international public, legs de l’histoire européenne, reste pertinent dans l’ensemble. En revanche, les institutions intergouvernementales exigent une renégociation globale. L’Occident ayant perdu sa centralité, la composition du Conseil de sécurité et le rôle de l’Assemblée générale des Nations Unies ne correspondent pas à l’état du monde. Devenue assistance, la coopération économique empêche les nations récipiendaires d’assumer leur destin. La justice internationale est encore fortement marquée par la règle de la souveraineté exclusive. La force supplante souvent le droit.

Le processus de mondialisation a introduit de nouveaux paradigmes dans les relations internationales. Les piliers du système demeurent certes les Etats. La nature de leurs trois composantes : une autorité souveraine, sur une population homogène, dans des frontières contrôlées, a beaucoup évolué. Les pouvoirs régaliens traditionnels ont perdu de leur monopole. La crise du multilatéralisme est souvent évoquée, mais aucune solution un peu exhaustive n’a vraiment été esquissée. L’auteur tente de le faire, en des termes courants, aisément accessibles.

Ulysse, son identité à travers les femmes

« Ulysse se réalise par les femmes et pour les femmes dans sa légende du voyageur. Hélène, Pénélope, Nausicaa, Calypso, Circé forment son identité. Dans chaque île, il sort de la mer nu et les déesses s’occupent de lui. Avec chacune, il change, adopte une nouvelle attitude, se refait. Son désir est porté vers Ithaque et Pénélope. Le désir d’Ithaque n’est que l’alibi, c’est le voyage qui donne du sens à son existence. Cela se révèle avec le temps. »

Les voyages d’Ulysse relatent une quête épique, mais aussi un périple initiatique et identitaire. Son regard sur le monde et sur les autres s’affûte grâce à Circé, Calypso, Nausicaa, les sirènes et prend conscience du néant et de la mort… Et au bout du chemin, une autre femme personnifie son but ultime, sa finalité et le foyer de sa sagesse : Pénélope, qui l’attend à Ithaque.

L’analyse d’Efi Papavassilopoulou est ici absolue : Ulysse a su construire son caractère et sa condition d’homme grâce au concours des femmes dont il croise le chemin tout au long de son voyage, et de son existence. L’auteur nous propose dans cet essai de découvrir les détails de ce parcours savamment guidé par celles qu’en d’autres temps l’on nommait le « sexe faible ».

Sartre vivant

« Jean-Paul Sartre est un homme du XXe siècle. Il y a vécu pleinement, de 1905 à 1980, et peut être considéré comme l’une des consciences majeures de son temps. S’il est permis de dresser des palmarès arbitraires tournant autour de l’aura et de la suprématie intellectuelle, disons sans trop nous tromper qu’il succède à Henri Bergson et à André Gide et qu’il sera le prédécesseur de Gilles Deleuze et de Michel Foucault. Cela pose son homme. »

Jean-Paul Sartre a symbolisé, plus que tout autre écrivain du XXe siècle, la fonction de l’intellectuel engagé dont il est encore aujourd’hui l’emblème infatigable. Avec Simone de Beauvoir, il constitua un couple hors normes, indestructible et d’une activité débordante. Son œuvre à la fois prolifique et édifiante, est sûrement l’une des plus marquantes de notre époque. Le père de l’existentialisme, qui avait l’intuition que tous les hommes se valent, défendait avant tout la recherche d’une authenticité et d’un projet de vie où la conscience de soi génère une réelle quête d’essence.

Au travers de repères biographiques, et par l’analyse de l’œuvre et de l’engagement sartriens, Christophe Agogué établit un dialogue à distance avec l’écrivain. Il démontre ainsi comment la pensée de cet homme vit encore et s’avère profondément nécessaire aux questions sociétales et politiques actuelles.

Une histoire salée des marais salants de l’île de Ré

« Au pied de la cabane, plantées le long de la bosse du marais salant, les aires saunantes deviennent rougeâtres au fur et à mesure que la saison s’écoule et les cristaux se forment lentement sur l’argile au fond de celles-ci. Au même moment, le viau apparaît à la surface de l’eau d’un rose tendre mêlé de blanc immaculé et le vent de noroît, la ridant légèrement, pousse en aval les minuscules cristaux qui vont constituer la plaque que l’on appelle aujourd’hui la Fleur de sel. »

Lors d’un colloque en novembre 2007 sur « Les sels de l’Atlantique », Léon Gendre, vice-président du Conseil général de la Charente-Maritime, président de la Communauté de communes de l’île de Ré et maire de La Flotte-en-Ré rappelait : « L’élan avait à l’époque été donné par le couple Pelin qui (…) a cru au développement de l’activité salicole. Il suffisait d’emboîter le pas aux Pelin, d’engager la coopérative de sel dans la voie d’une nouvelle activité et, surtout, de trouver les hommes et les femmes prêts à s’engager dans cette démarche, ce qui fut réalisé avec le concours de la Chambre d’Agriculture. »

Michèle et Jean-Michel Pelin, chefs d’entreprise à Loix, sont effectivement à l’origine de la réhabilitation des marais rétais et de la commercialisation des sels aromatisés et du « viau » qui deviendra la Fleur de sel. Il y a trente ans, ces innovations révolutionnèrent l’industrie du sel marin non seulement dans l’île de Ré mais aussi dans les bassins de Guérande, Noirmoutier et méditerranéen.

Le bien ou le mal, il faut choisir son présent pour l’avenir

« Il peut être complexe de dissocier le bien du mal. L’être humain est arrivé, par la suite, à créer certains phénomènes juridiques ou hiérarchiques, selon les civilisations, afin de punir une partie du mal.
L’être humain développa sa capacité à mettre en marche toute une méthodologie juridique, peut-être dans un esprit de défense de la loyauté.
Même si parfois le mal se fait en contournant les règles ou les lois, selon les repères que l’on se retransmet les uns aux autres depuis des générations. »

Radicale remise en question de la vérité, Pierre Giranton explore avec adresse le bien et le mal. En questionnant subtilement cette notion, il met en avant cette différenciation issue d’héritages culturels. Il parcourt ainsi l’ensemble des préjugés moraux afin de mettre en exergue l’importance de la volonté. Une résolution qui renfermerait le secret de l’hypothèse de la vie ? C’est en tout cas le parti pris de l’auteur.

D’une plume férocement singulière, il interroge la conception du système établi. Est-ce que le modèle du raisonnement individualiste convient à l’Homme ? Permet-il réellement d’accéder à la paix intérieure ? Ne nous pousse-t-il pas à revoir trop souvent notre moralité ? Il est peut-être temps de reconsidérer notre conscience morale afin de créer un climat solidaire…

S’appuyant sur des expériences personnelles, Pierre Giranton décrypte la forme et les conséquences que le bien et le mal prennent dans nos vies. Une véritable plongée au cœur de la nature humaine pour ce premier essai.

Le Mystère originel – Voyage dans l’espace-temps

« L’histoire d’Adam et Ève est un récit allégorique tendant à expliquer l’origine et l’évolution de l’espèce humaine, chacun ayant légué une partie de son patrimoine génétique à la génération suivante pour constituer une communauté humaine fondée sur des valeurs de bienfaisance. »

« Au commencement, Dieu créa… ». L’origine du monde serait donc là. Entre les mains et la sagesse d’un Dieu qui nous échappe mais conscient de la vie et des êtres. La complexité de la vie, de sa création et de son évolution laisse abasourdis ceux qui cherchent dans le hasard les prémices du Commencement.

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi les êtres humains existent-ils ? Grâce à une méthode de raisonnement méticuleuse, l’auteur exploite brillamment le moindre indice afin d’expliquer la cohérence du récit biblique au travers d’une démarche scientifique.

Sauvons l’impôt pour préserver l’État

« Le pouvoir fiscal d’un État suppose la présence de trois éléments : (1) une administration fiscale (2) chargée de percevoir des impôts (3) dans le cadre d’une légalité appartenant à l’ordre juridique dont elle dépend ». De nos jours, l’essoufflement de ce pouvoir se manifeste à travers les difficultés qu’éprouvent de plus en plus les États à mobiliser les ressources nécessaires pour la couverture des dépenses publiques. Il est perceptible à travers l’hémorragie fiscale causée par plusieurs facteurs. Cependant, compte tenu de leur spécificité, certains d’entre eux comme les paradis fiscaux, le secteur informel et l’économie numérique ont fait l’objet d’un traitement particulier.

Alors que la notion d’État reste indissociable de celle de souveraineté, l’adhésion aux différentes organisations internationales telles que l’ONU pose la question de la reconnaissance, de l’autolimitation et du partage de la souveraineté. La coopération multilatérale qui en résulte ambitionne de couvrir tous les domaines (politique, économique et social). En matière de fiscalité, cette coopération internationale débordée par la globalisation de l’économie, est minée par la concurrence à laquelle se livrent les juridictions fiscales.

La mise en place d’une fiscalité globale subsidiaire adossée à une organisation intergouvernementale universelle permettrait-elle de coordonner efficacement l’ensemble ? C’est en tout cas le parti pris de l’auteur. L’ouvrage s’articule ainsi autour de trois chapitres : le premier présente les causes de l’érosion du pouvoir fiscal de l’État, le second donne un aperçu des mesures prises par les États pour contenir ce phénomène et le troisième porte sur la proposition de réforme du système fiscal international.

La justice sociale

« Ce livre est donc, par définition, une idéologie, une manière de lire différemment les choses qui nous sont exposées.
C’est un petit mode d’emploi des mesures qui doivent absolument être prises pour être efficace et éthique en politique, dans le but de promouvoir le bonheur, la justice sociale et éviter les crises et les catastrophes majeures. »

Comment le monde peut-il sortir du chaos ? De la politique à l’économie, le monde a sombré dans un imbroglio généralisé. Pourtant, il existe encore des raisons d’espérer. Dans cet ouvrage finement argumenté Nicolas Bourdon expose des solutions astucieuses pour améliorer notre société. Rédigé pour contourner les grandes catastrophes à venir, il développe le problème des inégalités croissantes et des nouveaux types de fonctionnement imposés dans notre système actuel.

En se focalisant d’abord sur la prise de décisions, l’auteur maintient une constante qui englobe son travail de recherches : être éthique et efficace. Il propose ainsi de nombreuses clefs pour permettre un processus supérieur et donc, conditionner un accès au bonheur plus accueillant.

L’intelligence de l’évolution

« Ce document a pour objectif d’élargir les possibles concernant la création de l’Univers et l’évolution des espèces biologiques, que celles-ci soient terrestres ou éventuellement peuplant d’autres planètes. La mécanique quantique nous a appris que l’on pouvait raisonner en additionnant tous les possibles auxquels on associe, pour chacun d’eux, une certaine probabilité (équation de Schrödinger). Elle nous a appris également que, lors de certains événements, cette équation (fonction d’onde) pouvait s’effondrer, conduisant à sélectionner un seul possible menant à une infinité de nouvelles options. Il est vraisemblable que cette approche soit celle suivie au niveau de notre cerveau, dessinant en permanence notre ligne/trajectoire de vie peuplée de décisions conduisant à de nouveaux possibles. »

Entre matérialisme réducteur qui prend l’être humain pour une machine et religions qui essaient de l’endoctriner afin de l’asservir, il existe une autre voie, la voie d’ICI, l’Intelligence Créatrice Immanente. Un concept que l’auteur développe en émettant l’hypothèse qu’il serait probablement à l’origine de l’univers et de son évolution, aboutissant aux Intelligences Créatrices Humaines dont l’Homme est le digne représentant.

C’est d’une plume convaincue que l’auteur partage sa plus grande croyance. Il expose notamment que l’évolution biologique et son écosystème ne peuvent avoir été créés que par une Intelligence supérieure dans la mesure où le processus est trop ordonné et intègre pour résulter du hasard…

Africains en Europe : Mode d’emploi

« L’eldorado des milliers de jeunes Africains, l’Europe, le vieux continent, continue à faire rêver. Le désespoir de la terre natale est tel que la souffrance de l’Europe est préférable.Là-bas, au moins, les gens ne crèvent pas de faim, le revenu
minimum est assuré pour les pauvres, les soins sont accessibles et quasi gratuits ; en plus, on peut se faire facilement du fric si on est intelligent, et surtout si on accepte de faire ce que les blancs refusent de faire, par exemple… »

Durant la dernière décennie, l’immigration africaine est devenue un fardeau pour l’Europe et un véritable désastre pour l’Afrique. Malgré les volontés des dirigeants à travailler ensemble pour mieux contrôler et freiner le flux migratoire, force est de constater que de plus en plus de candidats à l’immigration se pressent chaque jour aux portes du vieux continent. L’Afrique se vide ainsi de ses enfants, fuyant la misère pour s’installer dans une Europe qui subsiste à peine.

Frappé par de tels constats, l’auteur apporte son témoignage aux Africains désireux d’immigrer afin de leur éviter les pièges de cette démarche et d’en subir les conséquences irréversibles. Il livre ainsi tous ses conseils afin de guider chacun vers la meilleure alternative.

D’un Houellebecq, l’autre

« L’œuvre de Michel Houellebecq s’inscrit dans une perspective nihiliste de l’humanité. Œuvre qu’il a su par ailleurs parfaitement articuler – son succès médiatique en témoigne – avec les forces nihilistes du marché. La littérature de Houellebecq, reconnaissons-le, a su se doter d’une authentique trame philosophique et métaphysique, quelle qu’en soit la qualité, et ses ouvrages ne se revendiquent pas comme de simples fictions (voire science-fiction), mais affirment une ambition spéculative relative aux types sociétaux contemporains et une humanité en devenir. »

On ne présente plus Michel Thomas, dit Houellebecq, écrivain que les Français plébiscitent depuis plus de 20 ans : aujourd’hui, on l’analyse. À chacune de ses œuvres ou énième provocation, nombreux sont ceux qui tentent de cerner l’homme. Et qu’on le veuille ou non, ses publications fascinent, interrogent et deviennent un petit événement éditorial, politique et populaire.

Jean-Pierre Hazard l’a bien compris et élève pour la première fois le débat en s’attaquant à une question essentielle : « Pourquoi Houellebecq ? ». Ainsi, il procède méticuleusement à un état des lieux de la folie de l’écrivain. Analysant ses cinq premiers romans, à l’aide de fiches thématiques, divers extraits de ses écrits, il commente et met en avant l’impossibilité de le lire, sans voir dans ses narrateurs des clones de leur créateur. Un tout formant un portrait complexe, fantasque et humoristique.

Les transitions des Hommes

« À propos, puisque nous parlons de rêves, quels sont les vôtres ? Avez-vous réalisé ceux que vous portiez lorsque vous étiez enfant et quels étaient-ils ? Désirez-vous que vos enfants puissent réaliser les leurs dans une société qui leur permette cela ? Depuis combien de mois n’avez-vous pas pris le temps de vous poser pour vous retrouver et vous questionner sur ce qui fait sens, sur ce que vous portez profondément en vous ? Depuis combien d’années courez-vous, essoufflé, épuisé, sans accorder le temps et l’attention nécessaire à vous-même et à votre chemin de vie ? Et, puisqu’on en parle, quelle œuvre désirez-vous accomplir au cours de votre vie, celle dont vous serez particulièrement fier et heureux votre dernier jour venu ? »

Dans un monde en constante accélération où la quête de sens et d’épanouissement interroge, l’individu se trouve toujours plus bousculé dans ses schémas de vie. La linéarité des parcours et la sécurité durable n’existent plus. Nous traversons désormais différentes voies professionnelles, plusieurs relations de couple, cherchant à nous épanouir et à donner cohérence à ces multiples vies en une seule. Chaque accident laisse des traces qui sont autant de forces. Chaque nouveau départ impose de grandir et nécessite de l’énergie pour se réinventer.

Cet ouvrage expose et illustre les différents schémas qui emprisonnent l’existence. Il propose notamment d’ouvrir une réflexion personnelle progressive et une démarche pertinente, positionnant chacun comme responsable de ce qu’il peut accomplir pour lui, pour l’autre et pour le monde, afin de répondre à sa propre cohérence intérieure. Un raisonnement qui s’étend à l’entreprise et à ses nouveaux modes de management, vecteurs bien réels de transformation, imposants là aussi un renouveau incontournable.

Mer en silence

« Le bonheur est une notion variable, de la variation de la couleur d’un caméléon ; elle diffère d’une personne à l’autre et dépend de nos ambitions et de nos espérances, de l’idée primitive qu’on se fait de notre avenir, des principes qu’on se forge à l’issue de notre éducation et de notre expérience et principalement de la façon selon laquelle nous concevons le bon déroulement des choses. »

Aussi brute qu’alambiquée, à la fois bouillonnante et paisible, tour à tour fougueuse et sereine. Contrasté dans tout ce qui fait la beauté d’une plume nouvelle, le style d’Oussama Bentaleb frémit de l’effervescence du jeune homme et répond déjà de la sagesse du plus ancien. Riche d’idées et de partage, il nous offre un foisonnement de pensées, de réflexions et de sentiments qui témoignent de son âme déjà bien érodée.

Sous couvert d’une fausse naïveté, son propos n’en est que plus sincère. Appel universel à l’espoir, au contentement et à la satisfaction, il met en relief certains sujets qui lui tiennent à cœur et lui apparaissent d’une nécessité décisive. Prônant la méditation, l’auteur se fait médiateur : de manière poétique, imagée et bien vivante, il joint la douceur stylistique à la réflexion.

La croix des condors

Destination mythique, le Pérou est un pays qui n’en finit pas de faire rêver l’explorateur en chacun de nous. De ses montagnes vertigineuses naît le fleuve le plus long et puissant du monde : l’Amazone, qui serpente sous une selva fabuleuse où vivent encore quelques tribus d’Indiens. Aux pieds des volcans enneigés et au bord des cañons abyssaux se sont développées dans ces contrées de brillantes civilisations, les premières du continent américain. Quel art chez leurs potiers et leurs tisserands ! Quel témoignage de la richesse de ces cultures primitives et de leurs croyances ! Leurs orfèvres ciselaient des offrandes magnifiques et recouvraient de métal sacré les idoles, les palais et les sanctuaires, créant ainsi la légende de l’El Dorado qui allait aiguiser la cupidité féroce des conquistadors. Le désert aride a conservé là, quasi intactes, des momies millénaires, et servi de canevas aux énigmatiques dessins et lignes de Nazca…

Dans le ciel bleu illuminé par Inti, le Dieu-créateur, le condor, l’oiseau sacré, le plus grand de la Terre, plane au-dessus de la croix des envahisseurs : tout un symbole.

Le Pérou est également le pays où les indiens Uros du lac Titicaca vivent sur des radeaux de roseaux, où les ingénieux agriculteurs andins ont accroché des terrasses au flanc des montagnes, où les Incas ont construit des forteresses aux pierres colossales. Près de Cuzco, le Nombril du Monde, se cache dans les cimes la Cité perdue : Machu Picchu.

Cri de philosophe

« Jamais philosophe ne fut aussi décrié qu’Ibn Rushd. Persécuté de son vivant par les théologiens et les docteurs de la loi. Vigoureusement combattu par les frères dominicains en occident latin. Damné pour le simple fait d’avoir philosophé en toute liberté. Ibn Rushd est le philosophe qui n’a jamais été étudié pour lui-même, mais pour ce qu’il était. Un philosophe dont le seul tort est d’avoir fait prévaloir la raison démonstrative sur tout autre mode de raisonnement logique. »

Le cri que porte l’intitulé de cet ouvrage est un appel aux lecteurs et aux historiens du Rushdisme à une halte réflexive sur ce que l’auteur appelle cri. Car le cri est une revendication légitime du philosophe. C’est une sorte de voix extra temporelle qui, par fidélité à l’esprit de sa philosophie, s’insurge et déclare que sa pensée a été trahie.

Qui est donc ce philosophe à qui on a prêté tant de légendes et commis à son égard tant d’erreurs ? Est-ce un grand philosophe réduit au statut de simple commentateur ? Ou est-ce une grande méprise à l’égard d’un penseur dont le seul tort est d’avoir voulu sauver le rationalisme philosophique ?

C’est avec force et détermination que l’auteur de cet essai nous démontre ses convictions sur un personnage historique essentiel, manifestement trop méconnu…

L’école des hommes

« L’éducation présente la double caractéristique de rendre effective et garantie la reproduction de la classe bourgeoise et de constituer un investissement à long terme difficilement compatible avec l’action politique, qui recherche une rentabilité électorale à très court terme. Une refonte totale de l’enseignement ne peut se concevoir sans un effort d’investissement calibré sur 20 à 30 ans, le temps de construire une nouvelle génération. En cela, on se posera bien sûr la question de la compatibilité de nos règles de fonctionnement démocratiques avec une véritable politique désintéressée de l’éducation et du savoir. »

Alors qu’elle se confine aujourd’hui au simple rôle de production et de reproduction des élites, condamnant au passage des pans entiers de notre société à la marginalité, « L’école des hommes » doit changer. Offrir à chaque enfant la possibilité de devenir un citoyen pleinement actif au sein de la collectivité, lui permettre de réaliser un projet de vie, tout autant personnel que professionnel : c’est à ce prix que l’école sera vraiment démocratique. Et révolutionnaire, aussi !

En s’appuyant sur la philosophie dès le plus jeune âge, en s’attachant à la promotion des sciences, de la politique, de l’art et de l’amour – les 4 dimensions vertueuses d’Alain Badiou –, l’éducation publique doit aussi remettre en cause ses méthodes. Terminé, le primat de l’académisme et le monopole des agrégés sur la dispense du savoir, place aujourd’hui à une formation plus participative, moins verticale, où chaque citoyen trouvera un rôle à sa dimension. Il s’agit là d’un véritable programme nécessaire à la reconquête d’une organisation démocratique et citoyenne, mais aussi, et surtout, un vrai défi face à la résignation libérale et passive du consommateur gouverné.

Mots rebelles, vies nouvelles

« Soyons joyeux, notre chair n’est pas triste et nous n’avons pas lu tous les livres, nous pouvons continuer à inventer des mots, à ignorer les ignorants et à ne pas hésiter à aller vers le latin de messe, « Confiteor, Deo Gracias, Urbi et Orbi », à aller vers Thélème, pour les désirs et les soifs de demain. Gargantua est le grand géant à grande bouche, il mange dix mille poules en un seul repas et avale dix fleuves de vin, Pantagruel est une pente à gruau et à gruyère, avaleur de montagnes. »

Comment vient ce mouvement des mots en révolte ? À l’écoute des échanges quotidiens avec des hommes, des femmes, des enfants et des adolescents en perpétuelle contestation. Par-delà les couches et les conglomérats, les alluvions et les sédiments, la géologie et toute cette accumulation océanique, s’ouvrent les lèvres du futur : une rébellion contre le sens, une échappée du désir de vivre.

L’œuvre musicale et poétique de Maurice Racol

« En fait, à la première audition, mon œuvre s’est révélée à moi d’une manière insolite, étrange, beaucoup plus moderne que je n’imaginais, peut-être à certains points de vue la plus moderne de toutes les œuvres entendues ce soir-là. »

Maurice Racol (1908-1988), avocat de profession et musicien de passion, a composé pendant près de 60 ans. Ayant acquis une vaste culture générale, il a vécu son œuvre musicale et poétique en totale indépendance et s’est trouvé face à une nécessité devant l’histoire : créer un nouveau langage. Notons que ses contemporains ne l’ont pas désavoué ; en témoigne l’imposante correspondance échangée avec des personnalités connues des arts et des lettres : René Char, Marie-Jeanne Durry, Pierre Barbizet… Pour ne citer qu’eux. Voir l’index à la fin de ce petit livre.

Si Denise Jourdan-Hemmerdinger et Maurice Racol ne se sont jamais rencontrés, ils ont longuement dialogué dans l’enthousiasme de leurs travaux respectifs. En sa qualité de chercheure musicologue au CNRS (spécialisée sur la musique de la Grèce antique), la valeur des partitions et la colossale correspondance manuscrite du compositeur ne pouvaient lui échapper. Par cet essai, l’auteur et Juliette Racol entendent rendre hommage à un musicien qui n’a pas cherché à briller, mais avant tout à créer de façon impérative et absolue. Exceptionnel et inédit, cet opuscule repose sur des informations de la main du compositeur, mises directement à la disposition des interprètes et des musicologues, et pas uniquement.

Et le 1er janvier arriva enfin…

« Est-ce quand on croit si fort à quelque chose, qu’elle advient ? J’ai voulu croire que la force de la pensée et de l’amour serait aussi forte. Je n’ai pas encore reçu la réponse à ma question. Mais au vu de la situation, je pense que la vie ne voulait pas que les choses se déroulent ainsi ou alors, je n’y ai pas assez cru. »

Avoir des enfants, un mariage heureux, une grande maison et un mari aimant : est-ce vraiment le destin que nous désirons tous ?

Curieuse de la vie, Alessandra Piccinni dissèque les expériences aussi intenses que malheureuses. Dotée de plus de recul, elle s’interroge sur les erreurs et les choix que nous faisons, et surtout sur ce à quoi nous aspirons réellement. Avec douceur, elle nous invite à être à l’écoute d’autrui, de nous-même et de nos émotions, et à enfin accepter de laisser le temps faire son œuvre. Relativiser nous permet de laisser de côté notre ego, nos idées reçues et nos a priori. Qui sait de quoi sera fait le lendemain ?

Alessandra Piccinni a compris l’importance de l’écoute de soi, du lâcher prise et de la patience. Aujourd’hui apaisée, elle entend rasséréner ses pairs en leur assurant que le meilleur reste à venir. Et le 1er janvier arriva enfin… est son premier ouvrage aux Éditions du Panthéon.