Thème : Témoignages

Seul le temps…

« … J’ai toujours mal, mais chaque mot que je tape sur ce clavier m’enlève une épine du cœur, neutralise son souvenir et sert à la remplacer par une meilleure image de moi-même. Je réapparais dans ma propre existence au fur et à mesure qu’elle devient floue. Elle qui n’est pas celle de qui je suis tombé amoureux. Elle qui ne m’aime plus et qui est partie comme elle l’a fait. Elle que je repousse à présent. »

Alors que James entame une cure de désintoxication pour alcoolisme, son épouse lui annonce par SMS son intention de divorcer après 14 ans de vie commune. Leur couple battait de l’aile depuis plusieurs années mais le jeune homme subit comme un couperet cette rupture brutale. En proie à une dépression depuis longtemps, il plonge tête la première dans la sidération la plus totale.

Pour s’extirper de sa douleur, renaître de cette séparation et enfin tourner la page, il s’investit dans un douloureux mais nécessaire travail d’introspection. En quête de réponses, il restitue ses écrits retrouvés de-ci de-là, des lettres non envoyées, des notes dans son téléphone, le journal de son ex-femme. Rapidement, ses souvenirs d’enfance au Mexique et ses premières années passées en France affluent à sa mémoire. Sous ses yeux, le récit de sa vie reprend forme.

Je demande la parole

« Les échanges oraux constituent l’essentiel de mon éducation. De mes racines. Et du savoir que j’ai reçu. J’ai appris à entendre, à écouter, à regarder. Ensuite à parler. Et bien plus tard à écrire. Difficile exercice pour moi.
J’aime énormément une formule, commencement de la plupart des sutras : “Ainsi ai-je entendu”. Elle désigne l’enseignement que l’on a entendu de la bouche du Bouddha. La capacité qu’avaient les moines d’intégrer les paroles du Bouddha et de les transmettre telles qu’ils les avaient entendues, telles qu’ils les avaient ressenties.
“Ainsi ai-je entendu” qu’il me fallait d’abord dire merci avant de transmettre ce que j’ai entendu, ce que j’ai ressenti des enseignements, de l’expérience des cultures traversées et des choix de vie qui ont été faits. »

S’intégrer n’est pas souvent chose facile, peu importe où l’on décide de le faire. En Europe, cela semble avoir été pensé, planifié, contrôlé et choisi…
Voici le constat central de cet ouvrage.

Face à une succession de frustrations, de luttes perpétuelles, de belles rencontres et d’autres moins plaisantes, l’auteur songe de plus en plus à rentrer dans son pays d’origine. Et ce, le plus tôt possible afin de ne pas continuer à perdre son africanité.

L’intégration est-elle en train d’absorber l’identité de chaque individu ? La conditionne-t-elle afin de façonner ce qu’il deviendra ? Nakouty Lya Kely ose le croire. Passionnée de politique, elle est convaincue que celle-ci régit la vie en société et que sournoisement elle se fait complexe pour mieux nous échapper.

Une dopaMinette avertie en vaut deux!

« J’imagine le jour
Où pour toujours
Je serai libre

Enfin de vivre
Comme tout le monde,
Loin du mal immonde

Qui aujourd’hui inonde
Ma vie sans répit
Et m’offre le pire… »

Dans la lignée de son précédent ouvrage La vie d’une dopaMinette, Annick Lassot poursuit sa quête d’expériences vécues et de connaissances sur la maladie de Parkinson, dont on ne guérit toujours pas aujourd’hui. Par le biais de la poésie, elle pose des mots sur ce mal qu’elle n’a pas vu venir et évoque la souffrance, la difficulté de la vie quotidienne, la solitude et le temps qui passe, parfois plus douloureux encore.

Si les traitements et les différentes thérapies minimisent ou retardent les symptômes, ils permettent de vivre et d’espérer ! Mieux connaître la maladie, rester actif et devenir acteur dans ses propres soins. Il s’agit là du message essentiel d’Annick Lassot qui nous offre un témoignage sincère sur sa démarche, enrichi de conseils pratiques et de repères utiles.

Vecteur d’espoir et d’optimisme, son point de vue de dopaMinette ouvre le débat en ce qui concerne et interpelle chacun d’entre nous. Comme elle sait si bien le faire, Annick Lassot utilise la musique des mots comme autant de liens humains. Sa poésie titille notre intelligence collective et nous fédère. En d’autres mots, en regardant la maladie en face, son message est un vrai barrage à la maladie qui nous donne chaud au cœur.

Réussir est possible !

« Je ne pense pas qu’il faille garder un échec comme un fardeau, mais plutôt comme une leçon, celui qui n’est jamais tombé aura sans doute plus de mal à se relever que celui qui est déjà tombé plusieurs fois et qui s’est relevé car ce dernier sait ce que ça fait de tomber, et surtout il sait déjà comment se relever. »

Sommes-nous immobiles dans nos propres vies ? Comment changer notre destin ?

À travers cette autobiographie, Charles Bieth témoigne : la persévérance, l’envie de s’en sortir et le courage payent toujours. À cœur vaillant, rien n’est impossible ! Orphelin parti du plus bas, son parcours peu ordinaire prouve que le déterminisme n’existe pas. À force de patience, d’endurance et de motivation, il a su gravir les échelons un à un, sans jamais douter de son potentiel. Aujourd’hui, armé de recul sur ces années de combat contre lui-même et le monde, il nous livre ses mémoires pour retracer son cheminement de vie, fait d’échecs, de réussites mais surtout d’espoir.

Originaire de Strasbourg, Charles Bieth entend donner l’exemple pour nous montrer que réussir est l’affaire de tous. Réussir est possible ! est son premier ouvrage, paru aux Éditions du Panthéon.

L’éternelle

« Je savais que, désormais, on allait essayer de faire comme avant, mais que plus jamais ce ne serait comme avant.
Comment j’allais pouvoir respirer tous les jours, vivre tous les jours. La mort avait fait table rase de tous ces petits bonheurs mis bout à bout pour nous prouver que nous sommes vivants. »

Dès lors qu’elle perd sa fille, Catherine Fohrer sombre. Amputée d’une partie d’elle-même, sa tête et son cœur volent en éclat, anéantis par la souffrance. Dissoute dans le désespoir, tout devient trop lourd à porter, et le quotidien lui rappelle douloureusement tout ce qui n’est plus et ne sera pas. Sourde et amère, la colère couve et l’angoisse se tisse jusqu’à devenir une barrière à la vie. Irrépressible, la peur de l’oubli lui interdit de s’en remettre, comme si moins souffrir était un acte de trahison, et que seule la détresse prouvait combien elle l’aime.

Ce récit est celui d’une vie, d’une mort et d’une déconstruction, qui témoigne avec beaucoup de force et de courage que l’on peut sortir vivant d’un naufrage émotionnel. Avec les mots, elle laisse une trace écrite de la vie de sa fille et lui rend hommage de la plus douce façon qu’il soit.

La vie d’une dopaMinette

« Nous avons tant à dire, à partager, à offrir !
Puisque nos neurones qui sécrètent la dopamine continuent de mourir et nous privent ainsi du plaisir de la récompense… “éclatons-nous” dans les disciplines artistiques ! Libérons-nous dans le partage de la musique, de la poésie, des couleurs, du beau, en toute confiance et amitié, c’est là la clé du bonheur, c’est notre récompense intellectuelle et cela a sans doute des répercussions sur la façon dont nous luttons contre la maladie. Plus qu’avant retenons le présent, profitons des petits bonheurs de chaque instant. »

Comme la bête du Gévaudan, la maladie de Parkinson est une bête curieuse et furieuse, et dont on ignore l’origine. S’il faut connaître son ennemi pour mieux le combattre, il est donc essentiel d’informer l’opinion. Car il faut qu’elle sorte enfin de l’ombre !

En évoquant le quotidien des malades, Annick Lassot leur donne la parole, ainsi qu’à tous ceux qui les soignent et les accompagnent. Cet ouvrage s’adresse à tous, et en particulier aux dopaMinets et dopaMinettes pour qu’ils ne baissent jamais les bras, car il faut se battre au quotidien pour donner du sens et de la beauté à la vie. Rayon de soleil dans l’obscurité, son témoignage est un formidable vecteur d’espoir, d’espérance et de ténacité. Chaleureuse et sincère, elle met sa création au service d’un recueil de conseils pratiques et de reflets de la maladie, nimbé de poésie, comme elle sait si bien le faire.

Histoires d’accueil

« Nous avons la mission de lui offrir un cadre affectueux pour son bien-être, mais en essayant toujours de garder une distance pour se protéger car il est susceptible de repartir à tout moment chez ses parents.
Aussi, les travailleurs sociaux sont très vigilants et peuvent retirer la garde de l’enfant si l’attachement est trop fort. »

Durant vingt-cinq ans, Elise Berger a été assistante familiale à plein temps : véritable « nounou de la DDASS », elle et sa famille ont accueilli dix-neuf enfants. Avec simplicité et franchise, elle témoigne de ce métier aussi dur que merveilleux. Comment éduque-t-on des enfants qui ne sont pas les siens ?
Pragmatique, elle détaille tous les aspects du métier, les avantages, les enjeux mais aussi les risques. Elle retrace l’histoire de chacun des enfants passés sous son toit. Fait d’anecdotes, de souvenirs aussi joyeux que douloureux, parfois mélancoliques, ce recueil est doté de la plus belle des conclusions : elle ne regrette rien !

Aujourd’hui retraitée, Elise Berger a toujours eu le sens de l’hospitalité et du partage. C’est en s’apercevant que les enfants ne connaissaient pas tous les raisons de leur placement qu’elle a décidé de prendre la plume. Ce récit est ainsi le sien, mais avant tout le leur.

Libre errance

« La tentation est trop forte : je veux me fondre dans le ciel. Un jour je me réconcilierai avec mon rêve ; quelle délectation ! J’en suis convaincue : un jour je volerai haut ! »

Au commencement, la stupeur. Telle une cohorte fatidique, viennent la souffrance, la rage et le désarroi. Insidieusement, c’est la peur qui s’installe, parfois accompagnée de honte et de douleur. Aussi dure soit- elle, la maladie n’est pas toujours une fatalité : s’il faut l’accepter pour mieux la vaincre, il ne faut jamais se résigner.

Parfois, le ciel s’éclaircit, et l’avenir se fait enfin moins opaque. Amenuisé, le désespoir laisse progressivement place à l’espérance qui, timidement, réapparaît. Galvanisée, elle irradie. Par leur implacabilité, ces épreuves nous ouvrent à la vie. En nous frappant, elles nous donnent accès au bonheur, tout simplement.

De nouveau libre, Laurence Pioux renaît. Après une longue rémission, elle décide aujourd’hui de sublimer son goût pour la vie et de transcender sa souffrance dans un témoignage poétique et poignant. En explorant la palette de sentiments qui l’ont assaillie, des plus sombres aux plus heureux, elle donne un espoir à tous ceux dont l’âme est fragilisée.

Obscurité lumineuse

« Les doutes existent et leurs persistances obligent au questionnement conscient ou inconscient : la quête commence. Le besoin de trouver des éléments de réponse auprès des uns ou des autres, membres de la famille ou personnes proches de l’entourage familial même si le scepticisme est latent. »

Virginie Beljoigne est issue d’une famille bourgeoise a priori bien sous tous rapports. Pourtant petite, attentive à ses trois petites sœurs, elle observe des attitudes déroutantes et ressent des sensations perturbantes. Un jour, à plus de 50 ans, la benjamine dévoile par une lettre l’impensable : l’inceste paternel. Présente lors de la révélation, l’auteure parle à son tour, et dépose son trop lourd fardeau.

Une fois la parole libérée, une onde de choc se propage. Certains ferment les yeux comme pour mieux se protéger de l’horreur, quand d’autres n’acceptent pas pour ne pas perdre pied. Les pièces du puzzle s’assemblent pour dresser un tableau familial dont le vernis se craquelle.

Aujourd’hui mère de deux enfants et grand-mère, elle expose dans ce premier ouvrage son témoignage destiné à rompre le mur du silence et à voir en face la réalité de l’édifice familial.

Dieu me prendra comme je suis

« Je m’assois près de lui.
Tout le monde est quelque part SDF dans son cœur.
Seule la spiritualité, la religion, la foi aident à vivre. »

Élevée dans un monde de silence, Josyane Carole Rousso se remémore son enfance tourmentée : ses rêves perdus, son innocence perdue et sa joie de vivre progressivement muée en solitude. Sous sa plume renaissent sa tante, autoritaire et excentrique, son amour Claude, la Mamie aux olivettes et Irma, son chien.

Entre espoir et désespoir, elle se rappelle à Dieu, qui l’a aidée à surmonter ses blessures quand personne ne pouvait le faire à sa place. Apaisée, elle laisse maintenant faire la vie, et donne sa chance au bonheur.

Depuis l’âge de 16 ans, Josyane Carole Rousso manie les mots et les images comme des pièces de puzzle à assembler pour faire un roman. L’écriture est comme un refuge, un exutoire, une manière de s’exprimer. Après Une histoire…, elle signe son autobiographie aux Éditions du Panthéon.

Cliniquement mort…

« Tout d’abord, il me faut faire le point car le passage là-haut m’a paru une éternité, alors qu’il ne s’est écoulé que quarante-cinq heures environ (il faut savoir que là-bas, les notions de temps, de faim et de soif, ainsi que celles de chaud et de froid n’existent pas !) »

Victime d’un accident de la circulation pendant son adolescence, Alain Gérard a passé plusieurs heures dans le coma avant de reprendre conscience. Secoué par cette expérience qui a changé sa vie, il témoigne dans cet ouvrage de son court séjour dans l’au-delà.

Outre les descriptions de ce tunnel de lumière, l’auteur entend partager la leçon d’humilité et de sagesse qu’il a reçue. Aujourd’hui apaisé, il prône la beauté et la gentillesse, recommande d’abandonner les ondes négatives pour ne garder que l’essentiel et mener une vie sereine. Ses réflexions sur la vie et la mort sont autant d’éléments de réponses à notre principale interrogation: le Paradis existe-t-il ?

L’Hôte

Marie a 15 ans, elle sombre dans l’anorexie mentale. Elle se sent comme possédée par un être en elle, qui lui impose une nouvelle façon de manger, de se voir, de se comporter avec les autres. Marie explique comment cette seconde personnalité s’incruste dans sa vie et celle de sa famille, tente de décrire sa nature profonde, et retrace le long cheminement qui lui permettra de se défaire de l’emprise terrifiante de celui qu’elle appelle « l’Hôte ».

Marie Lasbleiz est née à Dijon en 1986. Elle est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants dans une famille très soudée. A peine âgée d’un an, Marie est hospitalisée pour soigner un cancer, et deux années de traitements s’avèrent nécessaires pour la guérir.

Adolescente, Marie vit très mal des violences subies au collège. Elle se réfugie dans ses passions, le dessin et l’écriture, mais aussi dans une introversion et une rancune excessives. Au lycée, elle sombre dans l’anorexie mentale. La maladie mute en boulimie après deux hospitalisations. Malgré ses difficultés personnelles, elle obtient son baccalauréat littéraire, et se lance dans des études d’arts appliqués à Lyon, Nantes puis Paris.

A 21 ans, elle se sort presque complètement de ses troubles du comportement alimentaire. Elle rencontre aussi Julien, un artiste, avec qui elle partage ses plus grandes passions. Il devient son mari en 2011. Après avoir vécu à Londres, ils vivent désormais à Vancouver au Canada où ils nourrissent leurs projets communs.

L’HP

À travers ce texte, écrit en 2002, l’auteur livre un témoignage sur son expérience de l’Hôpital Psychiatrique à cette époque, après quelques séjours obligés. La confrontation brutale avec ce lieu à part, déconnecté de la société libre, laisse un souvenir traumatisant et des blessures ancrées à tout jamais pour qui l’a vécue. Ce monde glauque, quelque peu inhumain, ressemble plus à un espace insoutenable, étouffant ; en un mot, carcéral plutôt que médical. Ce qui pourrait expliquer sa méconnaissance, consciente ou non, du commun des mortels.

Ce livre dévoile une rencontre avec les bas-fonds de cette micro-société isolée, une impression d’avoir touché le fond, relatée spontanément, sans fioriture aucune ni faux-semblants.
Cette narration ramassée et vigoureuse met immédiatement chacun de nous en contact avec un monde qui pouvait lui rester inconnu.
Ceux qui ont connu Agnès H. peuvent attester que son dessein n’était pas d’exprimer un discours antipsychiatrique, mais simplement son ressenti face à un système de prise en charge que tout le monde sait imparfait, mais auquel le voile de l’indifférence générale empêche d’accorder la priorité qu’il mérite.

Née à Grenoble le 26 septembre 1961, Agnès H. était architecte urbaniste. Elle a quitté son monde de souffrance le 20 juillet 2013.
Ses amis et sa famille ont tenu à donner réalité à cette publication qu’elle avait voulue.