Thème : Romans

Chambre 55

« Ils m’ont attaché, car ils me trouvaient agressif. Je suis agressif, mais je ne veux pas être traité comme un animal. Enragé, mais pas au point d’être piqué. C’est contraire à la loi. Dans quelques jours pourtant, s’il n’y a aucune amélioration de mon état, je ne serais pas surpris qu’ils me débranchent. »

Sédaté, intubé et le corps rongé par l’alcoolisme, Noah aimerait que son esprit soit lui aussi anesthésié. Mais il doit se résoudre à faire face à ses souvenirs. En un chassé-croisé entre délire médicamenteux et lucidité grinçante, il imagine le livre de sa vie. Ses monologues intérieurs, modèles d’ironie et de drôlerie méchante, disent ce que fut le terreau de sa relation avec les autres : le sarcasme et l’insulte.
Paradoxalement, sa fille Ella l’accompagne, lui, le père destructeur. Remontant à la source de la douleur, le récit nous projette dans les années 60 lorsque l’enfance de Noah s’est fracassée, au décès de son père.
La fin de vie et son cortège d’indignités sont là, dans ce roman uppercut qui entrecroise les thèmes du pardon, de l’euthanasie et de l’addiction. Pour échapper à sa souffrance, à quelle tentation sommes-nous prêts à succomber ?

Le Théâtre des Aveugles

« Personne ne s’est probablement jugé auparavant avec autant de colère que moi. Les supplications d’un homme fantôme et le dernier sourire d’un assassin insufflent la direction de mon futur dans la même pièce. Je ne sais pas si ce sont les dernières années de ma vie, mais je poursuis mon chemin comme n’étant rien pendant toute cette durée. Le désir de destruction et de disparition grandit davantage chaque jour en moi et je remplis à la lettre les désirs insatiables de mes pensées. »

Un homme observe et écrit la vie qui glisse autour de lui. Il cherche à comprendre le sens de l’existence, celle des autres et de la sienne. Dans une écriture ciselée, acerbe et sublime, il nous fait comprendre que personne ne pourra être sauvé, et qu’il en est ainsi. Grave, absurde, éprouvant, son récit nous entraîne dans les abîmes de l’esprit humain.

Le Maître de l’humain

« Les fantômes des cinq dépouilles me hantaient. Que dis-je ! Ceux des dix corps emportés dans un jeu d’une indescriptible cruauté ! La complexité des scènes lugubres s’opposait définitivement à la culpabilité d’un seul. Tout conduisait à penser que des hommes à la solde du Temple ou de Terria perpétraient l’occision du menacé pour, ensuite, être fendus eux-mêmes par un tiers. Cette version me plaisait. »

An 1250. Ysabel, l’épouse de Jehan de Malfort, met au monde trois enfants. Deux des nouveau-nés sont peu après cruellement assassinés. Le troisième, Bertrand, échappe au massacre. Pour une raison incompréhensible, Jehan annonce à sa femme la mort des trois enfants. Terrassée par le malheur, Ysabel se suicide.
Vingt années plus tard, Jehan décide de confier l’éducation de Bertrand au moine Terria de Torilite. C’est ainsi que l’ecclésiastique et le fils du seigneur vont parcourir les terres de Malfort durant deux années. Mais leurs fréquentes disputes mettent à mal leurs relations et inclinent Bertrand à se défier de Terria. Qui plus est, le moine annonce des morts atroces à des gens et les prédictions se réalisent, presque immédiatement. La curiosité de Bertrand est alors piquée : qui est vraiment Terria ? Le moine est-il un meurtrier ? De sombres affaires demandent à être mises en lumière…

Apparition

« Ce dialogue me laissa étourdi, sans voix. Je regardai encore cette figure emblématique et balayai du regard notre entourage. Nul ne faisait attention à nous, tous les regards restaient figés sur Notre-Dame. »

Victor Hugo est de retour au XXIe siècle. L’incendie de Notre-Dame de Paris l’a fait réapparaître. Dans un long échange avec le narrateur, il fait part de ses désirs de voyages et de rencontres. Il fera les deux, pour notre plus grand bonheur.
À la croisée du fantastique et du réel, ce roman captivant nous entraîne à travers l’œuvre d’un Hugo, tout à la fois humain et hors de toute mesure.

ARTÉMISE, voyage et mort du jeune Alfred Simon (1833-1854)

« Plusieurs jeunes marins, de dix-sept à vingt ans,
Montaient comme des chats enjamber une vergue,
Occupés aux huniers, cacatois, cabestans,
Ils mettaient, en chantant, leur courage en exergue.

L’un d’eux portait un titre, il en était si fier :
Aspirant de marine, et de deuxième classe !
C’était Alfred Simon. « L’honneur que l’on conquiert » :
Il voyait dans son sort le meilleur que Dieu fasse. »

1854 : Artémise, corvette de guerre, part de Cherbourg pour livrer bataille au Kamtchatka pendant la guerre de Crimée. À son bord, Alfred Simon, jeune aspirant de seconde classe plein d’avenir, effectue sa première grande traversée et rencontre tous les déboires qui l’accompagnent : tempêtes, maladies… Il mourra lors de ce voyage initiatique, et Artémise retrouvera le port de Cherbourg un an plus tard.
Une aventure épique, narrée en alexandrins, dans la fin d’un dix-neuvième siècle tumultueux.

Un Parfum de gougères

« Comme tous les ans, deux jours avant Noël, je prends une année. Quand j’étais enfant, je n’avais pas de cadeau. À l’orphelinat, on me donnait une orange et une écharpe en guise de cadeaux de Noël. On me disait : « Tu as de la chance, sois contente, tu reçois deux cadeaux, un pour Noël et l’autre pour ton anniversaire. »
Depuis que je suis seule, je continue à me fêter. J’achète une demi-bouteille de champagne au Markett, histoire de m’offrir quelque chose. Je me cuisine un petit plat. Je me sers une coupe, elle me fait la soirée. »

2031 : dans un monde où les saisons font désormais ce qu’elles veulent, Marie, douce retraitée aux rides pleines de sourires, raconte une année dans sa maison de campagne. Une existence peuplée de parties de scrabble et de gougères au fromage au goût de souvenirs, de couleurs et de nuages, de mélancolie, d’amitié et de tendresse. Une tranche de vie prise dans un hiver ensoleillé, qui appelle à la sagesse et à la foi après les tempêtes de « La neige assourdit mes tapages » (Éditions du Panthéon, 2019).
Annie-Gisèle Cousty a été enseignante de danse classique et directrice d’une salle de théâtre. Elle est également l’auteur de « La Fille du miel » (Éditions du Panthéon, 2017).

RIAD – Un Éden pour mon frère

« Nous profitons juste du moment présent. Simplement.
Le bonheur, c’est simple. C’est comme un verre d’eau quand tu as soif.
Tu apprécies ce moment pour ce qu’il est. »

Entremêlant fiction et réalité, Abdenbi Rachadi retrace et poursuit l’histoire de son frère disparu, lui rendant ainsi un vibrant hommage. Il souligne, avec des mots lumineux, la sincérité de l’amour qui unit les membres d’une famille, qu’elle soit de sang ou de cœur !

Une année prodigieuse

« Dès le jour de mon arrivée, j’avais demandé à Didier d’aller plonger dans un cénote.
Au Mexique, et plus précisément dans la péninsule du Yucatan, on trouve des cénotes.
Ce sont des gouffres en partie remplis d’une eau douce, cristalline. Au temps des Mayas, les cénotes étaient des puits sacrés qui caractérisaient l’inframonde. Des offrandes et sacrifices y étaient même pratiqués.
Aujourd’hui, plonger dans un cénote, c’est un peu comme s’imaginer nager dans les entrailles de la Terre. Paniquant et drôlement excitant à la fois ! »

César, ingénieur fraîchement diplômé, commence une année sabbatique pour aller rendre visite à ses amis. Il donne des cours de plongée pour financer ses voyages autour du monde, du Mexique à la Polynésie en passant par Toulouse, sa ville natale. Une aventure humaine et mouvementée, une histoire d’amitié et de construction personnelle qui emmèneront notre héros dans des péripéties inattendues et spectaculaires, sur fond d’exploration sous-marine.

États des lieux

« Mais la mer est là, en toute la Manche, Avranches aux couches fossiles truffées d’ammonites escargots géants, Tombelaine et ses fils dégarnis de granit, le Mont, les prés salés, Genêts. Oui, tout est grande ville peuplée d’animaux océaniques. Alors on se clame, calme, cale et acclame, en prenant des pierres plates comme des dalles sur les lettres gravées du roman. »

L’auteur nous dévoile quelques parcelles de sa vie à travers les lieux – réels ou fictifs – où il est passé, où il a vécu, où il a ressenti. De sa plume virevoltante, il bondit d’un mot à l’autre avec la plus grande facétie pour célébrer le lieu en tant que moment d’existence. À travers ses contradictions, son immobilité paradoxalement mouvante, tel ou tel endroit devient le témoin infini d’explosions de rancœurs et de joies immenses.
Originaire de Granville dans la Manche, anciennement élu en région parisienne, Jean-Joël Lemarchand écrit avec passion, avec une forme de compulsion. Ce nouvel opus nous ouvre davantage un aperçu saisissant d’un imaginaire où musicalité et images se répondent en un phrasé caractéristique.
Jean-Joël Lemarchand est l’auteur de « Poussières » (tomes I et II), « Le roman rouge » (tomes I et II), « Mots rebelles, vies nouvelles », « Morceaux de chairs » et « La valse des fragments », parus aux Éditions du Panthéon.

Belzébuth

« Quand j’étais petite, vraiment petite, j’aimais observer les mouches. Leur capacité à voler me fascinait. J’admirais leur petite trompe que je trouvais si gracieuse, décorée de ses microscopiques poils. J’adorais sentir leurs petites pattes trottiner sur ma peau. Mais je les trouvais tristes et incomprises. Nuisibles, on leur préférait les abeilles. Hideuses, on leur préférait les libellules. Nauséabondes, on leur préférait les papillons. Je comprenais leur tristesse de ne pas être aimées »

Lorsque Maya décroche enfin le rôle qui devrait propulser sa carrière de comédienne, les choses s’emmêlent. Son personnage dans Belzébuth, Marabelle, lui renvoie une image complexe d’elle-même, une image de cauchemar, difficile à regarder en face, envahie de pensées noires qui lui parlent en dedans. Les deux femmes sont unies par leur détermination à toute épreuve… Sauront-elles s’arrêter, le moment venu ? Une écriture incisive et hachée qui délivre une histoire haletante.
Après les sombres atours de « Réverbération », son précédent roman, Laurence Michalski dévoile un nouveau personnage, étrange, paré de multiples facettes qui, toutes, se reflètent en une vertigineuse mise en abyme.

Les chemins de basse ville

« Comment me souvenir de tous ces noms, toutes ces filles, tous ces visages, tous ces parfums que j’ai humés, savourés, caressés à en perdre haleine et raison et qui se sont évaporés. Bon Dieu, qu’ai-je fait jusqu’ici  ? Picolé, me suis soûlé la gueule pendant des années ? Courir et encore courir le guilledou et toujours des culs-de-sac. Quelles addictions  ! Des mensonges à la pelle qui se sont retournés contre moi, qui ont entamé mon équilibre physique et mental. »

Un certain Clément Ledouble, au patronyme sans doute prédestiné, mûri par l’âge et les déceptions, à la sensibilité d’artiste écorché vif et accro à l’alcool, se penche sur un passé peu reluisant.
Après un mariage raté et diverses aventures sentimentales insatisfaisantes autant que torrides, il rencontre une femme remarquable. Agniezska lui a raflé la mise sur le marché de la souffrance et des bassesses humaines : elle a dû quitter sa terre natale, la Pologne, pour fuir le nazisme. Après un périple éprouvant, la jeune fille et sa sœur parviennent en zone francophone d’Europe occidentale où les épreuves de survie seront presque aussi pénibles que dans l’Est.
L’idylle que cette femme de tendresse et d’amour entame avec un homme aussi désabusé, instable et malade sera-t-elle durable ? Rien n’est moins sûr.
La seule certitude pour Agniezska est l’espoir d’un salut par la présence et la consolation de membres de sa famille sauvés de l’Holocauste.
Jean-Hubert Mabille observe ses semblables avec la bienveillance et la finesse qui lui sont coutumières. D’une plume singulièrement tendre, il dépeint cette relation entre deux êtres égarés. Il est l’auteur du « Tableau » (2018), de « La petite fille à la balançoire » (2019), « La main sur le corps » (2020) et « Le livre d’Émile » (2021), parus aux Éditions du Panthéon.

Chroniques parisiennes

« Il était bien 19 h 45 lorsque Jimmy Pelletier quitta le cabinet vétérinaire de Saint-Mandé, où il officiait depuis déjà deux années. Étant le dernier à partir, il fallut qu’il prenne le temps de bien tout verrouiller car le lendemain, c’était dimanche et ses collègues comme lui-même ne seraient pas de retour sur place avant lundi. Le ciel était encore ensoleillé en cette soirée de fin de printemps et Jimmy avait coutume de « terminer » sa semaine par une promenade à pied revigorante jusqu’à son domicile parisien de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, l’ancien quartier du meuble où il habitait avec sa nouvelle amie, Lucie Dupuis, en face du square Trousseau. »

Un jeune vétérinaire et sa compagne artiste peintre, une géologue retraitée passionnée d’oiseaux, les parents petits-bourgeois d’un enfant au cœur sur la main, un libraire du Quartier latin amateur de football : voilà une galerie de portraits aussi attachants que singuliers.
Ces personnages qui partagent le même immeuble du faubourg Saint-Antoine nous dévoilent les petites étincelles comme les grands feux qui s’allument dans leurs aventures du quotidien. Et dans ce joyeux méli-mélo, nul ne s’attend à l’arrivée d’un mystérieux criminel…
L’humour conjugué à la gravité des sentiments est le terreau fertile d’où jaillit ce nouveau roman de Christophe Agogué.

La méprise

« Une fois encore, je n’ai pas bien dormi. Je me suis réveillé à plusieurs reprises. Mon sommeil était convulsif, chargé de rêves désagréables. Je ne sais si ce sont les rêves ou l’insomnie intermittente, mais, lorsque je me lève, après une nuit aussi agitée, je me sens menacé. Est-ce le fait de descendre en direction des îles-sous-le vent ? »

Barman dans la discothèque d’un luxueux navire de croisière sillonnant les Caraïbes, Julien dérive dans un univers d’oiseaux de nuit, émaillé de fêtes et de paillettes, au milieu d’une bande de touristes aux mœurs débridées. Au terme d’une soirée de Nouvel An où tous les fantasmes se libèrent, deux personnes sont retrouvées mortes près du bar de Julien : un événement tragique qui dévoile les failles de chacun, à mesure que s’engage une enquête tortueuse où tout, progressivement, devient flou… L’amour se mêle au tableau, rallumant un espoir dont Julien croyait la flamme éteinte depuis trop longtemps.

Journal

« Il n’avait pas mentionné le journal, et avait présenté au capitaine Cihangir la possibilité que la fille ait été présente sur la scène comme étant sa propre supposition. Il ne pouvait pas non plus prétendre être sûr de cette information, sans preuves. Le capitaine n’avait pas insisté et avait hoché la tête. »

À la tête d’une équipe d’opérations spéciales, le lieutenant Koray Akbas découvre lors d’une mission un étrange journal dont la lecture va l’amener à de profonds questionnements. Quel est cet ennemi qui se dresse dans l’ombre ? Ce journal est-il réellement une porte vers la vérité ? Suivi par ses soldats, le lieutenant entame une course-poursuite labyrinthique afin de déjouer les pièges, parfois mortels, qui lui sont tendus.

Poussière rouge

« L’abandon était devenu étrangement son seul compagnon. Il correspondait parfaitement à la définition d’un véritable ami : présent, loyal et honnête. L’abandon lui révélait sans pincettes combien il était difficile de supporter une fille comme elle tout en énumérant ses défauts tout au long d’une nuit bercée par l’insomnie. Mis à part ce compagnon de vie qui, la nuit, venait la rejoindre dans les draps, Dahlia était indéniablement seule. »

Dans cet ouvrage empreint de mélancolie et de puissance, Ines Touijar peint le délicat chaos d’une existence bousculée.
Dahlia, fille d’immigrants, ne cesse de chercher sa place dans ce monde. Pour se trouver, elle plonge et nous emmène dans une intimité difficile à contempler, une identité dont elle ne sait pas quoi faire, une sexualité source de questions existentielles. Dahlia est une fleur fragile et forte à la fois, tout en nuances et en innocence malgré l’adversité.

Sous le même ciel

« J’étais assis en cours d’anglais lorsque j’ai retrouvé le premier message que Sky avait laissé. Cela faisait trois jours que je n’avais pas eu de nouvelles d’elle, et aujourd’hui, elle n’était pas en cours. Jamais elle n’avait raté un seul cours de sa vie. Pas même la fois où sa mère l’avait forcée à rester cloîtrée chez elle après une forte fièvre. Elle s’était enfuie par la fenêtre de sa chambre pour rejoindre le collège. »

Harry voit sa vie bouleversée par la mystérieuse disparition de sa meilleure amie, Skylare. Bien décidé à comprendre et à retrouver celle-ci, le jeune homme mène l’enquête. D’une découverte à l’autre, par le biais de lettres laissées par Skylare, il va être amené à accepter l’inéluctable réalité… Que s’est-il passé ? Une fable douce et tendre sur le deuil et la résilience.

Le destin d’une nation

« Son visage transmettait la souffrance vécue par le régime, elle portait sur ses épaules une biographie noire du passé, cette sorte de noir est plus grave que celui de la mort d’un être cher. Elle ne voulait plus du tout appartenir à ce système qui l’avait mise dans la souffrance, dans ce deuil »

Dans ce roman aux allures de métaphore, Olger Vaso revient sur les pas de la grande Histoire à travers la petite. L’histoire de Benjamin, un Allemand tombé amoureux d’une jeune Albanaise, prouve l’évidence : au milieu d’une dictature qui anéantit tout ce qu’elle approche, des cultures différentes peuvent se toucher du doigt, et même s’embrasser, harmonieusement, sans heurts. Chronique d’une époque difficile, pour l’amour et pour le reste, sur un fond historique remarquablement documenté.
L’auteur cherche à comprendre l’origine du mal qui gangrène un pays en pleine transition économique et sociale. Les domaines éthiques et moraux se télescopent ; à charge pour les personnages de trouver leur propre lumière, leur vérité intime à travers un monde devenu grotesque.

L’incroyable histoire de Wolfram Bajard

« Malheureusement, il arrive fréquemment que des enfants portent les fautes perpétrées par leurs parents. En eux, ils trimballent la fatigue psychique de la détresse, de l’abjection, des remords et de la honte que tout cela leur cause. Dans ce rêve qui allait bientôt prendre fin, Wolfram pouvait finalement décoder les réactions et comportements de son père, lorsqu’on le questionnait sur son enfance. »

Pour certains, le hasard n’existe pas : ce serait le fait de Dieu, qui garderait l’anonymat… Ainsi, comment expliquer les rencontres singulières que fera Wolfram Bajard, récemment héritier d’un aïeul méconnu, et qui vont le mener loin de tout ce qui lui est familier ? Une épopée loufoque et palpitante au cours de laquelle se croisent des destins incroyables.
Philippe Billard a banni tous les « si » de son existence, pour vivre au présent et non plus au conditionnel. Il savoure pleinement chaque instant, conscient de leur merveilleuse valeur.

La bête

« C’est le silence qui me tire du sommeil. Un silence écrasant. Ça m’arrive assez souvent. De la même manière qu’un bruit soudain qui rompt un silence jusqu’alors persistant peut m’éveiller  ; un silence soudain peut avoir le même effet lorsqu’il brise une succession de bruits.
Mais ce silence est singulier, bien différent des autres. Tous les bruits habituels de la nuit qui avaient une signification se sont éteints les uns après les autres, avalés par ce silence profond. »

Errant sur le fil fragile qui distingue l’onirisme de la réalité, Nadja Adamskaïa nous embarque avec elle dans son imaginaire à la fois sombre et flamboyant. Un récit nourri de rêves vivants, vivaces, de virées dans l’espace-temps qui la tourmentent et la renvoient à l’enfant qu’elle avait été, innocente et sans défense. Armée de ses blessures et de ses souvenirs ressuscités, Nadja Adamskaïa nous attire à travers ses voyages dans l’inconscience pour rattraper le temps. La femme qu’elle est devenue retranscrit là l’atroce obscurité au goût du réel, pour aider l’enfant qu’elle veut sauver des enfers.
À quel moment de son récit, ce fil fin qui la tenait en équilibre s’est-il brisé ? Sauriez-vous le distinguer ?
Rêve ou réalité, jusqu’où la folie de l’inspiration peut-elle nous mener ?

Glaciale

« Volontaires. Tous.
Depuis trois mois ils croisent donc dans l’hémisphère sud, parcourant de long en large l’océan austral à persécuter plus précisément ceux qui déciment à grande échelle les espèces animales et végétales en grand péril. Ils sont cinq hommes et trois femmes.
À part leur énergie farouche, leurs armes ? Le ramdam ! Faire du bruit, énormément de bruit. Avertir le monde des menaces par une voix omniprésente sur les ondes radio. »

« Glaciale », Roman froid ? N’en croyez rien. Dès les premières pages vous serez plongés dans une énigme meurtrière carabinée, un bain bouillant où vous croiserez des scientifiques de très haut vol, le Marquis de Sade et les services secrets (chinois et français), la campagne de Russie et Sigmund Freud, une homérique description d’un terrible virus, un éminent professeur marseillais, une leçon fellatoire, des assassins peu fréquentables et j’en passe. Où serez-vous ? À Bruxelles, à Paris, dans l’Antarctique, ailleurs encore, mais surtout sur la page blanche, la page de l’écriture. Un roman policier nous capture par l’intrigue : celle de « Glaciale » rebondit à souhait. Il fallait aussi qu’il nous capture par le langage. Ça tombe bien, Nicolas Florence est un étonnant jongleur de mots.
Jean-Marie Piemme