Thème : Romans

L’ivresse bleue

« La seule chose dont je me souvienne de cette fin de journée fut l’horizon. Il avait changé lui aussi. Sa teinte azur avait disparu pour laisser place à une couleur sombre et lunaire. La ligne qui séparait le ciel de la mer était brouillée. Son agitation se mêlait au chaos du ciel pour ne laisser qu’une impression de vague nébuleuse. L’horizon était devenu ce que l’adolescence est à l’enfance et l’âge adulte. Une limite poreuse, partagée entre innocence perdue et volonté de ne pas avancer. » »

Dans ce premier roman aux touches impressionnistes, Margaux Vincent nous transcrit avec une délicate minutie le passage de l’enfance à l’âge adulte, l’ambiguïté d’un sentiment naissant et les milliers de pensées qui se dessinent dans nos esprits avec pour toile de fond la mer. Autant d’images qui résonnent en nous comme la promesse d’une évasion certaine.

Un château en Espagne – Livre 1 : Comment éduquer une chèvre

« Je suis rentré dans le village à l’envers, en lui tournant le dos, le derrière sur le plateau-repas. Les jambes pendantes, les bras posés sur mes valises, une de chaque côté de moi. C’est assez bizarre de découvrir un nouvel endroit comme cela, comme si l’on y entrait à reculons. Alors que j’avais tout plaqué pour venir ici. Mais en fait, c’était la meilleure manière de le découvrir. Au lieu de tout voir d’un coup, je le découvrais petit à petit. »

De courtier en bourse prospère… et imbu de lui-même, il se retrouve parachuté dans un bled paumé d’Andalousie, démuni et sans connaître deux mots d’espagnol. Au milieu de cet endroit improbable, peuplé de personnes toutes aussi improbables, il va recommencer. Tout, depuis le début. Naître à nouveau, apprendre pour de bon la valeur de la vie, ce cadeau aux abords acides mais plein de miel au fond. Tomber enfin amoureux. Se découvrir. Enfin avoir de vrais amis, intéressés par qui il est, non par ce qu’il a. Ce nouveau départ fera de lui un Zorro des temps modernes, la version sans cape et à vélo, avec une biquette en guise de Bernardo… Mais pour combien de temps ?

C’est tout ce qui est encore bien présent parmi nous…

« Il est vrai également que les démêlés de ceux arrivés de Sainte-Suzanne, Le Borgne ou encore Fort-Liberté semblaient quelquefois ne pas avoir d’issue. La débrouille qui leur « collait à la peau » constituait trop souvent une entrave à toute réelle motivation, les jours qui passaient se ressemblaient et eux restaient là face à l’adversité, face à une prédestination supposée qui semblait avoir déjà scellé leur sort défavorablement. »

Nous rentrons par la petite porte dans la vie et les aventures du quotidien de Fresnel, Haïtien récemment devenu Parisien. Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Victor Gilbert Faraux nous raconte la vision de l’Homme par l’Homme. Comment appréhender autrui, se défaire de l’insécurité ressentie face à l’inconnu ? Comment faire au mieux pour vivre en harmonie, cohabiter avec la différence et l’accueillir dans sa vie sans la rejeter ? Ce livre est un premier pas.
Travailleur social, formé également à la psychologie, à l’anthropologie et à l’art-thérapie, Victor Gilbert Faraux nous propose de tomber ces murs qui nous barricadent dans une impossibilité, de nous libérer de nos préjugés, de nos idées reçues et autres a priori.
Il est l’auteur de « Chronique insulaire » (Éditions du Panthéon, 2019) et « Et ce fut “l’opportunité” d’un exil… » (2020).

Perdus en terre étrangère

« Elle avait compris la situation désespérante dans laquelle se trouvait son ami, et avait pensé lui offrir son amitié pour mieux supporter sa situation difficile de réfugié, loin de son pays, de sa famille et de ses amis. Cela ne devait pas être facile, surtout pour un jeune de vingt-six ans, plein d’espoir, et un homme sur qui comptait toute une famille. »

Derrière chaque réfugié, chaque sans-papier se cache une histoire, souvent difficile à entendre, souvent émouvante. Ibtissem Khalfallah a voulu rendre hommage à ces personnes de chair et de sang qui ne sont dans la tête de beaucoup que des chiffres et des statistiques. Elle offre, avec émotion, un autre regard sur la vie et sur autrui afin d’ouvrir l’esprit du lecteur sur un quotidien qui le dépasse, pour montrer la voie vers un futur commun.

Ne te retourne pas

« Elle se leva très facilement, poussée par le goût du flirt, le piment de l’aventure naissante. Elle prit plus de temps pour se préparer, s’attardant sur des détails, soignant chaque recoin de son visage, lissant et disciplinant chaque mèche de ses cheveux. Elle se sentait gaie, légère, prête à conquérir le monde. »

À 20 ans, Mathilde est une jeune femme brillante dans ses études et discrète en société. Elle ne soupçonne pas l’étendue de son charme… Mais d’autres sauront lui en faire prendre conscience. C’est une histoire de rencontres, incongrues, étonnantes mais toujours belles à leur façon. Grâce à ces destins qui croiseront le sien, Mathilde grandira en jouant avec les limites pour connaître la part d’elle qui sait se livrer… ou non, à la passion.

Hippolyte et la Princesse Mérovingienne

« – Eh bien, oui, le tissu a été analysé, et il est ancien, très ancien même, de l’ordre de 1 500 ans, sans qu’on puisse préciser davantage.
– Ce qui veut dire ?…
–  Ce qui veut dire que c’est de l’époque de Clovis, autour de l’an 500, donc mérovingien.
–  Enfin, nous y voilà  ! s’écria Hippolyte. Et alors, maintenant que nous connaissons l’époque, que fait-on ? On arrête les fouilles ?
A vrai dire, notre héros ne savait pas ce qu’il souhaitait lui-même. »

Imaginez ! Vous coulez une vie paisible dans le Var jusqu’au jour où votre quiétude est interrompue par l’arrivée d’un couple sympathique de professeurs d’histoire et d’archéologie. Ceux-ci viennent en effet vous convaincre que votre propriété dissimule un trésor ! C’est ce qui advient à notre héros en semi-retraite, Hippolyte Bousquet, dont l’emploi du temps consistait en quelques travaux des champs, repas roboratifs et relations campagnardes. Sa vie, mais aussi son terrain, vont être bouleversés par la recherche du trésor, source inépuisable de péripéties et de surprises.
La collision des deux mondes, paysans versus intellectuels, rats des champs contre rats des villes, est au cœur de cette fable narrée avec une verve toute pagnolesque. Elle s’accompagne d’une petite leçon d’histoire de France, en particulier sur nos ancêtres les Francs.

Les chevaux sauvages – Tome 1 : Une sacrée famille

« On passait des journées à rire et à monter nos juments de concours. Nous les avions reçues toutes les trois en même temps, comme cadeaux d’anniversaire. »

Noa et Alycia sont deux sœurs vivant dans un centre équestre. Elles adorent passer du temps avec leur meilleure amie, Samantha ; toutes les trois sont inséparables. Mais un tragique accident va tout changer, bouleversant le cours de leur vie, et elles seront amenées à découvrir des secrets de famille depuis longtemps enfouis.

Coup d’Harmattan sur les Combrailles

« Il faut bien l’avouer, les parents de Nénette formaient un couple singulier, même à Manzat, où, par tradition, on aimait les révoltés et les pas commodes. On trouve encore aujourd’hui en France des êtres, souvent courageux et rares, qui se distinguent de leurs semblables, non par provocation mais par bonté de cœur et indignation envers les injustices. Des gens précieux en somme »

Dans l’entre-deux-guerres, la station thermale auvergnate de Châtel-Guyon accueillait des curistes du monde entier, notamment les colons revenus d’Afrique. L’arrivée, un jour, d’une famille du Dahomey bouleversera les mœurs et les esprits de la petite cité. La galerie de portraits singuliers et touchants qui s’entrecroisent, tant avec douceur qu’avec fracas, est une ode à la tolérance et une invitation au questionnement sur la condition humaine.

La fille de la mère

« Ce n’était plus la petite fille spontanée, pleine de vie ou de rancœur, qui animait ce foyer de ses rires, de ses colères, de ses bouderies, de ses remarques acerbes. Plus rêveuse, moins expansive, elle ne venait plus se blottir tendrement dans les bras de sa grand-mère. Carmen sentait qu’une autre Anita émergeait sans pouvoir mettre de mots sur cette métamorphose. »

Née au cœur de la médina de Tanger dans les années cinquante, Anita n’a pas toujours eu la vie facile. Dans cette ville alors à son apogée où les cultures arabe, juive et chrétienne se côtoient en toute harmonie, la petite fille va devoir surmonter de dures épreuves pour enfin se transformer en une jeune femme épanouie.
Après les récits de ses périples à vélo, c’est aujourd’hui une autre traversée qu’entreprend Françoise Dion. Inspirée par le récit d’une amie, elle a rejoint Tanger pour s’imprégner de l’atmosphère de la ville. Entremêlant avec habileté histoire et souvenirs, elle crée pour le lecteur une aventure rythmée, humaine et tendre.

Achnou

« Tu quittes ton pays pour poursuivre tes études ou pour travailler.
Tu as un bagage : ta double culture, ta langue maternelle et le français, appris au pays, ton histoire, ta personnalité et tes rêves de jeunesse. »

Sahibouna partage avec le lecteur ses souvenirs se déroulant tantôt en France, tantôt au Maroc. Cette ode à la tolérance, écrite en français, est soulignée de quelques mots en darija, l’arabe parlé au Maroc, pour le plus grand plaisir des curieux !

Alerte rouge en PACA

« Ce soir, la priorité est de préparer la cahute. Il avait pensé à rentrer une petite réserve de bois sec. Chauffer l’endroit, car même s’il ne fait pas très froid, l’humidité est glaciale. Il regarde le ciel à travers son pare-brise. Il tombe des cordes. Je vais être trempé, pense-t-il. À ce moment précis, il se demande s’il ne serait pas plus prudent de rentrer chez lui, bien au sec. »

Premier coup de sifflet pour signifier le début du premier match qui oppose Monaco à Nice dans ce tournoi de U13. Les joueurs, les entraîneurs et les familles sont tous dans le gymnase malgré une météo affreuse quand retentit la sirène d’alerte de la ville… Du tournoi de foot tournant au cauchemar à l’aéroport de Nice cerné par les eaux d’une Méditerranée furieuse, le lecteur voyagera dans tout le sud-est de la France aux côtés de ceux qui fuient la catastrophe.

Le vol de l’apprenti

« Je m’interrogeais sur le sens de cette existence et surtout sur l’avant : qu’étions-nous dans cette immensité ? Y avait-il eu quelque chose ? Pourquoi le présent ? Puisque tout a une histoire, y avait-il eu une quelconque étincelle créatrice ? La petitesse des choses pouvait sans doute devenir infinie, et sans explication aucune. »

La passion du vol, inaltérable, traverse ce récit dont le cœur palpitant est l’aviation. Mêlant rêve et réalité, le narrateur s’inscrit dans les pages parmi les plus aventureuses de l’aéronautique, avec l’Aéropostale et la Seconde Guerre mondiale.
Grisé par la liberté et l’action, le héros nous emporte là-haut, vers les nuages.

Ma fille

« Mais elle a l’âge et c’est notre coutume ! Ça fait partie de notre culture et d’ailleurs, c’est ça qui fait l’honneur de la femme auprès de son mari et notre religion la recommande aussi, mon frère, car cette pratique dure depuis des siècles. »

Bintou, une jeune fille vivant en France avec ses parents va, pour la première fois, rendre visite à la famille de son père en Guinée. Lors de ces vacances, elle est confrontée à des traditions locales qui provoquent de nombreuses disputes autour d’elle. Sera-t-elle épargnée ou la forcera-t-on à être excisée ?

Le mari qui se trouvait parfait

« Il lui a fait entendre, si souvent, qu’Elle ne valait rien, qu’Elle se demande s’Il n’a pas raison. Elle se sent très mal et décide de consulter un psychiatre, pour la seconde fois.
Elle raconte les épisodes de mésentente qu’Elle rencontre avec son époux. Le praticien lui demande, pour chaque fait relaté, comment Elle interprète, perçoit ou comprend la situation.
Le médecin lui explique qu’il y a différentes façons de vivre une même situation et expose, avec un exemple, un autre mode d’interprétation.
Le médecin : C’est sa façon de voir les choses, pas forcément la vôtre, et vous n’êtes pas obligée d’adhérer à la sienne. »

Il est charmant, elle est jeune et souhaite s’émanciper. Elle est sous le charme et se jette corps et âme dans leur histoire. Elle ne sait pas encore que le bonheur ne dépend pas toujours de l’autre…
Récit d’une relation toxique, « Le mari qui se trouvait parfait » nous immerge dans un quotidien pétri d’humiliations, de petites et grandes bassesses. La narratrice relate d’une façon quasi détachée les tentatives d’anéantissement subies puis cette graduelle mutation pour enfin fuir le plus loin possible.

L’amour est-il soluble dans les eaux glacées du calcul égoïste ?

« En fait, le véritable choix dans la vie n’est pas celui entre des idéaux, mais bien celui entre des moyens. Le mauvais choix des moyens interdit d’atteindre l’idéal. »

En quatorze chapitres, correspondant aux étapes d’un voyage en voiture, le narrateur, chef d’entreprise soumis à des difficultés judiciaires aussi brutales qu’imprévues, s’interroge sur son parcours professionnel, ses motivations profondes mais aussi sur ses relations avec les femmes.
S’est-il fourvoyé ? Ce chemin de croix est pour lui l’occasion d’une « auto » -analyse au regard de quelques « questionnements » majeurs de notre époque.
L’auteur, par profession, côtoie, depuis longtemps, le monde des affaires qu’il décrit dans sa complexité, mais toujours avec distance et humour.

La vieille dame et l’enfant

« Julie sourit. Ses pensées l’amenèrent au jour où elle avait découvert qu’elle était enceinte et où, finalement, elle avait pris la décision de garder le bébé qui avait squatté son ventre sans permission préalable. »

Julie est une mère célibataire qui élève seule son fils Jonathan. Le petit garçon est très intelligent et mature pour son âge, mais il fait aussi des cauchemars répétitifs et a des idées qui paraissent un peu farfelues à sa maman. Suite à un déménagement, des rencontres fortuites au premier abord vont pourtant apporter à cette dernière des éclaircissements mais aussi bouleverser toutes ses croyances.

Le livre d’Émile

« Rien de plus régénérateur pour Émile que de se promener sur la berge, le long des maisons grises et des quais animés. Le regard se charge alors de réalité, plus enivrante qu’un opium. »

Dans ce nouvel opus, l’auteur explore l’époque de sa jeunesse, plus particulièrement de son adolescence, qui se déroule en province belge francophone, pendant les glorious ou swinging sixties.
Au vu de sa propre expérience et de sa vision de la vie, le narrateur, à l’âge des bilans, s’interroge sur son passé et son cheminement, dans ce récit dense aux multiples angles d’approche, en introduisant des personnages semi-fictifs de la classe ouvrière et moyenne lesquels ne déparent nullement la réalité et l’authenticité du témoignage serti de pointes d’humour et d’irrévérence aux modes ainsi que de multiples allusions littéraires et musicales.
Jean-Hubert Mabille ne se lasse pas d’observer ses semblables et de les dépeindre d’une plume aussi sensible que reconnaissable dans ce roman foisonnant qui s’inscrit dans une saga familiale toujours à prospecter, située dans la chaîne et la trame du temps.

Caprice et Conséquences

« À ce moment précis, je devais avoir le regard figé et un sourire à peine dessiné, un peu comme dans ces films où l’on devine que le héros est sur le point de dégainer quelque chose d’extraordinaire ou de complètement insensé ; en ce qui me concerne, prenez plutôt la deuxième option… »

Ambroise Lemarly aime son métier, ses voyages et sa vie provinciale. Mais un jour, au retour d’un voyage d’affaires, il décide pour pimenter son quotidien devenu ennuyeux de se faire passer pour l’un des clients attendus par un chauffeur dans le hall d’arrivée de l’aéroport… Une mascarade qui va l’entraîner dans une folle aventure entre Bergame, Genève et Paris, et qui va bien vite le dépasser.

Les chansons françaises

« Pendant une seconde, elle le dévisage, figée. Le temps dure longtemps. Alexandre a les lèvres qui tremblent et des océans de trouille sous les paupières. Enfin, elle lui saute au cou. »

Si une histoire d’amour peut façonner une vie, celle qu’a vécue Emma l’a surtout mise en apesanteur. Détachée du monde réel, flottant entre son passé qu’elle tient à distance et son présent un peu trop quotidien, la jeune femme sent qu’elle n’existera pleinement que si elle parvient à clôturer cet ébouriffant premier amour sans sombrer dans la mélancolie.
Sur les mélodies de ses chansons favorites, l’autrice relate les émois amoureux, les pincements au cœur, la tendresse et l’ambivalence inhérente à toute relation sentimentale.

Mémoires d’hommes

« Nous décidâmes que chacun, moi y compris, pourrait exprimer son opinion personnelle sur les récits et les anecdotes relatés. Ils feraient également l’objet de développements philosophiques ou de précisions historiques. Chacun pourrait commenter ou compléter les sujets abordés, ajouter des souvenirs personnels et laisser libre cours à son imagination. »

Pierre, Jean, Martin et Martial se sont assis et ont discuté beaucoup, longtemps. Ils ont parlé de tout et de rien, comme on dit. Ils ont évoqué l’enfance, l’éducation, l’amour et l’amitié, le travail et les idéaux, honorés ou bafoués… Ils parlent de l’actualité, des injustices, des progrès de l’humanité. Ils se confient ce que la vie leur a fait, ils exposent ce qu’elle leur a laissé. D’où ils viennent, où ils sont arrivés et où ils vont encore aller. Quatre hommes qui se dévoilent sans fards et éprouvent leurs expériences individuelles au barreau de leur communauté non virtuelle.