Thème : Romans

Coup d’Harmattan sur les Combrailles

« Il faut bien l’avouer, les parents de Nénette formaient un couple singulier, même à Manzat, où, par tradition, on aimait les révoltés et les pas commodes. On trouve encore aujourd’hui en France des êtres, souvent courageux et rares, qui se distinguent de leurs semblables, non par provocation mais par bonté de cœur et indignation envers les injustices. Des gens précieux en somme »

Dans l’entre-deux-guerres, la station thermale auvergnate de Châtel-Guyon accueillait des curistes du monde entier, notamment les colons revenus d’Afrique. L’arrivée, un jour, d’une famille du Dahomey bouleversera les mœurs et les esprits de la petite cité. La galerie de portraits singuliers et touchants qui s’entrecroisent, tant avec douceur qu’avec fracas, est une ode à la tolérance et une invitation au questionnement sur la condition humaine.

La fille de la mère

« Ce n’était plus la petite fille spontanée, pleine de vie ou de rancœur, qui animait ce foyer de ses rires, de ses colères, de ses bouderies, de ses remarques acerbes. Plus rêveuse, moins expansive, elle ne venait plus se blottir tendrement dans les bras de sa grand-mère. Carmen sentait qu’une autre Anita émergeait sans pouvoir mettre de mots sur cette métamorphose. »

Née au cœur de la médina de Tanger dans les années cinquante, Anita n’a pas toujours eu la vie facile. Dans cette ville alors à son apogée où les cultures arabe, juive et chrétienne se côtoient en toute harmonie, la petite fille va devoir surmonter de dures épreuves pour enfin se transformer en une jeune femme épanouie.
Après les récits de ses périples à vélo, c’est aujourd’hui une autre traversée qu’entreprend Françoise Dion. Inspirée par le récit d’une amie, elle a rejoint Tanger pour s’imprégner de l’atmosphère de la ville. Entremêlant avec habileté histoire et souvenirs, elle crée pour le lecteur une aventure rythmée, humaine et tendre.

Achnou

« Tu quittes ton pays pour poursuivre tes études ou pour travailler.
Tu as un bagage : ta double culture, ta langue maternelle et le français, appris au pays, ton histoire, ta personnalité et tes rêves de jeunesse. »

Sahibouna partage avec le lecteur ses souvenirs se déroulant tantôt en France, tantôt au Maroc. Cette ode à la tolérance, écrite en français, est soulignée de quelques mots en darija, l’arabe parlé au Maroc, pour le plus grand plaisir des curieux !

Le vol de l’apprenti

« Je m’interrogeais sur le sens de cette existence et surtout sur l’avant : qu’étions-nous dans cette immensité ? Y avait-il eu quelque chose ? Pourquoi le présent ? Puisque tout a une histoire, y avait-il eu une quelconque étincelle créatrice ? La petitesse des choses pouvait sans doute devenir infinie, et sans explication aucune. »

La passion du vol, inaltérable, traverse ce récit dont le cœur palpitant est l’aviation. Mêlant rêve et réalité, le narrateur s’inscrit dans les pages parmi les plus aventureuses de l’aéronautique, avec l’Aéropostale et la Seconde Guerre mondiale.
Grisé par la liberté et l’action, le héros nous emporte là-haut, vers les nuages.

Nés pour mourir – Tome 2 – Les Chevaliers de l’Origine

« Matt fut réveillé par une vague de froid qui l’envahit subitement en le tirant de l’inconscience et ses poumons se contractèrent violemment pour en chasser toute l’eau. Il toussa pendant un long moment avant de se rendre compte qu’il était allongé sur le dos de Leika.
Ils continuèrent à se laisser porter par les eaux plus calmes de la rivière et Matt aperçut le visage de Rachel, juchée sur son dragon, qui soute-nait sa tête. Sarah et Samuel étaient également là, en train de l’observer, les bras accrochés au pelage du dragon tout en gardant le reste de leur corps immergé. »

La guerre est déclarée. Les royaumes d’Antaris sont submergés par les armées ennemies, mais Matt et ses amis sont maintenant prêts à accomplir la prophétie qui guide leurs vies. Alors que Lara prend pleinement sa place dans ce nouveau monde et que Lizie part en quête d’un moyen de protéger son fils, Matt est fait prisonnier par sa pire ennemie. Bien décidé à venger la mort de son frère, il va peu à peu découvrir que rien de ce qu’il a vécu par le passé n’était dû au hasard. Les drames qu’il a traversés, son destin ou encore son amour pour la belle Sarah, tout cela appartient à la prophétie. Noyé dans les méandres de sa nouvelle existence, il devra cependant trouver le moyen de sauver son peuple contre le terrible mal qui le menace. Trouvera-t-il la clé qui lui permettra de vaincre ? Et y survivra-t-il ?

Mafia protocole

« Des types pas marrants… Ils suaient l’indifférence mais n’étaient pas exactement graves, plutôt barbares. S’ils n’avaient pas l’âge de leurs artères, ils possédaient la gueule de leurs saloperies passées… »

Le commandant Roussouly et le commissaire Mellado auront fort à faire puisqu’il leur faudra arrêter un criminel qui sème la terreur chez les prostituées tout en frayant avec un tueur à gages particulièrement doué souhaitant sortir des griffes de la mafia. Mais ce n’est évidemment pas chose facile et une véritable guerre va se déclencher, les entraînant à Naples, mais également jusqu’en Afrique du Sud.
Dans ce nouvel opus, Claude Molinari déploie sa plume acérée et son vocabulaire châtié pour emmener son lecteur dans les ruelles sombres des quartiers tenus par la ‘Ndrangheta. Entre missions et rencontres impromptues, les aventures de ces héros, qui ne manquent pas d’un humour bien nécessaire pour survivre à toutes ces horreurs, tiennent le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Nés pour mourir – Tome 1 – Les Chevaliers de l’Origine

« Mais ce que ressentait Matt ce soir était différent de tout le reste. Il captait comme une sorte de présence. Une personne, empreinte du même mal-être, des mêmes besoins d’évasion qui envahissaient son propre cœur, un peu plus chaque jour. Cette personne devait se trouver à plusieurs kilomètres de Matt. Il ne pouvait ni la voir ni l’entendre, mais il sentait son esprit vagabondant au gré du vent et se fondre merveilleusement au sien. »

Abîmé par la mort de son frère et l’absence de son père, Matt vit seul avec sa mère, sa sœur… et son ultime refuge : l’imaginaire, dans lequel il se perd corps et âme pour ne pas affronter le monde réel. Il fait un jour la rencontre de trois adolescents de son âge, avec lesquels il découvre un nouvel univers inconnu et bouleversant. Peu à peu, Matt et ses compagnons pressentent que toutes les épreuves subies, tous les drames, étaient écrits à l’avance, en vue de cette rencontre. Commence alors une vertigineuse aventure, où les jeunes gens devront suivre une antique et mystérieuse prophétie… De leur courage dépendra le sort de cet autre monde dans lequel ils se sentent mystérieusement à leur place.

Le livre de Bernard Allègre ou la nouvelle continuation – 8

« Devant le dérèglement des saisons
qui peut croire que le Graal n’a plus rien à dire ?
Nous aussi nous sommes épouvantés par une Histoire qui s’affole.
La vieille âme rêveuse engendre une fois de plus ses symboles. Elle dit
ce qu’elle sait d’elle-même, une angoisse inhérente à la condition de l’homme
mais tout illuminée par la possibilité de la Rédemption. »

Le lecteur trouvera ici le huitième et dernier tome du « Livre de Bernard Allègre», livre que son auteur (toujours désireux de garder l’anonymat) nous a dit vouloir, comme l’a écrit Chrétien de Troyes pour le premier des siens, qu’il reste « dans les mémoires tant que durera la chrétienté ».
Version moderne d’une « nouvelle continuation » donnée à la dernière œuvre inachevée de ce même Chrétien de Troyes, nouvelle quête aussi d’un Graal pleinement restitué à ses origines chrétiennes, ce long et riche récit aura su mener à son terme la quête spirituelle initiée de longue date par un jeune chrétien, catholique pratiquant, confronté aux dures réalités de notre temps.

Le livre d’Émile

« Rien de plus régénérateur pour Émile que de se promener sur la berge, le long des maisons grises et des quais animés. Le regard se charge alors de réalité, plus enivrante qu’un opium. »

Dans ce nouvel opus, l’auteur explore l’époque de sa jeunesse, plus particulièrement de son adolescence, qui se déroule en province belge francophone, pendant les glorious ou swinging sixties.
Au vu de sa propre expérience et de sa vision de la vie, le narrateur, à l’âge des bilans, s’interroge sur son passé et son cheminement, dans ce récit dense aux multiples angles d’approche, en introduisant des personnages semi-fictifs de la classe ouvrière et moyenne lesquels ne déparent nullement la réalité et l’authenticité du témoignage serti de pointes d’humour et d’irrévérence aux modes ainsi que de multiples allusions littéraires et musicales.
Jean-Hubert Mabille ne se lasse pas d’observer ses semblables et de les dépeindre d’une plume aussi sensible que reconnaissable dans ce roman foisonnant qui s’inscrit dans une saga familiale toujours à prospecter, située dans la chaîne et la trame du temps.

Ainsi Bouddha me donna un fils

« Notre histoire était peut-être écrite à l’avance, mais je ne me doutais pas qu’elle se matérialiserait un jour. Improbable pour moi à une époque de penser vivre une aventure si incroyable au-delà des mers. Mais nos vies nous ont menés sur un même chemin. »

Diane est une jeune fille qui abandonne brusquement ses études en cours d’année. Son destin la projette du jour au lendemain dans le monde des mannequins. C’est son parcours qui est relaté ici, du début de sa carrière à sa passion pour le Tibet, en passant par sa quête de spiritualité et la fondation d’une famille peu conventionnelle. Diane nous entraîne sur les chemins de sa vie, arpentant les pays et les années avec bravoure.

Morendo

« Vivre par procuration, en me constituant un petit panthéon de héros personnels, me suffisait amplement. J’aimais les acteurs de théâtre, les écrivains, certains athlètes de haut niveau. Pour prendre une métaphore sportive, j’admirais les joueurs mais me contentais d’être un supporter. »

Les idéaux sont-ils les accords mineurs qui se jouent morendo dans notre partition intime, qui s’épuisent et s’éteignent petit à petit ?
Un homme, né au milieu des années 1930, dans une famille communiste de Montmartre. Très vite, il sort des sentiers battus, s’engage dans des combats dont il maîtrise à peine les desseins.
Vient l’après-guerre : un temps ouvrier, il naviguera de l’Italie aux Amériques en quête de stabilité et d’un but à une existence qui ne cesse de lui échapper, malgré sa richesse. En toile de fond à son histoire, nous découvrirons notre si récent vingtième siècle où la liberté n’est qu’un leurre, où l’équilibre est trompeur.
Sous la plume de Christophe Agogué, les anti-héros ont du vague à l’âme et une évidente tendance à l’échec. Humains, si humains, ils prennent corps avec toute la force que peut revêtir une fin de partie.

La femme enfant

« Violaine saute toutes les barrières, les obstacles mais elle ne supporte pas les murs, les interdits, les frustrations. Il faut qu’elle avance à tout prix, à ses risques et périls même si elle perd parfois quand elle tourne en rond comme une toupie. »

Violaine, tantôt énigmatique ou rebelle, vous invite à entrer dans son univers fabuleux et onirique qui fait la part belle à tout ce que révèle la poésie du quotidien.
Un voyage intérieur dont elle chuchote les péripéties avec douceur.

Recta Linea

« En refermant la porte, il baissa les yeux machinalement et vit une enveloppe coincée sous son pied. C’était une enveloppe blanche de taille moyenne qui ne comportait rien d’autre qu’une inscription écrite à la main : Gabriel. À l’intérieur, une petite carte en bristol et une lettre. Sur la carte, on pouvait lire ceci : Gabriel, cette lettre est la première d’une longue série. Tu aurais dû la recevoir depuis bien longtemps. Pardonne-moi. Ta marraine.
Il n’avait pas le souvenir d’avoir jamais eu de marraine. »

Gabriel commence un matin à trier de vieux souvenirs lorsqu’un bruit étrange derrière la porte attire son attention. Intrigué, il ouvre la porte et découvre une mystérieuse lettre… Dans « Recta Linea », Emmanuel de Reynal nous livre une enquête palpitante au cœur de la vie martiniquaise, rythmée par des découvertes étonnantes au fil des lettres reçues par notre héros. Les secrets de famille se dévoilent… et bien d’autres encore.

Le dernier baiser du papillon

« En à peine quelques secondes, toute ma vie avait volé en éclats ; et pourtant, je crois bien que la chance avait frappé à ma porte ce jour-là. Je reviens sur ce que j’ai dit précédemment, le talent n’est pas une offrande venue du ciel. Il est en vous. Allez le chercher au plus profond de vous-même. Le vrai talent est celui de s’accrocher à l’idée que l’après, un « autrement », existe. Il vous bouscule, vous heurte, vous blesse parfois, mais sans ce contact brutal presque animal, vous pourriez le voir passer et filer sans jamais le voir revenir. »

La santé d’Ariane Parse l’oblige à quitter le monde de l’opéra malgré sa grande renommée. Elle se réfugie en bord de mer dans la villa Pandora, maison qui dévoilera peu à peu ses secrets… Dont celui de l’existence d’une jeune femme au destin mystérieux. L’ancienne cantatrice part sur les traces de cette inconnue à travers les lettres intimes que cette dernière a laissées derrière elle. Les rencontres atypiques et les péripéties s’enchaînent, nous faisant passer du sourire aux larmes avec délicatesse et subtilité.
Sous la plume caractéristique de Nathalie Pivert Chalon, l’âme humaine dévoile ses méandres, ses pans d’ombre et de lumière. Les voix des personnages qui résonnent entre les pages nous renvoient à nos propres interrogations et à nos doutes, à cette quête qui nous permet d’avancer, nous, humains.

Au-delà des rapides

« Il a le sentiment de payer aujourd’hui l’addition de tous ses errements passés. Sans se positionner vraiment en victime, il s’est toujours comporté comme si on lui devait cette réparation de la mort brutale de ses parents. À force de recevoir, il a oublié de donner. »

Guillaume Bontemps mène sa vie avec désinvolture. Errant d’emplois intérimaires en histoires d’amour écourtées par sa volonté de ne pas s’engager, il végète, jusqu’au jour où un fait divers sanglant lui donne envie de revenir dans sa ville natale. Mais on ne remonte pas toujours impunément le courant de son existence. La beauté des souvenirs ne résiste pas au temps qui passe…
Enseignant à l’IUT de Saint-Nazaire, Jean-Claude Samoyeau a dans d’autres vies été agriculteur, intermittent du spectacle et a travaillé dans la presse. Après « Le Chapeau », son premier roman, il suit les pas d’un nouveau héros, ballotté au gré des événements.

Quand ta vie entame une valse

« Odile et Roger avaient repris leurs vélos, et quitté les bords du lac d’Annecy. Beaucoup de bonheur se lisait sur leur visage. Il y avait le plaisir à faire rouler leur gomme sur ces routins, mais surtout, l’aventure qui commençait, accompagnée par le son des roues jouant dans le vent, leur rafraîchissant les mollets. »

Après son licenciement, Roger décide de partir avec son épouse en mode démodé : à vélo, à l’affût du nulle part et de l’ailleurs, au gré de leurs envies. Sans smartphones, sans internet, ils reprendront une communication épistolaire avec leurs proches pour renouer avec la beauté de l’écrit. Un formidable saut dans le passé piqueté de rencontres inoubliables, qui les amènera à profiter pleinement du présent.
Savourer la liberté sous toutes ses formes, capter l’instant, Philippe Billard excelle à saisir les paillettes de joie que nous offre la vie. Après « Le cadeau des anges » et « Ma dernière cavale avec le chien Marcel », retrouvons sa plume déliée et son sens du dialogue, pour notre plus grand plaisir.

Silence, on tourne ! Fugue Indienne

« Peu à peu, les lavandières s’installent pour nettoyer le linge dans le courant infect pour les impies ou les existentialistes athées absurdes qui, tel saint Thomas, ne croient que ce qu’ils voient. Vous demandez en vain une rémission en tournant votre regard vers l’autre rive déserte, qui n’est autre que celle, non moins enviable, des morts. Si vous y planez rêveusement, aimanté par la quiétude régnante, vous sentirez peut-être le souffle romantique de l’âme des défunts dont vous repousserez, écœuré, les avances enjôleuses, vous qui préférez mille fois la vallée de larmes du terrestre séjour. »

C’est lors d’un luxueux voyage organisé que se rencontrent Sadi, un écrivain en quête d’inspiration et de succès, et Justina, séduisante actrice. Au fil de leur parcours, leurs liens se nouent et se dénouent et la réflexion sur l’art côtoie les plus anciens monuments de l’Inde éternelle.

Un voyant à Paris

« Qui sera l’heureux élu ? Louis Riva devait désigner son successeur, comme guide suprême de la Ligue des voyants, avant la fin du mois de mai de l’an deux mille seize. Le deux juin il partira vivre en Grèce définitivement sur une île de la mer Egée, dont le nom n’a pas été dévoilé aux vingt-deux autres membres de cette Ligue. »

Avril 2016 : Louis Riva décide de quitter les paisibles rives du lac d’Annecy pour finir sa vie sur une île. Mais avant de partir, le guide spirituel de la Ligue des Voyants a une dernière tâche à accomplir : celle de désigner son successeur. De sa chambre d’hôtel parisienne, il soulèvera cette question et bien d’autres encore quant à l’essence de l’humain avec ses compagnons de la Ligue et autres figurants de son existence. Reste-t-il des voyants de nos jours ?
Auteur prolifique de poèmes, saynètes et récits philosophiques, Marc Moulines privilégie la forme dialoguée dans ses textes. L’éclectisme de ses passions littéraires donne le jour à l’expression d’une pensée refondatrice.

Lulu

« L’enfant n’aime pas non plus se mêler aux jeux de son frère qui joue au fermier, à la guerre et qui déguerpit vite dans le village pour partager ses occupations avec les autres gamins. Lui, au contraire, reste dans la cour de la ferme, solitaire, perdu dans d’autres pensées. Il ne cherche pas la compagnie. »

Lucien naît dans une famille paysanne quelque part en Haute-Loire, à l’orée des années soixante. Peu sociable, il vit dans sa bulle. Lorsque le diagnostic de trouble mental tombe, le cercle familial s’effondre. Lulu vit alors entre les deux femmes de sa vie, ses piliers, sa mère et sa grand-mère.
Un médecin qui l’examine résume en une phrase son handicap : « Quand un enfant regarde, il paraît ne pas entendre, lorsqu’il écoute, il paraît ne pas voir ».
Lulu grandit, non sans difficultés et en dépit des moqueries, sans suivi psychologique ni structure adaptée, jusqu’au pire.
Sensible, encore et toujours, à la différence, Maryse Mezard poursuit son exploration des campagnes du Velay. Cette fois, elle aborde son pays de cœur sous l’angle psychosocial, à une époque où naître autiste était une malédiction.

La valse des fragments

« Chères lectrices, Chers lecteurs, la mer n’en finira pas de nous bercer ;  ouvrons la porte sur la plage ! Ça partira dans tous les sens, on lira, on ne lira pas, là où l’on veut, il n’y a pas de direction, en bas en haut, en haut en bas, à gauche à droite, à droite à gauche.
Dans tous les sens, dans n’importe quel sens, peu importe le lieu, il importe de lire, dansons ! C’est une valse ! »

Une valse à tant de temps qu’on ne les compte plus. Dans ce septième opus, Jean-Joël Lemarchand nous entraîne à sa suite dans cette danse endiablée, faite de morceaux d’émotions, de chair, de tout. Les mots donnent le ton, la cadence et le rythme dans chacun de ces micro-récits qui forment un ensemble et célèbrent la mélodie de la prose en se glissant dans la peau d’une foule de protagonistes hauts en couleurs.
Originaire de Granville dans la Manche, anciennement élu en région parisienne, Jean-Joël Lemarchand voue aux mots une passion indéfectible. Retrouvons ici le mordant de sa plume si singulière.